Torah Ohr · Parshas Toldos · Maamar 2
מים רבים לא יוכלו לכבות את האהבה וגו׳…
Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour
L’idée centrale
L’amour de l’âme pour D.ieu ne peut être satisfait par aucune compréhension révélée, pas même par les délices du Gan Eden (les « fleuves ») ; seule l’essence même de D.ieu peut l’apaiser, la « source » cachée, qui est attirée ici-bas par la Torah et les mitsvot pratiques, après que l’âme animale a été raffinée.
Le maamar en bref
Le maamar explique le verset : « Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour… si un homme donnait toute la fortune de sa maison pour l’amour, boz yavuzu lo. » La Torah possède une « source » cachée, la sagesse inconnaissable de D.ieu, et des « fleuves » révélés, la compréhension de ses secrets dont les âmes jouissent au Gan Eden. Ces fleuves, les « grandes eaux », ne peuvent satisfaire l’amour de l’âme, qui désire D.ieu Lui-même. C’est ce que Rivka attire ici-bas, elle qui « descendit à la source et remplit sa cruche » (kadah, les vingt-quatre livres des Écritures). Pour expliquer qui est Rivka, l’Alter Rebbe explique qui est Its’hak : le rire et le délice futurs, qui viennent par le Nom Elokim, lequel voile, lorsque la création distincte s’annule. Rivka, une « paire » sous un joug, représente les émotions raffinées et unifiées de l’âme animale ; leur élévation attire ici-bas la révélation d’« Anochi » par les mitsvot, ce que les anges ne peuvent accomplir. « La fortune de Sa maison » désigne le délice supérieur caché dans la Torah, et « boz yavuzu » devient le « butin » ardemment convoité de ce trésor, auquel fait aussi allusion la libation d’eau de Souccot. Le maamar se termine par le Psaume 93 et la révélation future d’Arikh Anpin, « un jour qui est entièrement long ».
Plan
- La source et le fleuveLa Torah possède une source cachée et des fleuves révélés ; les fleuves du Gan Eden ne peuvent satisfaire l’amour de l’âme, que seule apaisera la source révélée dans le futur et attirée ici-bas dès maintenant par la Torah et les mitsvot.¶1–2
- Its’hak : le rire par ElokimIts’hak représente le délice futur, qui vient par le voilement du Nom Elokim, lorsqu’un « quelque chose » créé s’annule ; il se révélera lorsque le travail de raffinement sera achevé.¶3–5
- Rivka : la paire sous le jougRivka représente les émotions raffinées et unifiées de l’âme animale, dont la racine se trouve dans le Char. Leur élévation attire ici-bas « Anochi » par les mitsvot physiques, ce que les anges ne peuvent accomplir.¶6–9
- L’amour que les eaux ne peuvent éteindreLa méditation dans le Chema éveille un amour sans limites que ni la méditation ni le Gan Eden ne peuvent satisfaire ; seules la Torah et les mitsvot, qui saisissent l’essence de D.ieu, le peuvent.¶10–11
- La fortune de Sa maison« Si un homme donnait » est la promesse certaine de D.ieu de donner Son trésor le plus intime, attiré ici-bas dès maintenant par les mitsvot et les bénédictions ; c’est le délice supérieur caché dans la Torah, les 310 mondes issus de la lettre aleph.¶12–19
- Le trésor mis au pillage« Boz yavuzu » désigne un butin pris avec empressement : la joie de l’âme dans la Torah et les mitsvot. La source, bien qu’elle semble plus petite, est la véritable origine ; la libation d’eau de Souccot y fait allusion.¶20–25
- Le Psaume 93 et le long jourLes fleuves élèvent leur voix dans l’ascension et reçoivent la récompense de la Lumière infinie dans la Torah ; le « jour qui est entièrement long » à venir est la révélation d’Arikh Anpin, à laquelle fait allusion la coupe du Machia’h.¶26–31
Notions clés
- La source et le fleuveמעיין ונהר
- La source est l’origine cachée, la sagesse inconnaissable de D.ieu ; le fleuve est son écoulement révélé, mesuré selon chaque réceptacle. La source semble plus petite parce qu’elle est plus proche de D.ieu et davantage annulée, mais elle est l’origine de tous les fleuves.
- Le Nom Elokimשם אלקים
- Le Nom qui voile la puissance créatrice de Havaya, faisant apparaître la création comme distincte. Du fait de ce voilement, l’annulation de la création constitue une nouveauté qui procure un délice à D.ieu.
- Le raffinement de l’âme animaleבירור נפש הבהמית
- Le travail essentiel consiste à transformer l’obscurité en lumière ; l’âme divine n’a pas besoin d’être rectifiée. Lorsque les émotions de l’âme animale sont raffinées et unifiées, leur racine élevée élève l’âme divine et attire ici-bas l’essence de D.ieu.
- Anochiאנכי
- « Moi », l’essence même de D.ieu, la Cause de toutes les causes. Le maamar interprète « que Je t’ordonne » comme désignant l’essence attirée ici-bas par les mitsvot.
- La fortune de Sa maisonהון ביתו
- Le trésor le plus intime de D.ieu, le délice supérieur caché dans les lettres de la Torah, qui sera révélé ouvertement dans le futur.
- Arikh Anpinאריך אנפין
- La « Longue Face », un niveau de lumière divine cachée qui peut s’étendre jusqu’au monde physique et y être présente de façon égale ; sa révélation constitue le « jour qui est entièrement long » à venir.
La source et le fleuve ¶1–2
1מים רבים12 לא יוכלו לכבות את האהבה וגו׳ עד בוז יבוזו לו. ובזוהר ח״ג דנ״ד ע״ב מים רבים דא הוא נהר עלאה דמניה נפקין נהרין לכל עיבר כו׳.
« De grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour, etc. », jusqu’à « on le mépriserait souverainement ». Et dans le Zohar, vol. 3, p. 54b : « “De grandes eaux” : c’est le fleuve supérieur, duquel des fleuves jaillissent de tous côtés, etc. »
Le maamar s’ouvre sur le verset du Cantique des Cantiques au sujet d’un amour que « de grandes eaux » ne peuvent éteindre, puis cite l’interprétation du Zohar : ces « grandes eaux » sont un fleuve supérieur unique qui alimente tous les autres fleuves. Tout le discours s’interrogera sur la nature de ces eaux et de ces fleuves, ainsi que sur l’amour qu’ils ne peuvent éteindre.
והנה הנהרות נמשכים מן המעיינות3 שהמעיינות נובעים מן התהום ומהם נמשכים הנהרות וכמ״ש השולח מעינים4 בנחלים והמעיינות נובעים מתחת לארץ אבל הנהרות נמשכים בגלוי ע״פ כל הארץ לכך התורה שנמשלה למים
Or, les fleuves proviennent des sources : les sources jaillissent des profondeurs et les fleuves en découlent, comme il est écrit : « Il envoie des sources dans les torrents. » Les sources jaillissent de sous la terre, tandis que les fleuves s’écoulent à découvert sur toute la surface de la terre. C’est pourquoi la Torah, qui est comparée à l’eau,
Une source et un fleuve diffèrent en ceci : la source jaillit secrètement sous terre, tandis que le fleuve coule à découvert à travers le pays ; les fleuves tirent leur eau des sources. Cette image naturelle va être appliquée à la Torah, que les Écritures comparent à l’eau.
