Likkutei TorahLa Paracha ’hassidique

Torah Ohr · Parshas Bereishis · Maamar 7

להבין ענין הברכות כי הנה אנשי כנה״ג תקנו…

« Comprendre le sens des bénédictions »

  • 30 paragraphes · 133 sections
  • environ 75 min d’étude
  • 105 sources

Commencer le maamar Télécharger le PDFPDF · 738 KB

Votre progression 0 sections sur 133

L’idée centrale

Le « Baroukh » qui ouvre une bénédiction attire dans la révélation la Lumière infinie cachée de D.ieu, tandis que le « Baroukh » qui la conclut, son « sceau », protège cette révélation afin qu’elle demeure dans la sainteté et ne nourrisse pas les forces du mal. Cette même structure façonne les bénédictions du mariage, l’étude de la Torah et l’amour de D.ieu dans la prière.

Le maamar en bref

Le maamar demande pourquoi les bénédictions ne furent instituées qu’à l’époque du Second Temple. Au Premier Temple, la foi en D.ieu se révélait ouvertement dans les âmes, tandis que, par la suite, il fallut l’attirer vers le bas ; « baroukh » signifie « attiré vers le bas ». La formule retrace cette descente : « Havaya, notre D.ieu » dans les âmes juives, puis « Roi du monde ». Les mitsvot, qui sanctifient et nous unissent à D.ieu, nous en donnent le pouvoir. La règle du Talmud de Jérusalem, selon laquelle les bénédictions courtes commencent par « Baroukh », tandis que les longues se terminent aussi par cette formule, s’explique par les mondes caché et révélé. Comme la graine et le fœtus, le monde caché contient tout dans l’unité, tandis que le monde révélé se déploie en éléments distincts et produit des « déchets » dont le mal se nourrit ; une longue bénédiction a donc besoin d’un sceau, comme une lettre. Les deux premières bénédictions du mariage correspondent à Adam et Ève, à la Torah écrite et à la Torah orale, à la 'Hokhma supérieure et à la 'Hokhma inférieure. L’étude de la Torah peut être un élixir de vie ou de mort selon l’intention, et l’amour dans la prière comporte un « jour » intérieur et une « nuit » extérieure. Dans les deux cas, le sceau d’en haut, obtenu grâce à notre propre effort, empêche les kelipot de recevoir la sainteté.

Plan

  1. Pourquoi les bénédictions furent instituéesLa foi dépasse la raison. Au Premier Temple, elle brillait ouvertement dans les âmes, mais, au Second Temple, les bénédictions furent nécessaires pour l’attirer vers le bas (« baroukh » = attiré vers le bas).¶1–2
  2. L’ordre de la bénédiction« Havaya, notre D.ieu » désigne D.ieu révélé dans les âmes juives, au-dessus des anges et du monde ; « Roi du monde » désigne Sa souveraineté. Les mitsvot, qui sanctifient et nous unissent à D.ieu, donnent à la bénédiction son pouvoir.¶3–4
  3. Les mondes caché et révéléLes bénédictions courtes commencent par « Baroukh » ; les longues se terminent aussi par cette formule. Comme la graine et le fœtus, le monde caché contient tout dans l’unité, tandis que la différenciation du monde révélé produit des « déchets » dont le mal se nourrit.¶5–8
  4. Le sceauLe « Baroukh » final est comme le sceau d’une lettre : une protection enveloppante qui réserve à la sainteté le flux révélé. Neïla est le sceau de tout Israël.¶9–10
  5. Les bénédictions du mariage : Torah écrite et Torah orale« Yotser ha-adam » (Adam) et « Asher yatsar » (Ève) correspondent à la Torah écrite, la 'Hokhma supérieure, un point caché, et à la Torah orale, la 'Hokhma inférieure, qui en révèle le contenu dans le détail ; « Le jour en verse le récit au jour, la nuit en communique la connaissance à la nuit. »¶11–13
  6. « À Son image… un édifice éternel »Former, c’est révéler ; le « et » ajouté et la répétition du mot « image » désignent une révélation après l’autre. Le monde révélé est édifié « à partir de Lui-même », par contraction, afin que les mondes puissent exister : pour la royauté de D.ieu et Son désir d’avoir une demeure ici-bas.¶14–20
  7. L’étude de la Torah : élixir de vie ou de mortParce que la Torah orale est revêtue de sujets matériels, l’étude motivée par le désir de se grandir donne une prise aux kelipot ; l’étude de la parole de D.ieu attire Sa lumière, et le « sceau » la maintient dans la sainteté.¶21–23
  8. Les deux cœurs et le sceau dans la prièreL’amour intérieur du « jour », celui de l’âme divine, est uni à sa source ; l’amour extérieur de la « nuit », revêtu du corps et de l’âme animale, le révèle, mais a besoin d’un sceau. Le mot « ḥotam » renvoie à « teḥoum », une limite à ce que l’on donne à l’âme animale.¶24–30

Notions clés

La bénédiction comme attraction vers le basברוך ונמשך
« Baroukh » se comprend comme « attiré vers le bas » : une bénédiction attire dans la révélation la Lumière infinie cachée, de sorte que la foi devienne aussi manifeste que la vue.
Le monde caché et le monde révéléעלמא דאתכסיא ועלמא דאתגליא
Le monde caché contient tout à l’état potentiel et unifié, comme une graine ; le monde révélé le déploie en éléments distincts, comme un fœtus formé, et produit ce faisant un « surplus » dont le mal peut se nourrir.
Le sceauחותם
Le « Baroukh » qui conclut une longue bénédiction : une protection enveloppante qui maintient le flux révélé dans la sainteté et limite l’autre côté à son strict surplus ; les lettres de « ḥotam » sont celles de « teḥoum », « limite ».
La 'Hokhma supérieure et la 'Hokhma inférieureחכמה עלאה וחכמה תתאה
La Torah écrite, point concentré de sagesse, et la Torah orale, qui explicite son contenu caché en lois détaillées ; elles sont symbolisées par Adam et Ève.
L’unité supérieure et l’unité inférieureיחודא עילאה ויחודא תתאה
L’unité supérieure considère le monde comme néant devant D.ieu ; l’unité inférieure voit D.ieu comme donnant la vie au sein d’un monde apparemment réel. L’amour intérieur du cœur provient de la première, et l’amour extérieur, de la seconde.
Un éveil d’en basאתערותא דלתתא
L’intention et l’effort personnels, qui suscitent une réponse correspondante d’en haut ; le sceau dépend lui aussi de cet éveil.

Aller au texte

Pourquoi les bénédictions furent instituées ¶1–2

1להבין ענין הברכות כי הנה אנשי כנה״ג תקנו הברכות בזמן בית שני אבל בזמן בית ראשון לא היו מברכים.

Pour comprendre la question des bénédictions : les hommes de la Grande Assemblée instituèrent les bénédictions à l’époque du Second Temple, mais, à l’époque du Premier Temple, on ne récitait pas de bénédictions.

Explication

Le maamar se propose d’expliquer ce qu’accomplit une bénédiction (berakha). Il part d’un fait historique : les bénédictions fixes furent instituées par les hommes de la Grande Assemblée, les sages du début de l’époque du Second Temple ; à l’époque du Premier Temple, il n’existait pas de telles bénédictions formelles. Pourquoi devinrent-elles nécessaires par la suite ?

והענין כי הנה כל ישראל מאמינים בני מאמינים כו׳ מה שנלאו חכמי הפילוסופים והמחקרים להבין בשכלם

La question est la suivante : tout Israël est composé de croyants, fils de croyants, etc. — [croyant en] ce que les philosophes et les chercheurs se sont épuisés à comprendre par leur intellect.

Explication

Chaque Juif possède une foi innée en D.ieu : « croyants, fils de croyants », selon l’expression du Talmud. Les Juifs croient simplement ce que les philosophes se sont efforcés d’atteindre par le raisonnement, sans y parvenir.

כי האמונה היא למעלה מן ההשגה והשכל ואפי׳ מההשגה שבשרש נפש האלקית שבישראל דמזליה חזי כו׳ שהרי לית מחשבה תפיסא ביה והוא רם ונשא למעלה ממזלייהו.

Car la foi dépasse la compréhension et l’intellect, même la compréhension qui se trouve à la racine de l’âme divine en Israël, dont [il est dit] : « son mazal voit », etc. ; car aucune pensée ne peut Le saisir, et Il est exalté et élevé au-dessus de leur mazal.

Explication

La foi dépasse la compréhension, et même la perception élevée qui se trouve à la racine propre de l’âme, dans les mondes supérieurs — son « mazal », qui « voit » ce que la personne ne voit pas. D.ieu Lui-même est au-delà de toute pensée ; on peut donc L’atteindre par la foi, non par la compréhension.

Le paragraphe 1 en bref

L’ouverture soulève la question de savoir pourquoi les bénédictions ne furent instituées qu’à l’époque du Second Temple, puis introduit l’idée centrale : la foi juive atteint D.ieu au-delà de tout intellect.

Pour aller plus loin

Le Rabbi Maharach, dans le hemshekh « Chayav adam levarech » 5638, explique qu’une bénédiction attire la lumière transcendante (sovev) qui brille dans Bina vers le Nom Havaya qui brille dans Mal’hout ; au Premier Temple, la lumière de Bina brillait par elle-même, de sorte que les bénédictions n’étaient pas nécessaires.

Maré mekomot

  1. 1
    להבין ענין הברכות · ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. המאמר עם הגהות נדפס באוה״ת בראשית כרך ג תקנא, א [מלקו״ת לג״פ] תקעג, א. באוה״ת סידור (תפלה) ע׳ רה נדפס ד״ה להבין שורש ענין הברכות דיוצר האדם (בכותרת מהר״י ריבלין ”ביאור לד״ה להבין ענין הברכות שנדפס בת״א”). ראה המשך חייב אדם לברך תרל״ח בסה״מ תרל״ח ע׳ פז ואילך. והנחת כ״ק אדמו״ר מהורש״ב שם ע׳ שפה ואילך. לכללות מאמר זה ראה ד״ה להבין ענין ברכת חתנים בסידור קלב, ג. ובמאמרי אדה״א דרושי חתונה כרך א ע׳ קסח שמיוסד על מאמר זה בשינוי הסדר. וראה שם במ״מ שמאמר זה הוא משנת תקס״ד.
  2. 2
    בזמן בית ראשון לא היו מברכים · ראה באוה״ת בראשית כרך ג תקנא, ב, ובד״ה חייב אדם לברך תרל״ח פרק ד ואילך שעיקר הברכה הוא להמשיך מבחי׳ סוכ״ע המאיר בבינה בשם ה׳ דממכ״ע המאיר במל׳, והרי בבית ראשון הי׳ מאיר מעצמו בחי׳ אור הבינה . . אלא בבית שני שהוא בחי׳ מל׳ אשר אין בה אור הבינה . . אז דוקא תקנו הברכות לברך את השם. ובד״ה חייב הנ״ל ע׳ ח מוסיף ”ומ״ש רבינו אדמ״ו נ״ע נמשך אחר דעת המקובלים שבית ראשון הוא בחי׳ בינה ולכן לא היו צריכים לברך . . ואפ״ל לפי פי׳ רבינו אדמ״ו נ״ע שמה שדוד תיקן מאה זהו לפי שראה ברוה״ק שבב״ש לא יאיר אור הבינה לכן תיקן מאה ברכות ודוחק” ע״ש.
  3. 3
    מאמינים בני מאמינים · Shabbat 97a:4–5
  4. 4
    כי האמונה היא למעלה מן ההשגה והשכל · ראה קיצורים והערות לתניא ע׳ קא. ובתניא ליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק לפרק יח.
  5. 5
    דמזליה חזי · Megillah 3a:13–14
  6. 6
    לית מחשבה תפיסא ביה · Tikkunei Zohar 17a:10–12
  7. 7
    והוא רם ונשא · Isaiah 57:15
  8. 8
    רם ונשא למעלה ממזלייהו · בסה״מ תער״ב ח״ג ע׳ א׳ת מוסיף: ובמ״א דתוקף האמונה היא משום דמזלייהו חזי.

2והנה בזמן בית ראשון היו נשמות ישראל במעלה העליונה והי׳ אוא״ס שורה ומתגלה בנפשם להיות אצלם גילוי אמונה זו כאילו רואה כו׳.

Or, à l’époque du Premier Temple, les âmes d’Israël se trouvaient au niveau le plus élevé, et la Lumière infinie reposait et se révélait dans leurs âmes, de sorte que cette foi leur était révélée comme si elles voyaient, etc.

Explication

À l’époque du Premier Temple, les âmes étaient si élevées que la Lumière infinie de D.ieu brillait ouvertement en elles ; leur foi se révélait avec l’évidence d’une vision.

אך בזמן בית שני לא היו הנשמות במעלה עליונה כ״כ תקנו אנשי כה״ג הברכות להמשיך גילוי אמונה זו להיות ברוך ונמשך הוי׳ אוא״ס ב״ה בגילוי למטה.

Mais, à l’époque du Second Temple, les âmes n’étant pas d’un niveau aussi élevé, les hommes de la Grande Assemblée instituèrent les bénédictions afin d’attirer la révélation de cette foi : que Havaya, la Lumière infinie, béni soit-Il, soit « béni » et attiré ici-bas dans une révélation.

Explication

À l’époque du Second Temple, les âmes étaient à un niveau inférieur et la foi devint cachée ; les sages instituèrent donc les bénédictions. « Baroukh » (« béni ») s’entend comme « attiré vers le bas » — comme lorsqu’on greffe une vigne : une bénédiction attire D.ieu, la Lumière infinie, ici-bas, dans la révélation.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi les bénédictions furent introduites : lorsque la perception naturelle de D.ieu par les âmes s’affaiblit, les bénédictions devinrent nécessaires pour attirer et révéler la foi qui, à l’époque du Premier Temple, brillait d’elle-même.

Pour aller plus loin

Le Rabbi Mitteler (Derushei Chasunah) ajoute qu’à l’époque du Premier Temple, grâce à la lumière reçue au Sinaï, la mitsva elle-même attirait la Lumière infinie dans les âmes ; une bénédiction sur la mitsva n’était donc pas nécessaire.

Maré mekomot

  1. 1
    להיות אצלם גילוי אמונה זו כאילו רואה · במאמרי אדה״א דרושי חתונה ח״א ע׳ קפא מפרט ”ובזמן בית המקדש ראשון היו כנס״י במעלה עליונה מצד שרש האור אלקי שקבלו במ״ת דוקא לא היו צריכים לברכת המצות כי ע״י המצוה עצמה נמשך גילוי אא״ס בנפשם”.

L’ordre de la bénédiction ¶3–4

3וסדר השתלשלות המשכת הגילוי הוא מתחלה להיות הוי״ה אלקינו הוא גילוי אוא״ס ב״ה בנשמות ישראל להיות אלקינו ממש בבחי׳ ביטול לפי שהם מפנימיות העולמות.

L’ordre selon lequel la révélation est progressivement attirée est le suivant : d’abord, « Havaya notre D.ieu » — la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, dans les âmes d’Israël, afin qu’Il soit véritablement « notre D.ieu », dans un état d’annulation de soi, car elles proviennent de la dimension intérieure des mondes.

Explication

Les mots de la bénédiction décrivent les étapes de l’attraction. « Havaya notre D.ieu » (Elokeinou) vient en premier : D.ieu se révèle dans les âmes juives, qui proviennent de la dimension intérieure des mondes et sont donc annulées devant Lui, faisant de Lui véritablement « notre » D.ieu.

משא״כ המלאכים הם מחיצוניות העולמות שעליהם נאמר ומשם יפרד והיה לארבעה ראשים. ארבעה נהרות הם ארבע מחנות השכינה מחנה מיכאל כו׳. וזש״א רז״ל (ברכות ד:) מיכאל באחת.

Il n’en est pas ainsi des anges, qui proviennent de la dimension extérieure des mondes, à leur sujet desquels il est dit : « Et de là il se divisait et devenait quatre têtes » — les quatre fleuves, qui sont les quatre camps de la Chekhina : le camp de Mikhaël, etc. C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Berachos 4b) : « Mikhaël en un [vol]. »

Explication

Les anges proviennent de la « dimension extérieure ». Le fleuve du Jardin qui « se divisait en quatre têtes » fait allusion aux quatre camps angéliques autour de la Chekhina (Mikhaël, Gavriel, etc.). Le Talmud dit que Mikhaël traverse le monde en un seul vol.

