Torah Ohr · Parshas Mikeitz · Maamar 15
נר חנוכה מצוה להניחה כו׳ משמאל, כדי שתהא…
La lampe de Hanouka : la mitsva de la placer à gauche
Commencer le maamar Télécharger le PDFPDF · 828 KB
Traduit par IA à partir de notre édition anglaise, puis vérifié et corrigé à plusieurs reprises en le comparant à l’anglais et à l’hébreu. Le texte anglais est en cours de révision par des lecteurs humains. Si vous connaissez bien le français, nous vous serions reconnaissants de nous aider à relire cette traduction. Proposer son aide pour la relecture
L’idée centrale
La mezouza à droite est l’élévation d’en bas, « une mitsva est une lampe » ; la lampe de Hanouka à gauche est la lumière de la Torah attirée d’en haut. L’élévation est ce qui attire la lumière et l’emporte jusque dans les lieux les plus obscurs, de sorte que l’obscurité elle-même se transforme en lumière.
Le maamar en bref
Pourquoi la lampe de Hanouka est-elle à gauche et la mezouza à droite ? Le maamar part de la Création. La matière des choses vient de la parole de D.ieu, des dix énoncés, qui, à l’image du nom d’un roi sur son pays, ne révèlent qu’un faible éclat et permettent ainsi à un « quelque chose » distinct d’exister ; leur forme, elle, vient de Son désir, qui n’a jamais été exprimé en paroles. Les 120 combinaisons du Nom Elokim dissimulent D.ieu, de sorte que le monde paraît indépendant ; pourtant, le Nom Havaya les domine et peut modifier la nature. La finalité de la Création est que le « quelque chose » s’annule et que la gloire de D.ieu se révèle ici-bas. Cela se produit lorsqu’une personne transforme l’amer en doux : l’élévation d’en bas, « une mitsva est une lampe », attire d’en haut « la Torah est lumière ». Les lettres de la parole, de la prière et de la Torah prennent racine au-dessus de l’intellect, en Kéter (la Couronne). Comme l’air (avir : or, lumière, avec un youd caché) permet à une flamme de briller, les mitsvot, toutes appelées tzedakah [charité], atteignent cette racine et font briller la lumière de la Torah. Ainsi, la mezouza, qui incarne l’élévation, se place à droite, et la lampe de Hanouka, lumière de la Torah, à gauche : elle atteint même les « montagnes de séparation », où les ténèbres deviennent lumière.
Plan
- La question : pourquoi à gauche ?La lampe de Hanouka est à gauche afin que la mezouza soit à droite ; pourquoi ne sont-elles pas du même côté ? La réponse commence par deux versets : la Création par le désir de D.ieu et la Création par Sa parole.¶1
- La matière vient de la parole, la forme du désirLa matière des choses vient des dix énoncés, par lesquels quelque chose est créé à partir de rien ; leur forme vient du désir de D.ieu. La parole, comme le nom d’un roi, ne révèle qu’un faible éclat, permettant au monde d’exister comme un « quelque chose » dont la finalité est de s’annuler.¶2–6
- Havaya au-dessus d’ElokimDevant D.ieu, tout n’est que néant. Les 120 combinaisons d’Elokim dissimulent D.ieu, de sorte que le monde paraît séparé ; mais le désir de Havaya les domine, ainsi que la nature, comme lorsque la mer s’enfuit.¶7–10
- Transformer l’amer en douxLa contemplation détourne le cœur des plaisirs de ce monde, qui tirent leur vitalité des kelipot [écorces], pour le tourner vers le plaisir en D.ieu, comme dans les sacrifices et la prière. Cette élévation, « une mitsva est une lampe », attire d’en haut « la Torah est lumière ».¶11–16
- La racine des lettresLes lettres ne sont pas produites par la bouche, mais prennent racine dans l’âme, au niveau de la Chayah [le niveau de vie de l’âme]. Les lettres de la prière, élevées par l’intermédiaire de Metatron jusqu’à leur racine en Kéter, attirent une volonté nouvelle au-dessus de 'Hokhma (sagesse).¶17–23
- La Torah, parabole de l’Être primordialLes lettres de la Torah prennent racine au-dessus de sa sagesse. Tous les niveaux ne sont que des paraboles de la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même ; l’homme attire la Torah vers le bas depuis ce niveau, mais elle n’est « lumière » que par la lampe de la mitsva.¶24–30
- L’air, source de la lumièreUne flamme a besoin d’air ; avir (« air ») est or (« lumière »), avec un youd caché. Les mitsvot, appelées tzedakah, atteignent cette racine et font briller la lumière de la Torah ; la Torah sans bonté est privée de sa lumière.¶31–35
- La mezouza à droite, la lampe de Hanouka à gaucheLa mezouza élève la maison vers D.ieu ; la lampe de Hanouka fait descendre la lumière de la Torah, jusque dans le domaine public, le domaine de la séparation. L’élévation à droite est ce qui transforme les ténèbres en lumière à gauche, et c’est ainsi que le monde est soutenu.¶36–39
Notions clés
- Matière et formeחומר וצורה
- La matière est ce qu’est une chose en général ; la forme est sa configuration particulière. Dans le maamar, la matière vient de la parole de D.ieu et la forme de Son désir, qui n’a jamais été exprimé en paroles.
- Quelque chose à partir de rienיש מאין
- La Création au moyen d’un simple éclat, le « nom » de D.ieu, qui permet au monde d’exister comme un « quelque chose » distinct ; sa finalité est que ce « quelque chose » s’annule devant le « rien ».
- Havaya et Elokimהוי׳ ואלקים
- Elokim est le Nom de la contraction et de la dissimulation, par lequel la nature existe ; Havaya est la révélation de la Lumière infinie, qui domine Elokim et peut modifier la nature.
- Les ténèbres transformées en lumièreאתהפכא חשוכא לנהורא
- Le but est que le monde matériel lui-même, jusqu’au lieu de la plus grande dissimulation, révèle la lumière de D.ieu.
- Une mitsva est une lampe, la Torah est lumièreנר מצוה ותורה אור
- La mitsva est l’élévation d’en bas ; la Torah est la lumière attirée d’en haut. La lumière de la Torah ne brille que par la lampe de la mitsva.
- Les lettresאותיות
- Des canaux par lesquels la lumière est attirée vers le bas, qui prennent racine au-dessus de l’intellect, en Kéter ; elles revêtent la sagesse comme un vêtement et descendent dans la pensée et la parole.
- Avir (air)אויר
- Or (lumière) avec un youd caché : la source dissimulée de la lumière. Les mitsvot atteignent ce niveau et font briller la lumière de la Torah, comme l’air permet à une flamme de briller.
- La montagne de la séparationטורא דפרודא
- Le domaine de la division et de la dissimulation, le « multiple » du domaine public, dans lequel la lampe de Hanouka attire la lumière de la Torah.
La question : pourquoi à gauche ? ¶1
1נר חנוכה1 מצוה להניחה2 כו׳ משמאל, כדי שתהא מזוזה מימין3 ונ״ח משמאל.45 וצ״ל הטעם שאין הנ״ח ג״כ מימין כמו המזוזה.
« La lampe de Hanouka : il est une mitsva de la placer », etc., « à gauche, afin que la mezouza soit à droite et la lampe de Hanouka à gauche. » Il faut comprendre pourquoi la lampe de Hanouka n’est pas, elle aussi, à droite, comme la mezouza.
Le Talmud enseigne que la lampe de Hanouka se place à gauche de l’entrée, de sorte qu’elle fasse face à la mezouza, à droite. Le maamar demande pourquoi les deux ne se trouvent pas du même côté. Sa réponse, donnée à la fin, est que la mezouza représente une élévation d’en bas, tandis que la lampe de Hanouka est la lumière de la Torah attirée vers le bas depuis le haut. Le Tzemach Tzedek (Sefer HaMaamarim, Hanachos 5614–5615, p. 37, dans la note de Kehot) soulève une autre question à propos de cette loi : pourquoi la lampe de Hanouka est-elle à gauche, alors que la Menora du Temple se trouvait précisément au sud ?
Mais on le comprendra en expliquant d’abord ce qui est écrit : « Tout ce que Havaya a désiré, Il l’a fait » ; et il est écrit : « Par la parole de Havaya, les cieux ont été faits. »
Avant de répondre, le maamar met en regard deux versets : l’un dit que D.ieu a créé par Sa volonté, l’autre que les cieux ont été créés par Sa parole. La différence entre une création par la volonté et une création par la parole constitue le fondement de tout ce qui suit.
Le maamar s’ouvre sur la loi selon laquelle la lampe de Hanouka se trouve à gauche et la mezouza à droite, et demande pourquoi. Il amorce sa réponse en opposant deux façons dont D.ieu crée : par Sa volonté et par Sa parole.
La note de Kehot précise que la formulation employée ici — « afin que la mezouza soit à droite et la lampe de Hanouka à gauche » — suit la version du Rif, du Rambam et du Choul’han Aroukh ; le Talmud imprimé présente les deux dans l’ordre inverse.
Maré mekomot
- 1נר חנוכה · בבוך 284 רשום: תק״ע. ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. המאמר עם הגהות באוה״ת בראשית כרך ה תתקמד, ב. הערות תתקנב, א. ובכרך ז תתתנו, ב. תתתנח, ב (כנראה קיצורים). חלק באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקסח ובאוה״ת נ״ך כרך ג ע׳ א׳שנו. ראה דרך מצותיך מצות נר חנוכה עד, ב. סה״מ תרכ״ט (הוצאת תשנ״ב) ע׳ טז. וראה גם ד״ה ת״ר נ״ח תרמ״ג.
- 2נר חנוכה מצוה להניחה · Shabbat 22a:2–3
- 3מזוזה מימין ונר חנוכה משמאל · כגירסת הרי״ף והרמב״ם הל׳ חנוכה פ״ד ה״ז ובשו״ע או״ח סי׳ תרעא. וראה בסה״מ הנחות תרי״ד תרט״ו ע׳ לז שהקשה הלא המנורה היתה בדרום דוקא למה נר חנוכה משמאל. ע״ש.
- 4מזוזה מימין ונ״ח משמאל · Mishneh Torah, Scroll of Esther and Hanukkah 4:7
- 5מזוזה מימין ונ״ח משמאל · Shulchan Arukh, Orach Chayim 671:7
- 6אך יובן בהקדים ביאור · ראה אוה״ת נ״ך ע׳ תקסט.
- 7כל אשר חפץ ה׳ עשה · Psalms 135:6
- 8בדבר ה׳ שמים נעשו · Psalms 33:6
- 9והנה החומר נברא בדבר ה׳ · באוה״ת חנוכה כרך ה תתקנג, א יש הערה לכאן. ובד״ה ויגש אליו תרמ״ד ע׳ רט עם הגהות. ובמאמרי הצ״צ הנחות תרי״ד תרט״ו ע׳ לז. המאמר הוא משנת תק״ע. ראה ברשימת המאמרים שם.
La matière vient de la parole, la forme du désir ¶2–6
2ובע״מ [ובעשרה מאמרות] נברא העולם12 שהיו מאמר ודבור. ולא נברא בחפץ ורצון בלבד. והענין כי הנה נודע שלכל הדברים יש חומר וצורה345 שהחומר הוא ענין הדבר ההוא בכללות דהיינו להיות שמים או ארץ או שמש וירח.6
Et « le monde fut créé par dix énoncés », qui étaient des énoncés et de la parole, et non par le seul désir et la seule volonté. L’explication est la suivante : on sait que toutes les choses ont une matière et une forme. La matière est ce qu’est cette chose en général, c’est-à-dire qu’elle soit ciel ou terre, soleil ou lune.
La Michna dans Avos enseigne que le monde fut créé par dix énoncés, et le maamar souligne qu’il s’agissait de paroles, et non du seul désir. Pour expliquer pourquoi, il s’appuie sur la distinction classique entre matière et forme : la matière est ce qu’est une chose en général, qu’elle soit ciel ou terre, soleil ou lune.
והצורה הוא כל ציור וכל תמונה במראה ושטח שיש לכל דבר בדמותו בצלמו על איזה אופן נעשה
Et la forme est chaque contour et chaque figure, dans l’aspect et la surface, que possède chaque chose, « selon sa ressemblance, selon son image » : la manière dont elle a été façonnée,
La forme est le contour et l’apparence particuliers d’une chose, la manière précise dont elle a été façonnée. L’expression « selon sa ressemblance, selon son image » fait écho aux paroles de la Torah au sujet du fils d’Adam, né « selon sa ressemblance, à son image ».
כמו השמים והארץ הם כדורים78 ומן הארץ לרקיע כו׳9 והשמש והירח הם גלגלים מאירים כו׳.10 וכן עד״ז בכל דבר נברא.1112
comme, par exemple, les cieux et la terre, qui sont des sphères, et la distance de la terre au firmament, etc. ; le soleil et la lune sont des orbes lumineux, etc. Et il en va de même, de cette manière, pour chaque chose créée.
Ces exemples s’appuient sur la description du cosmos donnée par les Sages : le ciel et la terre sont des sphères, la distance de la terre au firmament correspond à une mesure fixe — le Talmud la donne comme un trajet de cinq cents ans — et le soleil et la lune sont des orbes lumineux. De même, chaque chose créée possède sa forme particulière.
Ce paragraphe présente la matière et la forme : la matière est ce qu’est une chose en général, et la forme est son contour particulier. Cela prépare l’affirmation selon laquelle la matière vient de la parole de D.ieu et la forme de Sa volonté.
Les notes de Kehot renvoient à Maïmonide, qui décrit lui aussi les êtres créés comme composés de matière et de forme, ainsi qu’au Talmud de Jérusalem et aux Tosafos, à propos de la terre ronde comme une boule. Une glose dans Sefer HaMaamarim 5644 ajoute que, dans les mondes supérieurs, la matière et la forme peuvent s’entendre comme la lumière et le réceptacle.
Maré mekomot
- 1ובע״מ נברא העולם · אבות ה, א.
- 2ובע״מ נברא העולם · Pirkei Avot 5:1
- 3שלכל הדברים יש חומר וצורה · נעתק בסה״מ תרכ״ט (תשנ״ב) ע׳ יז. ובסה״מ תרמ״ד שם. בענין חומר וצורה ראה גם סה״מ תרנ״ו ע׳ שיח ואילך. ובסה״מ תרס״ג ע׳ קטו. בד״ה וישלח יעקב תרע״ג (בהמשך תער״ב). חלק עם הגהות מכאן נעתק בקונטרס עץ החיים בתחלתו. ובהערות שם מציין כ״ק אדמו״ר זי״ע לד״ה ויקם עדות ביעקב ת״ש ע׳ 52. ד״ה אלפים שנה תשי״א. בסה״מ תרס״ה ע׳ עד מציין לכאן. בסה״מ תרמ״ד ע׳ רט נוסף הגה״ה: [וי״ל בעולמות עליונים יותר הם אור וכלי].
- 4יש חומר וצורה · ראה הל׳ יסוה״ת פ״ב ה״ג. מו״נ ח״א פי״ז. בענין חומר וצורה ראה לקו״ת האזינו עב, ב.
- 5יש חומר וצורה · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 2:3
- 6או שמש וירח · בסה״מ תרמ״ד שם נוסף [וי״ל ענין החומר של הנבראים הוא כמ״ש במדרש על השמים נטל אש ומים [וטרפן] (ופתרן) זה בזה ומהם נעשה השמים, וזהו החומר של השמים פי׳ עצם השמים שהוא מאש וממים וכן יובן בכל נברא כו׳].
- 7השמים והארץ הם כדורים · Avodah Zarah 3a:5–6
- 8השמים והארץ הם כדורים · Jerusalem Talmud Avodah Zarah 3:1
- 9ומן הארץ לרקיע כו׳ · בסה״מ תרמ״ד שם נוסף: נמצא צ״ל ציור השטח ע״ד ריחוק כזה.
