Torah Ohr · Parshas Bereishis · Maamar 6
ויאמר ה׳ אלקים הן האדם היה כאחד ממנו…
« Et D.ieu dit : Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous »
L’idée centrale
Connaître le mal est sans danger « en haut », où la connaissance est enveloppante et le maintient à part ; mais pour l’homme, dont la connaissance est intérieure, cela signifie se mêler au mal. C’est pourquoi D.ieu lui interdit l’Arbre de la Connaissance, l’empêcha d’accéder à la vie éternelle une fois qu’il se fut mêlé au mal, et l’envoya raffiner le monde par la lutte plutôt que par la seule lumière.
Le maamar en bref
Le maamar demande pourquoi l’Arbre de la Connaissance « leur ouvrit les yeux », pourquoi D.ieu empêcha l’homme d’accéder à l’Arbre de Vie et comment le serpent savait ce que provoquerait le fait d’en manger. La réponse repose sur la différence entre une connaissance enveloppante (makif) et une connaissance intérieure (pnimi). En haut, le bien et le mal ne sont connus que de manière enveloppante : le mal reste donc séparé, comme l’oliban donne vie aux autres épices sans se mêler à elles. L’homme, lui, est un être intérieur : tout ce qu’il connaît devient une partie de lui. Connaître le mal signifiait donc s’y mêler, ce qui déclencha la longue guerre entre le bien et le mal à chaque génération. D.ieu avait voulu que l’homme demeure entièrement saint et raffine le monde en faisant descendre une telle abondance de lumière que les étincelles tombées seraient absorbées d’elles-mêmes, comme une chandelle devant une torche. Après la faute, la vie éternelle provenant de l’Arbre de Vie, qui procède de Kéter, au-delà des distinctions, aurait rendu éternel également le mal en lui. L’homme fut donc envoyé « travailler la terre » et la raffiner par le labeur, la prière et le pouvoir séparateur de 'Hokhma. Le serpent, qui avait lui-même sa racine dans l’Arbre de la Connaissance, comprit tout cela et dit à Ève une vérité pleine de ruse.
Plan
- Les questionsPourquoi l’Arbre de la Connaissance leur ouvrit-il les yeux, pourquoi empêcher l’homme d’accéder à l’Arbre de Vie, et comment le serpent le savait-il ? La réponse commence ainsi : en haut, le bien et le mal sont connus, mais ne se mêlent pas.¶1–2
- Connaissance enveloppante et connaissance intérieureLa connaissance d’en haut est enveloppante et maintient le mal à part (l’araignée dans le palais du roi, la Havdala, l’oliban) ; l’Arbre de la Connaissance correspond à la connaissance intérieure, où le bien et le mal se mêlent réellement.¶3–4
- La nature intérieure de l’homme et la guerre contre le malPuisque l’homme absorbe ce qu’il connaît, connaître le mal l’a mêlé à celui-ci, entraînant au fil des générations une lutte où les forces alternent et, au sens simple, la conscience du désir.¶5–7
- Pourquoi l’homme fut empêché d’accéder à l’Arbre de VieL’Arbre de Vie, qui avait sa racine au-dessus du brisement, en Kéter, aurait rendu éternel le mal en lui ; le mal doit plutôt être séparé par 'Hokhma et ses Guevourot, jusqu’à ce que la mort soit engloutie pour toujours.¶8–9
- L’expulsion et le travail de raffinementL’encens seul ne peut effacer la faute ; l’homme fut envoyé travailler la terre et raffiner les étincelles, alors qu’à l’origine il les aurait absorbées par la lumière des 248 commandements positifs, comme une chandelle devant une torche.¶10–11
- Le raffinement par la lumière et par la lutteÀ l’époque du Temple et pour Adam avant la faute, les étincelles étaient attirées d’elles-mêmes ; après la faute, elles doivent être conquises par le labeur et la prière : « le moment de la prière est le moment du combat ».¶12
- Comment le serpent le savaitLe serpent, qui avait sa racine dans l’Arbre de la Connaissance, comprit l’interdiction et, pour éviter d’être absorbé dans la lumière d’Adam, entraîna l’homme dans la lutte en lui disant une vérité pleine de ruse.¶13
- Addendum : Adam dans les chambres ; la descente de JudaD’après le Ari Zal, Adam chuta en acceptant simplement de regarder dans les chambres de l’impureté ; d’après Rabbi Avraham, fils du Maguid, Juda « se détourna » vers le domaine des kelipot afin d’élever les étincelles.¶14
Notions clés
- Enveloppant et intérieur (makif et pnimi)מקיף ופנימי
- La connaissance ou la lumière enveloppante agit sur une chose depuis au-dessus, sans y pénétrer, et reste donc séparée d’elle ; la connaissance intérieure est absorbée et devient une partie de celui qui connaît. C’est la clé du maamar pour comprendre pourquoi connaître le mal nuit à l’homme, mais pas aux mondes supérieurs.
- L’Arbre de la Connaissance du bien et du malעץ הדעת טוב ורע
- Le niveau du mélange, où le bien et le mal puisent l’un dans l’autre et sont fusionnés ; il apparaît à la suite du brisement des réceptacles.
- Les raffinements (beirourim)בירורים
- Le travail qui consiste à séparer les étincelles de sainteté du mal dans lequel elles sont prises au piège et à les élever. C’est la tâche de l’homme après la faute, accomplie par le labeur, l’alimentation, la prière et les mitsvot.
- Une chandelle devant une torcheכנר בפני האבוקה
- Cette image décrit le raffinement par la lumière : lorsque suffisamment de sainteté est révélée, les étincelles tombées y sont absorbées d’elles-mêmes, sans combat.
- 'Hokhma comme jugementחכמה נקראת דין
- Puisque « c’est par 'Hokhma qu’elles sont raffinées », 'Hokhma contient des Guevourot qui séparent le bien du mal, contrairement à Kéter, qui est une simple miséricorde et ne fait aucune distinction.
- Les étincelles de saintetéנצוצי קדושה
- La vitalité sainte qui est tombée dans le domaine du mal et le maintient en vie ; lorsqu’elle en est retirée et élevée, la kelipa cesse d’exister.
Les questions ¶1–2
1ויאמר ה׳ אלקים הן האדם12 היה כאחד ממנו לדעת טוב ורע ועתה פן ישלח ידו כו׳. י״ל א׳ מהו שע״י עה״ד נפקחו עיניהם להיות כאלקים יודעי טו״ר.3
« Et D.ieu dit : Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous, connaissant le bien et le mal ; et maintenant, de peur qu’il n’étende sa main, etc. » On peut poser la question suivante : premièrement, en quoi le fait de manger de l’Arbre de la connaissance a-t-il ouvert leurs yeux, au point qu’ils soient comme D.ieu, connaissant le bien et le mal ?
Le maamar commence par les paroles de D.ieu après qu’Adam et Ève eurent mangé de l’Arbre de la connaissance. Première question : pourquoi le fait de manger un fruit devrait-il « ouvrir leurs yeux » et les rendre « comme D.ieu, connaissant le bien et le mal » ? De quelle connaissance s’agit-il, et pourquoi découlerait-elle du fait de manger ?
וגם מ״ש ה׳ אלקים ועתה פן ישלח ידו ולקח גם מעץ החיים ואכל וחי לעולם ומה איכפת לו בזה הרי מה שצוה אותו שלא לאכול הוא ג״כ כדי שלא ימות.
Et aussi [faut-il comprendre] ce que dit D.ieu : « Et maintenant, de peur qu’il n’étende sa main, qu’il ne prenne aussi de l’Arbre de vie, qu’il ne mange et ne vive éternellement » : pourquoi cela Le préoccuperait-il ? Après tout, ce qu’Il lui avait ordonné de ne pas manger visait également à ce qu’il ne meure pas.
Deuxième question : D.ieu chasse ensuite l’homme pour qu’il ne mange pas de l’Arbre de vie et ne vive pas éternellement. Pourtant, l’interdiction initiale de D.ieu visait elle-même à préserver la vie de l’homme (« le jour où tu en mangeras, tu mourras ») ; pourquoi D.ieu se soucierait-Il alors de l’empêcher de vivre éternellement ?
L’Alter Rebbe ouvre sur deux difficultés soulevées par le verset : que signifie « connaissant le bien et le mal », et pourquoi D.ieu empêcherait-Il l’homme d’accéder à la vie éternelle après la faute ?
Maré mekomot
- 1ויאמר . . הן האדם הי׳ כאחד ממנו · ראה לעיל בציונים והערות לכ״ק אדמו״ר זי״ע. עם הגהות באוה״ת בראשית כרך ו תתרנז, א (מלקו״ת לג״פ כז, כב). נמצא בגוכתי״ק הצ״צ בבוך משנת תקע״א-ב, ומתחיל ”הן האדם”. ומאמר זה הוא משבת פ׳ בראשית תקע״ב. ראה לקמן בהערה לדף ו, א ד״ה ”שאדה״ר”. כמה שינויים נרשמו לקמן וכן ציונים אחדים בשולי הגליון. להתחלת המאמר ראה אוה״ת ואתחנן ע׳ קמג. בענין עה״ד טו״ר המבואר במאמר זה מצויין בלקו״ת שלח מג, א. קרח נב, ב.
- 2ויאמר ה׳ אלקים הן האדם · Genesis 3:22
- 3נפקחו עיניהם להיות כאלקים יודעי טו״ר · Genesis 3:5
De plus, et c’est l’essentiel [de la question] : d’où le serpent savait-il que « le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront », ce qui est effectivement vrai ?