ולא אמרו איזה שיעור על נשמות ישראל לפי שענין טיסה שטסים את העולם לא שייך גבי נשמות כלל שהעולם ומלואו אינן תופסין מקום כלל נגדם.

Ils n’ont indiqué aucune mesure pour les âmes d’Israël, car la notion de vol — traverser le monde en volant — ne s’applique absolument pas aux âmes : le monde et tout ce qu’il contient n’occupent absolument aucun espace par rapport à elles.

Explication

Le Talmud indique les distances parcourues par les anges en vol, mais aucune pour les âmes, car, pour une âme, le monde entier n’occupe absolument aucun espace.

משא״כ לגבי המלאכים תופס העולם איזה מקום אלא שמיכאל די לו בטיסה אחת וגבריאל בשתים כו׳ ואליהו בארבע עם גופו שהיה תחלה גשמי ונהפך כו׳.

En revanche, par rapport aux anges, le monde occupe une certaine place ; seulement, un seul vol suffit à Mikhaël, deux à Gavriel, etc., et quatre à Élie — avec son corps, qui était d’abord matériel et fut transformé, etc.

Explication

Pour les anges, le monde occupe effectivement une certaine place : Mikhaël a besoin d’un vol, Gavriel de deux, et Élie de quatre, car son corps, d’abord matériel, fut transformé.

ואח״כ מלך העולם שעל העולם הוא גילוי מלכותו ית׳ בלבד שאין מלך בלא עם כו׳.

Puis vient « Roi du monde » : au-dessus du monde, il n’y a que la révélation de Sa souveraineté, béni soit-Il, car « il n’est pas de roi sans peuple », etc.

Explication

Vient ensuite « Roi du monde » : il s’agit uniquement de la souveraineté de D.ieu (Mal’hout), un niveau inférieur en relation avec le monde, car « il n’est pas de roi sans peuple ».

Le paragraphe 3 en bref

Ce paragraphe lit la formule de la bénédiction comme une progression descendante : « Havaya notre D.ieu », la révélation dans les âmes juives, qui dépassent les anges et le monde, puis « Roi du monde », la souveraineté de D.ieu sur la création.

Pour aller plus loin

Torah Ohr, Bereshit, explique que le Nom Elokim est un « bouclier et une gaine » pour Havaya : il en dissimule l’intensité afin que des êtres distincts puissent exister. Il s’agit de la souveraineté, car « il n’est pas de roi sans peuple » ; on l’appelle aussi Chekhina, puisque D.ieu réside ainsi au sein de la création.

Maré mekomot

  1. 1
    להיות הוי״ה אלקינו · ע׳ באוה״ת פ׳ עקב ע׳ תקעד.
  2. 2
    ומשם יפרד · Genesis 2:10
  3. 3
    הם ארבע מחנות השכינה · Zohar I, 26b
  4. 4
    וזש״א רז״ל · ראה אוה״ת בראשית כרך ג תקנז, א ד״ה חייב אדם לברך פרק יא שם.
  5. 5
  6. 6
    אינן תופסין מקום כלל נגדם · במאמרי אדה״א דרושי חתונה כרך א ע׳ קפב מביא ראי׳ לזה ”מעליות הנשמות דצדיקים בשינתם בג״ע הארץ שהוא בקו השוה מהלך רב ואין כאן שהי׳ גם כמעט רגע שהרי מיד כשניעור תשוב רוחו אליו ג״כ בלא שהי׳ כלל וכלל”.
  7. 7
    ואליהו . . עם גופו שהיה תחלה גשמי ונהפך כו׳ · פרדס שער היכלות. וראה בספר הלקוטים ממאמרי הצ״צ ערך אליהו.
  8. 8
    שאין מלך בלא עם · נסמן לעיל ה, א.

4והנה ע״י הברכה ממשיך ברכה והמשכה להיות גילוי אור א״ס בנפש כלל ישראל שתתחזק אמונת ה׳ בלבם בבחי׳ גילוי כאלו רואה כו׳.

Or, par la bénédiction, on attire une bénédiction et une attraction, afin que la Lumière infinie se révèle dans l’âme de l’ensemble d’Israël et que la foi en D.ieu soit renforcée dans leur cœur de façon manifeste, comme si l’on voyait, etc.

Explication

Le but d’une bénédiction est d’attirer la révélation de la Lumière infinie dans les âmes de tout Israël, afin que leur foi devienne aussi forte et aussi vive qu’une vision.

אך המוקדם לברכה והמשכת השראת גילוי זה הוא המברך שהוא הוא העושה המצוה לפי שהמצות הם כלים להשראת אא״ס ממש כו׳ ובהם ועל ידם ממשיך אא״ס למטה.

Mais ce qui précède la bénédiction et l’attraction de la présence de cette révélation, c’est celui qui bénit — celui-là même qui accomplit la mitsva — car les mitsvot sont des réceptacles pour la présence de la Lumière infinie elle-même, etc., et c’est en elles et par leur intermédiaire que l’on attire la Lumière infinie ici-bas.

Explication

Cette attraction dépend d’abord de celui qui bénit et accomplit la mitsva. Les mitsvot sont des « réceptacles » pour la Lumière infinie de D.ieu ; c’est par elles que la lumière est attirée ici-bas.

וזהו אשר קדשנו במצותיו. אשר מלשון דהא שהוא נתינת טעם לדבר כלומר לפי שקדשנו במצותיו.

C’est le sens de « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements ». « Asher » peut signifier « car » et donner la raison d’une chose ; c’est-à-dire : parce qu’Il nous a sanctifiés par Ses commandements.

Explication

D’où la formule : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » ; « asher » signifie ici « parce que ». Nous pouvons attirer la lumière parce qu’Il nous a sanctifiés par les mitsvot.

וצונו מלשון צוותא והתקשרות באוא״ס ב״ה שרש המצות למעלה לכך יש לנו כח להמשיך גילוי אור א״ס ב״ה בברכה זו:

« Et nous a ordonné » (vetsivanou) vient du terme tsavta, qui signifie union et lien avec la Lumière infinie, béni soit-Il, racine des mitsvot en haut ; c’est pourquoi nous avons le pouvoir d’attirer la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, par cette bénédiction.

Explication

« Vetsivanou » (« et nous a ordonné ») est rapproché de tsavta, « union » : les mitsvot nous relient à la Lumière infinie, leur racine en haut. Ce lien nous donne le pouvoir d’en attirer la révélation par la bénédiction.

Le paragraphe 4 en bref

Ce paragraphe explique les mots de la bénédiction récitée sur une mitsva : les mitsvot, en tant que réceptacles de la lumière de D.ieu, nous sanctifient et nous relient à Lui ; elles nous donnent ainsi le pouvoir d’attirer Sa révélation par la bénédiction.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah (Masei) compare la bénédiction et la mitsva aux étapes et aux campements dans le désert : chaque mitsva comporte une élévation et une attraction de la Lumière infinie. Le Rabbi Maharach ajoute que cette attraction va du monde caché vers le monde révélé.

Maré mekomot

  1. 1
    אשר מלשון דהא · ראה שפתי חכמים בהעלותך יא, יב.
  2. 2
    אשר מלשון דהא · Siftei Chakhamim, Numbers 11:12
  3. 3
    וצונו מלשון צוותא והתקשרות · ראה לקו״ת מסעי צב, ג.
  4. 4
    יש לנו כח להמשיך גילוי אור א״ס ב״ה בברכה זו · בד״ה חייב אדם לברך תרל״ח סעיף ב מוסיף כ״ק מהר״ש: והמשכה זו היא מעלמא דאתכסי׳ בבחי׳ עלמא דאתגלייא שיהי׳ נמשך גילוי האמונה זו להיות ברוך ונמשך גילוי אוא״ס ב״ה כאילו רואה ממש כו׳.

Les mondes caché et révélé ¶5–8

5והנה אמרו בירושלמי (פ״ק דברכות הלכה ח׳) מטבע קצר פותח בברוך ואינו חותם בברוך ומטבע ארוך פותח בברוך וחותם בברוך.

Or, il est dit dans le Talmud de Jérusalem (Berachos, ch. 1, halachah 8) : une formule courte commence par « Baroukh » et ne s’achève pas par « Baroukh » ; une formule longue commence par « Baroukh » et s’achève par « Baroukh ».

Explication

Une règle talmudique concernant les bénédictions : une bénédiction courte, comme celle récitée sur un aliment, commence par « Baroukh » et ne s’achève pas ainsi ; une bénédiction longue, comme celles de la Amida ou du Birkat Hamazon, commence et s’achève par « Baroukh ».

ולהבין זה גם להבין מהו לשון חותם והל״ל ומסיים. הענין כי הנה נודע שיש ב׳ בחינו׳ בחי׳ עלמא דאתכסי׳ ובחי׳ עלמא דאתגליא.

Pour comprendre cela, et également le sens du terme « sceau » — pourquoi n’a-t-on pas dit simplement « s’achève » ? —, il faut savoir qu’il existe deux niveaux : le niveau du monde caché et celui du monde révélé.

Explication

Pourquoi la conclusion est-elle appelée un « sceau » (hatima) plutôt qu’une simple « fin » ? La réponse fait appel à deux mondes : le « monde caché » (alma de’itkasya), où tout est encore dissimulé et uni, et le « monde révélé » (alma de’itgalya), où tout devient manifeste.

והנה על עלמא דאתגליא נאמר (בראשית ב) ומשם יפרד והי׳ לארבעה ראשים ארבעה נהרות כנגד ארבע מחנות השכינה שהיא מתלבשת בבי״ע כו׳

Au sujet du monde révélé, il est dit (Genesis 2) : « Et de là il se divisait et devenait quatre têtes » — les quatre fleuves, correspondant aux quatre camps de la Chekhina, qui s’enveloppe dans Béria, Yetsira et Assiya, etc.

Explication

Le monde révélé est le fleuve d’Éden qui « se divise en quatre têtes » : les quatre camps de la Chekhina lorsqu’elle s’enveloppe dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya.

ובהשתלשלות וירידות המדרגות מדריגה אחר מדריגה בהתלבשותה בע׳ שרים כו׳ נעשה עלמא דפרודא כו׳ ושם יש אחיזה ויניקה לקליפות וסט״א לינק מהקדושה כביכול.

Dans la progression et la descente des niveaux, degré après degré, lorsqu’elle s’enveloppe dans les soixante-dix princes, etc., apparaît le monde de la séparation, etc. ; là, les kelipot et la sitra a’hra peuvent s’accrocher et se nourrir, en tirant de la sainteté, pour ainsi dire.

Explication

Lorsque le flux divin descend degré après degré et passe par les soixante-dix « princes » angéliques des nations, il devient un « monde de la séparation », où les forces du mal peuvent s’accrocher et se nourrir de la sainteté.

אך אין יניקתם אלא מותרי השפע ופסולת כו׳ ולא מעיקר הקדושה ח״ו וענין התהוות מותרי השפע ופסולת בעל׳ דאתגלי׳ היינו

Toutefois, elles ne se nourrissent que du surplus du flux et des déchets, etc., et non de l’essence de la sainteté, à D.ieu ne plaise. Voici comment le surplus du flux et les déchets apparaissent dans le monde révélé :

Explication

Elles ne tirent pourtant leur subsistance que des restes et des déchets du flux, jamais de son noyau. Comment ces déchets apparaissent-ils ?

כי הגם שגם עלמא דאתגלי׳ מצד עצמה באמת אינה דבר נפרד ח״ו וכמ״ש (דברים ד) כי הוי״ה הוא האלקים כו׳

Car, bien que le monde révélé lui-même ne soit, en vérité, pas une chose séparée, à D.ieu ne plaise — comme il est écrit (Deuteronomy 4) : « Car Havaya est Elokim », etc. —

Explication

Le monde révélé n’est pas véritablement séparé de D.ieu, comme le dit le verset : « Havaya est Elokim » ; le D.ieu qui transcende la nature et celui qui y est dissimulé ne font qu’un.

אלא שהוא בחי׳ גילוי מה שהי׳ בהעלם בעל׳ דאתכסיא וכמשל הולד שמצטייר בבטן הנקבה בהתחלקות עצמות וגידין כו׳ שהם מטפת הזכר לובן שממנו עצמות כו׳.

il est seulement la révélation de ce qui était caché dans le monde caché. On peut l’illustrer par le fœtus, qui se forme dans le ventre de la femelle, avec la différenciation des os, des tendons, etc., lesquels proviennent de la goutte du mâle, le blanc, dont viennent les os, etc.

Explication

Le monde révélé ne fait que déployer ce qui était caché dans le monde caché. L’image est celle du fœtus : ses os et ses tendons se développent dans le ventre, mais proviennent de la semence du père, le « blanc » dont les os sont formés, comme le dit le Talmud.

אלא שבטפת הזכר לא הי׳ התחלקות עצמות וגידין בפועל ממש רק שהי׳ בכח הטפה ההיא בהעלם וע״י שהייתה בבטן הנקבה ט׳ חדשים מצטייר בציור הולד ויוצא מהעלם אל הגילוי.

Toutefois, dans la goutte du mâle, les os et les tendons n’étaient pas concrètement différenciés ; ils n’y étaient qu’en puissance, cachés. Puis, après être restée neuf mois dans le ventre de la femelle, elle prend la forme du fœtus et passe du caché au révélé.

Explication

La semence ne contient tout qu’en puissance ; il faut neuf mois dans le ventre pour que la forme différenciée de l’enfant apparaisse. De même, le monde caché contient tout, et le monde révélé le manifeste.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe introduit la règle selon laquelle les bénédictions longues se « scellent » par Baroukh, puis présente les deux mondes, caché et révélé. Il explique que, dans le monde révélé, le flux de sainteté produit des déchets dont se nourrissent les forces du mal.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah (Tazria) distingue « Kadoch », le niveau transcendant au-dessus de l’enchaînement des mondes, de « Baroukh », la lumière attirée à travers cet enchaînement ; c’est pourquoi « Baroukh » exprime l’attraction dans chaque bénédiction.

Maré mekomot

  1. 1
    והנה אמרו בירושלמי · ראה בד״ה חייב אדם לברך תרל״ח פרק יח. בלקו״ת תזריע כב, ד. ראה יט, ב — מציין לכאן.
  2. 2
    מטבע קצר פותח בברוך ואינו חותם בברוך ומטבע ארוך פותח בברוך וחותם בברוך · Jerusalem Talmud Berakhot 1:5
  3. 3
    מהו לשון חותם · ע׳ בסידור בדרושים לחתונה בד״ה להבין שרש הדברים. בענין מטבע קצר — ראה באוה״ת נ״ך שופטים ע׳ יד שמציין לכאן.
  4. 4
  5. 5
    שו״ה והפסולת כו׳ ולא מעיקר . . באמת אינה · בבוך 414: כו׳ כי באמת אינה.
  6. 6
    לובן שממנו עצמות · Niddah 31a:9
  7. 7

6והנה כמו במשל הולד כאשר נתגדל ונגמר ציור כל האברים אזי דוחה ממנו מותרות שערות וצפרנים שזהו סימן גידול הולד שהוא בשלימות כשגמרו שערו וצפרניו כו׳

Or, comme dans l’image du fœtus : lorsqu’il a grandi et que la formation de tous ses membres est achevée, il rejette alors de lui-même des surplus, les cheveux et les ongles. C’est le signe de sa croissance : le fœtus est achevé lorsque ses cheveux et ses ongles le sont, etc.

Explication

Poursuivant l’analogie : une fois que le fœtus a grandi et que tous ses membres sont formés, il produit des « surplus », les cheveux et les ongles ; leur achèvement indique que le fœtus est pleinement formé.

ובצאתו מרחם אמו דוחה פסולת יותר ע״י פתיחת נקביו כו׳ מה שלא הי׳ פסולת זה בטפה כי אין הולד נוצר אלא מברור שבה.

Lorsqu’il sort du ventre de sa mère, il rejette davantage de déchets par l’ouverture de ses orifices, etc. — déchets qui ne se trouvaient pas dans la goutte, car le fœtus ne se forme qu’à partir de sa partie épurée.