- 10והשמש והירח הם גלגלים מאירים כו׳ · בסה״מ תרכ״ט (תשנ״ב) ע׳ יז ואילך יש ביאור לכאן.
- 11וכן עד״ז בכל דבר נברא · בסה״מ תרמ״ד שם נוסף: ודצח״מ אופן ציורו שיהי׳ כך בארכו ורחבו או בעל קרנות או משולש ז״ע הציור.
- 12
3והנה החומר נברא בדבר ה׳ ובע״מ [ובעשרה מאמרות] שבמאמר יהי אור1 נתהווה בחי׳ האור מאין ליש. וכן במאמר יהי רקיע2 נתהווה הרקיע מאין ליש.3
Or, la matière fut créée par la parole de D.ieu et par les Dix Énoncés : par l’énoncé « Que la lumière soit », l’aspect de la lumière vint à l’existence du néant (ayin) à l’être (yesh) ; et de même, par l’énoncé « Qu’il y ait un firmament », le firmament vint à l’existence du néant à l’être.
La matière de chaque chose procède de la parole de D.ieu : l’énoncé « Que la lumière soit » fit exister la lumière là où il n’y avait rien, et « Qu’il y ait un firmament » fit de même pour le firmament. C’est la parole qui produit l’existence « du néant à l’être ».
Mais la configuration du firmament, « à sa ressemblance, à son image », fut créée par le désir de D.ieu, qui ne se révéla ni dans la parole ni dans un énoncé.
La forme du firmament, sa configuration exacte, ne procède d’aucun énoncé prononcé. Elle vient du désir de D.ieu, un niveau qui ne se manifesta jamais sous forme de parole. Un maamar ultérieur cité dans la note de Kehot (BeYom HaShemini Atzeres, 5670) interprète ce désir comme la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), source de la forme extérieure d’une chose, telle la rondeur des cieux.
La matière, c’est-à-dire l’existence nue d’une chose, vient de la parole de D.ieu ; la forme, sa configuration particulière, vient de Son désir, qui ne s’est jamais exprimé dans la parole.
Une note de Kehot cite un maamar ultérieur (« BeYom HaShemini Atzeres », 5670), qui interprète ce passage comme enseignant que le désir de D.ieu correspond au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), source de la forme extérieure d’une chose, et le met en regard d’une autre explication selon laquelle la forme est la force vitale au sein d’une créature, provenant de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).
Maré mekomot
- 1יהי אור · Genesis 1:3
- 2יהי רקיע · Genesis 1:6
- 3נתהווה הרקיע מאין ליש · בסה״מ תרמ״ד שם נוסף [ע׳ בתו״א ד״ה מזוזה מימין [הכוונה לכאן] ובהביאור הג׳ לד״ה יביאו לבוש מל׳ ובלקו״ת בהביאור לד״ה לבבתני דרוש הב׳. ועמ״ש בד״ה להבין ע׳ מצות [אכילת] המצה מ״ג, ובד״ה מה רבו מעשיך ה׳ מ״ד, שהמאמר א׳ הוא הכלל, ונפרטו בע״מ להיות מציאות היש, ונפרטו בכח הא״ס, וי״ל שכמו״כ הכוונה כאן וד״ל].
- 4אופן צורת הרקיע . . בחפץ ה׳ · ראה לקו״ת ר״ה נה, סע״א ועד״ז היו העולמות. ראה באוה״ת כרך ז תתתנח, ב דמ״ש בלקו״ת שם מתאחד עם מש״כ שהצורה נעשה בחפץ ה׳ בחי׳ מה שעלה במחשבה והחומר והעשי׳ נתהווה מהדבור יש מאין והיינו בגשמיות כפי הצורה הרוחני׳ שנתהווה ע״י המחשבה והרצון שהי׳ עיגול השמים כמו ע״ס דעגולים דאצי׳ או בריאה, ע״ש. ובסה״מ תרמ״ד ע׳ רי נוסף: עד״מ או ציור שארי פרטי הנבראי׳ דדצח״מ: בדמותו.
- 5בחפץ ה׳ שלא בא לכלל גילוי · בד״ה ביום השמע״צ עת״ר כ׳ ”ושם מבואר [בתו״א] דבחי׳ חפץ ה׳ זהו בחי׳ סוכ״ע, וענין הצורה פי׳ שם צורת החומר וכמו השמים בציורו שהוא עגולי וכדורי וכה״ג בכל דבר הציור שלו שזהו מבחי׳ הסובב דוקא כו׳, והמבואר כאן הוא שהצורה הוא החיות שבהנברא והוא מבחי׳ ממכ״ע כו׳, ועמ״ש בד״ה בשעה שהקדימו רס״ג” עכ״ל.
- 6והנה מה שנברא החומר במאמר · באוה״ת חנוכה כרך ה תתקנג, ב יש הערה לכאן.
- 7והנה מה שנברא החומר במאמר · באוה״ת חנוכה כרך ה תתקנג, ב יש הערה לכאן.
- 8
4והנה מה שנברא החומר במאמר ודבור ולא נברא הכל בחפץ ה׳ ורצונו בלבד היא מפני1 שאז לא הי׳ [היה] גילוי מאין ליש רק שהיה העולם בטל במציאות ממש2
Or, la raison pour laquelle la matière a été créée par la parole et l’énonciation, et non tout par le seul désir et la seule volonté de D.ieu, est que, dans ce cas, il n’y aurait pas eu de dévoilement du néant en quelque chose ; au contraire, le monde aurait été véritablement inexistant en tant que réalité autonome.
Pourquoi le monde ne pouvait-il pas être créé par le seul désir ? Si tout avait procédé du seul désir de D.ieu, il n’y aurait pas eu de dévoilement d’un « quelque chose » à partir du « néant » : le monde aurait été entièrement dans un état de bitoul, sans existence propre. Le Kuntres Etz HaChaim, cité dans la note de Kehot, explique que cela aurait été comme le Monde d’Atsilout, dans un état de bitoul plutôt que constitué d’êtres créés, car il aurait reçu de 'Hokhma (sagesse), où « Lui et Sa force vitale ne font qu’un ».
רק עיקר גילוי היש הוא ע״י דבר ה׳ כי הוא צוה ונבראו3
Mais le dévoilement essentiel du « quelque chose » se fait par la parole de D.ieu, « car Il a commandé et ils furent créés ».
L’apparition d’un « quelque chose » distinct se fait par la parole de D.ieu, comme le dit le verset : « Il a commandé et ils furent créés. » Comme l’explique la partie suivante, la parole ne révèle que le « nom » de D.ieu.
פי׳ צוה מלשון מצות המלך4 כי מלכותך מכ״ע [מלכות כל עולמים]5 אין מלך בלא עם6 שבחי׳ מלכות היא בחי׳ התנשאות והסתלקות שלא יאיר ויתגלה אלא בבחי׳ שם בלבד.7
« Commandé » (tsiva [commander]) s’entend au sens du « commandement du roi », car « Ton règne est un règne sur tous les mondes », [et] « il n’est pas de roi sans peuple ». En effet, le niveau de Mal'hout (souveraineté) est un niveau d’élévation et de retrait, de sorte qu’elle ne rayonne et ne se révèle que sous la forme d’un nom.
« Commandé » (tsiva [commander]) est compris dans le sens d’un commandement royal (mitsvat ha-mélekh [le commandement du roi]) : un roi gouverne à distance, par son nom et son commandement, et non en étant présent au sein de ses sujets. De même, la Mal'hout de D.ieu est un niveau d’élévation et de retrait qui ne rayonne dans le monde que sous la forme d’un « nom ». Dans Torah Ohr, Bereshis (5a), l’Alter Rebbe explique de la même manière l’expression « il n’est pas de roi sans peuple » : grâce au tsimtsoum (contraction), un « quelque chose » distinct peut exister, afin de pouvoir ensuite être annulé et ramené au « néant ».
La parole est nécessaire, car une création issue du seul désir laisserait le monde dans un état de bitoul ; la parole de D.ieu, à l’image du commandement d’un roi, ne révèle que Son « nom », et cette distance permet à un « quelque chose » distinct d’exister.
Dans une glose citée dans la note de Kehot, Sefer HaMaamarim 5644 explique que si les mondes se révélaient tels qu’ils existent dans le désir de D.ieu, ils seraient spirituels et dans un état de bitoul, comme un effet devant sa cause, à la manière des émotions qui naissent de l’intellect. Le Kuntres Etz HaChaim suggère que le « nom » désigne peut-être ici la lumière enveloppante qui rayonne depuis l’élévation de D.ieu, pouvoir essentiel de faire exister, tandis que la « parole de D.ieu » serait un reflet de ce nom.
Maré mekomot
- 1הוא מפני · בסה״מ תרמ״ד ע׳ רי נוסף: הוא מפני (שאם הי׳ מתגלים העולמות כמו שהם כלולים ועומדים בבחי׳ חפץ ה׳) אז לא הי׳ יכול להיות התהוות היש הגשמי רק שהי׳ העולם רוחני והי׳ בבחי׳ ביטול במציאות ממש, וכמו שאנו רואים בכל בחי׳ השתלשלות עו״ע שהעלול בטל לעילה כמו למשל מדות משכל שהמדות נולדים מן השכל, וכמו שאנו רואים שאם מתבונן בשכלו שהדבר ההוא טוב לפניו אזי נולד לו אהבה לזה, ע״ש עוד בזה.
- 2שהי׳ העולם בטל במציאות ממש · באוה״ת פ׳ שלח ע׳ תקיב ”ופי׳ בטל במציאות היינו ע״ד עלמין סתימין דלא אתגליין”. ובקונטרס עה״ח שם ע׳ 16 ”(כמו עולם האצילות וכמו עלמין דאתכסיא בכלל שבטלים במציאות ולא הי׳ בבחי׳ נבראים דעדאת״ג כו׳) לפי שהי׳ מקבל מבחי׳ חכ׳ שהוא בחי׳ ביטול איהו וחיוהי חד”. בהמשך תער״ב ח״א פ׳ רכא מבאר זה ”והכוונה שם [בתו״א כאן] על הביטול במהות היש כו׳, שהרי גם ההארה דבחי׳ דבר ה׳ פועל ג״כ הביטול בהנברא כו׳, וענין הצורה שמבחי׳ חפץ ה׳ הוא להיות הביטול בעצם המהות כו׳ וכמ״ש במ״א” ע״ש. וראה גם בסה״מ תרס״ח בד״ה שובה ישראל ע׳ יח ושם מציין גם לעיין בד״ה בשעה שהקדימו תרס״ג.
- 3כי הוא צוה ונבראו · Psalms 148:5
- 4פי׳ צוה מלשון מצות המלך · Bava Batra 159a:10
- 5מלכותך מכ״ע · Psalms 145:13
- 6אין מלך בלא עם · נסמן לעיל ה, א. לקמן עג, ד.
- 7בבחי׳ שם בלבד · ראה בקונטרס עה״ח שם ”וענין השם נ״ל שהן אותיות דבור העליון דשם הוא אותיות, ויותר נראה דהשם הוא בחי׳ האור מקיף שמאיר מבחי׳ הרוממות שזה עיקר כח ההתהוות, ובחי׳ דבר ה׳ זהו הארה מבחי׳ שמו שמהווה כנ״ל כו׳”.
5וזהו יהללו את שם1 ה׳ כי הוא צוה ונבראו כמו עד״מ מלך ב״ו [בשר ודם] שמלכותו היא שמו לבד אשר נקרא על מדינתו
Et c’est [le sens de] « Qu’ils louent le Nom Havaya, car Il a ordonné et ils ont été créés » : comme, à titre d’analogie, un roi de chair et de sang, dont la royauté n’est que son nom, lequel est proclamé sur son pays,
Le verset « Qu’ils louent le Nom Havaya, car Il a ordonné et ils ont été créés » relie la création au Nom de D.ieu. Le pouvoir d’un roi humain sur son pays n’est que son nom, qui est « proclamé sur » le pays ; le roi lui-même n’y est pas présent.
אבל לא בבחי׳ התלבשות כח הפועל בנפעל2 ממש והתלבשות כח הפועל בנפעל הוא למטה בע׳ [בשבעים] שרים שר של מים שר של כו׳3 שהם משמרי האופנים.4
mais non selon l’investissement effectif de la force de l’agent dans l’objet produit. L’investissement de la force de l’agent dans l’objet produit se trouve en revanche en contrebas, chez les soixante-dix princes — le prince de l’eau, le prince de…, etc. — qui proviennent des résidus des Ofanim.
La parole de D.ieu n’investit pas Sa propre puissance dans les créatures comme la puissance d’un artisan s’inscrit dans son œuvre ; cela ne se produit qu’à un niveau très inférieur, chez les soixante-dix princes angéliques préposés aux forces de la nature, tels que « le prince de l’eau ». Ceux-ci proviennent du niveau le plus bas, des « résidus » (shmarim), des Ofanim, une classe d’anges. Dans Torah Ohr, Megillas Esther (96c), l’Alter Rebbe établit la même distinction : bara, « créé », implique la puissance de l’agent dans l’objet produit et ne s’applique qu’aux Noms de D.ieu, tandis que, pour Son essence, on peut seulement dire : « Il a ordonné et ils ont été créés. »
La création par la parole de D.ieu est comparable au nom d’un roi sur son pays : la puissance de D.ieu n’est pas investie dans les créatures ; un véritable investissement de puissance dans son effet ne se trouve que chez les princes angéliques les plus bas.
La note de Kehot renvoie à Etz Chaim, Sha’ar Kitzur ABYA, chapitre 9, au sujet des princes et des Ofanim, ainsi qu’à Sefer HaMaamarim 5654, au sujet de la puissance de l’agent dans l’objet produit.
Maré mekomot
- 1יהללו את שם ה׳ · Psalms 148:5
- 2כח הפועל בנפעל · ראה לקמן צו, ג במ״מ. סה״מ תרנ״ד ע׳ רי ואילך.
- 3שר של מים שר של כו׳ · Shir HaShirim Rabbah 3:11–12
- 4שהם משמרי האופנים · ראה ע״ח שער קיצור אבי״ע פ״ט.
6ויש גבוה מעל גבוה שמקבלים ג״כ דרך עילה ועלול עד המלאכים שהם שכלים נבדלים.1 שהם פני ארי׳ [אריה] פני שור2 שבמרכבה.
Et il y a [des êtres] « plus haut que le haut » qui reçoivent également selon le principe de cause à effet, jusqu’aux anges, qui sont des intellects séparés : ce sont la face du lion [et] la face du bœuf dans le Char.
Au-dessus des princes se trouvent des êtres plus élevés, qui reçoivent eux aussi leur existence selon le principe de cause à effet, jusqu’aux anges que les philosophes appellent des « intellects séparés », c’est-à-dire des intelligences sans corps. Ce sont la « face du lion » et la « face du bœuf » dans la vision du Char du prophète Ézéchiel.
אבל החיות של פני שור פני ארי׳ [אריה] הוא יש מאין ממש. דהיינו שהמשכת החיות אשר להם הוא בבחי׳ אין והארה בעלמא שהוא בחי׳ שם בלבד ומזה נעשה גילוי היש.
Mais la force vitale de la face du bœuf [et] de la face du lion est véritablement quelque chose à partir de rien. Autrement dit, la force vitale qui leur est transmise leur parvient selon le mode du « néant » et sous la forme d’une simple lueur, qui n’est que l’aspect d’un nom ; c’est de là que se révèle le « quelque chose ».