La question principale : le serpent a dit à Ève que manger leur ouvrirait les yeux, et le maamar montrera que c’était effectivement vrai. Comment le serpent a-t-il pu savoir quelque chose que D.ieu n’avait pas dit à l’homme ?
ואם אדם ששמע הצווי מהקב״ה לא הכיר בזה רק כפשוטו שאמר לו ה׳ אלהים כי ביום אכלך ממנו מות תמות2 והנחש לא נזכר כלל ששמע הצווי הזה
Adam, qui avait entendu l’ordre du Saint béni soit-Il, ne l’avait pourtant compris que dans son sens simple : D.ieu lui avait dit : « Car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » ; or il n’est nullement mentionné que le serpent ait entendu cet ordre.
Adam avait entendu l’ordre directement de D.ieu, et pourtant il n’en avait compris que le sens simple : l’avertissement de mort. Rien ne dit que le serpent ait entendu l’ordre.
וגם אם שמע כשנצטווה אדם מאין היה בו בינה יתירה להבין דבר מתוך דבר יותר מהאדם עצמו. אם לא שנאמר שגבוה הוא מהאדם וכ״ז פלאי.3
Et même s’il l’avait entendu au moment où Adam reçut l’ordre, d’où lui venait une compréhension supérieure lui permettant de déduire une chose d’une autre, davantage qu’Adam lui-même ? À moins de dire qu’il était supérieur à l’homme — tout cela est étonnant.
Même si le serpent l’avait entendu par hasard, comment aurait-il pu en déduire davantage qu’Adam lui-même ? Cela impliquerait que le serpent soit supérieur à l’homme, ce qui est étonnant, puisque l’homme était le couronnement de la création.
הנה תחלה יתבאר מ״ש האדם היה כאחד ממנו לדעת טו״ר4 שהוא מאמר ה׳ להמלאכים ומשמע שלמעלה יודעים את הטוב ואת הרע גם שניהם.
Commençons par expliquer les mots : « L’homme est devenu comme l’un de nous, connaissant le bien et le mal » : c’est une parole de D.ieu adressée aux anges, ce qui laisse entendre qu’en haut, on connaît également le bien et le mal, tous deux.
L’Alter Rebbe commence sa réponse par l’expression « comme l’un de nous ». D.ieu s’adresse aux anges, les êtres supérieurs, et cette expression laisse entendre qu’eux aussi, « en haut », connaissent le bien et le mal.
אבל מ״מ אינן מעורבים זה בזה כי גלוי וידוע שזה טוב וזה רע ומובדל הרע מן הטוב אע״פ שידוע שם הטו״ר.
Néanmoins, ils ne sont pas mêlés l’un à l’autre, car il est manifeste et connu que ceci est bien et cela est mal, et le mal reste séparé du bien, bien que le bien et le mal y soient connus.
Cependant, en haut, connaître le mal ne signifie pas être mêlé à lui : chacun est clairement reconnu pour ce qu’il est, et le mal reste séparé du bien.
משא״כ בחי׳ עה״ד טו״ר היינו בחי׳ תערובת הטוב עם5 רע שהרע יונק מהטוב והטוב מהרע והיו לאחדים.
Il n’en va pas de même du niveau de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal : il s’agit d’un mélange du bien avec le mal, où le mal puise sa vitalité dans le bien et le bien dans le mal, jusqu’à ce qu’ils ne fassent plus qu’un.
L’Arbre de la connaissance correspond à une autre sorte de connaissance : le bien et le mal y sont mêlés, chacun se nourrissant de l’autre, jusqu’à se fondre l’un dans l’autre. C’est ce que l’homme a absorbé en mangeant.
Le paragraphe pose la question centrale : comment le serpent savait-il ce que produirait le fait de manger ? Il commence à y répondre en distinguant la connaissance du bien et du mal « en haut », où ils restent séparés, de celle de l’Arbre de la connaissance, où ils sont mêlés.
Le mélange du bien et du mal provoqué par la faute est un thème fondamental de la 'Hassidout : avant la faute, le mal constituait une réalité distincte, extérieure à l’homme ; après celle-ci, il pénétra en l’homme même, si bien que le bien et le mal qui sont en lui puisent leur vitalité l’un dans l’autre.
Maré mekomot
- 1
- 2כי ביום אכלך ממנו מות תמות · Genesis 2:17
- 3אם לא שנאמר שגבוה הוא מהאדם וכ״ז פלאי · ראה בלקו״ש ח״י ע׳ 16.
- 4האדם היה כאחד ממנו לדעת טו״ר · Genesis 3:22
- 5עה״ד טו״ר היינו בחי׳ תערובת הטוב עם הרע · ראה מאמרי אדה״א דברים ח״ד ע׳ א׳קעו ואילך. סה״מ תרמ״ח ע׳ קצח ואילך. ד״ה כי אתם עוברים תרנ״א ע׳ קצז. ובארוכה ד״ה ושבתה במאמרי אדה״א ויקרא ח״ב ע׳ תדש. ובסה״מ תרס״ב ע׳ ש ואילך. סה״מ עזר״ת ע׳ פט. ד״ה בלע המות תשכ״ה בתחלתו.
Connaissance enveloppante et connaissance intérieure ¶3–4
3וצ״ל דהרי פי׳ עץ הדעת טוב ורע היינו לשון ידיעה וא״כ למה נעשה תערובת טו״ר מחמת הדעת בטו״ר הלא למעלה ג״כ ידוע הטו״ר.
Il faut à présent comprendre ceci : puisque l’expression « Arbre de la connaissance du bien et du mal » signifie connaître, pourquoi la connaissance du bien et du mal a-t-elle entraîné leur mélange ? En haut aussi, le bien et le mal sont connus !
Une difficulté se pose : « Arbre de la connaissance » signifie connaître. Si le fait de connaître le bien et le mal les mêle l’un à l’autre, pourquoi cela ne provoque-t-il pas un mélange en haut, où le bien et le mal sont également connus ?
אך ההפרש בזה הוא ענין ההפרש בין מקיף לפנימי כי בחי׳ ידיעת הטו״ר שלמעלה היא בבחי׳ מקיף בלבד
La différence tient à la distinction entre le makif (englobant) et le pnimi (intérieur) : la connaissance du bien et du mal en haut est uniquement de l’ordre de l’englobant.
La réponse repose sur la distinction entre makif, « englobant », et pnimi, « intérieur ». Ce qui est connu de manière englobante est appréhendé de l’extérieur et d’en haut, sans être absorbé ; ce qui est connu de manière intérieure est intégré en soi. En haut, la connaissance du bien et du mal est uniquement englobante.
ולכן יכול להיות הבדלה בין טוב לרע שידע את הרע ולא יחליפנו ולא ימירנו1 בטוב ח״ו.
C’est pourquoi le bien et le mal peuvent rester séparés : Il connaît le mal, mais ne l’échangera ni ne le substituera au bien, à D.ieu ne plaise.
Parce qu’elle est uniquement englobante, la connaissance d’en haut maintient le bien et le mal séparés : le mal peut être connu sans être confondu avec le bien. La formulation reprend la loi de la Torah interdisant d’échanger un animal consacré, bon contre mauvais ou mauvais contre bon.
כענין שממית בידים תתפש2 והיא בהיכלי מלך שאע״פ שהיא בהיכלי מלך אבל יודע הוא ומכירה ששממית היא.
Comme dans l’image de : « On attrape le lézard à la main, et pourtant il se trouve dans les palais du roi » : même s’il se trouve dans les palais du roi, celui-ci sait et reconnaît que c’est un lézard.
Le verset du lézard dans le palais du roi l’illustre : un lézard peut se trouver jusque dans un palais, mais celui qui le voit sait qu’il n’est qu’un lézard. Le fait d’être présent au même endroit n’efface pas son identité.
Le paragraphe donne la clé du maamar : la connaissance « en haut » est englobante (makif) et maintient donc le bien et le mal distincts, tandis que l’Arbre de la connaissance représente une connaissance intérieure.
La distinction entre makif et pnimi traverse toute la 'Hassidout : une lumière englobante agit sur une chose sans y pénétrer, tandis qu’une lumière intérieure est absorbée et façonnée par son réceptacle. Ici, elle explique pourquoi la même « connaissance du mal » est sans danger en haut, mais dommageable chez l’homme.
Maré mekomot
- 1ולא יחליפנו ולא ימירנו · Leviticus 27:10
- 2שממית בידים תתפש · Proverbs 30:28
4ויש הבדלה בין טוב לרע כמאמר המבדיל בין קודש לחול.1 והיינו מצד שיודע טו״ר בבחינת מקיף עליהם ולכן אינם מתערבים יחד.
Et il existe une séparation entre le bien et le mal, comme le dit la formule : « Qui sépare entre le sacré et le profane ». C’est parce qu’Il connaît le bien et le mal en les englobant qu’ils ne se mêlent donc pas.
La séparation entre le bien et le mal en haut ressemble à la bénédiction de la Havdala : « Qui sépare entre le sacré et le profane ». Parce que la connaissance qu’en a D.ieu les englobe d’en haut, ils restent distincts.
וכענין בחינת לבונה זכה2 שבי״א סממני הקטורת3 שהעשרה סממנים הם י׳ נצוצי קדושה המובלעים בקליפות והי״א היא לבונה היא בחינת מקיף עליהם ואינה מתלבשת בפנימיותם.6
C’est comparable au niveau de l’encens pur parmi les onze composants de l’encens : les dix composants sont les dix étincelles de sainteté englouties dans les kelipot, tandis que le onzième, l’encens, est un niveau qui les englobe et ne s’habille pas dans leur intériorité.