Explication

À la naissance, davantage de déchets sont expulsés par les ouvertures du corps. Aucun de ces déchets ne se trouvait dans la semence, puisque le fœtus se forme uniquement à partir de sa partie épurée ; les déchets n’apparaissent qu’au cours du développement différencié.

כך עד״מ בהגלות נגלות סדר ההשתלשלות בעלמא דאתגליא מהעלם אל הגלוי ברבוי התחלקות המדרגות להיות ציור פרטי העולמות במזגם ותכונתם

De même, par analogie, lorsque l’ordre de l’enchaînement des mondes se révèle dans le monde révélé, passant du caché au manifeste et se divisant en de nombreux degrés, afin de former les mondes particuliers selon leur composition et leur caractère,

Explication

De même, dans le monde révélé, l’enchaînement des mondes se déploie du caché au manifeste en une multitude de degrés distincts, chaque monde ayant son caractère propre.

אזי נעשה בחי׳ מותרי שפע ופסולת שדוחה לחוץ והוא מעבר השפע להיות יניקה ואחיזה לס״א.

il apparaît alors un niveau de surplus du flux et de déchets, qu’il rejette vers l’extérieur ; ce débordement du flux permet à la sitra a’hra de se nourrir et de s’accrocher.

Explication

Des surplus et des déchets sont alors produits et rejetés vers l’extérieur. Ce débordement est ce qui donne à la sitra a’hra — « l’autre côté », les forces opposées à la sainteté — sa prise et sa nourriture.

משא״כ בבחי׳ עלמא דאתכסיא שהוא בהתכללות כו׳ ושם חביון עזו ואין שטן ופ״ר ח״ו כו׳.

Il n’en est pas ainsi du monde caché, où tout est inclus, etc. ; là se trouve la retraite de Sa force, et il n’y a ni adversaire ni malheur, à D.ieu ne plaise, etc.

Explication

Dans le monde caché, où tout est inclus et uni, il n’y a pas de déchets : c’est « la retraite de Sa force », où il n’y a « ni adversaire ni malheur ».

Le paragraphe 6 en bref

Ce paragraphe achève l’analogie : de même que les cheveux, les ongles et les déchets n’apparaissent qu’au cours du développement du fœtus, les déchets qui nourrissent le mal ne surgissent que dans la différenciation du monde révélé, et non dans le monde caché, où tout est uni.

Pour aller plus loin

Le Tséma’h Tsédek cite cette analogie des cheveux et des ongles comme « surplus » dans Or HaTorah et Biurei HaZohar ; en Kabbala, les cheveux et les ongles sont des images courantes des extensions les plus extérieures d’un niveau, par lesquelles les forces extérieures tirent leur nourriture.

Maré mekomot

  1. 1
    אזי דוחה ממנו מותרות שערות וצפרניים · מובא בביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תתקח.
  2. 2
    והנה כמו במשל הולד . . שזהו סימן גידול הולד · מובא באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ קכז.
  3. 3
  4. 4
    ושם חביון עזו · Habakkuk 3:4
  5. 5
    ואין שטן ופ״ר · I Kings 5:18

7והנה מטבע קצר רומז לעלמא דאתכסיא שהוא בחי׳ טפה לבד בהתכללות בבחי׳ העלם ובכח ולכן הוא מטבע קצר שכולל הכל בלשון קצר וא״צ

Or, la formule courte fait allusion au monde caché, qui est le niveau de la goutte seule, incluse dans le caché et à l’état potentiel. C’est pourquoi c’est une formule courte, qui comprend tout en peu de mots, et elle n’a besoin

Explication

La règle est maintenant expliquée. La bénédiction courte correspond au monde caché, comme la semence qui contient tout à l’état potentiel et dans l’unité ; ses mots sont donc brefs et englobants.

אלא לפתוח בברוך להיות ברכה והמשכה מאור א״ס ב״ה עצמו שהברכה הוא להיות השראה וגילוי מעצמות אור א״ס ב״ה שאינו בגדר עלמין כלל כנ״ל.

que de commencer par « Baroukh », afin qu’il y ait bénédiction et effusion de la Lumière infinie elle-même (Or Ein Sof), béni soit-Il. Car la bénédiction consiste en une résidence et une révélation provenant de l’essence de la Lumière infinie, béni soit-Il, qui n’entre nullement dans la catégorie des mondes, comme expliqué plus haut.

Explication

Il suffit de commencer par « Baroukh » pour attirer la bénédiction depuis l’essence de la Lumière infinie, qui transcende tous les mondes.

Le paragraphe 7 en bref

Le paragraphe explique pourquoi la bénédiction courte ne comporte que l’ouverture « Baroukh » : elle correspond au monde caché et unifié, où il suffit d’attirer la lumière.

Pour aller plus loin

Le Tséma’h Tsédek (Biurei HaZohar) reprend ce passage et explique les formules courte et longue comme le général (klal) et le particulier (prat).

Maré mekomot

  1. 1
    והנה מטבע קצר רומז לעלמא דאתכסיא · ע׳ באוה״ת דרושים לר״ה ע׳ א׳ש שמפרש בענין אחר ע״ש. ובד״ה בראשית ברא תרע״ח ע׳ נ. בביאוה״ז לצ״צ כרך ב ע׳ תשסו מעתיק מתי׳ ”והנה מטבע קצר . . בהתחלקות רבות ועצומות” ומפרש שזהו כלל ופרט.

8ומאחר שתמשך שם ברכה והמשכה זו היא בל תמוט עולם ועד כי אין שם יניקה לס״א ח״ו.

Et puisque cette bénédiction et cette effusion seront attirées là, « elle ne sera jamais ébranlée », car la sitra a'hra n’y trouve aucune nourriture, à D.ieu ne plaise.

Explication

Une bénédiction attirée dans le monde caché « ne sera jamais ébranlée » : nul sceau n’est nécessaire, car le mal n’y trouve rien dont se nourrir.

אבל מטבע ארוך רומז לעלמא דאתגליא שהיא בחי׳ גילוי ההתהוות לפרטי פרטים בהתחלקות רבות ועצומות וכך הוא מטבע ארוך באריכות הדברי׳ בפרטי פרטיות הדברים רבים שנאמרו ונשנו בה.

Mais la formule longue fait allusion au monde révélé, qui est le niveau de la révélation de la création jusque dans ses moindres détails, à travers des divisions nombreuses et vastes. Il en va de même de la formule longue, dont les paroles se développent en de nombreux détails sur les éléments qui y sont énoncés et répétés.

Explication

La bénédiction longue correspond au monde révélé, qui se déploie en d’innombrables détails ; ses mots sont donc longs et riches en éléments détaillés.

Le paragraphe 8 en bref

Le paragraphe oppose les deux formules : la formule courte relève du monde caché, qui n’a pas besoin de protection, tandis que la formule longue appartient au monde détaillé et révélé.

Maré mekomot

  1. 1
    בל תמוט עולם ועד · Psalms 104:5

Le sceau ¶9–10

9והנה בעלמא דאתגליי׳ אחר שמשם יפרד בבחי׳ התחלקות הפרטים יש יניקה לס״א ח״ו וצריך להפרידם שלא יינקו מעיקר הקדושה ח״ו רק דרך מעבר השפע ממותרות ופסולת כו׳ לכן צ״ל ג״כ חותם בברוך.

Or, dans le monde révélé, après que « de là il se divisa » en une multitude de détails, la sitra a'hra trouve une nourriture, à D.ieu ne plaise. Il faut les séparer afin qu’ils ne tirent pas leur nourriture de l’essence de la sainteté, à D.ieu ne plaise, mais seulement par l’intermédiaire de l’effusion, à partir des surplus et des résidus, etc. C’est pourquoi il faut également conclure par « Baroukh ».

Explication

Cela explique pourquoi une bénédiction longue doit se conclure par « Baroukh ». Dans le monde révélé, où l’effusion se divise en détails, les forces du mal peuvent se nourrir. Il faut les empêcher de puiser dans le cœur même de la sainteté et limiter leur nourriture au trop-plein, aux « surplus et résidus » ; la bénédiction finale, le « sceau », accomplit cela.

Le paragraphe 9 en bref

Le paragraphe explique pourquoi la bénédiction finale est nécessaire : contrairement au monde caché, le monde révélé est exposé aux forces du mal ; ce qui y est attiré doit donc être scellé.

Maré mekomot

  1. 1
    שמשם יפרד · Genesis 2:10

10וענין החותם הוא כמו לשון חותם שעל האגרת מבחוץ כדי שלא יקרא באגרת הזאת איש זר אשר אין רצונו שידע הכתוב שם.

Le sceau est comparable au sceau apposé à l’extérieur d’une lettre, afin qu’aucun étranger ne lise cette lettre, quelqu’un à qui [l’auteur] ne veut pas faire connaître ce qui y est écrit.

Explication

Le mot « sceau » (hotam) est expliqué par le sceau placé sur une lettre, qui empêche les personnes étrangères d’en lire le contenu.

כך הוא החותם הזה מן הברכה וההמשכה אשר ימשיך עוד אחר המטבע הארוך שהמשכה זו שהיא גלוי ההעלם תהי׳ רק בבחי׳ הקדושה לבדה ואין לזרים אתה חלק ונחלה

De même, ce sceau de la bénédiction et de l’effusion que l’on attire encore après la formule longue signifie que cette effusion, qui est la révélation du caché, ne se produise que dans le domaine de la sainteté, et que les étrangers n’y aient ni part ni héritage.

Explication

De même, la conclusion d’une bénédiction longue garantit que la révélation attirée demeure dans le seul domaine de la sainteté et que les « étrangers », c’est-à-dire les forces du mal, n’en reçoivent aucune part.

וזהו ההפרש שבין פתיחת הברכה לחתימתה כי פתיחת הברכה הוא המשכת הגילוי לבד להיות ברוך ונמשך ה׳ אלקי ישראל מעולם עד עולם.

Telle est la différence entre l’ouverture de la bénédiction et sa conclusion : l’ouverture de la bénédiction est seulement l’effusion de la révélation, afin que « béni » et attiré soit « le D.ieu d’Israël, d’un monde à l’autre ».

Explication

L’ouverture « Baroukh » ne fait qu’attirer la révélation, comme dans le verset : « Béni soit D.ieu, le D.ieu d’Israël, d’un monde à l’autre. »

אבל החתימה היא שתהי׳ המשכה זו בקדושה דוקא. הבוחר בעמו ישראל באהבה. (מלאכי א) ואהב את יעקב ואת עשו שנאתי. (תהלים מז) יבחר לנו את נחלתנו את גאון יעקב אשר אהב כו׳.

Mais la conclusion signifie que cette effusion se fasse spécifiquement dans la sainteté : « Celui qui choisit avec amour Son peuple, Israël » ; (Malachie 1) « J’ai aimé Yaakov et J’ai haï Essav » ; (Psaumes 47) « Il choisit pour nous notre héritage, l’orgueil de Yaakov qu’Il a aimé », etc.

Explication

La conclusion oriente cette révélation spécifiquement vers la sainteté. D’où des formules finales telles que « Celui qui choisit avec amour Son peuple, Israël », et des versets où D.ieu choisit Yaakov et rejette Essav : la lumière est réservée à Israël et tenue à l’écart des forces représentées par Essav.

ולכן נק׳ בלשון חותם כמו שחותמין על האגרת שלא יקרא אחר וכמו חותם ממגע זר שהוא שמירה כו׳.

C’est pourquoi on l’appelle « sceau », comme lorsqu’on scelle une lettre afin qu’un autre ne la lise pas, ou comme un sceau qui protège du contact d’un étranger, etc.

Explication

On l’appelle donc « sceau », comme une lettre cachetée ou comme le sceau qui protège le vin ou la nourriture du contact d’un étranger.

ולכן חותמין בברוך שהיא המשכה מבחי׳ המקיף שהיא שמירה מלמעלה כמ״ש (שם קכא) ה׳ שמרך ה׳ צלך כו׳

C’est pourquoi on conclut par « Baroukh », qui est une effusion provenant du niveau de l’enveloppant, lequel protège d’en haut, comme il est écrit (ibid. 121) : « D.ieu est ton gardien, D.ieu est ton ombre », etc.

Explication

La conclusion emploie « Baroukh » parce que cette seconde effusion provient du niveau enveloppant (makif), qui protège d’en haut, comme dans « D.ieu est ton gardien, D.ieu est ton ombre ».

ולכן החותם של כללות ישראל הוא בנעילת יו״כ שאז זוכים למעלה העליונה (ויקרא טז) לפני הוי״ה תטהרו למעלה מבחי׳ הוי״ה כו׳ וכמ״ש במ״א:

C’est pourquoi le sceau de l’ensemble du peuple d’Israël a lieu à Neïla de Yom Kippour, car c’est alors qu’ils méritent le niveau le plus élevé : (Lévitique 16) « Devant Havaya, vous vous purifierez » — au-dessus du niveau de Havaya, etc., comme expliqué ailleurs.

Explication

Le sceau de tout Israël est Neïla, la prière de clôture de Yom Kippour, lorsque le jugement de D.ieu est « scellé ». Israël atteint alors le niveau le plus élevé : « Devant Havaya, vous vous purifierez » est interprété comme une purification provenant d’un niveau supérieur même à Havaya.

Le paragraphe 10 en bref

Le paragraphe explique le « sceau » comme une protection : la conclusion « Baroukh » attire une lumière enveloppante qui maintient dans la sainteté l’effusion révélée. Neïla de Yom Kippour est le sceau de tout Israël.

Pour aller plus loin

« Devant Havaya » (lifnei Havaya) est interprété dans la 'Hassidout comme « devant », c’est-à-dire au-dessus du Nom Havaya : à Yom Kippour, la purification provient de l’essence de D.ieu, au-dessus des Noms.

Maré mekomot

  1. 1
    ברוך ונמשך ה׳ אלקי ישראל מעולם עד עולם · Psalms 41:14
  2. 2
    ואת עשו שנאתי · Malachi 1:3
  3. 3
  4. 4
  5. 5
  6. 6

Les bénédictions du mariage : Torah écrite et Torah orale ¶11–13

11ועתה נבא לביאור ענין ב׳ ברכות ראשונות של נשואין שהם יוצר האדם ואשר יצר את האדם בצלמו.

Nous allons maintenant expliquer les deux premières bénédictions du mariage, qui sont « Celui qui forme l’homme » et « Celui qui a formé l’homme à Son image ».

Explication

Le maamar applique maintenant ces idées aux bénédictions du mariage (cheva berakhot). Les deux premières bénédictions de la création sont « Celui qui forme l’homme » (Yotser haadam) et « Celui qui a formé l’homme à Son image ».

הראשונה פותחת בברוך ואינה חותמת והשניה פותחת בברוך וחותמת בברוך. והענין כי הנה בגמרא (כתובות ח׳ א׳ ע״ש)

La première commence par « Baroukh » et ne se conclut pas par « Baroukh » ; la seconde commence par « Baroukh » et se conclut par « Baroukh ». Voici ce que cela signifie : dans la Guemara (Ketoubot 8a ; voir là-bas),

Explication

La première est courte : elle commence par « Baroukh » et ne comporte pas de conclusion. La seconde est longue et se termine par « Baroukh… Yotser haadam ». Le Talmud, dans Ketoubot, explique pourquoi il y a deux bénédictions.

אמרו שב׳ יצירות הללו כנגד שתי יצירות שהי׳ באדה״ר תחלה נברא האדם לבדו בדו פרצופין ואח״כ נסר הקב״ה את חוה כו׳.

il est dit que ces deux formations correspondent aux deux formations qu’a connues Adam, le premier homme : d’abord, l’homme fut créé seul, avec deux visages, puis le Saint béni soit-Il sépara à la scie ‘Hava, etc.

Explication

Les deux bénédictions correspondent à deux étapes de la création d’Adam : il fut d’abord créé avec deux visages, le masculin et le féminin réunis, puis D.ieu sépara ‘Hava de lui.

וביאור הדבר הנה אדם וחוה רומזים לתושב״כ ותושבע״פ תושב״כ בחי׳ אדם בחי׳ טפת הזכר לובן שממנו עצמות כו׳

Voici l’explication : Adam et ‘Hava font allusion à la Torah écrite et à la Torah orale. La Torah écrite est le niveau d’Adam, le niveau de la goutte masculine, le blanc, dont proviennent les os, etc.