Pourtant, bien que ces anges reçoivent selon le principe de cause à effet, leur force vitale elle-même provient véritablement de quelque chose à partir de rien. Elle est transmise depuis un niveau qui est « néant », une simple lueur, seulement un « nom » ; et c’est de là que se révèle l’existence du « quelque chose ».
Cependant, le but de la création de quelque chose à partir de rien est que le « quelque chose » soit dans un état d’annulation de soi (bitoul) devant le « néant », et que « la gloire de Havayah soit révélée » en bas comme en haut.
Le but de la création d’un « quelque chose » est qu’il soit dans l’annulation de soi devant le « néant » qui est sa source. Alors, la gloire de D.ieu sera révélée dans les mondes inférieurs comme en haut.
Toute la création, jusqu’aux anges les plus élevés, provient de quelque chose à partir de rien, par l’intermédiaire d’une simple lueur, le « nom » de D.ieu ; le but de cette création est que le « quelque chose » soit dans l’annulation de soi et que la gloire de D.ieu soit révélée en bas comme en haut.
À propos des anges considérés comme des « intellects séparés », la note de Kehot cite le Guide for the Perplexed de Maïmonide et Sefer HaIkkarim.
Maré mekomot
- 1עד המלאכים שהם שכלים נבדלים · ראה מורה נבוכים ח״ב פ״ב. עיקרים מאמר ב פל״א.
- 2פני ארי׳ פני שור · Ezekiel 1:10
- 3ונגלה כבוד ה׳ · באוה״ת חנוכה כרך תתקנד, א יש הערה לכאן.
- 4ונגלה כבוד ה׳ · Isaiah 40:5
- 5
Havaya au-dessus d’Elokim ¶7–10
7וכמו שיהיה לע״ל [לעתיד לבוא] כי עין בעין יראו1 כו׳ וזה תלוי בעבודתנו כל ימינו היום לעשותם.2 וכל ישראל יש להם חלק לעוה״ב [לעולם הבא].
Comme ce sera à l’époque future : « Car ils verront œil à œil », etc. Et cela dépend de notre service durant tous nos jours, « aujourd’hui, pour les accomplir ». Et « tout Israël a une part dans le Monde à venir ».
À l’époque future, la présence de D.ieu sera ouvertement visible, « œil à œil ». Cette révélation dépend de notre service divin à présent, car « aujourd’hui » est le temps « pour les accomplir » ; et puisque chaque Juif a une part dans le Monde à venir, chacun contribue à le faire advenir.
וצריך כ״א [כל אחד / כל אחת] להמשיך בחלקו3 גילוי זה להיות בטול היש והוא מחמת ההתבוננות בגדולת א״ס ב״ה שאתה הוא קודם שנבה״ע [שנברא העולם] ואתה הוא כו׳
Et chacun doit attirer cette révélation dans sa part, afin que s’opère l’annulation de soi (bitoul) du yesh (l’existence propre). Cela vient de la contemplation de la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il : « Tu es Lui avant que le monde ne soit créé, et Tu es Lui », etc.,
Chacun doit attirer cette révélation dans sa propre « part », amenant son propre yesh à l’annulation de soi. Cela vient de la contemplation de la grandeur de D.ieu, comme dans la prière : « Tu es Lui avant que le monde ne soit créé, et Tu es Lui depuis que le monde a été créé. » Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, explique que le Monde à venir est appelé « terre » (« ils hériteront de la terre pour toujours ») ; attirer cette révélation dans sa part signifie donc cultiver cette terre.
בלי שום שינוי כי אני4 הוי׳ לא שניתי שאין העולם מעלים לפניו ית׳ וכחשיכה כאורה5 שאין ההעלם וההסתר אלא לעיני בשר שלנו.
sans aucun changement, car « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » ; car le monde ne Lui cache rien, béni soit-Il, et « les ténèbres sont comme la lumière », puisque le voile et la dissimulation n’existent que pour nos yeux de chair.
La création n’a entraîné aucun changement en D.ieu : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé. » Le monde ne Lui cache rien, et « les ténèbres sont comme la lumière » pour Lui ; la dissimulation n’existe que pour les yeux humains.
אבל קמיה כולא כלא חשיב6 ממש ומעלה ומטה שוין לפניו שנמצא למטה כמו למעלה ממש.
Mais devant Lui, tout est véritablement considéré comme rien, et le haut et le bas sont égaux devant Lui, de sorte qu’Il est présent en bas exactement comme en haut.
Du point de vue de D.ieu, tout est comme rien ; le haut et le bas sont donc égaux devant Lui. Il est présent dans le monde le plus bas exactement comme dans le monde le plus élevé.
La révélation promise pour l’avenir dépend de notre service à présent : chacun l’attire dans sa part en contemplant que la création ne change rien en D.ieu, devant qui tout est comme rien et le haut et le bas sont égaux.
Maré mekomot
- 1כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 2היום לעשותם · Deuteronomy 7:11
- 3וכל ישראל יש להם חלק לעוה״ב . . להמשיך בחלקו · Sanhedrin 90a:15
- 4כי אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 5וכחשיכה כאורה · Psalms 139:12
- 6קמיה כולא כלא חשיב · Zohar, Introduction 20:188–22:199
8וא״כ גם בחי׳ היש בטל אליו ית׳. וזהו כי גדול ה׳ ואדונינו מכל אלקים.
Si tel est le cas, le niveau du « quelque chose » lui aussi est dans l’annulation de soi (bitoul) devant Lui, béni soit-Il. Et c’est [le sens de] « Car grand est Havaya, et notre Seigneur est au-dessus de tous les Elokim. »
Si tout est comme rien devant D.ieu, alors même le « quelque chose » du monde est dans l’annulation de soi devant Lui. Le verset dit que Havaya est grand « au-dessus de tous les Elokim », et le maamar va maintenant expliquer ce que sont ces « Elokim ».
ופי׳ מכל אלקים1 הם ק״ך צירופי אלקים המעלימים ומסתירים אור ה׳ וקדושתו לבלתי יתגלה אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה כמו שהוא שלא יתבטלו העולמות במציאות.
Et le sens de « au-dessus de tous les Elokim » est le suivant : il s’agit des 120 combinaisons d’Elokim, qui dissimulent la lumière de Havaya et Sa sainteté, afin que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, ne se révèle pas telle qu’elle est, et que les mondes ne soient pas privés de toute existence ;
La Kabbale parle de 120 combinaisons (permutations des lettres) du Nom Elokim, le Nom de la dissimulation. Elles cachent la lumière de Havaya afin que la Lumière infinie ne se révèle pas telle qu’elle est ; autrement, les mondes seraient absorbés en elle et cesseraient d’exister.
אלא שיהא נראה העולם ליש ודבר נפרד. אבל אור הוי׳ הוא גדול על כולם ומושל על כולם להיות היש בטל.
mais plutôt que le monde apparaisse comme un « quelque chose » et une entité distincte. Mais la lumière de Havaya est supérieure à toutes ces combinaisons et les domine toutes, de sorte que le « quelque chose » demeure dans le bitoul.
Leur rôle est de permettre au monde d’apparaître comme un « quelque chose » indépendant. Mais la lumière de Havaya est supérieure à toutes ces combinaisons et les domine, de sorte qu’en vérité le « quelque chose » demeure dans le bitoul.
(וזהו כי אני ידעתי כי גדול2 כו׳. אני זו כנס״י [כנסת ישראל]. אבל העכו״ם [העובדי כוכבים ומזלות] אומרים עזב הוי׳ את הארץ.3 ופרעה אמר לא ידעתי את4 הוי׳ כו׳. ולכן נאמר ביתרו אחר שנתגייר56 עתה ידעתי כי גדול7 הוי׳ כו׳)
(Et c’est [le sens de] « Car je sais que [Havaya] est grand », etc. « Je » désigne la Communauté d’Israël. Mais les idolâtres disent : « Havaya a abandonné la terre » ; et Pharaon a dit : « Je ne connais pas Havaya », etc. C’est pourquoi il est dit de Yisro, après sa conversion : « Maintenant, je sais que Havaya est grand », etc.)
Cette parenthèse oppose ceux qui reconnaissent cette réalité à ceux qui ne la reconnaissent pas. La Communauté d’Israël dit : « Je sais que Havaya est grand », tandis que les idolâtres disent que D.ieu a abandonné la terre et que Pharaon a dit qu’il ne connaissait pas Havaya ; Yisro, après s’être converti, a pu dire : « Maintenant, je sais que Havaya est grand. »
והיינו לפי שכל אשר חפץ8 הוי׳ נמשך ועשה גם בשמים ובארץ שכולם יש להם ציור ותמונה מבחי׳ חפץ ורצון הוי׳ שלא בא לידי גילוי בדבור ומאמר שהוא הפועל הישות.
Cela s’explique par le fait que « tout ce que Havaya a désiré » est attiré vers le bas, et qu’Il « l’a fait » [cela] aussi « dans les cieux et sur la terre » : tous ont une forme et une configuration provenant du niveau du désir et de la volonté de Havaya, qui ne s’est pas révélé dans la parole et l’énoncé, lesquels produisent le yeshus (l’état d’être un « quelque chose »).
Cela tient au fait que le désir de D.ieu s’étend jusque dans les cieux et sur la terre : toute forme et toute configuration qui s’y trouvent proviennent du désir et de la volonté de Havaya, qui ne se sont jamais exprimés dans la parole. La parole produit le « quelque chose » distinct, tandis que la forme de toute chose provient d’un niveau supérieur, qui la maintient dans le bitoul.
Les 120 combinaisons d’Elokim dissimulent D.ieu afin que le monde puisse apparaître comme distinct, mais Havaya les domine ; les formes de toutes choses proviennent du désir de Havaya, qui maintient le « quelque chose » dans le bitoul.
Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, explique que le propos ici est de répondre à la question de savoir comment on peut dire que Havaya est « plus grand que tous les Elokim » ; il y explique le verset en détail, d’une autre manière.
Maré mekomot
- 1ופי׳ מכל אלקים · ראה אוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תשמא. שהכוונה כאן לתרץ דאיך שייך כי גדול הוי׳ מכל אלקים, ע״ש בארוכה שפי׳ באופן אחר, וראה שם ע׳ תשנד.
- 2כי אני ידעתי כי גדול · Psalms 135:5
- 3עזב ה׳ את הארץ · Ezekiel 8:12
- 4לא ידעתי את ה׳ · Exodus 5:2
- 5אחרי שנתגייר · ראה דברים רבה א, ח.
- 6אחר שנתגייר · Devarim Rabbah 1:5
- 7עתה ידעתי כי גדול ה׳ · Exodus 18:11
- 8כל אשר חפץ הוי׳ נמשך ועשה גם בשמים ובארץ · Psalms 135:6
9וזהו ענין שיתף מדה״ר [מדות הרחמים].1 שבכל מע״ב [מעשה בראשית] כתיב ויאמר אלקים ואח״כ שיתף מדה״ר [מדות הרחמים] דכתיב ביום עשות2 ה׳ אלקים כו׳.
Et voici le sens de « Il associa l’attribut de miséricorde » : car, dans tous les actes de la Création, il est écrit : « Et Elokim dit » ; puis Il associa l’attribut de miséricorde, comme il est écrit : « Le jour où Havaya Elokim fit… », etc.
« Il associa l’attribut de miséricorde » renvoie à un enseignement des Sages : le monde devait d’abord être créé selon l’attribut de rigueur, puis la miséricorde lui fut associée. Dans le récit des six jours, seul le Nom Elokim apparaît (« Et Elokim dit ») ; ensuite, la Torah dit : « Le jour où Havaya Elokim fit… », ajoutant Havaya, le Nom de miséricorde.
וזהו למה יאמרו הגוים איה נא אלהיהם3 שבחי׳ אלקות הוא בבחי׳ איה דהיינו בבחי׳ הסתלקות לפי שאומרים עזב הוי״ה את הארץ
Et voici [le sens de] « Pourquoi les nations diraient-elles : “Où donc est leur D.ieu ?” » : la divinité se trouve dans l’état de « où », c’est-à-dire dans un état de retrait, car ils disent : « Havaya a abandonné la terre »,
Le verset « Pourquoi les nations diraient-elles : “Où donc est leur D.ieu ?” » exprime l’idée que la divinité s’est retirée et qu’elle est « où ? », absente du monde. Ceux qui défendent cette idée disent, selon les mots d’Ézéchiel, que Havaya a abandonné la terre.
ואין העולם מתנהג אלא בבחי׳ אלקים שהוא שם הצמצום והסתלקות להיות העולם יש ודבר נפרד אבל באמת כל אשר חפץ הוי״ה עשה.4
et [que] le monde n’est dirigé que par le niveau d’Elokim, qui est le Nom du tsimtsoum (contraction) et du retrait, de sorte que le monde soit un « quelque chose » et une entité séparée. Mais en vérité, « tout ce que Havaya a désiré, Il l’a fait. »
Selon cette conception, le monde est gouverné uniquement par le Nom Elokim, le Nom du tsimtsoum, de la contraction et du retrait, qui permet au monde d’exister comme un « quelque chose » séparé. Mais la vérité est que « tout ce que Havaya a désiré, Il l’a fait » : Havaya est également présente et active dans le monde, et le psaume lui-même répond aux nations presque en ces termes.
La Création par « Et Elokim dit » donnait au monde l’apparence d’être séparé, mais Havaya y fut associée ; l’affirmation selon laquelle D.ieu s’est retiré ne voit que Elokim, alors qu’en vérité, le désir de Havaya agit en toute chose.
Maré mekomot
- 1שיתף מדה״ר · Rashi on Genesis 1:1:3
- 2ביום עשות ה׳ אלקים · Genesis 2:4
- 3למה יאמרו הגוים איה נא אלהיהם · Psalms 115:2
- 4כל אשר חפץ הוי״ה עשה · Psalms 135:6
Et tout le psaume qui précède celui-ci parle de cette question : « La mer vit et s’enfuit », etc. ; « Celui qui transforme le rocher », etc.
Le psaume qui précède celui-ci, le Psaume 114, parle du même thème : au moment de la sortie d’Égypte, « la mer vit et s’enfuit », et D.ieu « transforme le rocher en un bassin d’eau ». Dans les deux cas, l’ordre naturel céda.
שמספר בשבח מעלת שם הוי״ה המושל על שם אלקי׳ ומשנה הטבע מצור החלמיש שהוא מיסוד האש וממנו מוציא מים
Car il célèbre la supériorité du Nom Havaya, qui gouverne le Nom Elokim et change la nature : [comme dans le cas du] rocher de silex, qui relève de l’élément du feu, et dont Il fait jaillir de l’eau.
Ce psaume célèbre le Nom Havaya, qui gouverne Elokim et peut changer la nature : du silex, qui relève de l’élément du feu, Il fait jaillir de l’eau.
והיינו לפי ששם אלקים שהוא הצמצום ומעלים להיות בבחי׳ יש ע״פ הטבע המוטבע בכל דבר לפי מזגו ותכונתו הוא בטל לגבי שם הוי״ה המושל עליו שהוא ענין גילוי אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה שכשמו כן הוא. ולכן גם הים ראה וינוס כו׳:
C’est-à-dire que le Nom Elokim, qui est le tsimtsoum (contraction) et dissimule, de sorte que [les choses] soient dans un état de « quelque chose » selon la nature implantée en chaque chose, conformément à son tempérament et à ses propriétés, est dans un état d’annulation de soi devant le Nom Havaya, qui le gouverne ; celui-ci est la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, car Il est tel que Son Nom l’indique. C’est pourquoi aussi « la mer vit et s’enfuit », etc.
Cela est possible parce que Elokim, le tsimtsoum qui dissimule et permet à chaque chose d’exister comme un « quelque chose » doté d’une nature fixe, conforme à sa constitution et à ses propriétés, est dans un état d’annulation de soi devant Havaya, la révélation de la Lumière infinie, qui est précisément ce qu’indique Son Nom. Ainsi, lorsque Havaya se révèle, même la mer s’enfuit.