כמ״ש הוי כל צמא לכו למים5 יש בה בחי׳ מעיין והוא כמאמר חכים ולא בחכמה ידיעא6 שאינו מושג כלל כמשל המעיין שנובע מתחת לארץ ואינו ניכר ונגלה כ״כ ויש בה בחי׳ נהרות
comme il est écrit : « Ho, vous tous qui avez soif, venez à l’eau », comporte l’aspect d’une source. Cela correspond à l’expression : « Sage, mais non par une sagesse connaissable » : cela n’est nullement saisissable, à l’image de la source qui jaillit sous la terre et n’est pas tellement visible ni révélée. Elle comporte aussi l’aspect des fleuves,
La Torah possède une dimension de « source » : elle a pour origine la sagesse propre de D.ieu, décrite dans les Tikkouné Zohar comme « sage, mais non par une sagesse connaissable », une sagesse qu’aucun esprit créé ne peut saisir, cachée comme l’eau sous la terre. Elle possède aussi une dimension de « fleuve », qui sera décrite ensuite.
וכמ״ש ונהר יוצא מעדן7 להשקות את הגן כו׳ שזיו השכינה המתגלה בג״ע בהשגת רזין דאורייתא נמשך מבחי׳ נהר היוצא מעדן כו׳ ונמשך ומתחלק לכמה בחי׳ נהרות והמשכות פרטיים לכל אחד כפי השגתו כו׳.8
comme il est écrit : « Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin, etc. » : le rayonnement de la Chekhina (Présence divine) qui se révèle au Gan Eden, dans la compréhension des secrets de la Torah, provient de l’aspect du « fleuve qui sortait d’Éden, etc. » ; il se prolonge et se divise en de nombreux niveaux de fleuves et en des flux particuliers, pour chacun selon sa compréhension, etc.
Le « fleuve » est la Torah telle qu’elle se révèle : la compréhension des secrets de la Torah dont les âmes jouissent au Gan Eden, le rayonnement de la Chekhina. Un fleuve unique se ramifie en de nombreux cours d’eau, de sorte que chaque âme reçoit selon sa capacité propre de compréhension.
L’introduction met en place l’image centrale du maamar : la Torah possède une « source » cachée (la sagesse propre de D.ieu, inconnaissable) et des « fleuves » révélés (la compréhension de ses secrets au Gan Eden) ; les « grandes eaux » du verset sont ces fleuves.
La distinction entre la source (maayan) et le fleuve (nahar) traverse tout le maamar : le fleuve est une révélation mesurée selon le réceptacle qui la reçoit, tandis que la source est plus proche de l’Essence et, de ce fait, moins visible. La note de Kehot renvoie à Or HaTorah sur le Cantique des Cantiques, où cette différence est traitée plus en détail.
Maré mekomot
- 1מים רבים · הנחת כ״ק אדה״א בסה״מ תקס״ט ע׳ א. (באחד מהכת״י נרשם ”תורה הנאמרה שבת שלפני פורים על חתונת נכדו תקסטי״ת”. ובאוה״ת יתרו ע׳ תתיד מצויין ”עיין בהביאור ע״פ מים רבים לא יוכלו כו׳ (דחתונת ב״ד ר׳ בער)”. ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. לכללות מאמר זה ראה ד״ה זה ש״פ תולדות תשי״ז לכ״ק אדמו״ר זי״ע (נדפס בסה״מ מלוקט ח״א).
- 2מים רבים · Song of Songs 8:7
- 3והנה הנהרות נמשכים מן המעיינות · ההפרש בין נהר למעיינות — ראה אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תנה.
- 4השולח מעינים · Psalms 104:10
- 5הוי כל צמא לכו למים · Isaiah 55:1
- 6חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar, Patach Eliyahu · 17b:3–4
- 7ונהר יוצא מעדן · Genesis 2:10
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2ולכן נק׳ נהר לפי שבא ונמשך בגילוי להיות מושג לצדיקים וע״ז נאמר מים רבים לא יוכלו לכבות1 את האהבה של כנס״י להקב״ה
C’est pourquoi il est appelé « fleuve » : il vient et se prolonge de manière révélée, de sorte qu’il puisse être saisi par les tsadikim. C’est à ce propos qu’il est dit : « De grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour » de l’Assemblée d’Israël pour le Saint béni soit-Il.
Le niveau révélé est appelé « fleuve » parce qu’il s’écoule à découvert et peut être compris par les tsadikim. Pourtant, le verset dit que même ces « grandes eaux » ne peuvent éteindre l’amour du peuple juif, l’Assemblée d’Israël, pour D.ieu.
כי עם היות שזהו גילוי מדריגות עליונות מאד עכ״ז לא ישקיטו את האהבה שהנפש לא תתמלא ותתרוה צמאונה ע״י גילוי זה לבד
Car, bien qu’il s’agisse de la révélation de niveaux très élevés, ils n’apaiseront néanmoins pas cet amour : l’âme ne sera pas comblée et sa soif ne sera pas étanchée par cette seule révélation.
Aussi élevée que soit cette révélation, elle ne peut satisfaire l’amour de l’âme ; la soif de l’âme aspire à davantage que ce que peut lui donner toute compréhension révélée.
וכמ״ש מי לי בשמים2 ועמך לא חפצתי בארץ כי שמים וארץ הם ג״ע העליון והתחתון שבו מתענגים הנשמות ע״י נהר היוצא מעדן כו׳ ועכ״ז מי לי בשמים כו׳ כי ג״עהוא רק לפי שעה
Comme il est écrit : « Qui ai-je dans les cieux ? Et avec Toi, je ne désire rien sur la terre. » Car les « cieux » et la « terre » désignent le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur, où les âmes se délectent grâce au « fleuve qui sortait d’Éden, etc. » ; et pourtant, « Qui ai-je dans les cieux ? etc. », car le Gan Eden n’est que temporaire.
Le psaume dit : « Qui ai-je dans les cieux ? » L’âme veut D.ieu Lui-même, et non les cieux ni la terre. L’Admour Hazaken interprète les « cieux » et la « terre » comme le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur, où les âmes se délectent du flux du « fleuve », et souligne que le Gan Eden n’est de toute façon qu’une étape temporaire.
אבל עיקר הגילוי יהיה לע״ל בתח״ה וכמ״ש ומעין יצא מבית3 ה׳ שזהו למעלה מעלה מבחי׳ נהר כו׳
Mais la révélation essentielle aura lieu dans les temps futurs, à la Résurrection des morts, comme il est écrit : « Une source jaillira de la Maison de D.ieu » ; elle est infiniment supérieure au niveau d’un fleuve, etc.
La révélation essentielle viendra après la Résurrection des morts ; le prophète Yoël la décrit comme une « source » jaillissant de la Maison de D.ieu. La source, l’origine, est bien supérieure au fleuve qui en découle.