Une deuxième illustration : l’encens du Temple comportait onze composants. Les dix sont comparés aux étincelles de sainteté englouties à l’intérieur des kelipot (les écorces de dissimulation), tandis que le onzième, l’encens, représente une lumière qui les englobe sans pénétrer leur intériorité.
(ולבונה היא ג״כ חיות להם אבל לפי שהחיות הזה שהיא מחיה אותם הוא רק ע״י שהיא בבחי׳ מקיף בלבד עליהם ע״כ אינה מתערבת עמם כלל וכולה טוב).
(L’encens leur donne également une force vitale ; mais puisque cette force vitale, par laquelle il leur donne vie, agit uniquement en les englobant, il ne se mêle donc nullement à eux et demeure entièrement bon.)
L’encens leur donne lui aussi la vie ; pourtant, puisqu’il ne le fait que de l’extérieur, comme une lumière englobante, il ne se mêle jamais à eux et reste entièrement bon.
והנה המקיף הוא גם דוחה את החיצונים כנראה בציור האילן4 שבפרד״ס במקיפים ופנימיים שמעמד ומצב הקליפות אחוריהם אל המקיף כו׳. משא״כ בחי׳ עה״ד טו״ר הוא בחי׳ פנימי5 ואז הטוב מעורב עם הרע ממש.
Or, l’englobant repousse également les forces extérieures, comme le montre le schéma de l’Arbre dans le Pardes, représentant les niveaux englobants et intérieurs : les kelipot sont placées de telle sorte qu’elles tournent le dos à l’englobant, etc. Il n’en va pas ainsi du niveau de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, qui est celui de l’intériorité : alors, le bien est véritablement mêlé au mal.
La lumière englobante repousse même les forces extérieures négatives : dans un schéma kabbalistique de l’Arbre des Séfirot, les kelipot sont représentées tournant le dos aux lumières englobantes. À l’inverse, l’Arbre de la connaissance correspond à une connaissance intérieure ; le bien et le mal y sont véritablement mêlés.
Le paragraphe illustre la connaissance englobante par la Havdala et l’encens pur, montrant qu’une lumière englobante peut donner vie au mal sans s’y mêler. Il la distingue de la connaissance intérieure de l’Arbre de la connaissance.
Ailleurs (Torah Ohr, Toldos), l’Alter Rebbe explique que la force vitale qui pénètre dans les kelipot est « engloutie » en elles, tandis que l’encens pur est la lumière englobante qui les éclaire d’au-dessus de leur conscience. Likkutei Torah, Balak, cite ce passage : l’Arbre de la connaissance est Daat dans son mode intérieur, alors que Daat dans son mode englobant repousse l’alimentation des forces extérieures.
Maré mekomot
- 1המבדיל בין קודש לחול · Pesachim 104a:7–8
- 2לבונה זכה · Exodus 30:34
- 3י״א סממני הקטורת · Keritot 6a:22–23
- 4ציור האילן · הכוונה לכאורה לציור שבסוף ספר פעמון ורימון (אמ״ד תכ״ח). וראה הנסמן בסידור עם דא״ח ריב, א הערה 99. הערות וביאורים אהלי תורה גליון א׳קל בסופו.
- 5שו״ה אחוריהם — עה״ד טו״ר הוא בחי׳ פנימי · בלקו״ת בלק סט, ב מציין לכאן: ”שעה״ד טו״ר הוא הדעת שבבחי׳ פנימי׳ משא״כ הדעת שבבחי׳ מקיף הוא אדרבה דוחה יניקת החיצונים”.
- 6וכענין בחי׳ לבונה זכה · ראה לקמן כ, ג. אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תקסח. ובהמשך זאת חנוכת המזבח תר״מ פרק יז שאפשר שנק׳ זכה ע״ש ז״ך אותיות שהרי זהו האותיות הנמשכים להחיות הקליפות בבחי׳ מקיף, ע״ש. ראה לקו״ת תזריע כג, ד. המשך תער״ב פרק רי.
La nature intérieure de l’homme et la guerre contre le mal ¶5–7
5וז״ש הן האדם היה כאחד ממנו.1 פי׳ שהוא היה ג״כ כאחד ממנו פי׳ כמו שבבחי׳ אחדות דהיינו למעלה ידוע הטו״ר כן היה גם הוא ע״י שטעם מעה״ד המעורב טו״ר.
Voilà le sens des mots : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous. » C’est-à-dire que lui aussi est devenu comme l’un de nous : de même que, dans le niveau de l’unité, c’est-à-dire en haut, le bien et le mal sont connus, ainsi en est-il devenu pour lui aussi, après avoir goûté de l’Arbre de la connaissance, où le bien et le mal sont mêlés.
Le verset est à présent expliqué : « comme l’un de nous » signifie qu’en mangeant de l’Arbre de la connaissance, l’homme s’est mis à connaître le bien et le mal tels qu’ils sont connus en haut, dans le domaine de l’unité.
אבל לו הדבר מזיק כי הרי האדם הוא מבחי׳ פנימי׳ ומיד שידע הוא מן הרע ע״י שטעם מעה״ד הרי יתערב עמו ויהי׳ הוא ממש מעורב ברע.
Mais pour lui, cela est nuisible, car l’homme relève de l’intériorité ; dès lors qu’il a connu le mal en goûtant de l’Arbre de la connaissance, il se mêlera à lui et sera lui-même véritablement mêlé au mal.
Mais cela est nuisible à l’homme, car il est un être « pnimi » : ce qu’il connaît, il l’intègre en lui. Dès qu’il a connu le mal, celui-ci est devenu une partie de lui.
לא כמו שהוא למעלה שאעפ״י שיודעים גם את הרע מ״מ מובדל הוא ומרוחק מן הטוב ואין לו התקרבות כו׳ לפי שהוא בבחי׳ מקיף.
Il n’en est pas ainsi en haut : bien que le mal y soit également connu, il reste séparé et éloigné du bien, sans en être proche, etc., car il relève de l’englobant.
En haut, il en va autrement : le mal est connu, mais reste éloigné du bien, car la connaissance y est englobante.
אבל האדם שהוא מבחי׳ פנימי כשידע גם הוא מן הרע אזי יתערב הוא גם הוא ממש2 עם הרע
Mais l’homme, qui relève de l’intériorité, lorsqu’il connaît lui aussi le mal, se mêle alors véritablement à lui.
L’homme, parce qu’il est intérieur, ne peut connaître le mal à distance ; le connaître signifie s’y mêler.
כי בבחי׳ פנימי׳ א״א להיות כ״כ מובדל הרע כנ״ל ואז הוא קשה מאד להפריד את הרע אלא מלחמה עצומה היא ולאם מלאם יאמץ3 פעמים זה גובר ופעמים שכנגדו גובר.
En effet, dans le niveau de l’intériorité, le mal ne peut rester aussi nettement séparé, comme expliqué plus haut. Il est alors très difficile de séparer le mal ; il s’agit d’une guerre terrible : « une nation sera plus forte que l’autre » ; parfois l’une l’emporte, parfois son adversaire.
Dès lors que le mal est mêlé en lui, il est très difficile de l’en séparer ; une guerre constante s’ensuit, comme pour les jumeaux de Rivka, dont « une nation sera plus forte que l’autre » : lorsque l’une prend le dessus, l’autre recule.
כאשר מצאנו ראינו בנשמות ישראל מראש הדורות עד עתה שהיו כמה עתים משונים פעמים בדור א׳ היו נשמות שבמעלה עליונה ונצחו את הרע.
Comme nous l’avons constaté et observé au fil des générations, depuis les premières jusqu’à aujourd’hui, parmi les âmes d’Israël, il y eut des périodes très diverses : parfois, au sein d’une même génération, des âmes d’un niveau élevé l’emportaient sur le mal,
L’histoire en témoigne : certaines générations comptaient des âmes élevées qui triomphaient du mal.
Le paragraphe applique cette distinction à l’homme : connaître le mal est sans danger en haut, mais, puisque l’homme est un être intérieur, le connaître signifie l’absorber. Sa vie devient alors une lutte entre le bien et le mal.
Cela éclaire le tableau du « beinoni » dans le Tanya, en qui le bien et le mal mènent une lutte permanente ; cette lutte prend racine dans le caractère intérieur et absorbé de la connaissance humaine après la faute.
Maré mekomot
- 1הן האדם היה כאחד ממנו · Genesis 3:22
- 2אבל האדם . . אזי יתערב הוא גם הוא ממש · ראה ביאוה״ז לצ״צ כרך ב ע׳ תרמח.
- 3ולאם מלאם יאמץ · Genesis 25:23
6ובדור אחר היו רשעים גדולים שגבר הרע מאד. והיינו כי כולם נמשכים מאדה״ר והיה בו ג״כ שינויים אלו פעמים גבר הוא ופעמים גבר הרע עליו.
et dans une autre génération, il y eut de grands méchants chez qui le mal prévalait fortement. Cela tient au fait que tous descendent d’Adam, le premier homme, et que ces changements se trouvaient aussi en lui : parfois, il l’emportait, et parfois le mal l’emportait sur lui.
D’autres générations connurent de grands méchants. Cette alternance est héritée d’Adam, la racine de toutes les âmes : lui-même connaissait des périodes où il l’emportait et d’autres où le mal l’emportait sur lui.