Le Psaume 114 illustre ce thème : la nature relève de l’œuvre d’Elokim, qui dissimule ; lorsque Havaya, qui la gouverne, se révèle, la nature change, comme lorsque la mer s’enfuit et que le rocher donna de l’eau.
Maré mekomot
- 1הים ראה וינוס · Psalms 114:3
- 2ההופכי הצור · Psalms 114:8
Transformer l’amer en doux ¶11–16
11והנה כאשר יתבונן וישכיל כל זה האדם. אזי תכלה ותכסוף נפשו ליבטל אליו ית׳ עד שתחפץ להתפשט מתענוגי עוה״ז ולהפך לבו לגמרי ולדבקה בו וכמ״ש מי לי בשמים1 כו׳.
Or, lorsqu’une personne contemple et comprend tout cela, alors son âme languira et aspirera à être dans l’annulation de soi (bitoul) devant Lui, qu’Il soit béni, au point de désirer se dépouiller des plaisirs de ce monde, de transformer entièrement son cœur et de s’attacher à Lui, comme il est écrit : « Qui ai-je dans les cieux ? », etc.
La contemplation de tout cela — que le monde n’est rien devant D.ieu et que Sa gloire est destinée à se révéler ici-bas — fait désirer à l’âme d’être dans l’annulation de soi devant Lui. Elle veut alors se défaire des plaisirs de ce monde et tourner entièrement son cœur vers D.ieu, comme le dit le psalmiste : « Qui ai-je dans les cieux ? Et en dehors de Toi, je ne désire rien sur la terre. »
ובזוהר אמרו מאן דלא טעים מרירו למיתקו2 ומהפך חשוכא לנהורא3 לית ליה חולקא הכא שצריך להפוך טעם מרירו למיתקא.
Et dans le Zohar, ils ont dit : « Celui qui ne goûte pas l’amertume [transformée] en douceur et ne transforme pas l’obscurité en lumière n’a pas de part ici. » Car il faut transformer le goût de l’amertume en douceur.
Le Zohar dit qu’une personne n’a pas de part « ici » à moins qu’elle ne transforme l’amertume en douceur et l’obscurité en lumière. Le maamar présente cela comme la tâche à accomplir : transformer le goût de ce qui est amer en douceur. Dans sa note de Kehot, Or HaTorah renvoie au maamar Vayechal Moshe, qui explique que goûter l’amertume comme de la douceur est un degré supérieur à transformer l’obscurité en lumière.
La contemplation fait que l’âme aspire à D.ieu et la détourne des plaisirs du monde ; c’est ce que signifie, dans le Zohar, « transformer l’amertume en douceur et l’obscurité en lumière ».
Une note de Kehot cite Or HaTorah, qui renvoie au maamar « Vayechal Moshe » pour expliquer que « goûter l’amertume comme de la douceur » est un degré supérieur à « transformer l’obscurité en lumière ». Yahel Ohr associe « goûter l’amertume comme de la douceur » à « ceux qui se réjouissent dans les souffrances ».
Maré mekomot
- 1מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 2מאן דלא טעים מרירו למיתקו · Zohar I, 4a
- 3חשוכא לנהורא · ביהל אור ע׳ תטו מציין ללקו״ת ואתחנן ב, א. וטעמין מרירו למיתקא זהו ענין השמחים ביסורים.
12ומרירו הן תאוות עוה״ז ותענוגים שמושפעים מהיכלות הקליפות. שאין לך דבר למטה שאין לו היכל למעלה כנגדו שממנו בא תוצאת הדבר ההוא והשפעתו.
Et « amer » désigne les désirs de ce monde et les plaisirs qui découlent des heichalos (chambres) des kelipot (écorces). Car il n’est rien ici-bas qui n’ait une chambre correspondante en haut, d’où cette chose émane et d’où elle reçoit son influx.
L’« amer » désigne les désirs et les plaisirs de ce monde. Ils découlent des heichalos des kelipot, les forces qui dissimulent la sainteté, car à toute chose d’en bas correspond une chambre d’en haut, d’où elle émane et reçoit son influx.
וכל תענוגי עוה״ז אפי׳ [אפילו] דבר קל ואפי׳ [ואפילו] המסלסל בשערו הנה החיות ההוא נמשך מהיכלות הטומאה.
Et tous les plaisirs de ce monde, même une chose insignifiante, même le fait de se friser les cheveux : cette force vitale est attirée des chambres de l’impureté.
Même le plus infime plaisir de ce monde, même le fait pour un homme de s’occuper de ses cheveux, tire sa force vitale des chambres de l’impureté. Cela prépare l’exemple de Yosef qui suit.
Les plaisirs de ce monde, même les plus insignifiants, tirent leur vitalité des domaines de la kelipa ; c’est là l’« amertume » qu’il faut transformer en douceur.
13ולכן נענש יוסף בשבתו בבית האסורים י״ב שנה על שהיה מסלסל בשערו1 כדאיתא בגמרא2 ע״פ ויהי יוסף יפה תואר ויפה מראה34 מיד ותשא אשת אדוניו5 כו׳.
Par conséquent, Yosef fut puni de douze années passées en prison parce qu’il se frisait les cheveux, comme il est rapporté dans la Gemara à propos du verset : « Yosef était beau de forme et beau d’apparence » ; aussitôt, « la femme de son maître leva [les yeux] », etc.
Le texte dit que cela est rapporté « dans la Gemara » ; les sources indiquées dans la note de Kehot sont le Midrash, Bereshit Rabbah 87:3 et Tanchuma, Vayeshev 8, qui relient l’attention que Yosef portait à son apparence dans la maison de son maître à ce qui s’ensuivit aussitôt : « la femme de son maître leva les yeux » vers lui. Pour s’être frisé les cheveux, il fut puni de douze années de prison, car même ce petit plaisir puisait dans le domaine de l’impureté.
Et il faut transformer son cœur pour goûter véritablement la douceur : « Goûtez et voyez que Havaya est bon. » « Alors tu te délecteras en Havaya. »
Il faut donc retourner son cœur et goûter véritablement la douceur en D.ieu : « Goûtez et voyez que Havaya est bon », où le « goûtez » du verset répond au fait que le Zohar goûte l’amer comme doux. Alors la promesse s’accomplit : « Alors tu te délecteras en Havaya. »
La punition de Yosef montre combien même les petits plaisirs auxquels on s’abandonne sont graves ; le remède consiste à transformer le cœur afin que son plaisir soit en D.ieu.
Maré mekomot
- 1שהיה מסלסל בשערו · Midrash Tanchuma, Vayeshev 8:3
- 2כדאיתא בגמרא · ראה ב״ר פ׳ פז, ג. ובתנחומא וישב ח.
- 3ויהי יוסף יפה תואר ויפה מראה · Genesis 39:6
- 4ויהי יוסף יפה תואר ויפה מראה · Bereshit Rabbah 87:3
- 5ותשא אשת אדוניו · Genesis 39:7
- 6טעמו וראו · Psalms 34:9
- 7אז תתענג על הוי״ה · Isaiah 58:14
14וזה הי׳ [היה] ענין הקרבנות שנהפך חלב מנפש בהמה ועולה ונכלל באש שלמעלה אשר תאכל על המזבח להיות אשה ריח ניחוח לה׳. וכמו״כ [וכמו כן] תהיה התפלה שהיא במקום הקרבנות12 להלהיב נפשו באש שלמעלה ולהתענג על הוי״ה.
Tel était le sens des sacrifices : la graisse provenant d’une âme animale se transforme, s’élève et s’intègre au feu d’en haut qui consume sur l’autel, pour devenir « une offrande de feu, un parfum agréable pour Havaya ». De même, la prière, qui tient lieu de sacrifices, doit enflammer l’âme du feu d’en haut et lui faire trouver son plaisir en Havaya.
Dans le Temple, la graisse d’un animal offert en sacrifice était consumée par le feu d’en haut qui reposait sur l’autel, devenant « un parfum agréable pour Havaya ». L’expression « graisse provenant d’une âme animale » (néfech behema [âme animale]) s’entend dans les deux sens : la graisse de l’animal offert sur l’autel, et l’âme animale chez une personne, dont le désir de plaisir doit lui aussi être transformé et élevé. La prière, qui tient lieu de sacrifices, accomplit la même chose : elle enflamme l’âme de ce feu d’en haut, de sorte que son plaisir soit en D.ieu.
Les sacrifices et la prière élèvent tous deux l’« animal » dans le feu d’en haut et le transforment en plaisir en D.ieu ; c’est ainsi que l’amer devient doux.
Maré mekomot
- 1התפלה שהיא במקום הקרבנות · Berakhot 26a:17
- 2התפלה שהיא במקום הקרבנות · Berakhot 26b:7
15וענין אתהפכא חשוכא לנהורא. הוא שחשך הגשמי של עוה״ז מעשה שמים וארץ שנראים ליש ודבר גשמי יתהפך לנהורא להיות בו גילוי אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה להיות היש בטל אליו ית׳ ונגלה כבוד1 ה׳ למטה כמו למעלה.
Le sens de « l’obscurité transformée en lumière » est que l’obscurité matérielle de ce monde — l’œuvre des cieux et de la terre, qui apparaissent comme un « quelque chose » et comme une réalité matérielle — se transforme en lumière, afin qu’une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, y ait lieu, et que ce « quelque chose » soit dans un état d’annulation de soi (bitoul) devant Lui, béni soit-Il, et que « la gloire de Havayah soit révélée » en bas comme en haut.
« Transformer l’obscurité en lumière » signifie que le monde matériel, qui semble être un « quelque chose » solide et indépendant, devienne lui-même un lieu où la Lumière infinie se révèle ; alors, ce « quelque chose » est dans un état de bitoul devant D.ieu, et Sa gloire se révèle en bas comme en haut. Dans Likkutei Torah, Vaet'hanan (2a), cité dans la note de Kehot sur le paragraphe 11, l’Alter Rebbe explique que c’est pourquoi l’homme a été créé : ce monde est plongé dans une double obscurité, et l’âme, « la lampe de Havayah », y est envoyée pour l’éclairer et transformer son obscurité en lumière.
L’« obscurité transformée en lumière » du Zohar est l’objectif énoncé plus haut : le monde matériel lui-même révèle la Lumière infinie et se tient dans le bitoul devant elle.
Maré mekomot
- 1ונגלה כבוד ה׳ · Isaiah 40:5
16והיינו שע״י בחי׳ טעים מרירו למיתקא שהוא ממטה למעלה להפוך לבו ותאוות עוה״ז לדבקה בו ית׳ בתשוקה וצמאון כו׳
C’est-à-dire que, par le niveau de « goûter l’amertume [transformée] en douceur », qui procède du bas vers le haut et consiste à tourner son cœur et les désirs de ce monde vers l’attachement à Lui, béni soit-Il, avec désir ardent et soif, etc.,
« Goûter l’amertume comme douceur » est un mouvement du bas vers le haut : la personne tourne son cœur et ses désirs de ce monde vers l’attachement à D.ieu, avec désir ardent et soif.
יאיר אור ה׳ מלמעלמ״ט [מלמעלה למטה] במקום החשך של העוה״ז שלא יהיה העולם מעלים אור ה׳ וקדושתו
la lumière de D.ieu brillera d’en haut vers le bas, dans le lieu même des ténèbres de ce monde, afin que le monde ne voile pas la lumière de D.ieu et Sa sainteté.
En réponse, la lumière de D.ieu brille d’en haut vers le bas, dans les ténèbres de ce monde. Le monde ne voile alors plus la lumière de D.ieu ni Sa sainteté.
וזהו ג״כ ענין נר מצוה ותורה אור1 נר מצוה היא בחי׳ העלא׳ [העלאת / העלאה] מלמטלמ״ע [מלמטה למעלה] ותורה אור היא בחי׳ ההמשכה מלמעלמ״ט [מלמעלה למטה] וע״י בחי׳ נר מצוה בא אור התורה:
Et c’est également le sens de « Une mitsva est une lampe, et la Torah est lumière » : « Une mitsva est une lampe » est le niveau de l’élévation du bas vers le haut, et « la Torah est lumière » est le niveau de la descente d’en haut vers le bas ; et c’est par le niveau de « Une mitsva est une lampe » que vient la lumière de la Torah.
Le verset « Une mitsva est une lampe, et la Torah est lumière » décrit cette même paire. La mitsva, la lampe, est l’élévation à partir du bas ; la Torah, la lumière, est la descente d’en haut ; et la lumière de la Torah ne vient que par la lampe de la mitsva.
L’élévation à partir du bas (la lampe de la mitsva) fait descendre la lumière d’en haut (la lumière de la Torah) ; cette paire servira ensuite à expliquer la mezouza et la lampe de 'Hanouka.
Maré mekomot
- 1נר מצוה ותורה אור · Proverbs 6:23
La racine des lettres ¶17–23
17וביאור הדבר. הנה צ״ל ענין אותיות מה ענינם.1 כי הנה האותיות נחלקות במבטא ע״י2 ה׳ מוצאות הפה. אחה״ע מהגרון כו׳.
Explication de la chose : il faut maintenant expliquer ce que sont les lettres. En effet, dans la prononciation, les lettres se répartissent selon les cinq organes d’articulation de la bouche : Alef, 'Het, Hé et Ayin sont articulés dans la gorge, etc.
Afin d’expliquer comment la mitsva fait venir la lumière de la Torah, le maamar aborde la nature des lettres. Comme l’enseigne le Sefer Yetzirah, l’ouvrage ancien consacré aux lettres et à la création, les lettres sont formées par cinq parties de la bouche ; Alef, 'Het, Hé et Ayin, par exemple, viennent de la gorge. Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, explique pourquoi le maamar aborde ici les lettres : il a été dit plus haut que le monde fut créé par les lettres de la parole, qui font du « quelque chose » une chose distincte ; il montre donc à présent que la racine des lettres est très élevée et qu’elles n’ont été abaissées que pour devenir un vêtement.
והנה אין המוצאות כלי המבטא דומים לכנור3 שהוא כלי הנגון שבנגן המנגן עליו מוציא קול שהקול ההוא בא מן תנועת הכנור שמוציא את הקול.
Or, les organes d’articulation, les instruments de la parole, ne sont pas semblables à une lyre, qui est un instrument de musique : lorsque le musicien en joue, elle produit un son, et ce son provient du mouvement de la lyre qui le produit.
On pourrait penser que les organes de la parole produisent les lettres comme une lyre produit de la musique. Dans un instrument, le son est effectivement produit par le mouvement de l’instrument lui-même.
משא״כ האותיות אינן באות מחמת תנועות כלי המבטא שהן ה׳ מוצאות הפה שהרי מאליהן ומעצמן יוצאות4 תנועות האותיות בלי שום הכנה וכוונה מכוונת באדם להניע הלשון לאותיות דטלנ״ת. או השפתים לאותיות בומ״ף.
Mais il n’en va pas ainsi des lettres : elles ne sont pas produites par les mouvements des organes de la parole, qui sont les cinq organes d’articulation de la bouche. En effet, les mouvements des lettres se produisent d’eux-mêmes et spontanément, sans qu’une personne ait à se préparer ni à avoir l’intention délibérée de bouger la langue pour les lettres Dalet, Tet, Lamed, Noun et Tav, ou les lèvres pour les lettres Beit, Vav, Mem et Pé.
Les lettres sont différentes : celui qui parle ne prévoit pas de bouger la langue pour prononcer Dalet, ni les lèvres pour prononcer Beit. Les lettres se produisent d’elles-mêmes.