והיינו ע״י עסק התורה ומצות שעז״נ ותרד העינה4 ותמלא כדה הם כ״ד ספרין דאורייתא56 שהם נמשכים מבחי׳ המעיין בחי׳ חכים ולא בחכמה ידיעא7 שעיקר גילוי זה יהיה לע״ל:
Cela se réalise par l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, à propos desquels il est dit : « Elle descendit à la source et remplit sa cruche » : cela désigne les vingt-quatre livres de la Torah, qui proviennent du niveau de la source, de l’aspect « sage, mais non par une sagesse connaissable » ; cette révélation essentielle aura lieu dans les temps futurs.
Cette révélation future issue de la source est suscitée dès à présent par l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot. Le verset concernant Rivka — « elle descendit à la source et remplit sa cruche » — y fait allusion : le mot hébreu pour « sa cruche », kadah, s’écrit avec les lettres kaf-dalet (vingt-quatre) et hé, allusion aux vingt-quatre livres des Écritures, qui proviennent du niveau caché de « source ».
Ce paragraphe interprète le verset : les « grandes eaux » de la sagesse divine révélée au Gan Eden ne peuvent satisfaire l’amour de l’âme. Celui-ci ne sera étanché que par la « source » révélée dans les temps futurs et attirée dès à présent par la Torah et les mitsvot.
La lecture de kadah (« sa cruche ») comme allusion aux vingt-quatre livres des Écritures vient des Tikkouné Zohar, comme l’indique la note de Kehot. Le Torah ‘Hayim du Rabbi précédent sur ‘Hayé Sara développe longuement le thème de Rivka puisant à la source.
Maré mekomot
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- 2מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 3ומעין יצא מבית ה׳ · Joel 4:18
- 4ותרד העינה · Genesis 24:16
- 5ותמלא כדה הם כ״ד ספרין דאורייתא · Tikkunei Zohar, Tikkun 21 · 47a:12–14
- 6ותמלא כדה הם כ״ד ספרין דאורייתא · Tikkunei Zohar 46b:21–22
- 7מבחי׳ המעיין בחי׳ חכים ולא בחכמה ידיעא · ראה אוה״ת דרושים ליוהכ״פ ע׳ א׳תתקצח.
Its’hak : le rire par Elokim ¶3–5
3אך הנה כדי להיות המשכה וגילוי זה ע״י תומ״צ מעשיות עז״נ ותרד העינה ותמלא כדה1 שזהו ע״י רבקה אמנו שהיא היא אשר ביכולתה להיות ותמלא כדה כו׳.
Or, afin que cette attraction et cette révélation puissent se réaliser par la Torah et les mitsvot pratiques, il est dit à ce propos : « Elle descendit à la source et remplit sa cruche » ; cela se fait par notre mère Rivka, car c’est elle qui a le pouvoir de faire en sorte que « sa cruche soit remplie », etc.
La révélation de la source est attirée par la Torah et les mitsvot pratiques, et le verset en attribue le mérite à Rivka : c’est elle qui peut descendre à la source et remplir la cruche. La question est donc de savoir ce que représente Rivka.
ולהבין מהו בחי׳ רבקה י״ל תחלה ענין בחי׳ יצחק כי הנה יצחק הוא לשון צחוק ותענוג והוא גילוי תענוג העליון לצדיקים לע״ל כמ״ש לויתן זה יצרת2 לשחק בו.
Pour comprendre ce qu’est l’aspect de Rivka, il faut d’abord expliquer l’aspect de Yits’hak. En effet, « Yits’hak » exprime le rire et le plaisir ; il désigne la révélation du plaisir supérieur aux tsadikim dans les temps futurs, comme il est écrit : « Ce Léviathan que Tu as créé pour jouer avec lui. »
Pour expliquer Rivka, l’Admour Hazaken commence par expliquer Yits’hak, dont le nom signifie « il rira ». Le rire exprime le plaisir, et Yits’hak représente le plaisir supérieur qui sera révélé aux tsadikim dans les temps futurs, auquel fait allusion le Léviathan que D.ieu a créé « pour jouer avec lui ».
Ce paragraphe passe du verset aux figures de Rivka et de Yits’hak : Rivka attire la source, tandis que Yits’hak représente la révélation future du plaisir divin.
Le Léviathan créé « pour jouer avec lui » renvoie à l’enseignement des Sages selon lequel les tsadikim festoieront du Léviathan dans les temps futurs, symbole du plaisir qui sera alors révélé.
Maré mekomot
- 1
- 2לויתן זה יצרת · Psalms 104:26
C’est pourquoi Yits’hak est à un temps futur : l’expression « D.ieu a fait pour nous une source de rire » signifie que ce niveau, la révélation du plaisir, est attiré par le Nom Elokim.
Le nom Yits’hak est au futur : « il rira ». Sara dit : « D.ieu a fait pour moi une source de rire », et l’Admour Hazaken relève que le Nom employé est Elokim : le plaisir advient précisément par l’intermédiaire du Nom qui voile.
והענין כי שמש ומגן2 הוי״ה אלקים ששם אלקים הוא המגן ונרתק על שם הוי״ה המהוה מאין ליש שהנרתק הוא כסוי והעלם שלא יהי׳ גילוי שם הוי״ה
L’explication est la suivante : « Car le soleil et le bouclier sont Havaya et Elokim. » Le Nom Elokim est le bouclier et le fourreau qui recouvrent le Nom Havaya, lequel fait exister l’être à partir du néant. Le fourreau est en effet une couverture et un voile, afin que le Nom Havaya ne se révèle pas
Havaya est le Nom qui fait exister toute chose à partir du néant ; Elokim est un « bouclier » ou un « fourreau » qui le recouvre, comme le psaume les associe. Le fourreau voile, de sorte que la puissance créatrice de Havaya n’est pas ouvertement visible.
רק ע״י לבוש והנרתק המסתיר עליו וכמשל אור וזיו השמש המאיר דרך מסך ופרגוד כמ״ש במ״א ע״פ והבדילה הפרכת3 כו׳
autrement que par un vêtement et un fourreau qui le dissimulent, à l’image de la lumière et du rayonnement du soleil qui éclairent à travers un écran et un rideau, comme cela est expliqué ailleurs à propos du verset : « Le rideau séparera, etc. »
Tout comme on ne peut regarder le soleil qu’à travers un écran, la lumière de Havaya n’atteint la création qu’à travers le voile d’Elokim. L’Admour Hazaken renvoie à une explication plus détaillée, dans un autre maamar, du rideau du Sanctuaire.
ומחמת נרתק ומגן זה נעשו הנבראים בחי׳ יש ודבר נפרד ובהתרבות הלבושים ע״י ק״ך צירופי אלקים456 נמשך למטה בעשייה החשך וההסתר ביותר ועל כן ירדה הנשמה למטה להיות עובד אלקים
Du fait de ce fourreau et de ce bouclier, les êtres créés sont devenus un être et une entité distincte ; et, à mesure que les vêtements se multiplient par les 120 combinaisons d’Elokim, l’obscurité et le voile se prolongent toujours davantage vers le bas, dans Assiya. C’est pourquoi l’âme est descendue ici-bas afin d’être « un serviteur de D.ieu »,
À cause de ce voile, les créatures se perçoivent comme des entités indépendantes. Le voile se multiplie par les 120 combinaisons des lettres d’Elokim et atteint son intensité maximale dans notre monde physique. C’est pourquoi l’âme est descendue : pour être « un serviteur de D.ieu » et œuvrer au sein même de ce voile.