וכ״ז היה לפי שהוא בבחי׳ פנימיות ומיד שידע מן הרע נתערב עמו ממש וא״כ הוא מלחמה גדולה וקשה להפרידו מאד אלא עת כך ועת כך כנ״ל.
Tout cela s’explique par son appartenance au niveau de l’intériorité : dès qu’il connut le mal, il s’y mêla véritablement. Il s’ensuit une grande guerre, où il est très difficile de l’en séparer ; tantôt c’est l’un, tantôt l’autre, comme expliqué plus haut.
Tout cela découle de la nature intérieure de l’homme : dès qu’il connut le mal, celui-ci fut véritablement mêlé en lui, et la lutte pour l’en séparer oscille d’un côté puis de l’autre : « un temps pour ceci et un temps pour cela ».
Le paragraphe rapporte les fluctuations du bien et du mal à travers les générations au mélange intérieur de l’homme avec le mal après la faute d’Adam.
7וכן גם עפ״י פשוט שמקודם היו ערומים והיו עסוקים בתשמיש להוליד בנים ולא יתבוששו1 כמו שהיו אוכלים ושותים
De même, selon le sens littéral, auparavant ils étaient nus et s’unissaient pour engendrer des enfants, et « ils n’en avaient pas honte », tout comme ils mangeaient et buvaient,
La même idée apparaît au sens simple : avant la faute, Adam et Ève étaient nus et n’en avaient pas honte. Ils vivaient l’union conjugale pour avoir des enfants comme on mange et on boit, dans un acte simple.
כי מצות ה׳ היא ולא היו יודעים כלל שיש תאוה בזה2 אבל אחר שאכל עה״ד וידעו שיש תאוה בזה אזי קשה לפרוש כו׳.
car c’était le commandement de D.ieu, et ils ne savaient absolument pas qu’il y avait là du désir. Mais après qu’il eut mangé de l’Arbre de la Connaissance et qu’ils eurent su qu’il y avait là du désir, il devient alors difficile de s’en abstenir, etc.
Pour eux, il s’agissait simplement d’accomplir le commandement de D.ieu de procréer ; ils ne connaissaient pas le désir. Après avoir mangé de l’Arbre de la Connaissance, ils prirent conscience du désir et, dès lors, il devint difficile de se retenir.
Le paragraphe présente la même idée au sens littéral du récit : l’Arbre de la Connaissance fit prendre conscience du désir, de sorte que ce qui était jusque-là pur devint un sujet de lutte.
Maré mekomot
- 1ולא יתבוששו · Genesis 2:25
- 2ולא היו יודעים כלל שיש תאוה בזה · ראה בלקוטי שיחות ח״ו ע׳ 199 הערה 28.
Pourquoi l’homme fut empêché d’accéder à l’Arbre de Vie ¶8–9
8ולכן לא רצה הקדוש ברוך הוא שיטעם האדם מעה״ד כי לו הדבר מזיק כנ״ל והיה רוצה שלא ידע ממציאת הרע כלל ויהיה כולו קדוש ולא רצה להכניסו במלחמה עצומה הזאת.
C’est pourquoi le Saint béni soit-Il ne voulait pas que l’homme goûte de l’Arbre de la Connaissance, car cela lui est nuisible, comme expliqué plus haut. Il voulait qu’il ne connaisse absolument pas l’existence du mal et qu’il soit entièrement saint ; Il ne voulait pas l’engager dans cette immense lutte.
Cela répond à la première question. D.ieu interdit l’Arbre de la Connaissance non pas seulement comme une épreuve, mais parce que connaître le mal aurait nui à l’homme, qui absorbe ce qu’il connaît. D.ieu voulait que l’homme demeure entièrement saint, sans jamais être entraîné dans la lutte contre le mal.
אבל אחר שכבר טעם מעה״ד ונתערב ברע אז אמר פן ישלח ידו ולקח גם מעה״ח ואכל וחי לעלם.1
Mais après qu’il eut déjà goûté de l’Arbre de la Connaissance et se fut mêlé au mal, Il dit alors : « De peur qu’il n’avance sa main, prenne aussi de l’Arbre de Vie, en mange et vive éternellement. »
Ce n’est qu’après que l’homme eut déjà mangé et se fut mêlé au mal que D.ieu exprima sa préoccupation au sujet de l’Arbre de Vie.
פי׳ שחשש עוד מעתה שכבר נתערב ברע ולקח גם מעה״ח ששרשו מבחי׳ שלמעלה מהשבירה שמשם הוא שהיה התחלת המיתה והתהוות עה״ד טו״ר משא״כ מה שלמעלה מהשבירה הוא עה״ח ואם יאכל גם ממנו וחי לעולם.
Cela signifie qu’Il craignait désormais, puisqu’il s’était déjà mêlé au mal, [qu’il ne] prenne aussi de l’Arbre de Vie, dont la racine relève du niveau qui est au-dessus de la brisure — car c’est de là que vinrent le commencement de la mort et l’apparition de l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal, tandis que ce qui est au-dessus de la brisure est l’Arbre de Vie — et que, s’il en mangeait également, il vive éternellement.
L’Arbre de Vie a sa racine au-dessus de la « brisure des réceptacles » — la fracture cosmique primordiale dont proviennent le mal et la mort dans la Kabbale. L’Arbre de la Connaissance, avec son mélange de bien et de mal, provient de la brisure ; l’Arbre de Vie vient d’un niveau qui n’en a pas été affecté, et en manger confère la vie éternelle.
פי׳ כי הרי באמת בבחי׳ זו נאמר אם צדקת מה תתן לו (איוב לה) ורבו פשעיך מה תעשה לו2 וא״כ אף שמעורב ברע הרי גם אם רבו פשעיך כו׳
Cela signifie qu’en vérité, de ce niveau, il est dit : « Si tu es juste, que lui donnes-tu ? » (Job 35), « et si tes transgressions sont nombreuses, que lui fais-tu ? » Dès lors, même s’il est mêlé au mal, malgré tout, même « si tes transgressions sont nombreuses », etc.,
À ce niveau sublime, le péché ne fait aucune différence : comme le dit Job, la justice de l’homme n’apporte rien à D.ieu, et ses péchés ne Lui font rien. Ainsi, même un homme chargé de péchés pourrait recevoir de ce niveau la vie éternelle.
ויכול להיות וחי לעולם ואז גם הרע שבו יהיה לו קיום לעולם מאחר שהוא בבחי׳ פנימי׳ והרע מעורב כו׳
il pourrait « vivre éternellement » ; et alors le mal qui est en lui aussi subsisterait éternellement, puisqu’il relève du niveau intérieur et que le mal y est mêlé, etc.,
Mais puisque le mal est désormais mêlé à l’homme, lui accorder la vie éternelle reviendrait également à accorder la vie éternelle au mal qui est en lui.
וא״א לו להפרידו מעליו. א״כ כשיהיה הוא חי לעולם אזי גם הרע שבו יהיה לו קיום לעולם.3
et il lui est impossible de s’en séparer. Dès lors, s’il vit éternellement, le mal qui est en lui subsistera lui aussi éternellement.
L’homme ne peut se débarrasser du mal qui est en lui ; s’il vivait donc éternellement, le mal serait lui aussi préservé éternellement.
Le paragraphe répond à la deuxième question : D.ieu empêcha l’homme de prendre de l’Arbre de Vie parce que, une fois le mal mêlé à lui, le rendre éternel aurait également rendu éternel le mal qui était en lui.
La « brisure des réceptacles » (shevirat hakelim) enseignée par l’Arizal est à l’origine des étincelles tombées dans la kelipa ; l’Arbre de la Connaissance appartient à ce domaine, tandis que l’Arbre de Vie relève du domaine qui lui est supérieur, indifférent aux actes de l’homme.
Maré mekomot
- 1פן ישלח ידו ולקח גם מעה״ח ואכל וחי לעלם · Genesis 3:22
- 2ורבו פשעיך מה תעשה לו · Job 35:6
- 3
9וזהו היפך הכוונה שהרי צ״ל בלע המות לנצח1 שיהיה ובערת הרע2 כמאמר והרשעה כולה בעשן תכלה שזה יהיה לימות המשיח.
C’est là le contraire de l’intention, car il doit y avoir [l’accomplissement de] « Il engloutira la mort à jamais », afin que « tu élimines le mal », selon la parole : « et toute méchanceté s’évanouira comme la fumée » — ce qui aura lieu aux jours du Machia’h.
Accorder la vie éternelle au mal contredirait le dessein de D.ieu, qui est d’abolir le mal et la mort : « Il engloutira la mort à jamais » et « toute méchanceté s’évanouira comme la fumée » (phrase des prières des Jours redoutables), aux jours du Machia’h.
Car toute la durée de l’exil est le temps des affinements et de la séparation du mal ; cela se fait par le niveau de 'Hokhma, car « par la 'Hokhma ils sont affinés », afin de séparer le mal du bien.
Jusque-là, l’exil est le temps des « affinements » (beirourim) : extraire le bien du mélange et le séparer du mal. Cela se fait par la 'Hokhma, comme le dit le Zohar : « par la 'Hokhma ils sont affinés ».
ולכן נק׳ החכמה דין. שלא כמו שדימו המקובלים הראשונים שהחכ׳ כולה חסד שהרי היא מקור חסד.
C’est pourquoi la 'Hokhma est appelée jugement — contrairement à ce que pensaient les premiers kabbalistes, selon lesquels la 'Hokhma était entièrement bonté, puisqu’elle est la source de la bonté.