אלא אדרבה האותיות מניעות את הלשון לאותיות דטלנ״ת והשפתים לאותיות בומ״ף והאותיות מצד עצמן הן מושרשות בנפש עצמה.
Bien au contraire, les lettres font bouger la langue pour les lettres Dalet, Tet, Lamed, Noun et Tav, et les lèvres pour les lettres Beit, Vav, Mem et Pé ; et les lettres elles-mêmes ont leur racine dans l’âme elle-même.
Bien au contraire, les lettres font bouger la langue et les lèvres. Les lettres elles-mêmes ont leur racine dans l’âme.
Les lettres ne sont pas produites par la bouche comme la musique est produite par un instrument ; elles proviennent de l’âme et font bouger les organes de la parole.
Maré mekomot
- 1שו״ה וביאור — ענין אותיות מה ענינם · ראה אוה״ת חנוכה כרך ב שלה, ב ”דלעיל ביאר שע״י אותיות הדבור בע״מ נברא העולם נמשך שיהי׳ היש דבר נפרד, ולכן מבאר ששרש האותיות ממקום גבוה מאד רק נשפלו להיות לבוש”.
- 2האותיות נחלקות במבטא ע״י ה׳ מוצאות · ראה בד״ה תקעו תר״ן ע׳ ... בענין התחלקות האותיות.
- 3אין המוצאות כלי המבטא דומים לכנור · וכ״כ במאמרי אדה״ז ענינים ע׳ עו ”אין עניינם כענין צירופי קולות ותנועות המצטרפי׳ להשמע מכלי המוזיקע”. ושם מבאר בארוכה ההפרש בין כלי ניגון לאותיות. וראה שם ע׳ שכב. המשל מכלי המוזיקע מובא גם בסה״מ תקס״ג ע׳ רה.
- 4שהרי מאליהן ומעצמן יוצאות · מבואר באוה״ת בשלח ע׳ שצא.
18והנפש היא המוציאה אותן מההעלם אל הגילוי מתחלה באותיות המחשבה ואח״כ באותיות הדבור. וז״ש [וזהו שכתוב] ויהי האדם לנפש חיה.1
Et c’est l’âme qui les fait passer de la dissimulation à la révélation, d’abord dans les lettres de la pensée, puis dans les lettres de la parole. C’est ce qui est écrit : « Et l’homme devint une âme vivante (néfech haya). »
L’âme fait passer les lettres de la dissimulation à la révélation, d’abord sous forme de lettres de la pensée, puis de lettres de la parole. Le verset « Et l’homme devint une âme vivante » est interprété comme faisant référence à cela.
ות״א [ותרגום אונקלוס] לרוח ממללא23 שבחינת האותיות הן בבחי׳ חיה. כי יש באדם נפש רוח נשמה חיה. נפש הוא בחי׳ אותיות מחשבה ודבור.
Et le Targoum Onkelos [traduit cela par] « un esprit qui parle », car les lettres relèvent du niveau de Haya. En effet, l’homme possède Nefech [âme], Roua’h [esprit], Nechama [âme] et Haya [vitalité]. Nefech est le niveau des lettres de la pensée et de la parole.
Onkelos traduit « une âme vivante » par « un esprit qui parle » : c’est donc la parole qui fait de l’homme une âme « vivante » (haya), et les lettres ont leur racine dans le niveau de l’âme appelé Haya. Parmi les niveaux de l’âme mentionnés ici — Nefech, Roua’h, Nechama et Haya —, le plus bas, Nefech, correspond aux lettres de la pensée et de la parole telles qu’elles s’expriment.
L’âme fait apparaître les lettres ; l’expression d’Onkelos, « un esprit qui parle », montre que leur racine se trouve en Haya, un niveau élevé de l’âme, tandis que Nefech correspond aux lettres telles qu’elles s’expriment dans la pensée et la parole.
Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, ajoute qu’il se peut que cela désigne la forme des lettres, tandis que leur matière provient du souffle du cœur. Maamarei Admur HaZaken (Inyanim) cite cela au nom des écrits de l’Arizal : l’âme est pleine de lettres, comme l’indique l’expression « une âme vivante ».
Maré mekomot
- 1ויהי האדם לנפש חי׳ · Genesis 2:7
- 2ות״א לרוח ממללא · ראה אוה״ת חנוכה שלה, ב ”מ״מ י״ל זהו צורת האותיות אבל חומר האותיות נמשך מהבל הלב”. במאמרי אדה״ז ענינים ע׳ עז מביא זה בשם כתבי האריז״ל שנפש מליאה אותיות וכמ״ש לנפש חי׳.
- 3לרוח ממללא · Onkelos Genesis 2:7
La Roua'h [souffle] est le souffle du cœur, qui est la voix, composée de feu, d'air et d'eau, comme on le sait. La Nechama [âme] est le niveau de la compréhension intellectuelle : « et la nechama de Chaddaï leur donne l'intelligence ».
La Roua'h est le souffle du cœur, la voix, qui associe le feu, l'air et l'eau. La Nechama est la compréhension intellectuelle, comme dans le verset de Job : « la nechama de Chaddaï leur donne l'intelligence ».
וחיה היא בחי׳ חכמה דהיינו מקור החכמה שלמעלה מן ההשגה ושם הוא שרש האותיות אלא שקבען בפה23 ולא שבראן שם בפה
La 'Haya [vie] est le niveau de la 'Hokhma (sagesse), c'est-à-dire la source de la sagesse, qui est au-dessus de la compréhension ; là se trouve la racine des lettres. Seulement, Il les « a placées dans la bouche », et non pas qu'Il les ait créées là, dans la bouche ;
La 'Haya correspond à la 'Hokhma, la source de l'intuition qui est au-dessus de la compréhension, et c'est là que les lettres ont leur racine. Le Sefer Yetzirah dit que D.ieu a « placé » les lettres dans la bouche ; le maamar souligne qu'Il les y a placées, mais qu'Il ne les y a pas créées.
כי בריאותם והתהוותם בשרשם הוא למעלה בבחינת חיה ומשם נמשכו ונתחלקו לכ״ב אותיות לדבר בם איש ואיש כלשונו.
car leur création et leur venue à l'existence, à leur racine, se trouvent en haut, au niveau de la 'Haya ; de là, elles furent attirées vers le bas et réparties en vingt-deux lettres, afin que chaque homme puisse parler avec elles selon sa langue.
Les lettres sont créées à leur racine, dans la 'Haya. De là, elles descendent et se répartissent en vingt-deux lettres, avec lesquelles chaque personne parle dans sa propre langue.
Les niveaux de l'âme sont ainsi mis en correspondance : la Roua'h est la voix, la Nechama la compréhension, et la 'Haya la source de la sagesse où les lettres ont leur racine ; la bouche ne fait qu'exprimer ce qui prend naissance en haut.
Maré mekomot
- 1ונשמת שדי תבינם · Job 32:8
- 2אלא שקבען בפה · ספר יצרה פ״ב.
- 3שקבען בפה · Sefer Yetzirah 2:3
20ובזה יובן ענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] שמט״ט [שמטטרון] קושר1 קשרים לקונו מתפלותיהן של ישראל.
On comprendra ainsi l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, selon lequel Metatron noue des nœuds pour son Créateur à partir des prières d’Israël.
Les Sages enseignent que Metatron, un ange élevé que le Zohar identifie à Chanoch, noue des « nœuds » pour son Créateur à partir des prières d’Israël ; le paragraphe suivant, ainsi que le titre de la note du Kehot, parlent de « couronnes ».
כי הנה המלאכים מעלים התפלות לפי שדבור האדם הוא גשמי2 והמלאכים הם רוחני׳ [רוחניים] שהדבור שלהם הוא כמו מחשבה שלנו וע״י המלאך המקבל התפלה מזדככת התפלה מגשמיות לרוחניות ע״י המלאך ההוא.
Car les anges élèvent les prières, parce que la parole de l’homme est physique, tandis que les anges sont spirituels ; leur parole est comme notre pensée. Par l’intermédiaire de l’ange qui reçoit la prière, celle-ci est affinée et passe de la matérialité à la spiritualité, par l’intermédiaire de cet ange.
Ce sont les anges qui portent les prières vers le haut, car la parole humaine est physique, tandis que les anges sont spirituels : leur « parole » est comme notre pensée. À mesure que la prière passe par l’ange qui la reçoit, elle est affinée et passe du physique au spirituel.
Les anges élèvent et affinent la prière, car la parole humaine est physique, tandis que la leur est spirituelle.
Le passage du Zohar cité dans la note du Kehot dit que Chanoch, devenu « le jeune homme » (l’ange Metatron), reçoit chaque jour cent bénédictions et « noue des nœuds pour son Maître », selon la formulation de notre texte, tandis que le titre de la note indique « noue des couronnes », comme le paragraphe suivant. À propos de la nature physique de la parole humaine, la note du Kehot renvoie également à Zohar 1:23b et 2:201b, ainsi qu’à Tanya, chapitre 40.
Maré mekomot
- 1שמט״ט קושר כתרים · Zohar I, 37b
- 2שדבור האדם הוא גשמי · Zohar I, 23b
21והנה גבוה מעל גבוה עד עולם העליון שבו משכן מט״ט [מטטרון] והוא קושר כתרים שלמעלה מן הראש ומוחין.
À présent, [cela s’élève] « plus haut que le haut », jusqu’au monde supérieur, où se trouve la demeure de Metatron ; celui-ci noue des couronnes, qui sont au-dessus de la tête et de l’intellect (mo'hin).
Au-dessus des anges qui reçoivent les prières se trouvent des niveaux toujours plus élevés, jusqu’au monde où réside Metatron. Il noue des « couronnes », qui se situent au-dessus de la tête, c’est-à-dire à un niveau supérieur à l’intellect.
וע״י זה ממשיך אותיות חדשות. כי הנה התפלה היא בקשת יה״ר [יהי רצון]1 שיתהווה בחינת רצון
Par cela, il fait descendre de nouvelles lettres. Car la prière est une demande : « Yehi ratson » (« Qu’il y ait volonté »), afin qu’un niveau de volonté vienne à l’existence.
Par cela, Metatron fait descendre de nouvelles lettres. La prière est une demande, « Yehi ratson », littéralement « Qu’il y ait volonté » : elle demande qu’une nouvelle volonté vienne à l’existence.
שכמו שכבר נמשך רצה״ע [רצון העליון] בחכמה. הנה החכמה מחייבת ע״פ התורה אין יסורים בלא עון23 שהעון גורם יסורים ח״ו [חס ושלום] אבל ע״י התפלה יה״ר [יהי רצון] נמשך רצה״ע [רצון העליון] שלמעלה מבחינת חכמה ושם הוא רחמים פשוטים ורבו פשעיך45 כו׳.
Car, de même que la volonté suprême a déjà été attirée dans 'Hokhma (sagesse), 'Hokhma dicte, conformément à la Torah : « Il n’y a pas de souffrance sans faute », car la faute entraîne la souffrance, à D.ieu ne plaise. Mais par la prière, « Yehi ratson », la volonté suprême qui est au-dessus du niveau de 'Hokhma est attirée vers le bas ; là, il s’agit d’une miséricorde simple, et « vos transgressions sont nombreuses », etc.
Puisque la volonté suprême s’exprime déjà dans 'Hokhma, la sagesse de la Torah dicte que la souffrance suit la faute. La prière atteint la volonté qui se situe au-dessus de 'Hokhma, un niveau de miséricorde simple qui n’est pas soumis à ce calcul, même lorsque « vos transgressions sont nombreuses ». Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, ajoute que cette attirance vers le bas provient du « Maître de la volonté », au-dessus de la volonté elle-même, comme l’explique l’Alter Rebbe dans Torah Ohr, Beshalach, à propos de la longue patience de D.ieu.
Élevée par l’intermédiaire de Metatron, la prière atteint la volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma, et fait descendre une nouvelle volonté : une miséricorde simple qui va au-delà de ce que dicterait la stricte sagesse.
Le Yalkout Chimoni cité dans la note de Kehot raconte que, lorsqu’on demande à la Sagesse quelle peine mérite le pécheur, elle répond avec rigueur, tandis que le Saint béni soit-Il répond qu’il doit faire techouva (retour) et obtenir le pardon. Or HaTorah, cité dans une autre note, dit que cette attirance vers le bas provient du « Maître de la volonté » (Baal HaRatzon), au-dessus de la volonté elle-même ; c’est pourquoi il est dit : « Je prie le Maître du nez », Celui dont la patience est longue.
Maré mekomot
- 1התפלה היא בקשת יה״ר · ראה קו״א לתניא ד״ה להבין מ״ש בפע״ח. סה״מ תרכ״ז ע׳ תלג.
- 2החכמה מחייבת . . אין יסורים בלא עון · ילקוט שמעוני תהלים סי׳ כה ע״פ טוב וישר רמז תשב.
- 3אין יסורים בלא עון · Shabbat 55a:17–18
- 4כי הנה התפלה . . ורבו פשעיך · מובא באוה״ת פ׳ בהעלותך ע׳ תד.
- 5נמשך רצה״ע . . ורבו פשעיך · באוה״ת פ׳ בהעלותך ע׳ תד ”והמשכה זו מבחי׳ בעל הרצון שלמעלה מבחי׳ רצון כמו שיובן ממ״ש בת״א בד״ה בשלח פרעה בענין כמה ארך אפים כו׳ שהוא למעלה מעלה מבחי׳ רצון ונק׳ בעל הרצון וע״ז אמרו לבעל החוטם אני מתפלל כמ״ש למען שמי אאריך אפי ותהלתי אחטם לך ועמ״ש בלקו״ת בד״ה מה יפו פעמייך בנעלים” עכ״ל.
22וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] כשישראל אומרים יהא שמו הגדול מבורך1 כו׳ הקב״ה מנענע בראשו. פי׳ שמנענע וממשיך בראשו הוא רצה״ע [רצון העליון] ב״ה
Et c’est ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : lorsque les enfants d’Israël disent : « Que Son grand Nom soit béni », etc., le Saint béni soit-Il incline la tête. C’est-à-dire qu’Il incline et fait descendre Sa « tête », qui est la volonté suprême, béni soit-Il ;
Le Talmud dit que lorsque les Juifs répondent : « Que Son grand Nom soit béni », le Saint béni soit-Il incline la tête. Le maamar interprète la « tête » comme la volonté suprême, que D.ieu « met en mouvement » et fait descendre en réponse. Dans Likkutei Torah, Shelach (48b), cité dans la note de Kehot, l’Alter Rebbe explique longuement que la « tête » de D.ieu est la volonté suprême et que Son signe de tête en est la descente vers le bas.
כי אותו מבקשים יהא שמו הגדול מבורך שיהא ברוך ונמשך שמו הגדול שלמעלה מבחינת השתלשלות שהוא גדול ומהולל מאד.
car c’est là ce qui est demandé : « Que Son grand Nom soit béni », c’est-à-dire que Son grand Nom, qui se situe au-delà du niveau de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), soit béni et attiré vers le bas, car il est « grand et extrêmement loué ».
C’est ce que demandent ces paroles : que Son grand Nom, qui se situe au-dessus de tout l’enchaînement descendant des mondes, soit « béni », c’est-à-dire attiré vers le bas. Il est « grand et extrêmement loué », au-delà de tous les mondes.
« Que Son grand Nom soit béni » demande que la volonté de D.ieu, qui se situe au-dessus de tous les mondes, soit attirée vers le bas ; l’image talmudique de D.ieu inclinant la tête représente cette descente.
Le passage de Likkutei Torah cité dans les notes du paragraphe 11 explique de la même manière que « bénir » signifie attirer vers le bas, comme lorsqu’on greffe une branche.