דהיינו לעבוד ולתקן7 את בחי׳ החשך וההסתר הנמשך משם אלקים לאהפכא חשוכא לנהורא וזהו אשר ברא אלקים לעשות8 ופי׳ במדרש לעשות לתקן.9
c’est-à-dire pour travailler à rectifier l’obscurité et le voile provenant du Nom Elokim, afin de transformer l’obscurité en lumière. C’est là le sens de « que D.ieu a créé pour faire », que le Midrach explique par « faire : rectifier ».
La tâche de l’âme est de transformer l’obscurité en lumière. Le verset dit que D.ieu a créé « pour faire », et le Midrach interprète « faire » comme « rectifier » : la création a été laissée à notre soin afin que nous l’achevions.
(והיינו לתקן) ההסתר הנמשך משם אלקים והוא ע״י בטול היש לאין10 שעי״ז אתהפכא חשוכא לנהורא. והיינו ע״י מס״נ בתפלה וע״י תומ״צ.
(C’est-à-dire : rectifier) le voile provenant du Nom Elokim ; cela se fait par l’annulation de l’être dans le néant, par laquelle l’obscurité est transformée en lumière. Cela s’accomplit par le sacrifice de soi (messirout néfech) dans la prière, ainsi que par la Torah et les mitsvot.
La rectification se produit lorsque l’« être » s’annule devant D.ieu et que l’obscurité est transformée en lumière. Concrètement, cela s’accomplit par le sacrifice de soi dans la prière et par la Torah et les mitsvot.
וזהו צחוק עשה לי11 אלהים שעיקר הצחוק ותענוג העליון נמשך ע״י שם אלקים כמשל הצחוק שעושים השרים שהוא מדבר חדש12
Tel est le sens de « Elokim a fait pour moi une source de rire » : l’essence du rire et du plaisir supérieur est attirée par le Nom Elokim, à l’image du rire que suscitent les princes, qui provient d’une nouveauté,
L’Admour Hazaken explique maintenant pourquoi le rire vient par Elokim : on rit de ce qui est nouveau et inattendu, comme des spectacles inédits organisés pour les nobles.
כמו מלחמת הארי עם חיה אחרת שמההתחדשות נמשך הצחוק והתענוג כך בחי׳ בטול היש לאין זהו ההתחדשות שהנברא שנעשה יש ודבר נפרד יוכל לבטל א״ע.
comme le combat d’un lion contre une autre bête, dont le caractère inhabituel suscite le rire et le plaisir. De même, l’aspect de l’annulation de l’être dans le néant constitue une nouveauté : une créature devenue un être et une entité distincte peut s’annuler elle-même.
Un lion combattant une autre bête réjouit les spectateurs parce que la scène sort de l’ordinaire. De même, la véritable nouveauté est qu’une créature qui se sent distincte puisse s’annuler devant D.ieu ; cette surprise procure du plaisir à D.ieu.
משא״כ אם לא היה שם אלקים מסתיר לא היה נמשך בחי׳ צחוק ותענוג זה כלל א״כ עיקר הצחוק והתענוג עשה לנו השם אלקים המסתיר ומעלים שבסבתו נמשך התענוג והיינו ע״י בטול היש לאין.
En revanche, si le Nom Elokim ne voilait pas, ce niveau de rire et de plaisir ne pourrait nullement être attiré. Ainsi, l’essence du rire et du plaisir a été suscitée pour nous par le Nom Elokim, qui voile et dissimule ; c’est grâce à lui que le plaisir est attiré, c’est-à-dire par l’annulation de l’être dans le néant.
Sans le voile d’Elokim, il n’existerait aucun « être » indépendant à annuler, et il n’y aurait donc ni nouveauté ni plaisir. Le Nom même qui dissimule D.ieu rend possible ce rire.
Ce paragraphe explique pourquoi le rire de Yits’hak advient par le Nom Elokim : le voile crée un monde qui se ressent comme distinct, et le plaisir naît lorsque ce monde s’annule devant D.ieu. Cette nouveauté n’est possible que grâce au voile.
La note de Kehot renvoie à Chaar HaYi’houd VehaEmouna (à partir du chapitre 4) au sujet de Havaya et Elokim, comparés au soleil et au bouclier. Les 120 combinaisons d’Elokim sont abordées dans le Etz ‘Hayim de l’Arizal. La parabole de la nouveauté présentée à un roi apparaît dans Likkutei Torah, Bamidbar : rien ne manque au palais, et seul un élément nouveau, comme un oiseau parlant, peut susciter le plaisir du roi.
Maré mekomot
- 1יצחק הוא לשון עתיד · ”כי היו״ד משמש על להבא” סה״מ תקס״ט ע׳ ב. ראה שיחת מוצאי ש״פ חיי שרה ה׳תשל״ח סמ״א (בקונטרסים חורף ה׳תשל״ח ע׳ 95).
- 2כי שמש ומגן הוי׳ אלקים · Psalms 84:12
- 3כמ״ש במ״א ע״פ והבדילה הפרכת · לעיל יב, ג.
- 4ק״ך צירופי אלקים · ע״ח שערי הזיווגים שט״ו פ״ו. שער השמות שמ״ד פ״א.
- 5ק״ך צירופי אלקים · Sefer Etz Chaim 15:6
- 6ק״ך צירופי אלקים · Sefer Etz Chaim 44:2
- 7להיות עובד אלקים דהיינו לעבוד ולתקן · באוה״ת בלק ע׳ א׳כ מציין לכאן.
- 8אשר ברא אלקים לעשות · Genesis 2:3
- 9ברא אלקים לעשות . . לתקן · ראה פירש״י לב״ר פ׳ יא, ו.
- 10ההסתר הנמשך משם אלקים והוא ע״י בטול היש לאין · ראה לקמן נד, ב. לקו״ת אמור לז, א. פנחס עז, ג. שה״ש סז, ב. אוה״ת בא ע׳ רנה ובכ״מ.
- 11
- 12שהוא מדבר חדש · ראה לקו״ת במדבר כ, א.
5והנה עיקר הצחוק והתענוג מתגלה כשנשלם הבירור והתקון דשם אלקים וכמו במע״ב כתיב וירא אלקים את כל אשר עשה1
Or, l’essence du rire et du plaisir se révèle lorsque l’affinement et la rectification du Nom Elokim sont achevés. Ainsi, dans l’Œuvre de la Création, il est écrit : « Elokim vit tout ce qu’Il avait fait,
Le plaisir entier ne se révèle qu’une fois achevée l’œuvre d’affinement et de rectification du voile d’Elokim. Le récit de la Création le montre : D.ieu ne « vit tout ce qu’Il avait fait » qu’à la fin des six jours.