Parce qu’elle opère une séparation, la 'Hokhma est appelée « jugement » (din), qui distingue et pose des limites. Les premiers kabbalistes pensaient que la 'Hokhma était pure bonté, puisque la bonté en émane.
והחייט5 המציא שיש בה ג״כ דין ושבחו האר״י ז״ל6 שכך מבואר בזוהר באדרא כחמרא דשקיט7 ושכיך על דורדיי׳ כו׳.
Le 'Hayat innova qu’il y avait aussi en elle du jugement, et l’Arizal, de mémoire bénie, le loua, car c’est ainsi qu’il est expliqué dans le Zohar, dans l’Idra : « comme du vin qui repose et se clarifie sur sa lie », etc.
Rabbi Yehouda 'Hayat, kabbaliste de l’époque de l’expulsion d’Espagne et commentateur de Maarechet HaElokut, enseigna que la 'Hokhma contient aussi du jugement ; l’Arizal approuva cet enseignement en citant l’image du Zohar du vin reposant sur sa lie : le vin limpide est séparé du dépôt qui se trouve au-dessous.
כי מאחר שיש בירורים להפריד הרע וזהו ע״י גבורות וע״ז נאמר (תהלים צד) אשרי הגבר8 אשר תיסרנו יה שגם היסורים שהם לתועלת העברת הרע הוא מבחי׳ י״ה וכידוע שהיסורים הם לתועלת הפרדת הרע.
Car, puisqu’il y a des affinements qui séparent le mal, et que cela se fait par les guevourot, il est dit à ce propos (Psaumes 94) : « Heureux l’homme que Toi, Yah, Tu châties » — les souffrances aussi, qui servent à éliminer le mal, relèvent du niveau de Yah ; et, comme on le sait, les souffrances servent à séparer le mal.
La séparation du mal s’opère par les guevourot (forces de rigueur). Le verset « Heureux l’homme que Toi, Yah, Tu châties » montre que même la souffrance, qui sert à éliminer le mal, provient du Nom Yah — dont les lettres Youd-Hé correspondent à la 'Hokhma et à la Bina.
Car les kelipot sont comparées à une sangsue qui, lorsqu’elle suce du sang, meurt aussitôt ; c’est le sens de ce qui est dit (Proverbes 30) : « La sangsue a deux filles. »
Les kelipot (forces de dissimulation) sont comme une sangsue : dès qu’elle a sucé tout son soûl de sang, elle meurt. De même, lorsque la kelipa reçoit sa part, elle s’en trouve détachée et tombe.
וזהו ג״כ ענין שעיר המשתלח.11 וכן וישלח יעקב12 וגו׳ מנחה לעשו אחיו13 עזים מאתים14 כו׳ שבזה שנותן לו חלקו הוא מפרידו.
C’est également le sens du bouc envoyé au loin. De même : « Jacob envoya », etc., « un présent à son frère Ésaü : deux cents chèvres », etc. — car, en lui donnant sa part, on le sépare.
Telle est l’idée du bouc envoyé à Azazel à Yom Kippour, ainsi que du présent de chèvres que Jacob fit à Ésaü : donner au mal la part qui lui revient le sépare de la sainteté.
וכך צ״ל לאחר שכבר טעם האדם מעה״ד ונתערב ברע אזי צריך לבירורי׳ עד שיפרידו ע״י שיקחו כל נצוצי קדושה שבו כו׳.
De même, après que l’homme eut déjà goûté de l’Arbre de la Connaissance et se fut mêlé au mal, des affinements sont nécessaires jusqu’à ce qu’on le sépare, en prenant toutes les étincelles de sainteté qui s’y trouvent, etc.
De même, dès lors que l’homme s’est mêlé au mal, un processus d’affinement est nécessaire jusqu’à ce que le mal soit séparé de lui, en extrayant toutes les étincelles de sainteté qui s’y trouvent.
וכ״ז הוא ע״י החכ׳ שבחכ׳ אתברירו. לפי שיש בה גם בחי׳ גבורות להיות תיסרנו יה וכמ״ש (דברים ח) כאשר ייסר איש15 את בנו16 כו׳.
Tout cela se fait par la 'Hokhma, car « par la 'Hokhma ils sont affinés ». Car elle contient aussi le niveau des guevourot, afin que « Toi, Yah, Tu châties », comme il est écrit (Deutéronome 8) : « Comme un homme châtie son fils », etc.
Cet affinement s’opère par la 'Hokhma, qui contient des guevourot ; d’où « Toi, Yah, Tu châties » et « comme un homme châtie son fils » : un châtiment qui vient de l’amour et vise à purifier.
משא״כ בחינת כתר שלמעלה מחכמה הוא רחמים פשוטים וכחשיכה כאורה17 ולכן פן ישלח ידו ולקח גם מעה״ח ואז וחי לעולם מאחר דאם צדקת מה תתן לו18 כו׳
Il n’en va pas ainsi du niveau de Kéter, qui est au-dessus de la 'Hokhma : c’est une miséricorde simple, et « l’obscurité est comme la lumière ». C’est pourquoi [Il dit] : « de peur qu’il n’avance sa main et ne prenne aussi de l’Arbre de Vie », puis « vive éternellement », puisque « si tu es juste, que lui donnes-tu ? », etc.
Kéter (la Couronne), au-dessus de la 'Hokhma, est une miséricorde simple qui ne fait pas de distinctions : pour elle, « l’obscurité est comme la lumière ». L’Arbre de Vie en procède ; il aurait donc donné la vie éternelle indépendamment des actes de l’homme.
ולפי שהוא מבחי׳ פנימית וא״כ הרע קשור ואדוק בו ויהי׳ גם לו קיום ולא זו היא הכוונה כנ״ל.
Et puisqu’il relève du niveau intérieur, le mal est donc lié à lui et lui est attaché ; il aurait lui aussi subsisté — or telle n’est pas l’intention, comme expliqué plus haut.
Puisque le mal est lié à l’homme et attaché à lui, il aurait lui aussi acquis une permanence, ce qui est contraire à l’intention de D.ieu.
Le paragraphe explique pourquoi le mal ne doit pas devenir éternel : le but est de l’éliminer, ce qui se réalise par le pouvoir séparateur de la 'Hokhma et de ses guevourot, tandis que l’Arbre de Vie provient de Kéter, qui ne distingue pas entre le bien et le mal.
L’Arizal (Etz Chaim) cite le Minchat Yehudah de Rabbi Yehouda 'Hayat, selon lequel la 'Hokhma est din, et relie cette idée à l’image de l’Idra Zouta du vin reposant sur sa lie. Likkutei Torah (Re'eh) explique que ce din dans la 'Hokhma est la « ligne de mesure », la Guevoura supérieure qui ne laisse révéler la Lumière infinie que selon la mesure du bitoul.
Maré mekomot
- 1בלע המות לנצח · Isaiah 25:8
- 2ובערת הרע · Deuteronomy 13:6
- 3דבחכמה אתברירו · הובא באגה״ק סכ״ח בשם זוה״ק וראה ע״ח שי״ח פ״ה, של״ט ד״א. סהמ״צ להצ״צ מצות מחצית השקל, שם איסור אכילת בעל מום (הערת כ״ק אדמו״ר זי״ע בספר המאמרים תש״א ע׳ 79, ובסה״מ תש״ח ע׳ 206). וראה גם אוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתקפא.
- 4דבחכמה אתברירו · Tanya, Iggeres HaKodesh 28:5
- 5והחייט · פי׳ לספר מערכת האלקות לר׳ יהודא ב״ר יעקב חייט מערכת אלקות פ״ד. מובא גם בלקו״ת פ׳ ראה לא, א. בענין חכמה נק׳ דין ראה ביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תשיח ואילך. וראה לקמן קז, ג ובמ״מ לשם. ובתורת חיים בראשית לא, ד.
- 6ושבחו האר״י ז״ל · ע״ח שי״ג פ״ה.
- 7בזהר באדרא כחמרא דשקיט · Zohar III, 288a
- 8
- 9
- 10שו״ה שתי בנות · בגוכתי״ק נוסף ”שע״י שמוצצי׳ דם שונאיהם של ישראל אזי מיד מתים הקליפות”.
- 11שעיר המשתלח · Leviticus 16:10
- 12וישלח יעקב · Genesis 32:4
- 13מנחה לעשו אחיו · Genesis 32:14
- 14עזים מאתים · Genesis 32:15
- 15
- 16כאשר ייסר איש את בנו · בגוכתי״ק: כאב את בנו יוכיח.
- 17וכחשיכה כאורה · Psalms 139:12
- 18דאם צדקת מה תתן לו · Job 35:7
L’expulsion et le travail de raffinement ¶10–11
10וכמ״ש בזוהר גבי רבי אחא1 מכפר טרשא שכיפר בקטורת על מקום שהיה הנגף שם ואמרו לו שלא הועיל כי עדיין בחיובא אשתכח.
Comme il est dit dans le Zohar à propos de Rabbi A'ha de Kefar Tarsha, qui expia par l’encens pour un endroit où sévissait l’épidémie ; on lui dit que cela n’avait pas été efficace, car « ils se trouvent encore sous le coup de la faute ».
Le Zohar raconte que Rabbi A'ha arriva à Kefar Tarsha pendant une épidémie et utilisa l’encens pour l’arrêter ; on lui dit que cela n’avait pas véritablement aidé, car les habitants étaient encore coupables. Brûler de l’encens peut tenir le destructeur à distance, mais ne supprime pas le mal lui-même.