Maré mekomot
- 1שארז״ל כשישראל אומרים יהא שמו הגדול מבורך · Berakhot 3a:14
23והמשכת רצה״ע [רצון העליון] הזה הוא ע״י העלאת אותיות התפלה לשרשן ומקורן כתר העליון ע״י מט״ט [מטטרון]. והיינו לפי ששרש האותיות היא בכתר העליון למעלה מבחי׳ חכמה ומוחין אלא שראשית הגלוי היא בחכמה שא״א להשכיל ולהשיג כל דבר מושכל כ״א ע״י אותיות.
La descente de cette volonté supérieure s’opère en élevant les lettres de la prière jusqu’à leur racine et à leur source, le Kéter supérieur (la Couronne), par l’intermédiaire de Metatron. En effet, la racine des lettres se trouve dans le Kéter supérieur, au-dessus du niveau de 'Hokhma (sagesse) et de l’intellect (mo'hin) ; toutefois, le début de la révélation se trouve en 'Hokhma, car il est impossible de comprendre et de saisir quelque objet intelligible que ce soit autrement que par les lettres.
La volonté supérieure descend lorsque les lettres de la prière sont élevées, par l’intermédiaire de Metatron, jusqu’à leur racine dans le Kéter supérieur, la Couronne qui se situe au-dessus de l’intellect. Les lettres ont leur racine dans le Kéter, au-dessus de 'Hokhma ; pourtant, la révélation commence en 'Hokhma, puisque rien ne peut être compris sans les lettres.
אבל האותיות עצמן אינן בחי׳ שכל שא״א לשכל המושג להשיג ענין מהות האותיות בעצמותם אלא שהן לבוש השכל
Mais les lettres elles-mêmes ne sont pas de l’ordre de l’intellect : l’intellect saisissable ne peut saisir la nature essentielle des lettres en elles-mêmes ; elles sont plutôt un vêtement de l’intellect.
Les lettres elles-mêmes ne sont pas de l’intellect : l’esprit ne peut saisir ce que sont essentiellement les lettres. Elles sont un vêtement de l’intellect.
והלבוש הזה הוא מבחי׳ חיצוניות עליון שירד ונתפשט למטה להלביש את השכל. ומשם יורד עוד להיות אותיות מחשבה ודבור:
Et ce vêtement provient de la dimension extérieure ('hitsoniyout) supérieure, qui est descendue et s’est déployée vers le bas afin de revêtir l’intellect. De là, il descend encore davantage pour devenir les lettres de la pensée et de la parole.
Ce vêtement provient d’une dimension extérieure ('hitsoniyout) du niveau supérieur, qui est descendue afin de revêtir l’intellect. De là, les lettres descendent encore davantage et deviennent les lettres de la pensée et de la parole.
Les lettres ont leur racine dans le Kéter, au-dessus de l’intellect ; elles revêtent 'Hokhma comme un vêtement et descendent dans la pensée et la parole. C’est pourquoi élever les lettres de la prière jusqu’à leur racine fait descendre la volonté supérieure.
La Torah, parabole de l’Être primordial ¶24–30
24והנה התורה נתלבשה באותיות ג״כ עד״ז שאותיות התורה שרשן למעלה מעלה מבחי׳ התורה. דאורייתא מחכמה נפקת12 והאותיות שרשן למעלה בבחי׳ כתר.3
Or, la Torah aussi fut revêtue de lettres de cette manière : les lettres de la Torah ont leur racine très au-dessus du niveau de la Torah. Car « la Torah émane de 'Hokhma (sagesse) », tandis que les lettres ont leur racine plus haut, au niveau de Kéter (la Couronne).
La Torah aussi est revêtue de lettres, et celles-ci ont leur racine très au-dessus du niveau propre de la Torah. Le Zohar dit que la Torah « émane de 'Hokhma », la sagesse divine, tandis que ses lettres ont leur racine en Kéter, la Couronne située au-dessus de la sagesse. Dans Likkutei Torah, Chukas, l’Alter Rebbe renvoie à ce maamar et explique ce point : en bas, 'Hokhma est supérieure aux lettres, mais, dans leur racine, les lettres sont supérieures, car, comme l’écrit le Ramaz, elles proviennent de l’« air » (avira) qui se trouve au-dessus de la sagesse de Kéter.
Et otiyos (lettres) vient du mot asa (« vint »), qui désigne le fait d’attirer vers le bas ; car les lettres sont des flux descendants par lesquels et à travers lesquels ce qui devient la Torah est attiré vers le bas.
Le mot hébreu désignant les lettres, otiyos, est apparenté à asa, « vint », le mot araméen de « Le matin vient » (Isaïe 21:12), qui exprime la venue et le fait d’attirer vers le bas. Maamarei Admur HaZaken (Inyanim), dans la note de Kehot, indique que otiyos est lui-même un mot de Targoum (araméen). Les lettres sont des canaux par lesquels la lumière est attirée vers le bas pour devenir la Torah.
À l’instar des lettres de la parole, les lettres de la Torah ont leur racine en Kéter, au-dessus de la sagesse de la Torah, et servent de canaux qui la font descendre.
Or HaTorah, cité dans une note de Kehot, soulève une difficulté à partir du maamar de Torah Ohr « LeSusasi », qui dit que la parole de la Torah a sa racine dans la 'Hokhma supérieure, et que, lors de la division de la mer, le silence fut nécessaire parce que la révélation provenait de Kéter. Le Hemshech « Matzah Zo » 5640 ajoute que les lettres « furent abaissées pour devenir un vêtement dans lequel la lumière de la Torah se révèle ».
Maré mekomot
- 1דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
- 2דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
- 3והאותיות שרשן למעלה בבחי׳ כתר · באוה״ת יתרו ע׳ תשצג הקשה ”וצ״ע בד״ה לסוסתי בתו״א פ׳ בשלח אומר הדבור תורה שרשו מחכמה עילאה סוסין דוכרין ובקי״ס צ״ל ואתם תחרישון לפי שהגילוי מכתר” ע״ש. בהמשך מצה זו תר״מ סעי׳ ה׳ ע׳ קכה: ”ולכן נשפלו להיות לבוש שבהם יתגלה אור התורה”. ע״ש.
- 4ואותיות מלשון אתא · Isaiah 21:12
- 5והנה התורה נתלבשה . . שבהן ועל ידן נמשך להיות התורה · מובא באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתקו. המשך מצה זו תר״מ ע׳ קכה.
L’explication est la suivante : il est écrit : « Comme le dit la parabole du Primordial », et il s’agit de la Torah, car la Torah est appelée « la parabole du Primordial ».
Dans le livre de Shmuel, David cite « le proverbe des anciens » (mashal hakadmoni). Le maamar l’interprète comme « la parabole du Primordial », une appellation de la Torah, qui est la parabole de D.ieu ; c’est ainsi que Rachi l’explique (Makkos 10b), et dans Torah Ohr, Megillas Esther (98b), l’Alter Rebbe explique que « le Primordial du monde » est la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, au-delà à la fois de la lumière qui entoure les mondes et de celle qui les remplit.
וביאור הדבר ההוא כי הנה ענין המשל הוא להמשיל את הנמשל באופן שיובן מתוך המשל.
Et voici l’explication de cette idée : la nature d’une parabole est de représenter ce qu’elle illustre (le nimshal [l’idée illustrée]), de manière que celui-ci puisse être compris à partir de la parabole.
Une parabole présente une idée, le nimshal, au moyen d’autre chose, afin que l’idée puisse être comprise à partir de cette autre chose.
והרי המשל הוא ענין אחר שאינו מהות הנמשל. אלא שהנמשל מובן מתוכו ע״י שדומה לו בצד מה.
Pourtant, la parabole est une chose différente, qui n’est pas l’essence de ce qu’elle illustre ; seulement, ce qu’elle illustre se comprend à partir d’elle, parce qu’elle lui ressemble sous un certain rapport.
La parabole n’est jamais l’idée elle-même ; elle lui ressemble seulement sous un certain rapport, et c’est par cette ressemblance que l’on saisit l’idée.
La Torah est appelée « la parabole du Primordial » : comme toute parabole, elle n’est pas la chose elle-même, mais une image grâce à laquelle on la comprend.
Maré mekomot
- 1כאשר יאמר משל הקדמוני · I Samuel 24:14
- 2שהתורה נקראת בשם משל הקדמוני · Makkot 10b:3–4
- 3שהתורה נקראת בשם משל הקדמוני · Rashi on Makkot 10b:3:1
26וז״ש [וזהו שכתוב] וביד הנביאים אדמה.1 וחז״ל [וחכמינו זכרונם לברכה] המשילו מראה הנבואה לאספקלריא2 שכמו שרואין באספקלריא הגם שנראית דמות הצורה בתמונתה ובצלמה ממש מ״מ אין זאת גוף הצורה עצמה ממש אלא דמותה ותמונתה.
Et c’est ce qui est écrit : « Par l’intermédiaire des prophètes, Je suis rendu semblable. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont comparé la vision prophétique à un miroir (aspaklaria) : de même que l’on voit dans un miroir, bien que la ressemblance de la forme apparaisse exactement dans sa forme et son image, ce n’est néanmoins pas le corps réel de la forme elle-même, mais seulement sa ressemblance et son image ;
Hochéa dit que D.ieu est « rendu semblable » (adameh, de la même racine que demus, « ressemblance ») par l’intermédiaire des prophètes, et nos Sages comparent la vision prophétique au fait de regarder dans un miroir (aspaklaria). Dans un miroir, on voit une ressemblance fidèle d’une forme, mais seulement sa ressemblance et son image, et non la forme elle-même.
כך כל השגת הנביאים באלקותו ית׳ אין זה אלא בחי׳ דמות ודמיון.
de même, toute l’appréhension qu’avaient les prophètes de Sa divinité, béni soit-Il, n’est qu’au niveau de la ressemblance et de l’image.
De même, tout ce que les prophètes saisirent de D.ieu n’était qu’une ressemblance et une image, et non Son essence.
La prophétie, à l’instar d’une image dans un miroir ou d’une parabole, offre une représentation fidèle de la divinité, mais non la divinité elle-même.
Maré mekomot
- 1וביד הנביאים אדמה · Hosea 12:11
- 2וחז״ל המשילו מראה הנבואה לאספקלריא · Yevamot 49b
27והיינו כמו בחי׳ משל שממנו מובן הנמשל. אבל באלקותו ית׳ ממש כתיב כי לא יראני1 כו׳ וכמשארז״ל [וכמו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה].23
C’est-à-dire, comme une parabole qui permet de comprendre ce qu’elle illustre. Mais quant à la divinité même de D.ieu, béni soit-Il, il est écrit : « Car [l’homme] ne Me verra pas », etc., ainsi que l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie.
La prophétie saisit D.ieu comme une parabole transmet l’idée qu’elle illustre. D.ieu Lui-même ne peut être vu, comme le dit le verset : « Car l’homme ne peut Me voir et rester en vie », et comme l’enseignèrent les Sages (Bamidbar Rabbah, à la fin de Naso) : même les Chayos sacrées (créatures vivantes) qui portent le Trône ne voient pas la Gloire.
וז״ש [וזהו שכתוב] בשלמה וידבר שלשת אלפים משל4 על כל דבר מד״ת [מדברי תורה]5 כו׳ דהיינו שאמר על כל דבר מד״ת [מדברי תורה] רוחניות הענין
Et c’est ce qui est écrit au sujet de Shlomo : « Et il prononça trois mille paraboles », sur chacun des sujets de la Torah, etc. Autrement dit, pour chaque sujet de la Torah, il en exposait le sens spirituel.
Il est écrit au sujet du roi Shlomo qu’« il prononça trois mille paraboles », et le Talmud dit qu’il en donna sur chaque sujet de la Torah. Le maamar explique que, pour chaque sujet, il en exposait le sens spirituel.
כמו מצות קרבנות מן הבהמה. ומקריבים חלב ודם ע״ג [על גבי] המזבח בכהן ובגדי כהונה והיה אומר ענין הקרבנות ברוחניות ומהו נקרא חלב ודם ברוחניות ומהו כהן ומהו בגדי כהונה.
Par exemple, la mitsva des sacrifices d’animaux, [où] l’on offre la graisse et le sang sur l’autel par l’intermédiaire d’un kohen (prêtre), en vêtements sacerdotaux : il expliquait la question des sacrifices en termes spirituels, ce que sont la graisse et le sang dans la spiritualité, ce qu’est un kohen et ce que sont les vêtements sacerdotaux.
Par exemple, dans les lois des sacrifices d’animaux, avec la graisse et le sang offerts sur l’autel par un kohen vêtu des vêtements sacerdotaux, il expliquait ce que signifient spirituellement la graisse et le sang, et ce que sont le kohen et les vêtements sacerdotaux. Chaque loi dans le domaine matériel est une parabole d’une réalité spirituelle.
D.ieu Lui-même échappe à la vision ; les trois mille paraboles de Shlomo expliquaient le sens spirituel des lois de la Torah, telles que celles des sacrifices.
Or HaTorah, cité dans une note de Kehot, relève qu’ici, le maamar place les lettres, qui sont des réceptacles, au-dessus de la lumière dans leur racine, alors qu’il avait dit précédemment que le « quelque chose » est créé principalement à partir des lettres. Il résout cette difficulté en disant que les lettres ne sont supérieures que dans leur racine, mais qu’à mesure qu’elles descendent à travers de nombreux niveaux, elles sont inférieures à 'Hokhma (sagesse).
Maré mekomot
- 1כי לא יראני · Exodus 33:20
- 2וכמשארז״ל · במד״ר ס״פ נשא.
- 3כי לא יראני כו׳ וכמשארז״ל · Bamidbar Rabbah 14:22
- 4וידבר שלשת אלפים משל · I Kings 5:12
- 5על כל דבר מד״ת · Eruvin 21b:21
28והנה גבוה מעל גבוה כמה מדרגות רוחניות זו למעלה מזו. והשיג שלמה בחכמתו שלשת אלפים משל.1 דהיינו שלשת אלפים מדרגות2 זו למעלה מזו.
Or, [il y a,] de nombreux niveaux spirituels, « plus élevés les uns que les autres », l’un au-dessus de l’autre. Et Shlomo, dans sa sagesse, saisit trois mille paraboles, c’est-à-dire trois mille niveaux, l’un au-dessus de l’autre.
Il existe de nombreux niveaux spirituels, les uns au-dessus des autres, et la sagesse de Shlomo en atteignit trois mille : les « trois mille paraboles » sont trois mille niveaux. Dans Torah Ohr, Megillas Esther (122b), cité dans la note de Kehot, l’Alter Rebbe explique pourquoi : pour que la sagesse supérieure de la Torah descende dans un monde inférieur, elle doit être revêtue d’une parabole, puis d’une parabole de cette parabole, et ainsi de suite, jusqu’à trois mille.
וכולם אינן רק3 בחינת משל לגבי בחינת אלקות ממש השורה ומתלבש בתורה.
Et tous ne sont que des paraboles par rapport à la divinité proprement dite, qui réside dans la Torah et s’en revêt.
Pourtant, tous ces niveaux ne sont que des paraboles par rapport à la divinité proprement dite, qui réside dans la Torah et s’en revêt.
Les trois mille paraboles de Shlomo sont trois mille niveaux spirituels, qui ne sont tous que des images comparées à la divinité revêtue dans la Torah.
Maré mekomot
- 1שלשת אלפים משל · I Kings 5:12
- 2שלשת אלפים מדרגות · ראה לקמן קכב, ב. ובאוה״ת שם.
- 3וכולם אינן רק בחי׳ משל · ראה בהדרן על הרמב״ם תשמ״ט הערה 31.