והנה טוב מאד ויכולו השמים2 שבגמר כל המלאכה נתגלה התענוג משא״כ בעוד שלא נגמרה המלאכה אין התענוג מתגלה כ״א הוא עוסק לגמור המלאכה.
et voici, cela était très bon », et « les cieux furent achevés » : lorsque toute l’œuvre fut terminée, le plaisir se révéla ; tant que l’œuvre n’était pas achevée, le plaisir ne se révélait pas, car l’ouvrier était occupé à terminer le travail.
Le plaisir ne se révéla qu’après « cela était très bon » et « les cieux furent achevés ». Tant que le travail se poursuit, l’ouvrier est occupé à l’achever et son plaisir ne se manifeste pas encore.
כך עד״ז עכשיו העסק הוא להיות עובד אלקים לאהפכא חשוכא לנהורא ובגמר ושלימות הבירורים אזי
De même, à présent, la tâche consiste à être « un serviteur de D.ieu », à transformer l’obscurité en lumière ; et lorsque l’affinement sera achevé et parfait, alors
Notre époque est celle du travail : être « un serviteur de D.ieu » et transformer l’obscurité en lumière. Le plaisir se manifestera lorsque tous les affinements seront achevés.
כתיב ותחדש פני אדמה3 ישמח ה׳ במעשיו ויהיה גילוי הצחוק והתענוג ולכן נק׳ יצחק ע״ש העתיד שלעתיד יהיה גילוי צחוק ותענוג זה:4
il est écrit : « Tu renouvelleras la face de la terre », « D.ieu se réjouira de Ses œuvres », et le rire et le plaisir se révéleront. C’est pourquoi il est appelé Yits’hak, d’après l’avenir : dans les temps futurs, ce rire et ce plaisir se révéleront.
Alors s’accompliront les versets : « Tu renouvelleras la face de la terre » et « D.ieu se réjouira de Ses œuvres ». Voilà pourquoi le nom Yits’hak, « il rira », est au futur : le rire et le plaisir appartiennent aux temps futurs.
Ce paragraphe explique pourquoi le plaisir de Yits’hak est futur : il ne se révèle qu’une fois achevée l’œuvre d’affinement, tout comme le plaisir de la Création ne se manifesta qu’à son terme.
Maré mekomot
- 1וירא אלקים את כל אשר עשה · Genesis 1:31
- 2ויכולו השמים · Genesis 2:1
- 3ותחדש פני אדמה · Psalms 104:30
- 4ישמח ה׳ במעשיו · Psalms 104:31
Rivka : la paire sous le joug ¶6–9
6והנה ביצחק כתיב והנה יצחק מצחק1 את רבקה אשתו2. פי׳ שכל הצחוק ותענוג עליון דיצחק הנ״ל הוא נמשך ע״י רבקה אשתו.
Or, au sujet de Yits’hak, il est écrit : « Voici que Yits’hak jouait avec Rivka, sa femme. » Cela signifie que tout le rire et le plaisir supérieur de Yits’hak évoqués plus haut sont attirés par l’intermédiaire de Rivka, sa femme.
Le verset « Yits’hak jouait avec Rivka, sa femme » montre que le rire et le plaisir de Yits’hak adviennent par l’intermédiaire de Rivka. L’Admour Hazaken va maintenant expliquer ce que représente Rivka.
כי הנה עיקר בחי׳ אתהפכא חשוכא לנהורא הוא שייך בנה״ב שבאדם שהיא צריכה בירור ותקון לעשות לתקן משא״כ הנשמה עצמה א״צ תקון.3
En effet, l’essentiel de l’aspect de la transformation de l’obscurité en lumière concerne l’âme animale de l’homme, qui a besoin d’être affinée et rectifiée, « de faire », c’est-à-dire « de rectifier » ; l’âme elle-même, en revanche, n’a pas besoin de rectification.
La transformation de l’obscurité en lumière consiste principalement à affiner l’âme animale, la vie naturelle et égocentrique de l’homme. L’âme divine elle-même n’a pas besoin de rectification ; elle est descendue uniquement pour affiner l’âme animale.
ונה״ב שרשה מחיות המרכבה פני שור4 וכו׳ וכמו שיש כח בהמרכבה להיות והחיות נושאות את הכסא כך יש כח בנה״ב להיות בה
L’âme animale a pour racine la force vitale des ‘Hayot du Char, la face du bœuf, etc. De même que le Char possède la force de faire que « les ‘Hayot portent le Trône », l’âme animale possède la force de soulever
L’âme animale a pour racine la « face du bœuf » parmi les ‘Hayot, les créatures saintes du Char d’Ézéchiel, qui portent le Trône divin. Tout comme ces créatures élèvent le Trône, l’âme animale, une fois affinée, peut élever l’âme divine.
וע״י עליות לנה״א והיינו אחר הבירור של נה״ב משום ששרשה גבוה מאד נעלה מלפני מלך כו׳:
et d’élever l’âme divine — c’est-à-dire après l’affinement de l’âme animale — car sa racine est extrêmement élevée, « d’avant le Roi, etc. ».
Une fois affinée, l’âme animale devient une source d’élévation pour l’âme divine, car sa racine est extrêmement élevée, « d’avant le Roi ».
Ce paragraphe identifie l’origine du plaisir : l’affinement de l’âme animale, qui a sa racine dans les ‘Hayot du Char et qui, une fois affinée, élève l’âme divine.
L’idée que l’âme elle-même n’a pas besoin de rectification et qu’elle descend uniquement pour affiner le corps et l’âme animale apparaît dans le Tanya, chapitre 37, qui s’appuie sur Etz ‘Hayim, cha’ar 26. Ce chapitre explique également que la révélation ultime de la Lumière infinie dans le monde physique dépend de notre travail pendant l’exil.
Maré mekomot
- 1והנה יצחק מצחק · Genesis 26:20
- 2
- 3הנשמה עצמה א״צ תיקון · Tanya, Likkutei Amarim 37:18
- 4פני שור · Ezekiel 1:10
7ובזה יובן ענין בחי׳ רבקה שהוא מלשון רבקות של שלש שלש בקר1 או של ארבע ארבע דהפי׳ הוא חבור וקשור של שלש או ארבע בהמות
Et par là s’éclaire le niveau de Rivka. Son nom vient du terme « rivkot », trois bœufs par trois, ou quatre par quatre, car il désigne l’union et l’attelage de trois ou quatre animaux.
Le nom Rivka est lié au mot talmudique « rivka », une attelée de trois ou quatre bœufs réunis sous un même joug. Le nom désigne donc la réunion de plusieurs animaux en une seule unité de travail.