« Cela aurait été bien s’ils avaient fait techouva », etc. C’est pourquoi, aussitôt, « Il le renvoya du jardin d’Éden, pour travailler la terre dont il avait été pris ».
Seule la techouva aurait véritablement aidé. De même, l’homme ne pouvait pas simplement devenir immortel avec son mal ; D.ieu le renvoya donc aussitôt d’Éden pour « travailler la terre dont il avait été pris ».
דהיינו עבודת הבירורים ע״י זריעה חרישה וקצירה ואח״כ באכלו ממנו ואו׳ אחד ואהבת הוא מברר ומעל׳ כו׳.
C’est-à-dire le travail des affinements par les semailles, le labour et la moisson ; puis, lorsqu’il en mange et dit « Un » et « Tu aimeras », il affine et élève [les étincelles], etc.
« Travailler la terre » désigne le travail d’affinement : en labourant, en semant et en moissonnant, l’homme produit de la nourriture ; lorsqu’il en mange puis sert D.ieu en disant le Chema — « Un », « Tu aimeras » —, il affine et élève les étincelles contenues dans cette nourriture.
Le paragraphe explique l’expulsion d’Éden : le mal doit être véritablement éliminé, et non simplement tenu à distance. L’homme fut donc envoyé « travailler la terre » et affiner les étincelles de sainteté par son travail et son service divin.
Le Rabbi Maharach (Sefer HaMaamarim 5634) cite ce passage avec Iggeres HaKodesh 26, selon lequel le principal objectif de la Torah et des mitsvot est d’affiner les étincelles.
Maré mekomot
- 1וכמ״ש בזהר גבי רבי אחא · Zohar I, 101a
- 2ולכן מיד וישלחהו מג״ע . . ושמה יברר הבירורים · מובא בסה״מ תרל״ד ע׳ קמג ושם מציין לאגה״ק סי׳ כו שעיקר עסק התורה והמצות הוא לברר הניצוצות.
- 3וישלחהו מג״ע לעבד את האדמה אשר לקח משם · Genesis 3:23
Il doit alors aller effectivement sur la terre dont il a été pris ; c’est là qu’il mangera et c’est là qu’il procédera aux affinements.
Après la faute, l’homme doit véritablement descendre sur la terre, lieu du mélange, y manger et y procéder aux affinements.
אך צ״ל איך היה מתחלה כוונתו ית׳ כשלא ידע האדם מטו״ר כלל מאחר שיש מציאת הרע בעולם א״כ איך יתבררו הבירורים שזה צ״ל ע״י האדם.
Mais il faut comprendre quelle était d’abord Son intention, qu’Il soit béni, lorsque l’homme ne connaissait absolument pas le bien et le mal : puisque le mal existe dans le monde, comment les affinements, qui doivent être accomplis par l’homme, auraient-ils pu se réaliser ?
Une question se pose : le mal existait déjà dans le monde avant la faute. Si Adam n’était pas censé connaître le mal, comment les étincelles qui y étaient emprisonnées auraient-elles été affinées, alors que cette tâche incombe à l’homme ?
אך הענין כי אז היה באופן אחר ממש שלא בדרך מלחמה אלא ע״ד מ״ש ויניחהו בג״ע לעבדה זה2 רמ״ח מ״ע להמשיך אור א״ס בג״ע וע״י רבוי התגלות האור
La question est que cela devait alors se faire d’une manière tout à fait différente, non par la lutte, mais selon ce qui est écrit : « Il le plaça dans le jardin d’Éden pour le travailler » — c’est-à-dire les 248 commandements positifs —, afin d’attirer la Lumière infinie dans le jardin d’Éden ; et, par l’abondance de la révélation de la lumière,
Avant la faute, l’affinement devait se faire d’une tout autre manière, sans lutte. Adam fut placé dans le jardin d’Éden « pour le travailler », ce que le Zohar et le Targoum interprètent comme les 248 commandements positifs ; par leur intermédiaire, il aurait attiré la Lumière infinie dans le jardin d’Éden.
ממילא יתעלו נצוצי3 קדו׳ שנפלו ונתערבו ברע ויהיו נכללים בתוך האורות עליונים שימשיך האדם כנר בפני האבוקה שאם האבוקה קטנה אזי נר הסמוך לה יוכלל4 בה
les étincelles de sainteté qui étaient tombées et s’étaient mêlées au mal se seraient élevées d’elles-mêmes et auraient été incluses dans les lumières supérieures que l’homme aurait attirées, comme une bougie devant une torche : si la torche est petite, une bougie proche d’elle peut s’y inclure,
La seule intensité de cette lumière révélée aurait automatiquement attiré vers le haut les étincelles tombées et les aurait absorbées, comme une petite bougie disparaît dans la flamme d’une torche.
ואם ירחיקוהו מעט לא יתכלל בה מפני שהאבוקה קטנה. אבל אם תהיה5 האבוקה גדולה אזי אע״פ שיהיה הנר רחוק יהיה מתכלל בה.
mais si on l’en éloigne un peu, elle ne s’y inclut pas, parce que la torche est petite. Mais si la torche est grande, alors, même si la bougie est éloignée, elle s’y inclut.
Plus la torche est grande, plus une bougie peut en être éloignée tout en s’y trouvant absorbée. La lumière d’Adam aurait été si grande qu’elle aurait attiré même les étincelles éloignées, sans qu’il ait jamais à affronter le mal.
Le paragraphe décrit le dessein originel : avant la faute, l’homme aurait affiné le monde non pas en combattant le mal, mais en attirant, par les mitsvot, une lumière si grande que les étincelles tombées s’y seraient incluses d’elles-mêmes.
Deux modes d’affinement se dégagent : « par la lutte », en affrontant directement le mal, et « par la lumière », où l’accroissement de la sainteté absorbe de lui-même les étincelles. Likkutei Torah (Bamidbar) traite également de l’élévation des étincelles par une révélation accrue.
Maré mekomot
- 1את האדמה אשר לקח משם · Genesis 3:23
- 2ויניחהו בג״ע לעבדה זה [בגוכתי״ק: זו] רמ״ח מ״ע · Genesis 2:15
- 3וע״י רבוי התגלות האור ממילא יתעלו נצוצי קדושה · ראה גם בלקו״ת במדבר ג, ד. וראה גם לקו״ש ח״כ ע׳ 215 הערה 32.
- 4שו״ה כנר — יוכלל · בגוכתי״ק: יכלה.
- 5שו״ה תהיה — תהיה · בגוכתי״ק: יהי׳.
Le raffinement par la lumière et par la lutte ¶12
12וע״ד שהיה בזמן שבהמ״ק היה קיים שהרי ארז״ל לא גלו ישראל1 אלא כדי שיתוספו עליהם גרים דהיינו להעלות נצוצות ומה היה נעשה אם לא חטאו ולא היו גולים.
Cela ressemble à ce qui se passait à l’époque où le Temple existait. Nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Israël ne fut exilé que pour que des convertis viennent s’ajouter à lui », c’est-à-dire pour élever les étincelles. Qu’aurait-il donc été advenu s’ils n’avaient pas fauté et n’avaient pas été exilés ?
Un exemple tiré de l’histoire juive. Le Talmud dit qu’Israël fut exilé afin que des convertis le rejoignent ; la 'Hassidout y voit l’élévation des étincelles de sainteté dispersées parmi les nations. Comment ces étincelles auraient-elles donc été élevées si Israël n’avait jamais fauté ni été exilé ?
אלא ע״כ צ״ל שאז היו נכללים הנצוצות2 ממילא כנר בפני האבוקה כמו נעמה העמונית3 וכן כל העמים באו לשמוע חכמת שלמה וכמ״ש במלכת שבא4 כו׳.
Il faut nécessairement dire qu’alors les étincelles se seraient incluses d’elles-mêmes, comme une bougie devant une torche — à l’image de Naama l’Ammonite ; de même, toutes les nations vinrent entendre la sagesse de Salomon, comme il est écrit au sujet de la reine de Saba, etc.
La réponse est qu’à l’époque du Temple, les étincelles étaient attirées d’elles-mêmes, comme une bougie qui disparaît dans une torche. Naama l’Ammonite — l’une des épouses du roi Salomon, que le Talmud compte parmi les « bonnes colombes » d’Ammon — rejoignit Israël ; toutes les nations, dont la reine de Saba, vinrent également entendre la sagesse de Salomon.
והיינו לפי שאז היה אבוקה גדולה עד״מ ע״כ ממילא מתכללים בה הנצוצות ואם היה נמשך בהמ״ק כן יותר היו כולם מתבררים עד״ז
C’est parce qu’alors il y avait, pour ainsi dire, une grande torche ; les étincelles s’y incluaient donc d’elles-mêmes. Si le Temple avait duré ainsi plus longtemps, elles auraient toutes été affinées de cette manière,
Le Temple était une « grande torche » de divinité révélée ; les étincelles s’y incluaient donc d’elles-mêmes. Si cet état s’était prolongé, toutes les étincelles auraient été affinées de cette manière, sans exil.
comme il est écrit au sujet des temps futurs (Sophonie 3) : « Alors, Je rendrai aux peuples une langue pure », etc., et « Les nations marcheront à ta lumière », etc.
C’est ce qui se produira à l’époque messianique, comme l’annoncent les prophètes : les nations se tourneront vers D.ieu dans une langue pure et marcheront à la lumière d’Israël, attirées par la lumière révélée elle-même.