Explication

Adam et ‘Hava représentent la Torah écrite et la Torah orale. La Torah écrite est « Adam », comme la semence du père, le « blanc » dont proviennent les os : elle contient tout sous une forme concentrée et cachée.

כי תושב״כ היא בחי׳ חכמה עלאה שאינה אלא בחי׳ טפה ונקודה שהחכמה היא בחי׳ ברק המבריק במוחו שעדיין לא באה לידי אורך ורוחב ההשגה

Car la Torah écrite est le niveau de la 'Hokhma supérieure, qui n’est que celui d’une goutte et d’un point. En effet, la 'Hokhma est comme l’éclair qui brille dans l’esprit et qui n’a pas encore pris l’ampleur et l’étendue de la compréhension,

Explication

La Torah écrite est la 'Hokhma supérieure, qui n’est qu’un « point », comme l’éclair de l’intuition qui n’a pas encore été développé en compréhension complète.

להבין ולהשיג כל דרכי החכמה בכלל ובפרט רק שהוא כברק בעלמא שמתנוצץ ומאיר במוחו כח ההשכלה ואינו מתגלה

permettant de comprendre et de saisir toutes les voies de la sagesse, dans leur généralité comme dans leurs détails. Elle est seulement comme un éclair qui scintille et illumine dans l’esprit la faculté intellectuelle, sans se révéler

Explication

Un éclair d’intuition illumine l’esprit un instant, mais n’explicite pas encore les détails de l’idée, qu’ils soient généraux ou particuliers.

אלא בחי׳ נקודה אלא שאח״כ מתפשטת הנקודה באורך ורוחב ובאה לידי השגה ואזי נקראת בשם בינה כו׳

autrement qu’en tant que point. Ensuite, cependant, ce point se déploie en longueur et en largeur, parvient à la compréhension et est alors appelé Bina, etc.

Explication

Ce n’est que plus tard que le point se déploie « en longueur et en largeur » pour devenir une compréhension détaillée, appelée Bina.

וכך היא בחי׳ תושב״כ שאין בה גילוי ההשגה שהרי ר״ע הי׳ דורש על כל קוץ וקוץ תלי תלים של הלכות.

Il en va de même du niveau de la Torah écrite, où la compréhension ne se révèle pas. Rabbi Akiva, en effet, déduisait de chaque petite épine des monceaux et des monceaux de lois.

Explication

De même, la Torah écrite n’explicite pas son contenu. Le Talmud rapporte que Rabbi Akiva déduisait des « monceaux et des monceaux de lois » de chaque petite couronne des lettres.

שההלכות הללו אינן מבוארות ונגלות בגילוי ההשגה בקוץ ההוא רק שכל קוץ וקוץ כלול מכמה תלי

Ces lois ne sont pas expliquées ni révélées dans une compréhension manifeste au sein de cette épine ; chaque épine, au contraire, comprend de nombreux monceaux

Explication

Ces lois ne sont pas visibles dans la couronne elle-même, bien que chaque couronne en contienne de nombreux monceaux.

תלים של ההלכות הכלולים ונעלמים בקוץ ההוא מבחי׳ העלם והרי אין בקוץ זה אלא רמז בעלמא ובחי׳ נקודה והקוצין הן בחי׳ תגין.

de lois, inclus et cachés dans cette épine. Celle-ci ne contient qu’une simple allusion et un point. Les épines sont les couronnes (taguin).

Explication

Elles y sont contenues sous une forme cachée. La couronne n’est qu’une allusion, un point. Les « épines » sont les taguin, les petites couronnes qui surmontent certaines lettres d’un rouleau de Torah.

Le paragraphe 11 en bref

Le paragraphe passe aux deux bénédictions du mariage, qu’il relie aux deux formations d’Adam, puis interprète Adam comme la Torah écrite : la 'Hokhma supérieure, qui contient tout sous la forme concentrée d’un point.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah (Re'eh) fait référence à ce maamar : la dernière bénédiction, correspondant à ‘Hava, qui est Mal'hout, se conclut par « Baroukh » pour la raison expliquée ici, tandis que la première, correspondant à Adam, qui est Zeir Anpin, n’a pas besoin de sceau.

Maré mekomot

  1. 1
    ב׳ ברכות ראשונות של נשואין שהם יוצר האדם ואשר יצר את האדם · ראה רש״י כתובות
  2. 2
  3. 3
    והשניה פותחת בברוך וחותמת בברוך · בלקו״ת ראה לא, א מציין לכאן: גבי ברכה אחרונה שכנגד חוה שהיא המל׳ חותם בברוך מה״ט, משא״כ בברכה ראשונה שכנגד אדם שהוא ז״א א״צ לחתום.
  4. 4
    שב׳ יצירות הללו כנגד שתי יצירות שהי׳ באדה״ר · Rashi on Ketubot 8a
  5. 5
    תחלה נברא האדם לבדו בדו פרצופין ואח״כ נסר הקב״ה את חוה · Berakhot 61a:14
  6. 6
    ר״ע הי׳ דורש על כל קוץ וקוץ תלי תלים של הלכות · Menachot 29b:3–4

12וכן עד״ז בכל בחי׳ טנת״א הכל רמוזים לכמה ענינים וכמה סודות מופלאים. וכל זה הוא בתושב״כ בבחי׳ העלם ובכח

De même, tous les aspects des signes de cantillation, des voyelles, des couronnes et des lettres font allusion à de nombreux sujets et à de merveilleux secrets. Tout cela se trouve dans la Torah écrite à l’état caché et potentiel,

Explication

Chaque aspect du texte de la Torah — ses signes de cantillation, ses voyelles, ses couronnes et ses lettres — fait allusion à de nombreux sujets et à de merveilleux secrets ; mais, dans la Torah écrite, tout cela demeure caché et potentiel.

ולא בפועל וגילוי וכמשל טפת הזכר הכלולה מכל הבחי׳ שבולד לובן שממנו עצמות וגידין וכו׳ שבטפה ההיא אין התחלקות העצמות וגידים כו׳ נגלים בפו״מ רק שהם בהעלם ובכח.

et non dans l’actualité ni dans la révélation. Cela ressemble à la goutte masculine, qui contient tous les aspects présents dans le fœtus, le blanc dont proviennent les os, les tendons, etc. Dans cette goutte, la distinction entre les os, les tendons, etc., n’apparaît pas concrètement ; tout y est seulement caché et potentiel.

Explication

C’est comme la semence du père, qui contient toutes les parties de l’enfant sans qu’elles soient différenciées concrètement.

ויציאתם מהעלם אל הגילוי הוא ע״י שהייה ט״ח בבטן הנקבה ששם מצטייר הולד והיא מוציאתו לידי גילוי בהתחלקות האברים פרטיים נגלים.

Leur sortie du caché vers la révélation s’effectue au terme de neuf mois passés dans le ventre de la femelle ; c’est là que le fœtus prend forme, et elle le fait apparaître sous la forme de membres distincts et révélés.

Explication

Le fœtus prend forme pendant neuf mois dans le ventre de sa mère, qui le fait apparaître avec des membres distincts.

וכך הוא עד״מ יציאת ההעלם מתושב״כ שהיא בחי׳ ח״ע לידי גילוי הוא ע״י תושבע״פ (ור״ע הי׳ דורש כו׳ כי ר״ע הי׳ מקור תושבע״פ כמו שאמרו סתם ספרי כו׳ וכולהו אליבא דר״ע) שהיא בחי׳ חכמה תתאה.

De même, par analogie, ce qui était caché dans la Torah écrite, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure, parvient à la révélation grâce à la Torah orale (et Rabbi Akiva déduisait, etc., car Rabbi Akiva était la source de la Torah orale, comme il est dit : « un Sifrei anonyme », etc., « et tous suivent Rabbi Akiva »), qui est le niveau de la 'Hokhma inférieure.

Explication

La Torah orale, le niveau de la « 'Hokhma inférieure », fait ainsi apparaître ce qui est caché dans la Torah écrite. Rabbi Akiva est la source de la Torah orale : le Talmud enseigne que les opinions anonymes de la Michna, de la Tossefta, du Sifra et du Sifrei suivent toutes son approche.

שממאמר א׳ שבתושב״כ כמו ענין שמירת שבת שנאמרה בתו׳ בכלל נעשה מסכת שלימה שהוא גילוי פרטי הלכות שבת מה הן האבות מלאכות וכיצד מתחייב בהן וכל עניניהם בכל פרטיהן ודקדוקיהן.

Ainsi, d’une seule déclaration de la Torah écrite, telle que le commandement de préserver le Chabbat, énoncé dans la Torah de manière générale, est constitué un traité entier : il révèle les détails des lois du Chabbat, les travaux principaux, la manière dont on devient passible de sanction pour eux, ainsi que tous leurs aspects, dans leurs moindres détails et précisions.

Explication

Par exemple, le commandement général de préserver le Chabbat devient un traité entier dans la Torah orale, qui détaille les travaux principaux, les cas où l’on est passible de sanction et chaque précision.

ולכן נק׳ תושבע״פ בשם חוה כי חו״ה בגימטריא המילוי של הוי״ה (שהוא עולה י״ט) כי המילוי הוא גילוי ההעלם כמ״ש במ״א וגם חוה לשון גילוי כי תרגום ויגד וחוי.

C’est pourquoi la Torah orale est appelée ‘Hava, car la valeur numérique de ‘Hava est égale à celle du remplissage de Havaya — soit 19. En effet, le remplissage révèle le caché, comme expliqué ailleurs. De plus, ‘Hava est un terme qui signifie révélation, car le Targoum traduit « et il raconta » par « vachavi ».

Explication

La Torah orale est donc appelée ‘Hava (Ève). Les lettres de ‘Hava (ח־ו־ה) ont pour valeur numérique 19, celle du « remplissage » de Havaya : écrire les lettres du Nom en toutes lettres (45) ajoute 19 à leur valeur de base, 26. Le remplissage révèle ce qui est caché dans les lettres. De plus, ‘Hava signifie raconter : le Targoum araméen traduit « et il raconta » par « vachavi ».

והגדה לשון המשכה שנמשך מהעלם אל הגילוי וז״ש ויקרא האדם שם אשתו חוה כי היא היתה אם כל חי ולכאורה א״כ למה קרא שמה חוה הי׳ לו לקרא שמה חיה

Raconter signifie attirer, faire passer du caché à la révélation. C’est le sens de ce qui est écrit : « L’homme appela sa femme du nom de ‘Hava, car elle fut la mère de tous les vivants. » Dès lors, pourquoi l’appela-t-il ‘Hava ? Il aurait dû l’appeler ‘Hayah !

Explication

Raconter fait passer une chose du caché à l’évidence. Cela éclaire le verset : « Adam appela sa femme ‘Hava, car elle fut la mère de tous les vivants. » Pourquoi ne pas l’appeler « ‘Hayah », le mot direct pour la vie ?

אלא לפי שחוה ל׳ גילוי וזהו כי היא היתה אם כל חי פי׳ ולכך הוציאתם מהעלם אל הגילוי כמו אם הבנים שהולד מצטייר בקרבה והיא מוציאתו מההעלם:

C’est plutôt parce que ‘Hava signifie révélation. Tel est le sens de « car elle fut la mère de tous les vivants » : elle les fit ainsi passer du caché à la révélation, comme une mère qui porte des enfants, chez qui le fœtus prend forme et qui le fait sortir du caché.

Explication

‘Hava signifie révélation : en tant que mère, elle fait passer les enfants du caché à l’existence révélée, tout comme la Torah orale fait apparaître le contenu caché de la Torah écrite.

Le paragraphe 12 en bref

Le paragraphe achève l’analogie : la Torah orale, « Ève », est la 'Hokhma inférieure, qui déploie le contenu caché de la Torah écrite en lois détaillées, comme une mère fait passer l’enfant de la semence à une forme pleinement révélée.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah (Vayikra) cite le Zohar HaRakia, selon lequel « Adam » vaut 45 (מ״ה), le Nom Havaya épelé avec son remplissage ; le remplissage de 19 correspond à ‘Hava, qui est Mal'hout, le Nom ב״ן. Il renvoie à ce maamar à propos de ‘Hava.

Maré mekomot

  1. 1
    סתם ספרי כו׳ וכולהו אליבא דר״ע · Sanhedrin 86a:3–4
  2. 2
    חו״ה בגימטריא המילוי של הוי׳ · ראה לקו״ת ויקרא ג, ד בשם זהר הרקיע מציין שם לכאן ע״ש. ובאוה״ת תולדות קמב, א.
  3. 3
    ויגד וחוי · Genesis 14:13
  4. 4
    ויקרא האדם שם אשתו חוה · Genesis 3:20

13וזהו יום ליום יביע אמר ולילה ללילה יחוה דעת פי׳ יום ליום בחי׳ תושב״כ יביע אמר אמ״ר ר״ת אש מים רוח ובבחי׳ תושב״כ יביע כמעיין הנובע ממקורו

Et c’est là le sens de « Un jour en fait jaillir la parole à un autre jour, et une nuit révèle la connaissance à une autre nuit. » Explication : « Un jour à un autre jour » désigne le niveau de la Torah écrite ; « fait jaillir la parole » — le mot « parole » (omer) est formé des initiales de feu (ech), d’eau (mayim) et d’air (roua’h) ; et, au niveau de la Torah écrite, elle « jaillit » comme une source qui coule de son origine,

Explication

Un verset des Psaumes illustre les deux Torah. Le « jour » est la Torah écrite. Le mot omer (« parole ») se lit comme l’acronyme des trois éléments fondamentaux : le feu (ech), l’eau (mayim) et l’air (roua’h). « Fait jaillir » (yabia) décrit une source qui bouillonne en jaillissant de son origine.

שהוא עדיין דבוק במקורו ומתאחד עמו לפי שתושב״כ היא בחי׳ ח״ע ושם שורה ומתגלה אוא״ס הוי״ה בחכ׳

qui demeure encore attachée à son origine et ne fait qu’un avec elle ; car la Torah écrite est le niveau de la 'Hokhma supérieure, et c’est là que la Lumière infinie, Havaya, réside et se révèle dans la 'Hokhma.

Explication

Une source demeure attachée à son origine et ne fait qu’un avec elle. De même, la Torah écrite, en tant que 'Hokhma supérieure, est le lieu où la Lumière infinie de D.ieu elle-même réside et se révèle.

ולכן שם יביע כמעיין הנובע שנובע מן המקור ואינו הולך ומתפשט באורך ורוחב רק נביעו דחכמתא בלבד שהיא בחי׳ נקודה וברק המבריק והאמ״ר

C’est pourquoi il est dit là qu’elle « jaillit », comme une source qui coule de son origine et ne s’étend ni en longueur ni en largeur ; il n’y a que le jaillissement de la 'Hokhma, qui est au niveau du point et de l’éclair fulgurant ; et le mot omer,

Explication

La source ne s’étend pas encore en largeur ; il n’y a que le premier jaillissement de la sagesse, le « point » et l’« éclair fulgurant » décrits plus haut.

שהוא ר״ת אש מים רוח כלולים ומתעלים בו בהעלם ובכח ולא בגלוי ובפו״מ שאין שם התחלקות בחי׳ אש רוח מים ממש

qui est formé des initiales de feu, d’eau et d’air, y est inclus et s’élève en elle de manière cachée et potentielle, et non de façon révélée et effective ; car les niveaux du feu, de l’air et de l’eau ne s’y différencient pas encore en tant que tels,

Explication

Les éléments — le feu, l’eau et l’air — qui constituent les composantes de toutes les choses créées, n’y existent qu’en puissance ; ils ne se distinguent pas encore les uns des autres.

כמו שהם אחר שנפרטו ובאו לידי גילוי רק הם בבחי׳ נביעו בלבד כהתכללות המעיין הנובע ממקורו ומתאחד ונכלל במקורו הוא א״ס ב״ה הוי״ה בחכ׳.

comme ils le sont après avoir été particularisés et être parvenus à la révélation ; ils ne sont là qu’au niveau du seul jaillissement, comme l’inclusion de la source qui jaillit de son origine, lui est unie et s’y trouve incluse ; cette origine est l’Infini, béni soit-Il, Havaya dans la 'Hokhma.

Explication

Ils n’existent que comme le jaillissement de la source, encore confondus avec leur origine, l’Infini révélé dans la 'Hokhma, et non comme les éléments distincts qu’ils deviennent lorsque la création est détaillée.