יחדיו נק׳ רבקה וכך הוא בענין חיות המרכבה כשהן כלולים ומתייחדים יחד להיות והחיות נושאות הן בחי׳ רבקה של שלש שלש בקר שהוא התכללות חג״ת פני ארי׳ מבחי׳ חסד.
ensemble ; c’est ce qu’on appelle une « rivka ». Il en va de même des ‘Hayot du Char : lorsqu’elles sont incluses les unes dans les autres et unies ensemble, de sorte que « les ‘Hayot portent », elles constituent le niveau d’une « rivka » de trois bœufs par trois, c’est-à-dire l’inclusion réciproque de ‘Hessed, Guevoura et Tiferet : la face du lion relève du niveau de ‘Hessed,
Les ‘Hayot, les créatures saintes du Char d’Ézéchiel, portent le Trône lorsqu’elles sont réunies en une seule attelée. Lorsqu’elles sont trois, elles correspondent aux trois attributs émotionnels que sont ‘Hessed, Guevoura et Tiferet, chacun représenté par une « face » : la face du lion correspond à ‘Hessed.
Ce paragraphe donne la clé de Rivka : son nom évoque une attelée d’animaux et, dans les mondes supérieurs, les créatures du Char réunies en ‘Hessed, Guevoura et Tiferet.
La note de Kehot indique que le Likkutei Torah sur le Chir Hachirim renvoie à ce passage et que le Or HaTorah sur Korach traite du même terme.
Maré mekomot
- 1רבקות של שלש שלש בקר · Eruvin 17b:17–18
8ופני שור מבחי׳ גבורה כו׳. ולפעמים הן של ארבע ארבע שהוא בחי׳ פני אדם שבחיות המרכבה שהן ד׳ בחי׳ חגת״מ.
et la face du bœuf relève du niveau de Guevoura, etc. Parfois, elles sont quatre par quatre : c’est le niveau de la face de l’homme parmi les ‘Hayot du Char, car elles correspondent à quatre niveaux : ‘Hessed, Guevoura, Tiferet et Mal’hout.
La face du bœuf correspond à Guevoura. Parfois, l’attelée compte quatre animaux : s’ajoute alors la face de l’homme, qui correspond à Mal’hout. Les quatre faces représentent ainsi ‘Hessed, Guevoura, Tiferet et Mal’hout.
De même, nos Sages ont dit : « Les Patriarches sont eux-mêmes le Char » : ils correspondent aux trois niveaux de ‘Hessed, Guevoura et Tiferet, et David est la quatrième jambe, etc.
Les Sages disent que les Patriarches étaient le Char, c’est-à-dire qu’ils étaient entièrement soumis à la volonté de D.ieu. Avraham, Its’hak et Yaakov correspondent à ‘Hessed, Guevoura et Tiferet, et le roi David, qui incarne Mal’hout, est la quatrième jambe du Trône.
וז״ש במרכבת יחזקאל חוברות אשה אל אחותה3 שהן בבחי׳ חבור והתכללות שעי״ז דוקא והחיות נושאות כו׳
Et c’est ce qui est dit du Char d’Ye’hezkel : « jointes l’une à l’autre ». Elles sont dans un état d’union et d’inclusion réciproque, car c’est précisément ainsi que « les ‘Hayot portent, etc. »,
Ézéchiel décrit les ailes des créatures comme étant « jointes l’une à l’autre ». Leur capacité à porter le Trône vient précisément de leur union et de leur inclusion réciproque.
משום שע״י ההתכללות וחבור המדות יחדיו עי״ז מתעלים וממשיכים מבחי׳ עליונה מאד ששם כל המדות כלולים יחדיו (עמ״ש בפ׳ נח בענין זה).
car l’inclusion réciproque et l’union des attributs les élèvent et leur permettent de puiser à un niveau extrêmement élevé, où tous les attributs sont inclus ensemble (voir ce qui est expliqué à ce sujet dans la paracha Noa’h).
Lorsque les attributs s’unissent, ils s’élèvent et puisent à un niveau très élevé où ils ne font encore qu’un. L’Admour Hazaken renvoie à son développement sur ce sujet dans un maamar sur la paracha Noa’h.
ועד״ז יובן בעבודת ה׳ באדם כשיש בחי׳ התכללות המדות אהוי״ר והתעוררות רחמים על נפשו שירדה פלאים4 זהו נק׳ בחי׳ רבקה של שלש שלש בקר שמדות נה״ב מתבררים מק״נ ועולים לה׳.
De même, on comprendra cela dans le service de D.ieu de l’homme : lorsque les midot sont incluses les unes dans les autres — l’amour, la crainte et l’éveil de la compassion pour son âme, qui est descendue si bas —, cela s’appelle le niveau d’une « rivka » de trois bœufs par trois ; les midot de l’âme animale sont alors affinées en étant extraites de kelipat noga et s’élèvent vers D.ieu.
Il en va de même dans le service de D.ieu d’une personne. Lorsque l’amour, la crainte et la compassion pour sa propre âme, qui est tombée si bas, s’unissent, les émotions de l’âme animale sont affinées et extraites de kelipat noga, le domaine mêlé qui peut tendre vers le bien ou le mal, puis s’élèvent vers D.ieu. C’est une « rivka » de trois.
וזהו והנה רבקה יוצאת5 שיוצאת מק״נ ואתהפכא חשוכא לנהורא ולפעמים היא של ארבע ארבע בהתכללות מדת מל׳ שהוא בחי׳ בטול וקבלת עול ועבודת עבד כי העבודה והיראה הן שני מצות כו׳.
C’est là le sens de « Et voici que Rivka sortit » : elle sort de kelipat noga et l’obscurité se transforme en lumière. Parfois, elle est quatre par quatre, avec l’inclusion de l’attribut de Mal’hout, qui correspond à l’annulation de soi (bitoul), à l’acceptation du joug (kabbalat ol) et au service d’un serviteur ; car le service et la crainte sont deux mitsvot, etc.
« Rivka sortit » signifie qu’elle sort de kelipat noga et que l’obscurité devient lumière. Une « rivka » de quatre ajoute Mal’hout : l’annulation de soi, l’acceptation du joug et le service comme serviteur, distinct de la crainte, puisque le service et la crainte sont comptés comme deux mitsvot séparées.
וזהו שיצחק מצחק את רבקה אשתו6 דהיינו שבחי׳ יצחק שהוא התענוג שיתגלה לע״ל הרי הוא נמשך את רבקה אשתו
C’est là le sens de « Its’hak était en train de jouer avec Rivka, sa femme » : le niveau de Its’hak, qui est le plaisir qui se révélera dans le Monde futur, est attiré par « Rivka, sa femme »,
Cela explique pourquoi Its’hak « jouait avec Rivka » : le plaisir futur de Its’hak vient par Rivka, c’est-à-dire par les émotions affinées et unifiées de l’âme animale.
(שהוא בחי׳ בירור דשם ב״ן בגימ׳ בהמה דהיינו ע״י בירור נה״ב כשעולה למעלה מעלה להיות בבחי׳ רבקה כי למטה הוא ענפין מתפרדין אבל ע״י הברור אז נעשה התכללות כו׳)7
(c’est le niveau de l’affinement du Nom Ban, dont la valeur numérique est égale à celle de behema [animal] ; autrement dit, grâce à l’affinement de l’âme animale, lorsqu’elle s’élève toujours plus haut pour atteindre le niveau de Rivka. En bas, les branches sont séparées, mais l’affinement produit alors leur inclusion réciproque, etc.)