וכך היה ענין האדם כשלא היה חוטא שהיה כולו קדוש כי גם גופו נלקח7 ממקום המזבח89 וממנו נעשו10 רמ״ח אבריו בלול בשמן כו׳
Il en allait de même de l’homme avant qu’il ne faute : il était entièrement saint, car son corps aussi avait été pris de l’emplacement de l’autel, et ses 248 membres en avaient été formés, « mêlés d’huile », etc.
Adam, avant la faute, était pareillement entièrement saint. Le Midrach dit que son corps avait été pris de l’emplacement de l’autel et que ses 248 membres étaient « mêlés d’huile », comme une offrande de farine ; son corps même était donc sacré.
והיה עומד בג״ע ושם היה מוסיף אורות וממילא היו הקליפות כלים ע״י שהיו הנצוצי קדושה כלים מהם אבל הדבר היה11 שלא ע״י מלחמה כו׳.
Il se tenait dans le jardin d’Éden et y aurait ajouté des lumières ; les kelipot auraient alors disparu d’elles-mêmes, parce que les étincelles de sainteté se seraient épuisées en elles. Mais cela ne se serait pas fait par la lutte, etc.
Dans le jardin d’Éden, il aurait accru la lumière, et les kelipot se seraient dissipées à mesure que les étincelles de sainteté qui les soutiennent en auraient été extraites, sans aucun combat.
משא״כ אחר שחטא אזי צ״ל הבירורים ע״י עבודה ומלחמה שעת צלותא שעת קרבא כנ״ל וצריך לירד אל מקום הקליפות ושם יבררם וזהו את האדמה אשר לקח משם.12
Il n’en va pas ainsi après sa faute : les affinements doivent alors s’accomplir par le travail et la lutte — « le temps de la prière est le temps du combat » — comme expliqué plus haut ; il faut descendre au lieu des kelipot et les affiner là. C’est cela, « la terre dont il avait été pris ».
Après la faute, l’affinement exige l’effort et le combat. La formule du Zohar, « le temps de la prière est le temps du combat », décrit la prière comme le lieu de cette lutte. L’homme doit descendre au lieu des kelipot, « la terre dont il avait été pris », et les affiner là.
Le paragraphe illustre les deux modes d’affinement : à l’époque du Temple, comme pour Adam avant la faute, les étincelles étaient absorbées par la seule puissance de la lumière révélée ; après la faute, elles doivent être conquises par le travail et la lutte.
Dans Torah Ohr, Toldos, le Rabbi Chnéour Zalman explique que l’affinement du bien hors du mal exige d’y faire briller une grande lumière, afin que les étincelles soient rassemblées ; Yits’hak voulait que cela se produise par une révélation en Ésaü lui-même, plutôt que par le travail de Yaakov. Cela correspond aux deux modes décrits ici.
Maré mekomot
- 1לא גלו ישראל · Pesachim 87b:14
- 2שו״ה אם — היו נכללים הנצוצות · בגוכתי״ק: הי׳ נכלל הנצוצים.
- 3נעמה העמונית · Bava Kamma 38b:2–3
- 4וכמ״ש במלכת שבא · I Kings 10:1
- 5
- 6והלכו גוים לאורך · Isaiah 60:3
- 7גופו נלקח · Zohar, Chayei Sara 17:133–19:205
- 8גופו נלקח ממקום המזבח · Sanhedrin 38b
- 9גופו נלקח ממקום המזבח · Pirkei DeRabbi Eliezer 12:1
- 10שו״ה וממנו — נעשו · בגוכתי״ק: עשו.
- 11שו״ה אבל — הדבר היה · בגוכתי״ק ליתא.
- 12את האדמה אשר לקח משם · Genesis 3:23
Comment le serpent le savait ¶13
13ובזה יובן גם מה שהנחש ידע מזה. כי הנה אדה״ר עצמו שהיה כולו קדוש למעלה מעה״ד טו״ר לא ידע ממציאת הרע כלל כנ״ל.
Nous comprendrons ainsi également comment le serpent le savait. Car Adam, le premier homme, lui-même, qui était entièrement saint et se situait au-dessus de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, ne connaissait absolument pas l’existence du mal, comme expliqué plus haut.
La question centrale trouve maintenant sa réponse : comment le serpent savait-il ce que manger du fruit entraînerait ? Adam, entièrement saint et au-dessus de l’Arbre de la connaissance, ne connaissait pas l’existence du mal.
אבל הנחש שהוא עצמו נלקח מבחי׳ עה״ד טו״ר וידע מזה וידע שמה שצוה1 לאדם שלא יאכל2 ממנו היה בכדי שלא יהיה לו ידיעה3 ברע כלל שלא יצטרך לכנוס עמו במלחמה כלל.
Mais le serpent, qui lui-même était issu du niveau de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, le savait ; et il savait que [D.ieu] avait ordonné à Adam de ne pas en manger afin qu’il ne connaisse absolument pas le mal et n’ait donc pas à entrer en guerre contre lui.
Le serpent, en revanche, provenait de l’Arbre de la connaissance lui-même, le domaine où le bien et le mal sont mêlés ; il comprenait donc ce qu’Adam ignorait : l’interdiction visait à préserver Adam de toute connaissance du mal et à lui épargner ainsi le combat contre celui-ci.
וחרה לו מאד על שכ״כ נשמרים ממנו אף שלא לידע ממנו שלא יכשל בו והשיא עצות בנפשו שמוטב לו שיכנס האדם בזה ויהיה מלחמה ואז פעמים שיגבור גם הוא
Il était très irrité qu’ils se préservent tant de lui — au point même de ne pas vouloir le connaître, afin de ne pas trébucher à cause de lui — et il prit en son âme la résolution qu’il valait mieux pour lui que l’homme entre dans ce domaine et qu’il y ait alors une guerre, car il lui arriverait, à lui aussi, de l’emporter parfois,
Le serpent supportait mal qu’on l’évite si complètement. Il se dit que si l’homme entrait dans ce mélange et qu’un combat s’engageait, le serpent aurait au moins parfois l’avantage.
וכמ״ש (קהלת ח) עת אשר שלט האדם באדם4 כו׳ משלא ידע האדם מזה כלל ואז יהיה הטוב המעורב בו נכלל באדה״ר כנר בפני האבוקה והוא ימות ויפסד לגמרי ובא בערמומית לחוה
comme il est écrit (Ecclésiaste 8) : « Un temps où l’homme domine l’homme », etc. — plutôt que l’homme ne connaisse absolument pas ce domaine ; car alors le bien qui s’y trouvait mêlé aurait été absorbé en Adam comme une bougie devant une torche, et le serpent aurait entièrement péri et disparu. C’est pourquoi il vint, avec ruse, auprès d’Ève,
« Un temps où l’homme domine l’homme pour lui faire du mal » est interprété comme désignant les moments où le mal en l’homme l’emporte. Mais si l’homme n’avait jamais connu le mal, sa grande lumière aurait absorbé le bien qui se trouvait dans le serpent, « comme une bougie devant une torche » ; privé de toute force vitale, le serpent aurait péri. Il s’approcha donc d’Ève avec ruse.
וכמ״ש (בפר״א פי״ג) בא ס״מ ורכב על הנחש5 כו׳. ואמר6 כי ידע אלקים כי ביום אכלכם ממנו7 וגו׳ והייתם כאלקים ידעי טו״ר.
comme il est dit (dans Pirkei deRabbi Eliezer, ch. 13) : « Samael vint et chevaucha le serpent », etc. Et il dit : « Car D.ieu sait que le jour où vous en mangerez », etc., « vous serez comme D.ieu, connaissant le bien et le mal ».
Le Midrach rapporte que Samael, l’ange du mal, chevaucha le serpent, c’est-à-dire qu’il s’en servit comme véhicule. Le serpent dit à Ève que manger du fruit les rendrait « comme D.ieu, connaissant le bien et le mal ».
וכן הוא עפ״י האמת ולא אמר שקר כנ״ל רק שבערמה דבר זה כי הוא אמר והייתם כאלקים למעליותא. אבל באמת זהו חסרון.
Et cela est effectivement vrai : il n’a pas menti, comme expliqué plus haut. Il ne l’a dit qu’avec ruse : il présenta « vous serez comme D.ieu » comme un avantage, alors qu’en vérité c’est une déficience.
Cela était vrai ; le serpent n’a pas menti. Sa ruse consistait à présenter comme un avantage ce qui était en réalité un défaut.
אף שיהי׳ יודע טו״ר כאלקים הנה למעלה אין זה פוגם כלל אף שיודע טו״ר מ״מ הרע נבדל לפי שלמעלה הוא בחי׳ מקיף משא״כ אם האדם שהוא מבחי׳ פנימי8 יהי׳ יודע מטו״ר לו יהי׳ הדבר מזיק כנ״ל:9
Même s’il devait connaître le bien et le mal comme D.ieu, là-haut, cela ne constitue aucun défaut : bien que le bien et le mal soient connus, le mal reste néanmoins séparé, car là-haut, on se situe dans le domaine de l’englobant. Mais si l’homme, qui relève du domaine de l’intériorité, connaît le bien et le mal, cela lui est nuisible, comme expliqué plus haut :
Connaître le bien et le mal est sans danger « là-haut », où la connaissance relève de l’englobant et où le mal demeure séparé. Pour l’homme, dont la connaissance relève de l’intériorité, cela signifie être mêlé au mal, comme expliqué précédemment.