ולילה ללילה בחי׳ תושבע״פ יחוה דעת בבחי׳ גילוי לבאר ולפרט פרטי התחלקות ההתהוות כמו שהם בסדר ההשתלשלות במדרגות רבות ועצומות (וזהו שמשרע״ה למד ביום מקרא ובלילה משנה כשהי׳ בהר כו׳):

« Et une nuit à une autre nuit » désigne le niveau de la Torah orale ; elle « révèle la connaissance » en la dévoilant, afin d’expliquer et de détailler les particularités de la différenciation de la création, telles qu’elles se présentent dans l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes, avec ses nombreux niveaux considérables. (C’est pourquoi Moché notre maître, que la paix soit sur lui, étudiait l’Écriture le jour et la Michna la nuit lorsqu’il se trouvait sur la montagne, etc.)

Explication

La « nuit » est la Torah orale, qui « révèle (ye’havé) la connaissance » — le même radical que ‘Hava — c’est-à-dire qu’elle dévoile et détaille toutes les particularités de la création à chaque niveau. C’est pourquoi le Midrach rapporte qu’au Sinaï, Moché étudia l’Écriture le jour et la Michna la nuit.

Le paragraphe 13 en bref

Le paragraphe comprend « Un jour en fait jaillir la parole à un autre jour, et une nuit révèle la connaissance à une autre nuit » comme désignant la Torah écrite, une source encore unie à son origine, et la Torah orale, qui détaille chaque particularité.

Pour aller plus loin

Le Tséma’h Tsédek (Yahel Ohr sur les Psaumes) remarque que ce passage explique le verset en termes de 'Hokhma supérieure et de 'Hokhma inférieure, cette dernière étant le dévoilement et l’explication de la 'Hokhma supérieure. Likkutei Torah (Beha'alosecha) renvoie à ce passage en rapport avec l’image d’une source jaillissante.

Maré mekomot

  1. 1
    יום ליום · Psalms 19:3
  2. 2
    שמשרע״ה למד ביום מקרא ובלילה משנה כשהי׳ בהר · Pirkei DeRabbi Eliezer 46:2–3

« À Son image… un édifice éternel » ¶14–20

14והנה ברכה ראשונה כנגד אדה״ר שהיא בחי׳ ח״ע תושב״כ דהיינו כדי להמשיך אור א״ס בחכמה כו׳ ופי׳ יוצר

Or, la première bénédiction correspond à Adam, le premier homme, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure, la Torah écrite — c’est-à-dire qu’elle vise à faire descendre la Lumière infinie dans la 'Hokhma, etc. Et le sens de « Yotser » (« Qui forme »)

Explication

La première bénédiction nuptiale, « Qui forme l’homme », correspond à Adam, c’est-à-dire à la 'Hokhma supérieure, la Torah écrite ; son but est de faire descendre la Lumière infinie dans la 'Hokhma.

כמו צר צורה עד״מ שהוא מצייר תמונת החומר. ותמונה זו היא ג״כ גילוי בערך החומר שהי׳ חומר פשוט כמו גוף גולמת המתכת.

est comparable à « former une forme » : par analogie, il s’agit de celui qui façonne la matière. Cette forme est elle aussi un dévoilement par rapport à la matière, qui était une matière simple, comme le corps d’une masse brute de métal.

Explication

« Former » (yetsira) est comparable au travail d’un artisan qui façonne une matière brute : une masse de métal reçoit une forme. La forme est elle-même un dévoilement de la matière, qui était informe auparavant.

Le paragraphe 14 en bref

Le paragraphe relie la première bénédiction à la Torah écrite et commence à expliquer le terme « former » au moyen de l’analogie du métal brut façonné en un ustensile.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah (Chir Hachirim) renvoie à cette explication des deux bénédictions nuptiales comme correspondant à la Torah écrite et à la Torah orale, en lien avec les deux pains de Chavouot : la Torah écrite, comme Netsa'h et le point-voyelle ‘hirik’, est un « point » de bitoul.

Maré mekomot

  1. 1
    ברכה ראשונה . . תושב״כ · ראה לקו״ת שה״ש כח, ב.

15ומראהו ומעשהו או הצורה שמציירין עליו הוא גילוי החומר שנעשה על תמונה זו דוקא והרי ציור זה אינו דבר נפרד ואין הציור נראה דבר בפ״ע

Son apparence et sa facture, ou la forme qu’on façonne sur elle, constituent le dévoilement de la matière façonnée précisément selon cette forme ; or, cette forme n’est pas une chose distincte, et elle n’apparaît pas comme une chose en soi ;

Explication

La forme donnée au métal est simplement la matière rendue visible sous une forme particulière. La forme n’est pas une chose distincte que l’on pourrait voir indépendamment.

אלא שע״י הציור מתראה תבנית הכלי באופן יותר נאות מכמות שהי׳ גולמו. וגולמת הכלי עצמו הוא שנצטייר ונתגלה.

mais, grâce à la forme, la structure de l’ustensile apparaît de façon plus appropriée que lorsqu’il était à l’état brut ; et c’est la matière brute de l’ustensile elle-même qui a été façonnée et dévoilée.

Explication

La forme ne fait que présenter la matière brute de manière plus appropriée ; c’est la matière elle-même qui a été façonnée et dévoilée.

כך הנה בנמשל האדם שהוא תושב״כ הוא ג״כ בבחי׳ גילוי אל החומר הראשון שהוא כח ההיולי שלא נתפס בו שום גילוי שעליו נאמר (תהלים יח)

De même, dans l’analogie, « Adam », qui est la Torah écrite, se situe lui aussi au niveau d’un dévoilement par rapport à la matière première, qui est la puissance hylique, en laquelle aucun dévoilement n’est appréhendable, et à propos de laquelle il est dit (Psaumes 18)

Explication

De même, « Adam », la Torah écrite, est un dévoilement de la « matière première », la puissance hylique — terme philosophique désignant une matière informe qui contient potentiellement toutes les formes — dans laquelle rien n’est dévoilé.

ישת חשך סתרו וחומר ההיולי הוא נק׳ בשם אדם דבריאה וראשית הגילוי הוא בחכמה תושב״כ ונק׳ אדם דיצי׳.

« Il fit des ténèbres Sa cachette. » La matière hylique est appelée « Adam de Béria », et le commencement du dévoilement se trouve dans la 'Hokhma, la Torah écrite ; il est appelé « Adam de Yetsira ».

Explication

De ce niveau caché, il est dit : « Il fit des ténèbres Sa cachette. » La puissance informe est appelée « Adam de Béria » ; son premier dévoilement, dans la 'Hokhma, la Torah écrite, est appelé « Adam de Yetsira », l’homme façonné.

וברכה שניה נגד חוה בחי׳ תושבע״פ. ולכן נתוסף בה תיבת את. אשר יצר את האדם.

La deuxième bénédiction correspond à ‘Hava, au niveau de la Torah orale. C’est pourquoi on y ajoute le mot « et » (et) : « Qui a formé et (et) l’homme. »

Explication

La deuxième bénédiction correspond à ‘Hava, la Torah orale. C’est pourquoi elle ajoute le mot « et » (et) dans « Qui a formé et l’homme ».

את פי׳ בחי׳ אותיות מא׳ ועד תי״ו שהאותיות הן מבחי׳ עלמא דאתגליא כי האותיות הן גילוי השכל.

« Et » désigne le niveau des lettres, de alef à tav, car les lettres appartiennent au monde dévoilé, puisque les lettres dévoilent l’intellect.

Explication

« Et » (qui s’écrit alef-tav) représente toutes les lettres de alef à tav. Les lettres appartiennent au monde dévoilé, car elles révèlent et expriment l’intellect.

Le paragraphe 15 en bref

Le paragraphe applique l’analogie de l’artisan : la Torah écrite est le premier dévoilement de la puissance informe, et le mot « et » ajouté dans la deuxième bénédiction — alef à tav, les lettres — renvoie à la Torah orale comme dévoilement ultérieur par les lettres.

Maré mekomot

  1. 1
    אשר יצר את האדם · Ketubot 8a:3–4
  2. 2

16והיינו גילוי חכמה תתאה שהיא בחי׳ גילוי לחכמה עלאה תושב״כ כנ״ל והוא גילוי אחר גילוי שהח״ע הוא גילוי חומר הראשון ההיולי כנ״ל.

C’est-à-dire le dévoilement de la 'Hokhma inférieure, qui constitue le dévoilement de la 'Hokhma supérieure, la Torah écrite, comme expliqué plus haut ; il s’agit d’un dévoilement après un dévoilement, car la 'Hokhma supérieure est le dévoilement de la matière hylique primordiale, comme expliqué plus haut.

Explication

La 'Hokhma inférieure (la Torah orale) dévoile la 'Hokhma supérieure (la Torah écrite), qui elle-même dévoile la puissance informe. La Torah orale est donc un second dévoilement, édifié sur le premier.

וזהו בצלמו בצלם דמות תבניתו. כי צלם לשון ציור וגלוי וכפל בצלמו בצלם. פי׳ גילוי אחר גילוי.

Et c’est là « à Son image, à l’image de la ressemblance de Sa forme ». Car « image » est un terme qui désigne la forme et le dévoilement ; la répétition « à Son image, à l’image » signifie un dévoilement après un dévoilement.

Explication

Cela explique la formulation de la bénédiction : « à Son image, à l’image de la ressemblance de Sa forme ». « Image » (tsélem) désigne la forme et le dévoilement, et sa répétition indique un dévoilement sur un dévoilement.

גילוי הראשון להיות אור א״ס בחכמ׳ עלאה בבחי׳ יביע ואח״כ גילוי חכמה תתאה והיא היא דמות תבניתו דהיינו בחי׳ עלמא דאתגלי׳ ממש.

Le premier dévoilement consiste en la présence de la Lumière infinie dans la 'Hokhma supérieure, selon la modalité de « jaillir » ; vient ensuite le dévoilement de la 'Hokhma inférieure, qui est « la ressemblance de Sa forme », c’est-à-dire le niveau du monde effectivement dévoilé.

Explication

Le premier dévoilement est la Lumière infinie qui jaillit dans la 'Hokhma supérieure ; le second est la 'Hokhma inférieure, « la ressemblance de Sa forme », qui est le monde pleinement dévoilé.

Le paragraphe 16 en bref

Le paragraphe comprend la répétition du mot « image » dans la deuxième bénédiction comme deux dévoilements successifs : la 'Hokhma supérieure, puis la 'Hokhma inférieure, le monde dévoilé.

Maré mekomot

  1. 1
    בצלמו בצלם דמות תבניתו · Ketubot 8a:3–4
  2. 2
    דמות תבניתו . . בחי׳ עלמא דאתגלי׳ · ראה ספר החקירה סה, ב.

17והתקין לו ממנו בנין עדי עד שבחי׳ עלמא דאתגלי׳ אע״פ שרגלי׳ יורדות כו׳ מ״מ איננה דבר נפרד ח״ו

« Et Il prépara pour lui, à partir de lui-même, un édifice éternel » : le monde dévoilé, bien que « ses pieds descendent », etc., n’est néanmoins pas une chose distincte, à D.ieu ne plaise,

Explication

La bénédiction poursuit : « et Il prépara pour lui, à partir de lui-même, un édifice éternel » — ‘Hava ayant été bâtie à partir du côté même d’Adam. Le monde dévoilé descend très bas, comme le dit le verset à propos de la femme : « ses pieds descendent » ; pourtant, il n’est pas séparé de son origine.

אלא והתקין לו ממנו בעצמו כי גילוי חכמה תתאה הוא גילוי הארת אור א״ס ב״ה עצמה שבחכ׳ עלאה

mais « Il prépara pour lui à partir de lui-même », de lui-même : car le dévoilement de la 'Hokhma inférieure est le dévoilement du rayonnement de la Lumière infinie elle-même, bénie soit-Il, qui se trouve dans la 'Hokhma supérieure.

Explication

« À partir de lui-même » : la 'Hokhma inférieure est précisément la lumière de l’Infini qui se trouvait dans la 'Hokhma supérieure et qui est maintenant dévoilée.

אלא לפי שבה נפרטו ונתחלקו בבחי׳ רבוי המדרגות בדרך פרט מה שהיו כלולים בח״ע בהעלם בדרך כלל

Toutefois, puisque s’y trouvent particularisés et différenciés, en une multitude de niveaux, de manière détaillée, ce qui était inclus dans la 'Hokhma supérieure de façon cachée et générale,

Explication

Ce qui était inclus de façon générale et cachée dans la 'Hokhma supérieure est détaillé dans la 'Hokhma inférieure en de nombreux niveaux distincts.

הנה האור שבה הוא מצומצם ומלובש בכמה מיני צמצומים והתלבשות שונות כדי להאיר ולהתגלות בכל מדרגה ומדרגה לפי מה שהיא להיות המדרגות ההם נראים ונגלים ולא יתבטלו במציאות.

la lumière qui s’y trouve est contractée et revêtue de nombreuses sortes de contractions et de revêtements différents, afin de rayonner et de se révéler à chaque niveau selon sa nature, de sorte que ces niveaux apparaissent et soient dévoilés, sans être annulés dans l’existence.

Explication

La lumière y est donc contractée et revêtue de nombreux habits, afin que chaque niveau la reçoive selon sa capacité et puisse exister comme niveau visible, au lieu d’être annulé dans l’existence par une lumière trop intense.

Le paragraphe 17 en bref

Le paragraphe explique « à partir de lui-même » : le monde dévoilé est la même Lumière infinie que celle qui se trouve dans la 'Hokhma supérieure, mais contractée et revêtue afin que des niveaux distincts puissent exister.

Maré mekomot

  1. 1
    והתקין לו ממנו בנין עדי עד · Ketubot 8a:3–4
  2. 2
    רגלי׳ יורדות · Proverbs 5:5

18וכ״כ נתצמצם האור ונתמעט עד שירד מדרגה אחר מדרגה בסתר המדרגות שהלבוש מסתיר ומכסה על האור ההוא ונעשה מקור לעלמא דפרודא להיות משם יפרד כו׳.

La lumière fut ainsi tellement contractée et diminuée qu’elle descendit de niveau en niveau, dans la dissimulation des niveaux ; le vêtement cache et recouvre cette lumière, et elle devint une source pour le monde de la séparation, de sorte que « de là, il se sépare », etc.

Explication

La lumière se contracta à un tel point, de niveau en niveau, que le « vêtement » la dissimule entièrement ; cela devint la source du « monde de la séparation », où les choses se ressentent comme séparées de D.ieu.

אבל עיקר צמצום האור הוא כדי שיהיה בנין העולמות שלא יתבטלו במציאות וזהו בנין עדי עד

Mais le but essentiel de la contraction de la lumière est de permettre l’édification des mondes, afin qu’ils ne soient pas annulés dans l’existence ; c’est là « un édifice éternel »,

Explication

Mais le but essentiel de la contraction est positif : permettre aux mondes d’exister comme un « édifice » stable, au lieu de se dissoudre dans la lumière de D.ieu. C’est cela, l’« édifice éternel ».

דהיינו להיות לעדי עד ימלוך להיות מדת מלכותו עדי עד למעלה עד אין קץ ולמטה עד אין תכלית.

c’est-à-dire qu’Il « régnera à jamais » : que l’attribut de Sa souveraineté soit éternel, en haut sans fin et en bas sans limite.

Explication

Le terme « éternel » renvoie à la souveraineté de D.ieu, qui suppose des sujets existants ; celle-ci dure éternellement, s’étendant en haut sans fin et en bas sans limite.

Le paragraphe 18 en bref

Le paragraphe explique que la dissimulation de la lumière, bien qu’elle donne naissance au monde de la séparation, vise à édifier un monde durable sur lequel D.ieu règne éternellement.

Maré mekomot

  1. 1
    לעדי עד ימלוך · Exodus 15:18

19והיא התגלות מלכותו בבחי׳ א״ס ממש רק שכדי שיהי׳ גילוי א״ס ב״ה בבחי׳ מלכותו הוצרך להיות בחי׳ בנין.