Le Nom Ban (Havaya épelé de manière à avoir la valeur numérique 52) a la même valeur que behema, « animal » ; le travail de Rivka consiste donc à affiner l’âme animale. En bas, les tendances de l’âme sont dispersées en « branches séparées » ; une fois affinées, elles s’unissent.
ולכן עי״ז דוקא ותרד העינה ותמלא כדה8 דהיינו שע״י בחי׳ בירור ובטול נפש הבהמית דוקא
C’est pourquoi, précisément par ce moyen, « elle descendit à la source et remplit sa cruche » : autrement dit, c’est précisément grâce à l’affinement et à l’annulation de l’âme animale,
Voilà pourquoi Rivka est celle qui « descendit à la source et remplit sa cruche » : l’influx d’en haut ne se produit qu’au moyen de l’affinement et de l’annulation de l’âme animale.
הנה ע״י העלאה זו נמשך להיות ירידה והמשכה בחי׳ ותמלא כדה היינו כ״ד ספרין דאורייתא.
cette élévation entraîne une descente et un influx, correspondant à « elle remplit sa cruche », c’est-à-dire aux vingt-quatre livres de la Torah.
L’élévation de l’âme animale entraîne une descente depuis les mondes supérieurs : la cruche se remplit, ce qui correspond aux vingt-quatre livres des Écritures.
כי הנה כל התורה נתלבשה בענינים גשמיים כמו מצות תרומות ומעשרות בצמח וזרע הארץ ומצות קרבנות בבע״ח
Car toute la Torah s’est revêtue de réalités matérielles, comme les mitsvot des prélèvements et des dîmes, liées aux plantes et aux semences de la terre, et la mitsva des sacrifices, liée aux animaux,
Les commandements de la Torah sont revêtus de réalités physiques : les dîmes et les prélèvements sacerdotaux proviennent des récoltes, et les sacrifices, des animaux.
ainsi que toutes les autres mitsvot. Tout cela provient de kelipat noga ; les mitsvot permettent de l’affiner et, par là, de faire descendre la révélation de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, « que Moi (Ano’hi) te commande ».
Toutes ces réalités matérielles proviennent de kelipat noga ; accomplir les mitsvot avec elles les affine et y fait descendre la révélation de D.ieu Lui-même, comme le dit le verset : « que Moi (Ano’hi) te commande ». Ce « Moi » désigne l’essence même de D.ieu.
Ce paragraphe applique l’image de l’attelée à l’âme : lorsque les émotions de l’âme animale sont affinées et unifiées avec l’amour, la crainte et l’acceptation du joug, elles s’élèvent ; cette élévation fait descendre la Torah et les mitsvot, avec la révélation de l’essence même de D.ieu.
Le lien entre le Nom Ban et behema reflète l’enseignement kabbalistique selon lequel l’âme animale et Mal’hout sont affinées ensemble ; la note de Kehot indique que cette explication entre parenthèses figure aussi dans Sefer HaMaamarim 5569. Le principe selon lequel une élévation d’en bas entraîne une descente d’en haut traverse tout le maamar.
Maré mekomot
- 1האבות הן הן המרכבה · נסמן לעיל ד, ג.
- 2ארז״ל האבות הן הן המרכבה · Bereshit Rabbah 47:6
- 3חוברות אשה אל אחותה · Ezekiel 1:9
- 4שירדה פלאים · Lamentations 1:9
- 5והנה רבקה יוצאת · Genesis 24:15
- 6יצחק מצחק את רבקה אשתו · Genesis 26:8
- 7(שהוא בחי׳ בירור דשם ב״ן . . התכללות כו׳) · ראה הג״ה זו בסה״מ תקס״ט ע׳ צ.
- 8ותרד העינה ותמלא כדה · Genesis 24:16
- 9אשר אנכי מצוך · Deuteronomy 6:6
- 10
9וזהו הנה אנכי נצב על עין המים1 דהיינו בבחי׳ ותרד העינה ותמלא כדה נמשך ממש בחי׳ אנכי שהוא סדכ״ס שממנו נמשך המעיין כו׳.
C’est là le sens de « Voici que Moi (Ano’hi) me tiens près de la source d’eau » : autrement dit, au niveau de « elle descendit à la source et remplit sa cruche », c’est le niveau même d’Ano’hi qui est attiré ; il est la Cause de toutes les causes, d’où jaillit la source, etc.
Éliézer dit : « Voici que Moi (Ano’hi) me tiens près de la source d’eau. » L’Admour Hazaken comprend « Ano’hi », « Moi », comme l’essence même de D.ieu, la Cause de toutes les causes, source de la source : lorsque Rivka puise à la source, ce niveau même est attiré.
ולכן כדי שיהי׳ המשכה זו גילוי אוא״ס ב״ה בדברים גשמיים שמק״נ הוא דוקא ע״י בירור נה״ב תחלה
C’est pourquoi, pour que cet influx — la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il — pénètre dans les réalités physiques issues de kelipat noga, il faut précisément commencer par affiner l’âme animale,
Pour que la lumière de D.ieu pénètre dans les réalités physiques, qui proviennent de kelipat noga, l’âme animale doit d’abord être affinée.
שהיא ג״כ מק״נ שאז אחר בירור והעלאה זו יוכל להיות המשכה וירידה זו (ועמ״ש כיוצא בזה ע״פ וספרתם לכם2 כו׳ וע״פ זכור את יום השבת).3
qui, elle aussi, provient de kelipat noga. Ce n’est qu’après cet affinement et cette élévation que cette descente et cet influx peuvent se produire. (Voir aussi ce qui est expliqué dans le même sens à propos du verset « Vous compterez pour vous-mêmes, etc. » et du verset « Souviens-toi du jour du Chabbat ».)
L’âme animale provient elle aussi de kelipat noga ; une fois affinée et élevée, l’influx peut descendre dans les réalités physiques. L’Admour Hazaken renvoie à des développements parallèles sur le compte du Omer et le souvenir du Chabbat.
C’est pourquoi la Torah n’a pas été donnée aux anges : « Y a-t-il un mauvais penchant parmi vous ? » L’affinement de kelipat noga et la transformation de l’obscurité en lumière ne les concernent pas.
Voilà pourquoi la Torah n’a pas été donnée aux anges : comme l’a répondu Moché, ils n’ont pas de mauvais penchant. Ils n’ont rien à affiner et aucune obscurité à transformer en lumière.
ולכן א״א להיות ג״כ אצלם המשכה זו מבחי׳ אשר אנכי מצוך ואע״פ שבודאי נמשך גילוי אלקות למלאכים הוא מבחי׳ ונהר יוצא מעדן להשקות את הגן6 דבזה כתיב היושבת בגנים חברים7 שהם המלאכים מקשיבים לקולך.
C’est pourquoi cet influx issu du niveau de « que Moi (Ano’hi) te commande » ne peut pas non plus se produire chez eux. Certes, une révélation de la Divinité est attirée vers les anges, mais elle provient du niveau de « Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin », à propos duquel il est écrit : « Toi qui habites dans les jardins, les compagnons », qui sont les anges, « écoutent ta voix ».