29והנה שלמה לא השיג אלא שלשת אלפים משל. אבל באמת כך הוא עד רום המעלות לאין קץ שכולם אינן רק בחינת משל לקדמונו של עולם. דהיינו אור א״ס ב״ה ממש שלמעלה מעלה מבחי׳ וגדר השתלשלות
Or, Shlomo n'a saisi que trois mille paraboles. Mais, en vérité, il en va ainsi jusqu'aux sommets les plus élevés, sans fin : tous ne sont, par rapport au Primordial du monde, que du niveau de la parabole, c'est-à-dire de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il Lui-même, qui se situe bien au-dessus du niveau et des limites de l'enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout).
Shlomo a saisi trois mille niveaux, mais, en vérité, la série se poursuit sans fin. Chaque niveau, si élevé soit-il, n'est pourtant qu'une parabole par rapport au « Primordial du monde », la Lumière infinie elle-même, qui transcende toute la chaîne des mondes.
לא בבחי׳ ממלא ולא בבחינת סובב רק שהתורה נמשכה משם ע״י בחינת אותיות והמשכות.
[Cela ne se situe] ni au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), ni à celui de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Toutefois, la Torah en a été attirée vers le bas par le biais de lettres et de flux attirés vers le bas.
Cette Lumière dépasse à la fois la lumière qui remplit les mondes et celle qui les entoure, puisque l'une et l'autre restent en relation avec les mondes. Pourtant, la Torah en a été attirée vers le bas au moyen de lettres et de canaux.
Tous les niveaux, sans fin, ne sont que des paraboles de la Lumière infinie elle-même, qui transcende même la lumière qui entoure les mondes ; la Torah en provient par l'intermédiaire des lettres.
Le passage de Torah Ohr cité dans la note de Kehot sur le paragraphe 25 (Megillas Esther) exprime la même idée : sovev kol almin et memalé kol almin sont tous deux en relation avec les mondes, tandis que l'essence de D.ieu ne relève nullement de la catégorie des mondes ; c'est pourquoi on Le nomme « le Primordial du monde ».
30וע״ז ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] דוד הע״ה [העליו השלום] היה מחבר1 תורה של מעלה בהקב״ה.2 דהיינו שהמשיך אותיות התורה מאוא״ס [מאור אין סוף] ב״ה ממש.
À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : le roi David, que la paix soit sur lui, unissait la Torah d’en haut au Saint béni soit-Il. C’est-à-dire qu’il faisait descendre les lettres de la Torah de la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il.
Sefer HaBahir, un ancien ouvrage kabbalistique, dit que le roi David, par son étude constante, « unissait la Torah d’en haut » au Saint béni soit-Il. Le maamar explique qu’il faisait descendre les lettres de la Torah de la Lumière infinie elle-même ; dans Likkutei Torah, Shelach (51a), où l’Alter Rebbe cite la même parole, il explique que la Torah d’en haut est, elle aussi, constituée de prolongements vers le bas, mais d’une tout autre nature.
ועז״נ [ועל זה נאמר] אשר יעשה אתם האדם3 כו׳. לעשות אותם. שעשיית התורה היא ע״י האדם. וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] מעלה אני4 עליכם כאלו עשאוני.5
Et à ce sujet, il est dit : « que l’homme accomplira », etc. : « pour les faire », car la Torah est faite par l’homme. Et, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Je vous le compte comme si vous m’aviez fait. »
Le verset « que l’homme accomplira » se lit comme « faire » : la Torah est « faite » par l’homme. Comme l’ont dit les Sages, D.ieu considère ceux qui l’observent « comme si vous m’aviez fait ».
וזהו ותורה אור6 שהתורה מאירה אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה ממש. אך אין אור התורה עולה בשם אור אלא ע״י נר מצוה:
Et c’est là le sens de « et la Torah est lumière » : la Torah fait rayonner la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il. Mais la lumière de la Torah ne porte le nom de « lumière » que par « une mitsva est une lampe ».
C’est pourquoi la Torah est appelée « lumière » : elle fait rayonner la Lumière infinie elle-même. Mais la lumière de la Torah ne mérite le nom de « lumière » que par « une mitsva est une lampe ».
L’homme fait descendre les lettres de la Torah de la Lumière infinie et « fait » ainsi la Torah ; mais sa lumière ne brille que par les mitsvot, la lampe.
Dans le Bahir, l’étude de David unit la Torah céleste au Saint béni soit-Il, car chaque fois qu’une personne étudie la Torah pour elle-même, la Torah d’en haut est unie à Lui.
Maré mekomot
- 1ארז״ל דוד הע״ה היה מחבר · ספר הבהיר מובא בלקו״ת פ׳ שלח נא, א. בדרך מצותיך עה, ב מציין לזח״ג רכב, ב (כנראה שזהו ציון המו״ל הראשון). וכ״ה באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תקיד. ראה ספר הבהיר סי׳ קצו.
- 2היה מחבר תורה של מעלה בהקב״ה · Sefer HaBahir 196
- 3אשר יעשה אותם האדם · Leviticus 18:5
- 4מעלה אני עליהם כאלו עשאוני · Zohar III, 113b
- 5מעלה אני עליכם כאלו עשאוני · Vayikra Rabbah 35:7
- 6ותורה אור · Proverbs 6:23
L’air, source de la lumière ¶31–35
L’explication est la suivante : la lumière de la lampe brille parce qu’il y a de l’air autour de la lumière ; sans air, elle s’éteindrait et ne brillerait pas du tout.
Une flamme ne brille que lorsqu’il y a de l’air autour d’elle ; sans air, elle s’éteint. Dans Likkutei Torah, Chukas (65d), cité dans la note de Kehot, l’Alter Rebbe emploie la même image : dans une maison, une lampe suffit, mais dans une cave, où l’air est épais, il faut une grande lumière, et une petite flamme peut s’éteindre.
ולכן אין כופין כלי ע״ג [על גבי] הנר בשבת2 שלא יכבה שמחמת כפיית הכלי מונע האויר שסביב האור.
C’est pourquoi, le Chabbat, on ne renverse pas un récipient sur une lampe, de peur qu’elle ne s’éteigne : en renversant le récipient, on bloque l’air qui entoure la lumière.
C’est pour cette raison que, le Chabbat, on ne renverse pas un récipient sur une lampe : cela couperait l’air et éteindrait la flamme.
L’air physique permet à une flamme de briller, comme le montre la loi du Chabbat concernant le fait de couvrir une lampe ; le maamar retrouvera la même idée dans l’« air » spirituel.
Maré mekomot
- 1שיש אויר סביב האור · ראה לקו״ת סה, סע״ד. אתהלך לאזניא ע׳ צט. סה״מ תרע״ח ע׳ שיז.
- 2אין כופין כלי ע״ג הנר בשבת · בדרך מצותיך עה, ב. ובאוה״ת ויקרא כרך ב ע׳ תקכ מציין ”כמ״ש המג״א ססי׳ רע״ז ס״ק ט”. וכ״ה בשו״ע אדה״ז שם.
C’est-à-dire que l’air fait rayonner la lumière de la lampe, car avir (air) se compose des lettres de or (lumière) [et] de yud, l’air étant la source de la lumière.
L’air permet à la flamme de briller, car le mot avir (air) s’écrit avec les lettres de or (lumière) auxquelles s’ajoute un yud : avir est la source de la lumière. Le maamar Yonasi 5640, cité dans la note de Kehot, explique qu’avir est la racine du yud, et que le yud est une lumière dissimulée qui vient ensuite à se révéler.
כי היו״ד שבהעלם אותיות אויר הוא העלם האור ובו ועל ידו נמשך ויוצא האור מההעלם אל הגילוי.
Car le yud caché dans les lettres d’avir est la dissimulation de la lumière ; et en lui et par lui, la lumière est attirée et sort de la dissimulation pour se révéler.
Le yud caché dans avir est la lumière dans son état dissimulé. Par ce yud, la lumière sort de sa dissimulation pour se révéler. Dans Likkutei Torah, Pinchas (77a), l’Alter Rebbe renvoie à cette explication : avir, c’est-à-dire or auquel s’ajoute un yud, est la source des lettres de la Torah.
Avir est or auquel s’ajoute un yud caché : la source dissimulée d’où la lumière vient à se révéler.
Le Pardes (Pardes Rimonim de R. Moshe Cordovero), cité dans la note de Kehot, compte avir parmi les termes kabbalistiques et, suivant la Raaya Mehemna (une section du Zohar), l’identifie à Tiferet (beauté), le pilier médian. Une glose d’un 'hassid dans la marge de Torah Ohr ajoute les Tosafos sur Chullin 127a, au sujet des créatures qui vivent dans le feu et dans l’air.
Maré mekomot
- 1שאויר — אותיות אור י׳ · Zohar I, 16b
- 2שהאויר הוא מקור האור · Chullin 127a:11–13
33והיינו כמו בחינת אותיות שלמעלה מהתורה ושם הוא שרש ומקור המצות שהן מושרשות ברצה״ע [ברצון העליון] ב״ה שלמעלה מהחכמה בחי׳ דאורייתא מחכמה נפקת.
Et cela correspond au niveau des lettres qui sont au-dessus de la Torah ; là se trouvent la racine et la source des mitsvot, lesquelles sont enracinées dans la volonté suprême, béni soit-Il, qui est au-dessus de 'Hokhma (sagesse), au niveau de « la Torah émane de 'Hokhma ».
Cela correspond aux lettres qui sont au-dessus de la Torah. C’est là que les mitsvot ont leur racine : dans la volonté suprême, qui est au-dessus de 'Hokhma, le niveau d’où émane la Torah.
ולכן בעשיית המצות שהן בבחינת העלאה מלמטה למעלה למקורן ושרשן בחי׳ אוי״ר [אויר] אור י׳ גורם להאיר אור התורה1
C’est pourquoi l’accomplissement des mitsvot, qui consiste en une élévation d’en bas vers le haut, jusqu’à leur source et leur racine, le niveau d’avir, ou [et] yud, fait briller la lumière de la Torah,
L’accomplissement des mitsvot les élève d’en bas jusqu’à leur racine, le niveau appelé avir [air], ou avec un yud. De même que l’air permet à une flamme de briller, les mitsvot font briller la lumière de la Torah.
car toutes les mitsvot sont appelées du nom de tzedakah, comme il est écrit : « Et ce sera pour nous tzedakah, si nous veillons à accomplir toute cette mitsva », etc.
Toutes les mitsvot sont appelées tzedakah [justice, mais aussi charité], comme le dit le verset : « Et ce sera pour nous tzedakah, si nous veillons à accomplir toute cette mitsva. » Dans Likkutei Torah, Re’eh (23c), cité dans la note de Kehot, l’Alter Rebbe explique que tzedakah est l’expression générale et collective de toutes les mitsvot, qui préservent et entretiennent la lumière de la Torah.
Les mitsvot sont enracinées dans la volonté suprême, au-dessus de la sagesse de la Torah, dans l’avir spirituel ; leur accomplissement fait briller la lumière de la Torah, et elles sont toutes appelées tzedakah.
Maré mekomot
- 1להאיר אור התורה · ראה אוה״ת תרומה ע׳ א׳שעח.
- 2כל המצות נק׳ בשם צדקה · ראה גם לקו״ת ראה כג, ג. שה״ש לח, א. ובכ״מ. ד״ה וידבר כו׳ וארא אל אברהם תשי״ד.
- 3וצדקה תהי׳ לנו · Deuteronomy 6:25
Et la tzedakah [charité] envers les pauvres et les indigents est un influx et une transmission visant à « ranimer l’esprit des humbles ».
La tzedakah envers les pauvres leur procure leur subsistance et, selon les termes d’Isaïe, ranime « l’esprit des humbles ».
וכך מעוררים למעלה בחי׳ המשכות להחיות רוח שפלים דקמיה כולא כלא חשיב2 והכל נק׳ שפלים ודלים אצלו ית׳. וההמשכות וההשפעות הן הן אור התורה. כי אור ושפע הכל א׳.
De même, on éveille en haut le niveau des influx destinés à « ranimer l’esprit des humbles », car devant Lui tout est considéré comme rien, et tous sont appelés humbles et pauvres par rapport à Lui, béni soit-Il. Ces influx et ces transmissions sont eux-mêmes la lumière de la Torah, car la lumière et l’influx ne font qu’un.
De la même manière, notre tzedakah ici-bas éveille un influx d’en haut pour ranimer les humbles, car devant D.ieu tout est comme rien, et toutes les créatures sont « humbles et pauvres » par rapport à Lui. L’influx qu’Il accorde est lui-même la lumière de la Torah, puisque la lumière et l’influx ne font qu’un.
La tzedakah ici-bas éveille la tzedakah de D.ieu en haut envers toutes les créatures, qui sont « pauvres » devant Lui ; et cet influx est la lumière de la Torah.
Maré mekomot
- 1להחיות רוח שפלים · Isaiah 57:15
- 2דקמיה כולא כלא חשיב · Zohar, Introduction 20:188–22:199
35וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה1 אפילו תורה אין לו רק צ״ל תורה וגמ״ח [וגמילות חסדים]
Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Quiconque dit : “Je n’ai que la Torah” n’a même pas la Torah. » Il faut plutôt la Torah et des actes de bonté (guemilout 'hassadim),
Le Talmud dit que celui qui prétend n’avoir que la Torah n’a même pas la Torah. Il faut la Torah accompagnée d’actes de bonté (guemilout 'hassadim).
כי בלא גמ״ח [גמילות חסדים] זו צדקה אין אור התורה מאיר לו.
car sans les actes de bonté, c’est-à-dire la tsedaka, la lumière de la Torah ne brille pas pour lui.
Sans la bonté, qui est la tsedaka, la lumière de la Torah ne brille pas pour une personne.
וזהו אפי׳ [אפילו] תורה אין לו. פי׳ שאין התורה שייכה ומתייחסת אליו רק התורה היא בחי׳ אותיות הנ״ל.
Et c’est là [le sens de] « n’a même pas la Torah » : autrement dit, la Torah ne lui appartient pas et ne se rapporte pas à lui ; la Torah relève plutôt de l’aspect des lettres mentionné plus haut.
C’est là le sens de « n’a même pas la Torah » : la Torah d’une telle personne ne lui appartient pas véritablement ; elle demeure au niveau des lettres décrit plus haut.
וזהו אמשיך רוח ואייתי רוח.2 פי׳ רוח היינו בחינת אוי״ר [אויר] הנ״ל ומתחלה אמשיך מקור בחי׳ אותיות. ואח״כ אייתי וממשיך המשכת אור א״ס ב״ה בחכמה ראשית גילוי האותיות להיות התורה אור:
Et c’est là [le sens de] « il attire le souffle et amène le souffle ». Autrement dit, le « souffle » (roua'h) désigne l’aspect de l’avir [air] mentionné plus haut : d’abord, « il attire » la source, le niveau des lettres ; ensuite, « il amène » et fait descendre le flux de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans 'Hokhma (sagesse), commencement de la révélation des lettres, afin que la Torah soit lumière :
C’est ce que le Zohar veut dire par « il attire le souffle et amène le souffle ». Le « souffle » (roua'h, qui signifie aussi vent ou air) est l’avir décrit plus haut : d’abord, l’ascension « attire » la source des lettres ; ensuite, elle « amène », en faisant descendre la Lumière infinie dans 'Hokhma, où les lettres apparaissent pour la première fois, afin que la Torah devienne lumière.
La Torah sans bonté est dépourvue de sa lumière ; la tsedaka, comme l’air pour une flamme, atteint d’abord la source des lettres, puis fait venir la Lumière infinie dans la sagesse de la Torah.
Maré mekomot
- 1כל האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5
- 2אמשיך רוח ואייתי רוח · Zohar II, 162b
La mezouza à droite, la lampe de Hanouka à gauche ¶36–39
36ובזה יובן ענין מזוזה מימין ונר חנוכה משמאל כי מזוזה היא בחי׳ העלאה ממטה למעלה כמו בחי׳ המצות.