Et c’est la révélation de Sa souveraineté au niveau de l’Infini véritable ; seulement, afin que l’Infini se révèle dans le niveau de Sa souveraineté, il fallait qu’il y ait le niveau d’un édifice,

Explication

Cette souveraineté est la révélation de l’Infini lui-même. Mais pour que l’Infini se révèle en tant que Roi, il fallait un « édifice », un monde structuré.

דהיינו להיות הסתר האור וצמצומו והתלבשותו בכמה מיני לבושין עד שיאיר ויתגלה אור זה בבחי׳ זו דוקא.

c’est-à-dire la dissimulation de la lumière, sa contraction et son revêtement de toutes sortes d’habits, jusqu’à ce que cette lumière brille et se révèle précisément à ce niveau.

Explication

Cela signifie dissimuler et contracter la lumière sous de nombreux habits, jusqu’à ce qu’elle puisse briller précisément à ce niveau de souveraineté.

כי אור א״ס מצד עצמו כשמו כן הוא אין לו סוף כו׳ ולאו מכל מדות כלל

Car la Lumière infinie (Or Ein Sof), en elle-même, est telle que son nom l’indique : elle n’a pas de fin, etc., et ne relève d’aucun attribut.

Explication

En elle-même, la Lumière infinie est véritablement sans fin et au-delà de tous les attributs, comme le dit le Tikkunei Zohar.

כמ״ש במ״א ואפי׳ אור א״ס שבח״ע הוא בבחי׳ צמצום ולבוש שח״ע נק׳ בשם לבוש לאור א״ס כו׳.

comme cela est expliqué ailleurs ; et même la Lumière infinie qui se trouve dans la 'Hokhma supérieure est dans un état de contraction et de revêtement, car la 'Hokhma supérieure est appelée un habit pour la Lumière infinie, etc.

Explication

Même la Lumière infinie dans la 'Hokhma supérieure est déjà contractée, car la 'Hokhma est appelée un « habit » pour la Lumière infinie.

Le paragraphe 19 en bref

Ce paragraphe explique que la souveraineté de D.ieu est une révélation de l’Infini, qui requiert contraction et habits, puisque l’Infini en lui-même dépasse tous les attributs et que même la 'Hokhma n’est que son habit.

Maré mekomot

  1. 1
    ולאו מכל מדות כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7

20וכל מה שירד האור ונתגלה גילוי אחר גילוי ירידה היא זו. ומיעוט האור והתלבשותו וירידה זו היא כדי שיאיר אור א״ס ב״ה גם במדרגות התחתונות.

Dans toute la mesure où la lumière est descendue et s’est révélée, révélation après révélation, il s’agit d’une descente. Cette diminution de la lumière, son revêtement et cette descente ont pour but que la Lumière infinie brille aussi dans les niveaux inférieurs.

Explication

Chaque révélation successive est une descente, une diminution et un revêtement de la lumière, afin que la Lumière infinie brille même dans les niveaux les plus bas.

כי נתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים וא״כ תכלית המכוון מבחי׳ מלכותו להחיות עולמות נפרדים אינה להיות נפרד ח״ו רק אדרבה להיות בנין עדי עד כי והתקין לו ממנו כו׳ כנ״ל:

Car le Saint béni soit-Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs ; dès lors, le dessein ultime de Sa souveraineté, qui donne vie à des mondes séparés, n’est pas qu’ils soient séparés, à D.ieu ne plaise, mais au contraire qu’il y ait « un édifice éternel », car « il l’a préparé pour Lui à partir de Lui-même », etc., comme cela a été expliqué plus haut.

Explication

Car D.ieu a désiré une « demeure dans les mondes inférieurs » — formulation du Midrach quant au dessein de la création. Sa souveraineté sur des mondes séparés n’a donc pas pour but de les séparer de Lui, mais de bâtir un « édifice éternel » qui soit « de Lui-même ».

Le paragraphe 20 en bref

Ce paragraphe conclut cette section : toute la descente et la dissimulation servent le désir de D.ieu d’avoir une demeure dans les mondes inférieurs. Le monde révélé est donc destiné à être uni à sa source, et non séparé d’elle.

Maré mekomot

  1. 1
    נתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים · Bamidbar Rabbah 13:6
  2. 2
    נתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים · Midrash Tanchuma, Nasso 16:1

L’étude de la Torah : élixir de vie ou de mort ¶21–23

21אך הנה ארז״ל זכה נעשה לו סם חיים כו׳ דבזכותא תליא מילתא ואחר כוונת הלב של העוסק בתורה נאמרו הדברים

Cependant, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « S’il le mérite, elle devient pour lui un élixir de vie », etc. — car la chose dépend du mérite, et ces paroles se rapportent à l’intention du cœur de celui qui s’adonne à la Torah.

Explication

À présent, le « sceau » est appliqué à l’étude de la Torah. Le Talmud dit que la Torah peut être un élixir de vie pour celui qui « mérite » et un élixir de mort pour celui qui ne le mérite pas. Ce qu’elle devient dépend de l’intention intérieure de l’étudiant.

כי לפי שעוסק בתושבע״פ שהיא חכמה תתאה שירדה לעלמא דפרודא ונתלבשה בדברי׳ גשמיי׳ שהם מהע׳ שרים שנתלבשה בהם ברבוי השתלשלות המדרגות ליתן בהם כח וממשלה על הדברים הגשמיים ההם והדבר הגשמי שעוסק בו

Car il s’adonne à la Torah orale, qui est la 'Hokhma inférieure, laquelle est descendue dans le monde de la séparation et s’est revêtue de choses matérielles, issues des soixante-dix princes, dont elle s’est revêtue au fil du vaste enchaînement descendant des niveaux, afin de leur conférer pouvoir et domination sur ces choses matérielles — et la chose matérielle dont il s’occupe,

Explication

La Torah orale est la « 'Hokhma inférieure », descendue dans le monde de la séparation et revêtue de réalités matérielles — les objets et les cas auxquels s’appliquent les lois. Ces réalités matérielles relèvent des soixante-dix princes angéliques qui gouvernent les nations et le monde naturel.

שהוא תחת ממשלת השרים הוא המסתיר ומכסה על קדושת אור א״ס הנמשך מחכמה עלאה ומתלבש בחכמה תתאה לכך יכול להמשיך את האדם ולהורידו ולהפילו למטה בל יראה גאות ה׳ והוד מעטה לבושו

qui se trouve sous la domination des princes, dissimule et recouvre la sainteté de la Lumière infinie qui émane de la 'Hokhma supérieure et se revêt dans la 'Hokhma inférieure ; elle peut donc entraîner une personne, la faire descendre et tomber plus bas, de sorte qu’elle ne voie pas « la majesté de D.ieu » ni la splendeur du manteau de Son habit,

Explication

Le sujet matériel dissimule la sainteté de la lumière de D.ieu présente dans la loi. Il peut donc entraîner l’étudiant vers le bas, au point qu’il ne perçoive plus la majesté de D.ieu revêtue en elle.

שהוא התלבשות אור א״ס ב״ה הנמשך ומתלבש בחכמה תתאה בפסק הלכה הערוכה בדברים הגשמיים ההם. כי דבר ה׳ זו הלכה והיא חכמתו ורצונו כו׳.

c’est-à-dire le revêtement de la Lumière infinie qui est attirée et se revêt dans la 'Hokhma inférieure, dans la décision halakhique formulée au sujet de ces choses matérielles. Car « la parole de D.ieu », c’est la halakha, et elle est Sa sagesse et Sa volonté, etc.

Explication

Pourtant, ce qui est revêtu là est la Lumière infinie elle-même, exprimée dans la décision pratique ; le Talmud dit que « la parole de D.ieu » est la halakha, qui est la sagesse et la volonté de D.ieu.

Le paragraphe 21 en bref

Ce paragraphe commence à appliquer l’idée du sceau à l’étude de la Torah : parce que la Torah orale est revêtue de réalités matérielles, elle peut soit révéler la lumière de D.ieu, soit, pour celui qui ne « mérite » pas, la dissimuler.

Pour aller plus loin

Le Tséma’h Tsédek (Or HaTorah, Nach) relève que « sam » (élixir, סם) a pour valeur numérique 100 et que cela devient un élixir de vie par « cent et un », lorsque l’intention de la personne est dirigée vers l’Un.

Maré mekomot

  1. 1
    זכה נעשה לו סם חיים · Yoma 72b:14
  2. 2
    בל יראה גאות ה׳ · Isaiah 26:10
  3. 3
    דבר ה׳ זו הלכה · Shabbat 138b:11–12

22ולכך לא זכה ונמשך אחר עלמא דפרודא וגורם להפריד עלמא דאתגלי׳ היא חכמה תתאה ממקורה ושרשה היא ח״ע ונותן יד וממשלה להיות שליטה ואחיזה לקליפות וס״א שיהי׳ יניקתם ואחיזת׳ מעיקר הקדושה כו׳

C’est pourquoi, [s’il] ne le mérite pas et se laisse entraîner par le monde de la séparation, il provoque la séparation du monde révélé, qui est la 'Hokhma inférieure, d’avec sa source et sa racine, qui est la 'Hokhma supérieure ; et il donne une prise et un pouvoir aux kelipot et à la sitra a'hra, leur permettant d’exercer leur domination et de s’attacher à l’essence même de la sainteté, etc.,

Explication

Celui qui ne « mérite » pas et se laisse entraîner par le monde de la séparation provoque une coupure entre le monde révélé, la 'Hokhma inférieure, et sa racine dans la 'Hokhma supérieure. Il donne ainsi aux kelipot (forces de dissimulation) une prise sur le cœur même de la sainteté.

ולא מן השמרים ופסולת אשר ניתן להם כדי חיותם מלמעלה מחכמה תתאה היא מלכותו ית׳ בהתלבשות׳ בהשרי׳ כו׳

et non des lies et des déchets qui leur ont été accordés pour leur force vitale, d’en haut, à partir de la 'Hokhma inférieure, qui est Sa souveraineté, béni soit-Il, lorsqu’elle se revêt dans les princes, etc.,

Explication

Normalement, ils ne reçoivent que les « lies et déchets » qui leur sont attribués d’en haut, à partir de la 'Hokhma inférieure, la souveraineté de D.ieu revêtue dans les princes angéliques.

דרך ירידת והשתלשלות המדרגות מדרגה אחר מדרגה עד שירדה בסתר המדרגות שנמשך להם חיות מעט מן השמרים והפסולת דרך יניקת שערות וצפרנים מותרי השפע כו׳.

par la descente et l’enchaînement des niveaux, niveau après niveau, jusqu’à ce que cela descende dans le secret des niveaux et qu’une faible force vitale leur soit transmise à partir des lies et des déchets, par la nourriture que procurent les cheveux et les ongles, surplus de l’abondance, etc.

Explication

Cette attribution ne leur parvient qu’après une longue descente à travers des niveaux cachés, sous la forme d’une force vitale minime issue du surplus, à l’image des « cheveux et des ongles » décrits plus haut.

כי מאחר שנמשך אחר גשמית הדברים שהן מהשרים כו׳ ומחשיב אותם ליש ועיקר הרי מעורר כך למעלה כביכול

Car, puisqu’il se laisse entraîner par la matérialité des choses, qui sont issues des princes, etc., et les considère comme réelles et essentielles, il suscite ainsi la même chose en haut, pour ainsi dire.

Explication

Mais lorsqu’une personne se laisse entraîner par la matérialité et la tient pour réelle et essentielle, elle suscite pour ainsi dire la même réaction en haut : l’existence séparée des choses s’en trouve renforcée.

ולכך נעשה לו סם המות ממש שלוקח חיותו מהקליפות הנקרא מות ומשם נופל לו מחשבות רעות מהיכלות הקליפות וס״א להחזיק א״ע ליש ודבר במה שלומד כו׳

C’est pourquoi elle devient pour lui un véritable « élixir de mort », car il tire sa force vitale des kelipot, qui sont appelées « mort » ; et de là lui viennent de mauvaises pensées, issues des palais des kelipot et de la sitra a'hra, qui le portent à se considérer comme une entité existante et importante par ce qu’il étudie, etc.

Explication

La Torah devient alors un véritable « élixir de mort » : sa vitalité provient des kelipot, appelées « mort », et celles-ci lui inspirent des pensées d’importance personnelle au sujet de son étude.

[ועי׳ ביומא ד׳ ע״ב ב׳ ע״פ וזאת התורה אשר שם משה זכה כו׳ ובזוהר ר״פ חקת בענין וזאת ועי׳ בפ׳ בהר דף ק״י ע״ב בענין ועשה טוב כו׳

[Voir Yoma 72b, à propos de « Et voici la Torah que Moïse a placée » : « S’il le mérite », etc. ; et dans le Zohar, au début de Parshas Chukas, à propos de « Et voici » ; et voir Parshas Behar, folio 110b, à propos de « Et fais le bien », etc.,

Explication

Référence entre crochets : l’enseignement du Talmud dans Yoma, le Zohar sur « Et voici la Torah » au début de Chukas, ainsi que le Zohar dans Behar sur « Fais le bien » traitent du même thème.

ע״ש] וזהו האומר אין לי אלא תורה כו׳ שאומר אין לי לעצמי מפני שהוא בבחי׳ לא זכה ורוצה להיות לעצמו יש ודבר נפרד.

voir là-bas.] Et c’est cela : « Celui qui dit : “Je n’ai que la Torah” », etc. — il dit « J’ai » pour lui-même, parce qu’il se trouve dans l’état de « ne pas mériter » et veut être, à ses propres yeux, une entité existante et séparée.

Explication

Le Talmud dit que « celui qui dit : “Je n’ai que la Torah” » n’a même pas la Torah. L’Admour Hazaken comprend cela comme désignant celui qui étudie pour lui-même, afin d’être une « entité » à part entière : c’est le signe qu’il ne mérite pas.

Le paragraphe 22 en bref

Ce paragraphe décrit le danger d’étudier la Torah sans l’intention adéquate : en considérant le matériel comme essentiel et en étudiant pour se glorifier, on donne aux kelipot accès au cœur même de la sainteté, et la Torah devient un « élixir de mort ».

Pour aller plus loin

Likkutei Torah (Balak) explique le Zohar sur « Fais le bien » (Behar) : servir D.ieu avec effort, en luttant contre sa nature, adoucit les rigueurs, tandis que ne pas le faire les renforce. Likkutei Torah (Re'eh) donne le sens simple de « Je n’ai que la Torah » : il faut joindre à la Torah des actes de bonté, le réceptacle qui préserve sa lumière.

Maré mekomot

  1. 1
    מעיקר הקדושה · ראה אוה״ת פ׳ מטות ע׳ א׳שו.
  2. 2
  3. 3
    בפ׳ בהר דף ק״י ע״ב · ומובא ביהל אור ע׳ שלא. לקו״ת בלק עג, ד.
  4. 4
    האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5

23ולכן אפי׳ תורה אין לו שהתורה היא נשפעת ונמשכת במקום קדושה דוקא כי אין אור א״ס שורה

C’est pourquoi « il n’a même pas la Torah », car la Torah est accordée et attirée précisément dans un lieu de sainteté, puisque la Lumière infinie ne réside

Explication

Ainsi, une telle personne « n’a même pas la Torah » : la lumière de la Torah ne se déverse que dans un lieu de sainteté.

אלא במי שבטל כו׳ והיינו סטרא דקדושה ולכן כל השפעת הקדושה היא ממנה ולזולתה דהיינו שאינו רוצה לעצמו

que sur celui qui est annulé, etc. ; c’est là le côté de la sainteté. C’est pourquoi tout ce qui est accordé par la sainteté va d’elle vers autrui, c’est-à-dire qu’elle ne veut rien pour elle-même.

Explication

La lumière de D.ieu ne réside que sur celui qui s’annule (bitoul) devant Lui. La sainteté, par nature, donne à autrui et ne cherche rien pour elle-même.

משא״כ סטרא דקליפה הרי כל טיבו דעבדין לגרמייהו וכו׳ ולכן א׳ על דואג ואחיתופל דלא מסקי שמעתתא אליבא דהלכתא

Il n’en va pas ainsi du côté des kelipot, car « tout le bien qu’ils font, ils le font pour eux-mêmes », etc. C’est pourquoi il est dit de Doeg et d’A’hitofel qu’ils n’établissaient pas leur enseignement conformément à la halakha,

Explication

À l’inverse, les kelipot font tout pour elles-mêmes. Le Talmud dit que Doeg et A’hitofel, grands érudits de leur temps, n’aboutissaient jamais à la halakha correcte dans leur étude.