Ce paragraphe résout la question centrale : le serpent, issu de l’Arbre de la connaissance, en comprenait les effets et trompa Ève en lui disant la vérité, tout en présentant comme une qualité ce qui était en réalité nuisible à l’homme.
Le motif du serpent découle de l’image précédente de la bougie et de la torche : dans le projet originel, le mal se serait simplement dissipé lorsque ses étincelles seraient absorbées par la lumière d’Adam. Sa seule chance de survie était donc d’entraîner l’homme dans un combat où il pourrait parfois l’emporter.
Maré mekomot
- 1שו״ה עצמו — שמה שצוה · בגוכתי״ק: שאשר ציוו.
- 2שו״ה יאכל — היה · בגוכתי״ק בהכת״י ליתא.
- 3שו״ה יאכל — ידיעה · בגוכתי״ק: נגיעה.
- 4
- 5בא ס״מ ורכב על הנחש · Pirkei DeRabbi Eliezer 13:2
- 6שו״ה ואמר — ידע . . וגו׳ · בגוכתי״ק: יודע . . ליתא.
- 7כי ידע אלקים כי ביום אכלכם ממנו · Genesis 3:5
- 8שו״ה פנימי — לו · בגוכתי״ק: ולו.
- 9שו״ה כי — למעליותא . . שיהיה יודע · בגוכתי״ק הנ״ל: למעלה . . שיהיו יודעי.
Addendum : Adam dans les chambres ; la descente de Juda ¶14
14בלק״ת מהאר״י ז״ל נת׳ הענין שאדה״ר היה הולך בהיכלות1 כי בחי׳ אדם היה למעלה גם מרשב״י2 כי היה בערך אחר ממש שהרי היה יציר כפיו של הקב״ה.
Dans Likkutei Torah de l’Arizal, de mémoire bénie, il est expliqué qu’Adam, le premier homme, parcourait les palais, car le niveau d’Adam était supérieur même à celui de Rabbi Chimon bar Yo’haï : il appartenait à un ordre tout à fait différent, puisqu’il était l’œuvre des mains du Saint béni soit-Il.
Un complément tiré du Likkutei Torah de l’Arizal : avant la faute, l’âme d’Adam était si élevée, étant l’œuvre propre de D.ieu, qu’il pouvait parcourir les « palais » célestes (heikhalot). Son niveau appartenait à un ordre entièrement différent, supérieur même à celui de Rabbi Chimon bar Yo’haï, auteur du Zohar.
ובהיכלות הטומאה לא רצה להביט כלל והשיאו הנחש שעכ״פ יביט מה יש בהם3 ועי״ז נכשל ונפל בתאוה אליהן.
Il ne voulait absolument pas regarder dans les palais de l’impureté ; mais le serpent le persuada de regarder au moins ce qui s’y trouvait, et ainsi il trébucha et tomba dans le désir de ces lieux.
Il évitait de regarder dans les palais de l’impureté, mais le serpent le persuada de regarder au moins ce qui s’y trouvait. Le simple fait de regarder, même avec une intention élevée, le fit trébucher et tomber dans le désir de ces lieux.
וכן שמעתי מהק׳ ר׳4 אברהם בן הה״מ ז״ל ע״פ ויט יהודה עד איש עדולמי ושמו חירה5 שמחמת מעשה דיוסף אזי ויט.
J’ai également entendu du saint Rabbi Avraham, fils du Maguid, de mémoire bénie, au sujet [du verset] : « Juda se détourna vers un homme adoulamite, nommé Hira » : à cause de l’épisode de Joseph, il « se détourna ».
Un enseignement parallèle de Rabbi Avraham « l’Ange », fils du Maguid de Mezeritch : Juda « se détourna » vers l’Adoulamite après la vente de Joseph.
פי׳ ויט היינו שנטה למטה בהיכלות הקליפות6 עד איש עדולמי כדי להעלות נצוצות משם7 וזהו ענין הכוונה דנפילת אפים כו׳:
L’explication est que « il se détourna » signifie qu’il s’inclina vers le bas, dans les palais des kelipot, « vers un homme adoulamite », afin d’en élever les étincelles. C’est là le sens de l’intention de la prosternation sur le visage, etc. :
Juda descendit dans le domaine des kelipot afin d’en élever les étincelles. Tel est aussi le sens intérieur de la « prosternation sur le visage » (nefilat apayim, la prière de Ta’hanoun) : on descend afin d’élever les étincelles d’en bas.
Le dernier paragraphe ajoute le récit de l’Arizal, selon lequel Adam chuta en acceptant de simplement regarder dans les palais de l’impureté, ainsi qu’un enseignement de Rabbi Avraham l’Ange sur la descente de Juda pour élever les étincelles, parallèle à la mission de l’homme après la faute : affiner le monde en y descendant.
Le Tséma’h Tsédek rapporte avoir entendu de l’Alter Rebbe qu’Adam se situait au-dessus du Baal Chem Tov, de l’Arizal et même de Rabbi Chimon bar Yo’haï. Likkutei Torah (Tzav) explique que même les âmes les plus élevées, issues de l’union d’Abba et Imma d’Atsilout, sont à l’âme d’Adam ce que Béria est à Atsilout. Le Zohar dit que Juda descendit jusqu’au niveau du serpent.
Maré mekomot
- 1שאדה״ר הי׳ הולך בהיכלות · באוה״ת ענינים ע׳ פו: ”וכן שמעתי הלשון מרבינו ז״ל שאמר בענין אדה״ר, שאדה״ר הי׳ הולך בהיכלות כי בחי׳ אדם הוא למעלה מהבעש״ט והאריז״ל וגם מרשב״י כי הי׳ בערך אחר ממש שהרי הי׳ יציר כפיו של הקב״ה ע״כ”, ע״ש. המשך וככה תרלז פרק קכט. סה״מ תרס״ח ע׳ קצד. ובאוה״ת וישב כרך ו תתרפה, ב מסיים ”כזה״ל שמענו מרבינו ז״ל פ׳ בראשית תקע״ב”. ענין זה נזכר בלקו״ת צו ח, ג. יז, ד.
- 2גם מרשב״י · ראה באוה״ת פ׳ וישב כרך ו שם שהי׳ למעלה מעלה מהבעש״ט והאריז״ל וגם מרשב״י. וראה גם בדרוש ג׳ מיני אדם באוה״ת פ׳ בלק ע׳ תתקע, ובלקו״ת פ׳ צו ח, ג כי הרי אפילו הנשמות הגבוהות מאד שמיחוד או״א דאצילות שזהו נשמה דאצילות הוא כערך הבריאה לגבי אצילות ממש נגד נשמת אדה״ר כנ״ל (ועיין בזהר תרומה דף קס״ז ע״ב). עכ״ל. ובדף ח, ב מביא שם בשם ספר הגלגולים פי״ט שאדם הראשון קודם החטא הי׳ לו נשמה לנשמה מאצילות ע״ש. בהגה״ה כת״י על תו״א מציין ללקו״ת פ׳ צו ח, ב בהביאור ואכלתם אכול דשם נמצא בשינוי לשון קצת.
- 3והשיאו הנחש שעכ״פ יביט מה יש בהם · Zohar II, 193b
- 4וכן שמעתי מהק׳ ר׳ [בגוכי״ק: מר׳] אברהם בן הה״מ · וכ״ה גם באוה״ת בראשית כרך ו שם.
- 5ויט יהודה עד איש עדולמי ושמו חירה · Genesis 38:1
- 6פי׳ ויט היינו שנטה למטה בהיכלות הקליפות · באוה״ת חנוכה כרך ב שכו, א מציין לזח״א קפו סע״א שנטה עד דרגא דחויא, ע״ש.
- 7כדי להעלות נצוצות משם · ראה בסה״מ תרכ״ט ע׳ יא [בהוצאת תשנ״ב ע׳ יג] שז״ע גלות השכינה ע״ש. בענין יהודה ותמר ראה במאמרי אדה״ז על מאמרז״ל ע׳ רכד שכ׳ שגם ביהודה לא היה כוונה רק לש״ש בלבד . . בכדי שיתגבר עליו אח״כ בניצוח גדול יותר. וראה גם ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ קלז. דרך מצותיך לב, ב. סה״מ תרס״ט ע׳ קכג.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Après la faute, l’homme est intérieurement mêlé de bien et de mal ; sa vie est donc une lutte où tantôt l’un prévaut, tantôt l’autre. Sa tâche est de « travailler la terre dont il a été pris » : s’engager dans le monde matériel, y manger et y travailler, et, par la prière (« le moment de la prière est le moment du combat »), le Chema et les mitsvot, raffiner et élever les étincelles de sainteté qui s’y trouvent. L’histoire d’Adam enseigne aussi la prudence : Adam chuta en acceptant simplement de regarder dans les chambres de l’impureté.
Questions à discuter
- Quelle est la différence entre la connaissance enveloppante et la connaissance intérieure, et pourquoi connaître le mal nuit-il à l’homme mais pas aux anges ?
- Pourquoi la vie éternelle provenant de l’Arbre de Vie aurait-elle été nuisible après la faute, et quel est le lien avec le fait que Kéter soit une « simple miséricorde » ?
- Comment l’image d’une chandelle devant une torche décrit-elle la manière dont le monde devait être raffiné à l’origine, et en quoi diffère-t-elle du raffinement « par la lutte » ?
- Pourquoi 'Hokhma est-elle appelée « jugement », et qu’est-ce que cela nous apprend sur la souffrance et la purification ?
- En quel sens le serpent a-t-il dit la vérité, et où résidait sa ruse ?