Cela permet de comprendre la question de « la mezouza à droite et de la lampe de Hanouka à gauche ». Car la mezouza représente une élévation du bas vers le haut, comme les mitsvot.
Cela explique pourquoi la mezouza se trouve à droite et la lampe de Hanouka à gauche. La mezouza, comme toutes les mitsvot, est une élévation du bas vers le haut. Sefer HaMaamarim 5635, cité dans la note de Kehot, résume ainsi ce maamar : la mezouza élève les lettres jusqu’à leur racine, l’avir [l’air], et, par son intermédiaire, la lumière de la Torah — la lampe de Hanouka — est attirée vers le bas.
וענין המזוזה הוא שכותבין פ׳ שמע והיה אם שמוע שכתוב שם אחד ואהבת בכל לבבך ובכל נפשך ובכל מאדך1 בחי׳ העלאה.
La mezouza consiste à inscrire les passages de Chéma et de Vehaya Im Chamoa, où figurent « Un » et « Tu aimeras de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » : l’aspect de l’élévation.
La mezouza contient les passages de Chéma et de Vehaya Im Chamoa, qui parlent de D.ieu comme étant « Un » et commandent de L’aimer de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force. Ces paroles expriment l’élévation de toute chose vers D.ieu.
La mezouza incarne l’élévation : ses paroles sur l’unité de D.ieu et sur l’amour total élèvent toute chose vers Lui.
Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, rapporte le Shoshan Sodos, selon lequel la mezouza élève Netsa'h (victoire) et Hod (splendeur) vers 'Hessed (bonté) et Guevoura (retenue), puis de là vers Kéter (la Couronne). Il cite également le Sidour, qui explique que la mitsva de la mezouza attire ainsi une lumière enveloppante qui protège une personne et ses biens. Sefer HaMaamarim 5635 résume ce maamar : la mezouza est la mitsva qui élève les lettres jusqu’à leur racine, le niveau de l’avir, et, par son intermédiaire, la lumière de la Torah — la lampe de Hanouka — est attirée vers le bas.
Maré mekomot
- 1ואהבת בכל לבבך ובכל נפשך ובכל מאדך · Deuteronomy 6:5
37וקובעין בפתח הבית להעלות הבית וכל אשר בו כל רכושו וקנינו בכל התיבות להיות בטלים לאהבת ה׳ בכל מאדך בכל ממונך.1
Et elle est fixée à l’entrée de la maison afin d’élever la maison et tout ce qui s’y trouve, tous ses biens et ses possessions dans tous les coffres, pour qu’ils soient annulés devant l’amour de D.ieu : « de toute ta force », c’est-à-dire avec tout ton argent.
La mezouza est fixée à l’entrée afin d’élever la maison et tout ce qui s’y trouve, tous les biens de la personne, pour qu’ils soient annulés devant l’amour de D.ieu. Les Sages expliquent « de toute ta force » par « avec tout ton argent ».
ולכן קובעין המזוזה בימין כי וימינו תחבקני כאדם החובק את חבירו שמקרבו אצלו כך נמשך ימין מקרבת להעלות אליו ית׳ כל הבא לקרב אליו ית׳.2
C’est pourquoi la mezouza est fixée à droite, car « sa droite m’étreint », comme une personne qui enlace son ami et le rapproche d’elle-même ; de même, la droite qui rapproche est tirée vers le bas afin d’élever vers Lui, béni soit-Il, tous ceux qui viennent se rapprocher de Lui, béni soit-Il.
Elle est placée à droite parce que la main droite enlace et rapproche, comme dans « sa droite m’étreint ». Le côté droit attire vers le haut, vers D.ieu, tous ceux qui cherchent à se rapprocher de Lui.
אבל נ״ח הוא המשכת אור התורה. כי היונים רצו להשכיחם תורתך ולכן הוא משמאל. כי מימינו אש דת3 למו4 שהתורה נמשלה לאש כנודע.5
Mais la lampe de Hanouka correspond à l’attraction vers le bas de la lumière de la Torah, car les Grecs cherchèrent « à leur faire oublier Ta Torah » ; c’est pourquoi elle se trouve à gauche. Car « de Sa droite, une loi de feu pour eux » : la Torah est comparée au feu, comme on le sait.
La lampe de Hanouka suit le mouvement inverse : elle attire vers le bas la lumière de la Torah, cette lumière que les Grecs tentèrent de faire oublier à Israël, selon les termes de la prière de remerciement de Hanouka. Elle se trouve à gauche ; le verset « de Sa droite, une loi de feu pour eux » montre que la Torah vient de la droite sous forme de feu, et les paragraphes suivants expliquent pourquoi sa lumière doit atteindre la gauche.
La mezouza, placée à droite, élève vers D.ieu la maison et ses richesses ; la lampe de Hanouka, placée à gauche, attire vers le bas la lumière de la Torah, précisément celle que les Grecs tentèrent de faire oublier à Israël.
Maré mekomot
- 1בכל ממונך · Berakhot 54a:6
- 2כאדם החובק . . לקרב אליו ית׳ · ראה ביאורי זהר לכ״ק אדמו״ר הצמח צדק פ׳ יתרו ע׳ רמג.
- 3מימינו אש דת · ברכה לג, ב.
- 4מימינו אש דת למו · Deuteronomy 33:2
- 5כי מזוזה היא בחי׳ העלאה . . כל הבא לקרב אליו ית׳ · מובא באוה״ת דברים כרך ו ע׳ ב׳רפב וז״ל ”והנה מ״ש כי המזוזה היא העלאה זה כמשנת״ל ססעי׳ ה [נדפס באוה״ת ואתחנן ע׳ שנג] בשם השושן סודות שהיא להעלות נו״ה לחו״ג ומשם לכ״ע, ועיין בסידור שער החנוכה סד״ה להבין שורש ענין מזוזה מימין גבי ומעתה הנה יובן שורש ענין משארז״ל דמזוזה מימין, שם פי׳ זה איך שהיא העלאה לבחי׳ כתר עליון כמ״ש השו״ס, ואיך שע״כ נמשך משם בחי׳ או״מ במצות מזוזה שנקרא שומר לשמור את האדם וכל רכושו מהיזק קטרוג החיצונים” עכ״ל שם. בסה״מ תרל״ה כרך א ע׳ יג: ”בת״א בד״ה מזוזה מימין פי׳ מזוזה מצות העלאת האותיות לשרשם בחי׳ אויר, ועי״ז נמשך אור התורה שזהו נר חנוכה”.
38ובפרט שעיקר מצות נ״ח להאיר בחוץ ברה״ר [ברשות הרבים] ובחי׳ רבים היינו טורא דפרודא1 מבחי׳ ז׳ אומות שגם שם יאיר אור ה׳ וקדושתו שלא יהא העלם והסתר כמו שהיה בימי חשמונאי שרצו היונים להשכיחם תורתך.
Et cela d’autant plus que la mitsva essentielle de la lampe de Hanouka est de briller à l’extérieur, dans le domaine public (reshus harabim, « domaine des nombreux ») ; et le niveau des « nombreux » est la montagne de séparation (tura difruda), qui relève des sept nations : là aussi, la lumière de D.ieu et Sa sainteté doivent briller, afin qu’il n’y ait ni voilement ni dissimulation, comme à l’époque des Hasmonéens, lorsque les Grecs cherchèrent à « faire oublier Ta Torah ».
La lampe de Hanouka est avant tout destinée à briller à l’extérieur, dans le domaine public, appelé en hébreu « domaine des nombreux ». Le maamar comprend les « nombreux » comme la « montagne de séparation » dont parle le Zohar, le domaine de la division et du voilement, qu’il relie aux sept nations (les sept nations cananéennes, que la 'Hassidout interprète comme les sept attributs de kelipa (l’écorce)) ; la lampe y porte elle aussi la lumière et la sainteté de D.ieu, afin que rien ne demeure caché, comme la Torah fut voilée lorsque les Grecs tentèrent de la faire oublier à Israël.
וכשגברה מלכות בית חשמונאי תקנו להמשיך אור התורה גם במקום הרבים טורי דפרודא:
Et lorsque le royaume de la maison des Hasmonéens l’emporta, ils instituèrent de faire descendre la lumière de la Torah également dans le lieu des nombreux, les montagnes de séparation.
Lorsque le royaume des Hasmonéens l’emporta, on institua la lampe de Hanouka afin de faire descendre la lumière de la Torah dans le domaine public, les « montagnes de séparation ».
La lampe de Hanouka brille dans le domaine public, le domaine de la séparation, afin de dissiper le voilement que les Grecs cherchaient à imposer à la Torah.
Maré mekomot
- 1טורא דפרודא · Zohar I, 158a
Or, la racine des sept nations est « la tête d’Eisav dans le giron de Yitzchak », qui relève des Guevourot (forces de retenue), lesquelles sont du côté gauche.
Le Targoum rapporte qu’à l’inhumation de Yaakov, la tête d’Eisav fut tranchée et roula dans la grotte, où elle vint reposer dans le giron de Yitzchak. Le maamar voit là la racine des sept nations : l’attribut de Yitzchak, la Guevoura, le côté de la rigueur, qui est le côté gauche. Likkutei Torah, Chukas, utilise la même image pour désigner la ligne gauche comme le lieu d’où les forces extérieures tirent leur nourriture.
אך הגורם להיות המשכת נר חנוכה בשמאל היינו בחי׳ המזוזה שבימין שהיא בחי׳ ההעלאה שע״י העלאה זו נעשה בחי׳ ההמשכה הנ״ל ונמשך גם במקום החשך בחינת טורי דפרודא.
Mais ce qui provoque la descente de la lumière de la lampe de Hanouka du côté gauche, c’est le niveau de la mezouza, à droite, qui est le niveau de l’élévation : c’est par cette élévation que s’opère la descente mentionnée plus haut, laquelle atteint aussi le lieu des ténèbres, le niveau des montagnes de séparation.
Ce qui fait parvenir la lumière de la lampe de Hanouka à gauche, c’est la mezouza à droite, c’est-à-dire l’élévation. Cette élévation fait descendre la lumière de la Torah, qui atteint alors jusqu’aux ténèbres des « montagnes de séparation ».
כי עיקר הדבר הוא להיות החשך דוקא מאיר דהיינו בחי׳ אתהפכא חשוכא לנהורא. וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] (סוטה מ״ט) עלמא אמאי קא מקיים34 אאיש״ר [אאמן יהא שמיה רבא] דאגדתא.
Car l’essentiel est que les ténèbres elles-mêmes illuminent, c’est-à-dire que les ténèbres soient transformées en lumière. C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Sotah 49) : « Sur quoi le monde subsiste-t-il ? Sur le “Amen, que Son grand Nom soit béni” de l’Aggada. »
Le but est que les ténèbres elles-mêmes illuminent : que les « ténèbres soient transformées en lumière ». Le Talmud demande ce qui soutient le monde dans les périodes difficiles et répond : le « Amen, que Son grand Nom soit béni » prononcé après l’étude de l’Aggada, les enseignements non juridiques des Sages.
Car l’Aggada relève du Targoum, puisque tout le Talmud est dans la langue du Targoum ; et le Targoum est l’aspect arrière (a’horayim) de la sainteté, comme on le sait.
L’Aggada est enseignée en araméen, la langue du Targoum (la traduction araméenne de la Torah), tout comme l’ensemble du Talmud. Le Targoum est appelé le « dos » (a’horayim) de la sainteté, son côté extérieur. Dans Torah Ohr, Mishpatim (78c), cité dans la note Kehot, l’Alter Rebbe interprète pour cette raison « et ils contemplèrent (vayechezu) D.ieu » comme une expression du Targoum : ils ne saisirent que le « dos », le niveau d’Elokim.
וכשנמשך להיות שמיה רבא מברך ונמשך גם בבחי׳ תרגום שהוא בבחי׳ אחוריים אזי אתהפכא חשוכא לנהורא וזהו עיקר קיום העולם:
Et lorsque cela descend de sorte que « Son grand Nom soit béni », et que cela pénètre aussi le niveau du Targoum, qui relève de l’aspect arrière, alors les ténèbres sont transformées en lumière ; et c’est là l’essence de la pérennité du monde.
Lorsque « Que Son grand Nom soit béni » fait descendre la lumière de D.ieu jusque dans l’araméen, le « dos » de la sainteté, les ténèbres elles-mêmes sont transformées en lumière. Cette transformation est ce qui soutient véritablement le monde.
L’élévation de la mezouza à droite est ce qui fait descendre la lumière de la Torah à gauche, jusque dans les lieux les plus obscurs ; le monde subsiste grâce à cette transformation des ténèbres en lumière, comme dans le « Amen, que Son grand Nom soit béni » prononcé en araméen.
Au sujet du Targoum comme « dos » de la sainteté, la note Kehot cite Meorei Or et Or HaTorah, qui rapportent Zohar 2:206a et le Mikdash Melech sur ce passage : la Langue sainte et le Targoum sont le « visage » et le « dos ». Or HaTorah demande aussi comment le Targoum peut relever de la kelipat noga (l’écorce intermédiaire, mêlée de bien et de mal), alors qu’il explique la Torah ; la note Kehot renvoie à Likkutei Torah, Shir HaShirim (13d), où le Targoum est l’explication et la révélation de la Langue sainte, comme dans « sans le Targoum de ce verset, je n’aurais pas su ce qu’il dit ».
Maré mekomot
- 1רישי׳ דעשו בעטפא דיצחק · Genesis 50:13
- 2רישיה דעשו בעטפא דיצחק · Targum Jonathan on Genesis 50:13
- 3וזהו שארז״ל . . עלמא אמאי קא מקיים · ראה גם ד״ה זה באוה״ת ענינים ע׳ לא. אגדתא הוא בחי׳ תרגום:
- 4
- 5שכל התלמוד הוא בלשון תרגום · ראה לקמן עח, ג.
- 6ותרגום הוא בחי׳ אחוריים דקדושה · ראה מאו״א אות ת׳ סעיף נה. וראה באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ א׳קד וע׳ א׳קיז שמביא לזח״ב רו, א. ובמק״מ שם שלה״ק ותרגום בחי׳ פנים ואחוריים. באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתקד הקשה איך תרגום הוא ק״נ הרי התרגום מבאר התורה [ראה לקו״ת שה״ש יג, ד].
- 7ותרגום הוא בחי׳ אחוריים דקדושה · Zohar, Vayakhel 17:218–227
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
La contemplation du fait que le monde n’est rien devant D.ieu devrait faire aspirer l’âme à l’annulation de soi (bitoul) devant Lui et détourner le cœur des plaisirs de ce monde, même les plus modestes, pour le tourner vers le plaisir en D.ieu, comme dans la prière. L’étude de la Torah doit s’accompagner de mitsvot et d’actes de bonté, surtout de tzedakah : ce sont la lampe grâce à laquelle la lumière de la Torah brille pour l’homme et atteint même les lieux les plus obscurs.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar dit-il que la matière vient de la parole de D.ieu et la forme de Son désir, et quel rôle chacune joue-t-elle dans l’existence du monde en tant que « quelque chose » ?
- Comment le monde peut-il paraître indépendant si Havaya règne sur le Nom Elokim ? Qu’illustre le Psaume 114 à ce sujet ?
- En quel sens les lettres ne sont-elles pas produites par la bouche, et pourquoi cela importe-t-il pour la prière et pour la Torah ?
- Pourquoi la Torah sans actes de bonté est-elle privée de sa lumière, selon l’analogie de l’air et de la flamme ?
- Pourquoi la lumière de la lampe de Hanouka doit-elle atteindre la gauche et le domaine public, et pourquoi cela dépend-il de la mezouza à droite ?