אבל בדהע״ה כתי׳ וה׳ עמו שהלכה כמותו בכ״מ והיינו לפי שהמשכת התורה היא דוקא במקום קדושה ואחר כוונת הלב של העוסק בתורה.

tandis qu’au sujet de David, roi d’Israël, que la paix soit sur lui, il est écrit : « Et D.ieu était avec lui » — la halakha le suit partout. Cela tient au fait que la Torah ne se déverse précisément que dans un lieu de sainteté, et selon l’intention du cœur de celui qui s’adonne à la Torah.

Explication

Au sujet du roi David, il est dit : « D.ieu était avec lui », ce que le Talmud interprète par « la halakha le suit partout ». La lumière de la Torah se déverse chez l’étudiant selon sa sainteté et son intention intérieure.

כי כפי מה שהוא באתעדל״ת. כך מעורר למעלה שיערה עליו רוח ממרום באתעדל״ע אם זכה ומדבק א״ע באור א״ס הנמשך בתורה

Car, selon la manière dont il se trouve dans l’éveil d’en bas, il suscite de même en haut que soit répandu sur lui un esprit venu d’en haut, dans un éveil d’en haut — s’il le mérite et s’attache à la Lumière infinie attirée dans la Torah,

Explication

Selon l’« éveil d’en bas » d’une personne — ses efforts et son intention propres — se produit l’« éveil d’en haut » : si elle s’attache à la Lumière infinie présente dans la Torah, un « esprit venu d’en haut » est répandu sur elle.

וכמ״ש וכל בניך למודי ה׳. דהיינו שיהא לימוד הלכה זו מפני שהיא דבר ה׳ כו׳.

comme il est écrit : « Et tous tes enfants seront enseignés par D.ieu » ; c’est-à-dire que l’on étudie cette halakha parce qu’elle est la parole de D.ieu, etc.

Explication

C’est le sens de « Tous tes enfants seront enseignés par D.ieu » : étudier la loi parce qu’elle est la parole de D.ieu.

אך הכח הזה להיות המשכת אור א״ס שבתורה בקדושה דוקא הוא הוא מבחי׳ החותם שלמעלה

Mais ce pouvoir, grâce auquel la Lumière infinie présente dans la Torah se déverse précisément dans la sainteté, provient du niveau du sceau d’en haut,

Explication

Le pouvoir qui maintient la lumière de la Torah dans la sainteté provient du « sceau » d’en haut.

וכמ״ש חתום תורה בלימודי שפי׳ בלימודי להיות למודי ה׳ דוקא וחותם זה הוא המפריד הקליפות שלא יינקו מעיקר הקדושה ח״ו כנ״ל.

comme il est écrit : « Scelle la Torah parmi mes disciples » — « parmi mes disciples » signifie qu’ils doivent être précisément « enseignés par D.ieu » ; et ce sceau sépare les kelipot, afin qu’elles ne tirent pas leur subsistance de l’essence de la sainteté, à D.ieu ne plaise, comme cela a été expliqué plus haut.

Explication

Le verset « Scelle la Torah parmi mes disciples » signifie que la Torah est scellée pour ceux qui sont « enseignés par D.ieu ». Ce sceau empêche les kelipot de tirer leur subsistance du cœur même de la sainteté.

ולכן אנו חותמין בברוך שלא יהיה יניקה ואחיזה לקליפות ע״י לא זכה כי גם חותם זה באתעדל״ת תליא מילתא.

C’est pourquoi nous concluons par « Baroukh », afin que les kelipot ne puissent ni tirer leur subsistance ni prendre appui sur la Torah du fait de « ne pas mériter » ; car ce sceau aussi dépend de l’éveil d’en bas.

Explication

C’est pourquoi une longue bénédiction s’achève par « Baroukh » : pour empêcher les kelipot de prendre appui sur l’étude lorsqu’elle est dépourvue de mérite. Pourtant, ce sceau aussi dépend de l’éveil d’en bas de la personne.

Le paragraphe 23 en bref

Ce paragraphe montre que la lumière de la Torah ne se déverse que là où il y a sainteté et annulation de soi, et que le « sceau » qui la protège des kelipot est attiré d’en haut en réponse à l’intention propre de l’étudiant.

Pour aller plus loin

Le Tanya (ch. 35) explique que la lumière de D.ieu ne réside que sur ce qui s’annule devant Lui ; son chapitre 1 cite l’enseignement selon lequel « tout le bien qu’ils font, ils le font pour eux-mêmes » comme caractéristique des kelipot. Le Zohar enseigne que la chose dépend de l’éveil d’en bas.

Maré mekomot

  1. 1
    אור א״ס שורה אלא במי שבטל · ראה תניא פרק לה.
  2. 2
    כל טיבו דעבדין · ע״ח שמ״ט פ״ז. תניא פרק א.
  3. 3
    כל טיבו דעבדין לגרמייהו · Tanya, Likkutei Amarim 1:18
  4. 4
    דואג ואחיתופל · Sanhedrin 106b:12
  5. 5
    שהלכה כמותו בכל מקום · Sanhedrin 92b
  6. 6
    וה׳ עמו שהלכה כמותו בכ״מ · Sanhedrin 93b:3
  7. 7
    שיערה עליו רוח ממרום · Isaiah 32:15
  8. 8
    וכל בניך למודי ה׳ · Isaiah 54:13
  9. 9
    חתום תורה בלימודי · Isaiah 8:16
  10. 10
    באתעדל״ת תליא מילתא · Zohar I, 235a
  11. 11
    באתעדל״ת תליא מילתא · Zohar, Vayechi 53:517–528

Les deux cœurs et le sceau dans la prière ¶24–30

24והנה מבקשי ה׳ יבינו כל שכמו שהוא לענין תורה כך כיוצא בזה הוא לענין עבודת הלב באהוי״ר כו׳.

Or, ceux qui cherchent D.ieu comprendront que, de même qu’il en va ainsi pour la Torah, il en va pareillement du service du cœur, dans l’amour et la crainte, etc.

Explication

Il en va de même pour la prière, le « service du cœur », dans l’amour et la crainte : là aussi, il y a un sceau.

כי הנה ב׳ בחינות יש בלב דהיינו פנימיות הלב וחיצוניותו. בחי׳ פנימית הלב היא התלהטות והתלהבות האהבה לה׳ בשמחה וטוב לבב מרוב כל

Car il y a deux niveaux dans le cœur : sa dimension intérieure et sa dimension extérieure. Le niveau de la dimension intérieure du cœur est l’ardeur et l’embrasement de l’amour pour D.ieu, dans la joie et la gaieté du cœur, plus que toute chose,

Explication

Le cœur a une dimension intérieure et une dimension extérieure. Sa dimension intérieure est un amour ardent pour D.ieu, accompagné de joie et de gaieté du cœur, « plus que toute chose » — expression de la Torah qui désigne le service de D.ieu dans la joie.

שהיא שמחת הנפש האלקית המשכלת ומתבוננת באור א״ס ב״ה מקור חוצבה ושרשה שהיתה כלולה במאצילה ב״ה טרם ירידתה לעוה״ז.

qui est la joie de l’âme divine, laquelle saisit par l’intellect et contemple la Lumière infinie, béni soit-Il, la source dont elle a été taillée et sa racine, où elle était incluse dans son Émanateur, béni soit-Il, avant sa descente dans ce monde.

Explication

C’est la joie de l’âme divine, qui contemple la Lumière infinie, la source dont elle a été « taillée », où elle était incluse avant sa descente dans ce monde.

Le paragraphe 24 en bref

Ce paragraphe étend à la prière l’idée déjà exposée à propos de l’étude de la Torah et présente la dimension intérieure du cœur : l’amour ardent et joyeux de l’âme divine pour sa source.

Maré mekomot

  1. 1
    כי הנה ב׳ בחי׳ יש בלב · מובא באוה״ת תבוא ע׳ תתרנה.
  2. 2
    בשמחה ובטוב לבב מרוב כל · Deuteronomy 28:47

25וגם עתה כן הוא כל חפצה וכל ישעה להתענג על ה׳ הוא אור א״ס ב״ה ממש אהבה בתענוגים בגילוי אוא״ס ב״ה בחכמה שבנפש כח מ״ה כו׳.

Et maintenant aussi, il en est ainsi : tout son désir et toute son aspiration sont de se délecter en D.ieu, c’est-à-dire dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même — l’amour dans les délices, par la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, dans la 'Hokhma qui est dans l’âme, le koach mah, etc.

Explication

Même maintenant, dans le corps, l’âme divine ne désire que se délecter en D.ieu Lui-même, dans « l’amour dans les délices », par la révélation de la Lumière infinie dans la 'Hokhma de l’âme, que la 'Hassidout interprète comme koach mah, la « force du quoi », c’est-à-dire la capacité à s’annuler soi-même.

ואיזהו חכם הרואה את הנולד מאין כו׳ שאין העולם מעלים ומסתיר על אור א״ס ב״ה שאינו בגדר עלמין כלל וכולא קמי׳ כלא וכאין ממש.

« Qui est sage ? Celui qui voit ce qui naît » — du néant, etc. ; car le monde ne voile ni ne dissimule la Lumière infinie, béni soit-Il, qui n’entre nullement dans la catégorie des mondes, et tout est devant Lui comme rien, véritablement comme néant.

Explication

« Qui est sage ? Celui qui voit ce qui naît » s’interprète comme le fait de voir toute chose naître du néant. Pour une telle personne, le monde ne voile pas D.ieu, puisque tout est comme rien devant Lui.

Le paragraphe 25 en bref

Ce paragraphe décrit l’amour dans les délices de l’âme divine, enraciné dans la 'Hokhma, qui voit le monde constamment créé à partir du néant et ne le considère donc pas comme un obstacle à D.ieu.

Pour aller plus loin

Le Tanya (ch. 43) explique également que la 'Hokhma est koach mah et que « qui est sage » désigne celui qui voit comment tout vient à l’existence à partir du néant par la parole de D.ieu. Le Tséma'h Tsédek ajoute ici qu’il s’agit du niveau de la « kalla » (fiancée), de kilayon, l’extinction de tous les désirs étrangers, qui constitue l’unité supérieure.

Maré mekomot

  1. 1
    אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
  2. 2
    ואיזהו חכם הרואה את הנולד · Tamid 32a:7
  3. 3
    וכולא קמי׳ כלא · Zohar I, 11b
  4. 4
    שו״ה הנפש — ויחוד עצום · באוה״ת תבוא ע׳ תתרנה נוסף: (וכליון כל הרצונות זרות לגמרי וזהו בחי׳ כלה ושכינתא עילאה הנזכר בפסוק שיר השירים דהיינו כלה לשון כליון מחמת שאין עוד ממש וזהו בחי׳ יחו״ע).

26ואי לזאת תהי׳ דביקות הנפש בשרשה באלקי׳ חיים בהתכללות ויחוד עצום כמו שהיתה כלולה ומיוחדת טרם ירידתה וע״ז נאמר יום ליום יביע כמעיין הנובע ממקורו שמתאחד עמו

Il en résultera donc que l’âme s’attachera à sa racine, au D.ieu vivant, dans une inclusion et une union immenses, comme elle était incluse et unie avant sa descente ; c’est à ce propos qu’il est dit : « Un jour à l’autre en fait jaillir », comme une source qui coule de son origine et demeure unie à elle.

Explication

Il en résulte que l’âme s’attache à sa racine, au D.ieu vivant, aussi étroitement qu’elle était unie avant sa descente. C’est cela, « Un jour à l’autre en fait jaillir » : une source qui reste une avec son origine.

ומזה תהי׳ שמחת הנפש בה׳ עושה הוא אור א״ס ב״ה השורה ומתגלה בחכמה ותהי׳ השמחה גדולה לאלהים

De là viendra la joie de l’âme en D.ieu, son Créateur, c’est-à-dire la Lumière infinie, béni soit-Il, qui réside et se révèle dans la 'Hokhma ; et sa joie sera grande pour D.ieu,

Explication

De là vient la joie de l’âme en son Créateur, la Lumière infinie révélée dans la 'Hokhma : une grande joie dirigée vers D.ieu.

בהתלהבות והתלהטות הנפש מחמת קרבת ה׳ הטוב לה ובשמחתה לא יתערב זר ח״ו כי אין בנמצא שמחה זו כמוה וכדוגמתה בזה לעו״ז כלל.

dans l’ardeur et l’embrasement de l’âme, en raison de la proximité de D.ieu, qui est son bien ; « et aucun étranger ne se mêlera à sa joie », à D.ieu ne plaise, car il n’existe en ce monde aucune joie qui lui soit semblable ou comparable.

Explication

L’âme s’embrase de la proximité de D.ieu, qui est « son bien ». « Aucun étranger ne se mêlera à sa joie » : les forces du mal n’y ont aucune part, car aucune joie de ce monde ne lui ressemble.

שהיא מבחי׳ יחידה שבנפש שאינה מלובשת כלל בלבושי הגוף והנפש הבהמית רק שתתמלא הנפש אורה ושמחה לה׳ לבדו.

Car elle relève du niveau de ye'hida dans l’âme, qui n’est nullement revêtue des vêtements du corps et de l’âme animale ; l’âme est au contraire remplie de lumière et de joie pour D.ieu seul.

Explication

Cette joie vient de la ye'hida, l’essence la plus intérieure de l’âme, qui n’est pas revêtue dans le corps ni dans l’âme animale ; elle est donc remplie de lumière et de joie pour D.ieu seul.

Le paragraphe 26 en bref

Ce paragraphe décrit l’amour intérieur comme l’union de l’âme avec sa source : « Un jour à l’autre en fait jaillir ». C’est une joie issue de la ye'hida, à laquelle le mal n’a aucune part.

Pour aller plus loin

Cela correspond à la bénédiction brève et au monde caché : comme une source qui ne fait qu’un avec son origine, cet amour n’a pas besoin de sceau, car « aucun étranger ne se mêlera » à lui.

Maré mekomot

  1. 1
    יום ליום יביע · Psalms 19:3
  2. 2
    קרבת ה׳ הטוב לה · Psalms 73:28
  3. 3
    ובשמחתה לא יתערב זר · Proverbs 14:10

27וזוהי מדת יום ואור כמ״ש יום ליום יביע. אבל חיצוניות הלב היא מדת לילה וחשך שיש בו העלם והסתר מלבושי הגוף ונה״ב שמנוגה שמלבישים את הנפש.

Telle est la qualité du jour et de la lumière, comme il est écrit : « Un jour à l’autre en fait jaillir. » Mais la dimension extérieure du cœur est la qualité de la nuit et de l’obscurité, où les vêtements du corps et de l’âme animale, qui proviennent du noga, voilent et dissimulent l’âme.

Explication

L’amour intérieur est le « jour et la lumière », comme la source qui ne fait qu’un avec son origine. La dimension extérieure du cœur est le « nuit et l’obscurité » : l’âme y est revêtue dans le corps et l’âme animale, qui proviennent de kelipat noga (l’« écorce lumineuse », le domaine où le bien et le mal sont mêlés) ; ces vêtements dissimulent D.ieu.

וכמו שהמדות שבנפש אלקית אהוי״ר כו׳ כך הם בזה לעו״ז כי אהבה זו היא מבחי׳ יחודא תתאה שנראה העולם ליש כו׳

Et de même que les attributs émotionnels de l’âme divine — amour et crainte, etc. —, ainsi en est-il « de l’autre côté, correspondant à l’un » ; car cet amour relève du niveau de l’unité inférieure, où le monde apparaît comme une réalité existante, etc.,

Explication

Aux côtés de l’amour et de la crainte de l’âme divine correspondent des émotions dans le cœur extérieur. Cet amour relève de « l’unité inférieure », une perspective dans laquelle le monde semble exister par lui-même et où D.ieu est perçu comme lui donnant vie de l’intérieur.

מחמת התלבשות אור א״ס בהשתלשלות וירידת המדרגות עד שנעשה עוה״ז הגשמי כו׳ ולכן צריך מלחמה ולאם מלאם יאמץ ואלמלא הקב״ה כו׳

du fait que la Lumière infinie est revêtue dans l’enchaînement descendant des mondes et que les niveaux descendent, jusqu’à ce que ce monde physique advienne, etc. C’est pourquoi une lutte est nécessaire : « un peuple sera plus fort que l’autre peuple », et « si le Saint béni soit-Il » ne l’avait pas aidé, etc.,

Explication

Cela tient au fait que la Lumière infinie est revêtue dans un long enchaînement de niveaux descendants jusqu’au monde physique. Cet amour requiert donc une lutte entre les deux âmes (« un peuple sera plus fort que l’autre peuple ») ; comme l’enseigne le Talmud, on ne pourrait en sortir victorieux sans l’aide de D.ieu.

שיש בכח נפשו לעורר את האהבה עד שתחפץ להתפשט מלבושי׳ לפי שבאמת אינה דבר נפרד כו׳ רק היחוד הוא מבחי׳ יחו״ת כו׳

car son âme a la capacité d’éveiller l’amour jusqu’à ce qu’il désire se dépouiller de ses vêtements, puisqu’en vérité il n’est pas une chose séparée, etc. ; toutefois, l’union relève du niveau de l’unité inférieure, etc.

Explication

L’âme a néanmoins le pouvoir d’éveiller l’amour avec une telle intensité qu’il désire se dépouiller de ses vêtements, puisqu’il n’est pas véritablement séparé de D.ieu ; son union est simplement du type inférieur.

(ועמ״ש ע״פ שיר השירים בענין ב׳ בחי׳ כלה משם יובן מ״ש כאן ועיין עוד מ״ש ע״פ צאנה וראנה בענין שאו ידיכם כו׳) וע״ז התפלל דהע״ה יחד לבבי.

(Voyez ce qui est expliqué à propos de Shir HaShirim sur les deux niveaux de kalla ; cela permettra de comprendre ce qui est dit ici. Voyez aussi ce qui est expliqué à propos de Tze'enah u're'enah sur la question de « Levez vos mains », etc.) C’est à ce sujet que pria David, roi d’Israël, que la paix soit sur lui : « Unis mon cœur. »

Explication

L’Admour Hazaken renvoie à d’autres discours de Likkutei Torah sur le Cantique des Cantiques. Pour l’unité des deux dimensions du cœur, le roi David pria : « Unis mon cœur. »

כי אע״פ שהם שני לבבות מדת יום ומדת לילה אינן נפרדים בעצמותן ח״ו רק מדת הלילה היא בחי׳ גילוי לעצמיות המדה

Car, bien qu’il s’agisse de deux cœurs — la qualité du jour et celle de la nuit —, ils ne sont pas séparés dans leur essence, à D.ieu ne plaise ; seule la qualité de la nuit constitue le niveau de révélation de l’essence de l’attribut,

Explication

Les deux « cœurs », le jour et la nuit, ne sont pas séparés dans leur essence. La « nuit » est la manière dont l’amour essentiel du « jour » se révèle.

שהיא מדת יום כדי שתבא בבחי׳ גילוי בפו״מ מהעלם ומצפוני בינת הלב לידי גילוי הלב בפו״מ שיהא הלב כלי ומשכן להשראת אהבה זו.

qui est la qualité du jour, afin qu’elle vienne à une révélation effective : de l’obscurité et des profondeurs cachées de l’intelligence du cœur, elle passe à la révélation effective du cœur, afin que celui-ci soit un réceptacle et une demeure pour que cet amour y réside.

Explication

La « nuit » fait passer cet amour des profondeurs cachées de l’intelligence du cœur à une émotion effectivement ressentie, afin que le cœur physique devienne un réceptacle et une demeure pour lui.

Le paragraphe 27 en bref

Ce paragraphe applique la distinction entre le caché et le révélé à la prière : l’amour intérieur du « jour » unit le cœur à D.ieu, tandis que l’amour extérieur de la « nuit », revêtu dans le corps et l’âme animale, implique une lutte ; il est pourtant la révélation de l’amour intérieur et non quelque chose qui en soit séparé.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah (Shir HaShirim) explique les deux niveaux de « kalla » (fiancée) : l’un d’eux vient de kilayon, l’« extinction » de tous les désirs personnels, de sorte qu’il ne demeure aucune volonté sinon celle de D.ieu. Cela correspond à l’amour qui désire se dépouiller de ses vêtements.

Maré mekomot

  1. 1
    ולאם מלאם יאמץ · Genesis 25:23
  2. 2
    ואלמלא הקב״ה · Sukkah 52b:1
  3. 3
    ע״פ צאנה וראינה · לקו״ת שה״ש כא, ב ואילך.
  4. 4
    יחד לבבי · Psalms 86:11
  5. 5
    ע״פ שה״ש בענין ב׳ בחי׳ כלה · לקו״ת שה״ש א, א.

28וכן אהבה עליונה הבאה מלמעלה מן השתלשלות בחי׳ אהבה בתענוגים מבחי׳ יחודא עילאה תהיה בגילוי הנפש באהבת הלב המלובשת בגוף ונפש הבהמית

De même, l’amour supérieur qui vient d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes — l’amour dans les délices, relevant de l’unité supérieure — doit se révéler dans l’âme sous la forme de l’amour du cœur revêtu dans le corps et l’âme animale,

Explication

De même, l’amour le plus élevé, « l’amour dans les délices », qui vient d’au-dessus de l’enchaînement des mondes et de « l’unité supérieure » (où le monde n’est rien devant D.ieu), doit se révéler dans l’amour du cœur tel qu’il est revêtu dans le corps et l’âme animale.

שהיא האהבה מיחודא תתאה ואין גילוי המדה דבר נפרד מעצמיות המדה רק והתקין לו ממנו כו׳.

qui est l’amour de l’unité inférieure ; et la révélation de l’attribut n’est pas une chose séparée de l’essence de l’attribut, mais plutôt : « il lui en façonna une à partir de lui-même », etc.

Explication

Cet amour du cœur est celui de « l’unité inférieure ». L’émotion révélée n’est pas séparée de son essence ; comme le dit la bénédiction du mariage, elle est façonnée « à partir de lui-même ».

אלא שא״א שתבא בחי׳ אהבה עליונה לידי גלוי רק ע״י מדת לילה וחשך שהוא צמצום

Cependant, il est impossible que le niveau de l’amour supérieur se révèle autrement que par la qualité de la nuit et de l’obscurité, qui est le tsimtsoum

Explication

Mais l’amour supérieur ne peut se révéler que par la « nuit et l’obscurité », c’est-à-dire par la contraction de la lumière.

האור והתלבשותו בירידתו מדרגה אחר מדרגה עד שקנה שם לעצמו מדת לילה ויחו״ת ונראה כאלו הוא דבר נפרד לכן התפלל יחד לבבי כו׳.

de la lumière et son revêtement au cours de sa descente, degré après degré, jusqu’à ce qu’elle acquière le nom de « qualité de la nuit » et d’« unité inférieure » et paraisse être une chose séparée. C’est pourquoi il pria : « Unis mon cœur », etc.

Explication

La lumière se contracte au fil de sa descente, étape après étape, jusqu’à être appelée « nuit » et « unité inférieure », et sembler séparée. C’est pourquoi David pria : « Unis mon cœur. »

Le paragraphe 28 en bref

Ce paragraphe applique à l’amour l’expression « à partir de lui-même » : l’amour supérieur de l’unité supérieure se révèle par l’amour extérieur de l’unité inférieure, qui semble seulement séparé ; d’où la prière de David pour que le cœur soit uni.

Pour aller plus loin

Cela correspond à la seconde bénédiction du mariage : de même que la 'Hokhma inférieure (Ève) est édifiée « à partir de lui-même » à partir de la 'Hokhma supérieure, l’amour ressenti dans le cœur est édifié à partir de l’amour intérieur de l’âme.

Maré mekomot

  1. 1
    אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
  2. 2
    והתקין לו ממנו · Ketubot 8a:3–4
  3. 3
    יחד לבבי · Psalms 86:11

29והנה בגילוי המדות מאחר שנרא׳ כאלו הוא נפרד ויש שם התלבשות הגוף ונפש הבהמית שמנוגה המעלימים ומסתירים כו׳

Or, dans la révélation des attributs, puisqu’ils semblent être séparés et qu’ils sont revêtus du corps et de l’âme animale, qui proviennent du noga et voilent et dissimulent, etc.,

Explication

Les émotions révélées semblent séparées et sont revêtues dans le corps et l’âme animale, qui voilent D.ieu.

לכך יש אחיזה לקליפות וסט״א להתאחז ולינק מעיקר הקדושה ח״ו ולזאת צ״ל המשכת החותם דהיינו להיות המשכה וברכה עליונה להפריד הקליפות ושלא תהיינה גילוי המדות כי אם ליחודו ג״כ וכמ״ש יחד לבבי.

les kelipot et la sitra a'hra peuvent donc s’y attacher et puiser, à D.ieu ne plaise, dans l’essence même de la sainteté. Il faut donc attirer le sceau, c’est-à-dire une effusion et une bénédiction supérieures qui séparent les kelipot, afin que la révélation des attributs soit elle aussi uniquement vouée à Son unité, comme il est écrit : « Unis mon cœur. »

Explication

C’est pourquoi les kelipot peuvent s’y accrocher et puiser dans le cœur même de la sainteté. Il faut donc ici aussi un « sceau » : une bénédiction attirée d’en haut qui tient les kelipot à l’écart, afin que même les émotions révélées ne servent qu’à l’unité de D.ieu : « Unis mon cœur. »

Le paragraphe 29 en bref

Ce paragraphe montre pourquoi la prière, comme l’étude de la Torah, nécessite un sceau : l’amour extérieur et révélé est exposé aux kelipot, et une bénédiction supérieure doit le préserver afin qu’il soit voué à l’unité de D.ieu.

Maré mekomot

  1. 1
    יחד לבבי · Psalms 86:11

30וחות״ם אותיות תחו״ם כלומר עד פה תבא ולא תוסיף שלא תהיה תוספת חיות יותר משיעור המוגבל כו׳

Et le mot chosam (« sceau ») est formé des mêmes lettres que techoum (« limite ») : autrement dit, « Tu iras jusque-là, mais tu n’iras pas plus loin », afin qu’il n’y ait pas d’accroissement de force vitale au-delà de la mesure fixée, etc.,

Explication

Le mot chosam (« sceau ») contient les mêmes lettres que techoum (« limite »). Un sceau fixe une limite, comme dans « Tu iras jusque-là, mais tu n’iras pas plus loin » : l’autre côté ne peut recevoir davantage de force vitale que la mesure qui lui est assignée.

דהיינו שלא יוסיף האדם תת כחו וכל יגיעתו לנפשו הבהמית רק כמ״ש יגיע כפיך כו׳ וכמ״ש במ״א.

c’est-à-dire que l’homme n’ajoute pas de sa force et de tout son labeur pour son âme animale, mais seulement selon ce qui est écrit : « Le labeur de tes mains », etc., comme il est expliqué ailleurs.

Explication

Concrètement, l’homme ne doit pas consacrer à son âme animale davantage de force et d’efforts que nécessaire : « le labeur de tes mains », seulement les mains, et non tout son cœur et tout son esprit.

ובזה מעורר למעלה באתעדל״ת שלא יומשך להם אלא מותרי שפע שערות וצפרנים כו׳ וכמאן דשדי בתר כתפוי כו׳ שאינו נותן מרצונו הטוב דרך אהבה וחיבה רק

Par cela, il suscite en haut, par un éveil d’en bas, qu’il ne leur soit attiré que le surplus du flux — les cheveux et les ongles, etc. —, comme celui qui « jette par-dessus son épaule », etc. : il ne donne pas de bon gré, par amour et affection, mais seulement

Explication

En se limitant ici-bas, il suscite une limite en haut : les kelipot ne reçoivent que le « surplus », comme les cheveux et les ongles, donnés à contrecœur, « comme on jette quelque chose par-dessus son épaule » à un ennemi, et non par amour.

כמ״ש ואת עשו שנאתי וכ״ז באתעדל״ת תליא מלתא. והכח לאתעדל״ת זו שיהא תלוי בזה אתעדל״ע הוא מבחי׳ חותם הנ״ל:

comme il est écrit : « Et Jacob, j’ai aimé ; mais Ésaü, je l’ai haï. » Tout cela dépend de l’éveil d’en bas. Or, le pouvoir de susciter cet éveil d’en bas, dont dépendra l’éveil d’en haut, provient du niveau du sceau expliqué précédemment.

Explication

C’est ainsi qu’il est dit : « Et Ésaü, je l’ai haï. » Tout cela dépend de l’éveil de la personne ici-bas ; le pouvoir pour cet éveil de provoquer une réponse d’en haut vient du « sceau » évoqué précédemment.

Le paragraphe 30 en bref

La conclusion explique que le sceau est une limite : en restreignant ce qu’il donne à son âme animale, l’homme fait en sorte que les forces du mal ne reçoivent que le strict surplus. Ce pouvoir est conféré par le sceau d’en haut.

Pour aller plus loin

Le Tanya (ch. 22) emploie la même image : D.ieu donne la vie à la sitra a'hra « comme celui qui jette par-dessus son épaule » à un ennemi, à contrecœur.

Maré mekomot

  1. 1
    עד פה תבא ולא תוסיף · Job 38:11
  2. 2
    יגיע כפיך · Psalms 128:2
  3. 3
    וכמאן דשדי בתר כתפוי · Tanya, Likkutei Amarim 22:5
  4. 4
    ואת עשו שנאתי · Malachi 1:3

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

Télécharger le PDFPDF · 738 KB

Dans la avoda

Étudiez la Torah comme la parole de D.ieu, et non pour vous grandir : un même apprentissage devient un élixir de vie ou de mort selon l’intention. Dans la prière, faites descendre l’amour intérieur de l’âme divine jusque dans les émotions ressenties par le cœur (« Unis mon cœur »), et fixez une limite à ce que vous accordez à l’âme animale : ne lui donnez, pour ses besoins matériels, que « le travail de tes mains », afin que les forces du mal ne reçoivent que le strict surplus.

Questions à discuter

  1. Pourquoi les bénédictions n’étaient-elles pas nécessaires à l’époque du Premier Temple, et que fait le mot « Baroukh » selon le maamar ?
  2. Comment l’image de la graine et du fœtus explique-t-elle la différence entre les mondes caché et révélé, et d’où viennent les « déchets » ?
  3. Pourquoi une longue bénédiction a-t-elle besoin d’un « sceau », et en quoi ressemble-t-il au sceau d’une lettre ?
  4. En quel sens la Torah écrite et la Torah orale sont-elles comme Adam et Ève, et que nous enseigne l’expression « à partir de lui-même » au sujet du monde révélé ?
  5. Comment les notions de sceau et de limite (ḥotam/teḥoum) s’appliquent-elles à l’étude de la Torah et à l’amour de D.ieu dans la prière ?

Langue

Taille du texte

Thème

Comment j’étudie

Calendrier

Afficher

PDF

Télécharger le PDFPDF · 738 KB

Langue

EnglishEspañolFrançaisעבריתPortuguêsРусский

Envoyez-nous une suggestion

Corrections, idées, questions. Le nom et l’e-mail sont facultatifs ; laissez un e-mail si vous souhaitez une réponse.

Le message part par e-mail à l’éditeur, avec la page où vous êtes. Rien n’est publié.

Sommaire

Torah Ohrתורה אור

Parshas Bereishisבראשית

  1. 1השמים כסאי והארץ הדום רגלי אי…“The heavens are My throne and the earth is My footstool”
  2. 2כי כאשר השמים החדשים והארץ החדשה…“For as the new heavens and the new earth”
  3. 3ביאור על הנ״לAn Explanation of the Above
  4. 4להבין הטעם שנשתנה יצירת גוף האדם…To understand the reason why the formation of man’s body differs…
  5. 5לא טוב היות האדם לבדו אעשה…It is not good that the man be alone; I will make him a helper opposite him
  6. 6ויאמר ה׳ אלקים הן האדם היה…“And the L‑rd G‑d said: Behold, man has become like one of us”
  7. 7להבין ענין הברכות כי הנה אנשי…“To understand the matter of the blessings”
  8. 8יבל הוא היה אבי יושב אהל…“Yaval — he was the father of those who dwell in tents”
  9. 9צאינה וראינה וגו׳Go Forth and Gaze
  10. 10בעטרה שעטרה לו אמו כי מצות…“With the crown with which his mother crowned him”