Les anges ne peuvent donc recevoir la révélation d’Ano’hi qui vient par les mitsvot. Ils reçoivent bien une révélation de la Divinité, mais uniquement du « fleuve » qui coule vers le jardin : le Chir Hachirim parle des « compagnons », les anges, qui écoutent la voix de celle qui habite dans les jardins.
אבל גילוי בחי׳ ותרד העינה ותמלא כדה לא נמשך להם כ״א למטה דוקא. ולכן ארז״ל עתידים צדיקים8 שיאמרו (המלאכים) לפניהם קדוש:
Mais la révélation du niveau de « elle descendit à la source et remplit sa cruche » ne leur est pas attirée ; elle ne l’est qu’en bas. C’est pourquoi nos Sages ont dit que les justes sont destinés à ce que les anges disent devant eux : « Saint » :
Le niveau de la « source » n’atteint que nous, en bas. Voilà pourquoi les Sages disent qu’à l’avenir les anges diront « Saint » devant les justes : ceux qui ont affiné le monde se tiendront au-dessus des anges.
Ce paragraphe explique que l’essence de D.ieu (« Ano’hi ») ne se révèle qu’en affinant l’âme animale et le monde matériel. C’est pourquoi la Torah a été donnée aux hommes, et non aux anges, et pourquoi les justes dépasseront les anges.
Les anges reçoivent du « fleuve », le flux révélé qui est aussi le plaisir du Gan Eden, tandis que les âmes dans un corps peuvent puiser à la « source » elle-même. Les notes de Kehot recensent de nombreux passages de Torah Ohr et de Likkutei Torah qui expliquent l’enseignement selon lequel les anges diront « Saint » devant les justes.
Maré mekomot
- 1הנה אנכי נצב על עין המים · Genesis 24:43
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- 3וע״פ זכור את יום השבת · אולי הכוונה ללקמן עא, ב.
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- 5כלום יצה״ר יש ביניהם · Shabbat 89a:1
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- 7היושבת בגנים חברים · Song of Songs 8:13
- 8עתידים צדיקים · Bava Batra 75b
L’amour que les eaux ne peuvent éteindre ¶10–11
C’est là le sens de « De grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour ». Les « grandes eaux » désignent la contemplation par laquelle l’homme saisit et médite la grandeur de D.ieu,
L’Admour Hazaken revient maintenant au verset et lui donne un sens dans le service personnel de l’homme : les « grandes eaux » sont la méditation sur la grandeur de D.ieu.
ביחו״ע ויחו״ת בפסוק שמע ישראל2 ובשכמל״ו שמזה נמשך ואהבת בכל לבבך3 כו׳ ואהבה זו גדלה מאד להיות נפשו צמאה לה׳ בבחי׳ בכל מאדך בלי גבול.
à travers l’unité supérieure (yi’houda ila’a) et l’unité inférieure (yi’houda tata’a), exprimées dans le verset « Écoute, Israël » et dans « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais ». De là vient « Tu aimeras… de tout ton cœur, etc. » Cet amour devient immense, jusqu’à ce que son âme ait soif de D.ieu d’un amour « de toute ta force », sans limites.
Il s’agit de la méditation pendant le Chema : sur l’unité supérieure — le monde n’étant rien devant D.ieu — et sur l’unité inférieure — D.ieu étant présent dans l’existence du monde —, exprimées dans « Écoute, Israël » et « Béni soit le Nom ». Cette méditation fait naître l’amour de D.ieu, qui peut devenir une soif sans limites, « de toute ta force ».
Ce paragraphe interprète les « grandes eaux » comme la méditation sur l’unité de D.ieu dans le Chema, qui fait naître un amour sans limites.
Dans l’enseignement ‘Habad, le verset « Écoute, Israël » exprime l’unité supérieure, tandis que « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume » exprime l’unité inférieure ; la méditation sur les deux conduit à « Tu aimeras ».
Maré mekomot
- 1מים רבים לא יוכלו לכבות את האהבה · Song of Songs 8:7
- 2שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 3ואהבת בכל לבבך · Deuteronomy 6:5
11ולא יוכל להשקיט ולכבות צמאון האהבה זו ע״י המים רבים עצמן שהיא ההתבוננות הנ״ל שמשיג ביחו״ע ויחו״ת
Or, les « grandes eaux » elles-mêmes — la contemplation évoquée plus haut, par laquelle il saisit l’unité supérieure et l’unité inférieure — ne peuvent apaiser ni éteindre la soif de cet amour.
La contemplation qui a éveillé cette soif ne peut pas elle-même la satisfaire : comprendre davantage n’éteint pas le désir ardent.
Il faut plutôt, « si ton cœur court, retourne vers l’Un », et cela se fait précisément par l’étude de la Torah et les mitsvot pratiques, qui relèvent du niveau de « que Moi (Ano’hi) te commande ».
L’expression « si ton cœur court, retourne vers l’Un » décrit le désir ardent de l’âme, suivi de son retour. Ce retour, qui comble ce désir, passe par l’étude de la Torah et les mitsvot pratiques, où D.ieu Lui-même donne le commandement.
משא״כ בידיעה והתבוננות לבד הוא רק ידיעת מציאותו ולא בחי׳ אשר אנכי ממש מצוך שהוא כמו בחי׳ תפיסא במהו״ע כביכול ע״י המצות מעשיות דרמ״ח פקודין אינון רמ״ח אברי׳ דמלכא.3
En revanche, la connaissance et la méditation seules ne donnent que la connaissance de Son existence, et non le niveau de « que Moi-même te commande », qui revient en quelque sorte à saisir Son essence même au moyen des mitsvot pratiques ; car « les 248 commandements sont les 248 membres du Roi ».
La méditation ne donne que la connaissance de l’existence de D.ieu, tandis qu’une mitsva revient à saisir Son essence même, en quelque sorte. Comme le dit le Tikkouné Zohar, les 248 commandements positifs sont les « 248 membres du Roi » : saisir un membre, c’est saisir le Roi.
יתר על כן אפילו ההשגות שבג״ע שהיא השגת מהות זיו השכינה ממש ולא מציאותו לבד עכ״ז עז״נ מים רבים הנמשכים מנהר היוצא מעדן כו׳
De plus, même les perceptions du Gan Eden, qui portent véritablement sur la nature de l’éclat de la Chekhina, et non seulement sur son existence, restent visées par ce verset : « Les grandes eaux », qui sont attirées du « fleuve qui sortait d’Éden, etc. »,
Même la compréhension qu’ont les âmes dans le Gan Eden, qui porte sur l’éclat réel de la Chekhina et non seulement sur son existence, reste constituée de « grandes eaux » provenant du fleuve.
לא יוכלו לכבות את האהבה דבחי׳ רבקה בכל לבבך ומאדך הנ״ל וכמ״ש מי לי בשמים4 וגו׳
« ne peuvent éteindre l’amour » du niveau de Rivka, l’amour « de tout ton cœur » et « de toute ta force » évoqué plus haut, comme il est écrit : « Qui ai-je au ciel, etc. »
Ces eaux ne peuvent pas non plus éteindre l’amour du niveau de Rivka, l’amour « de tout ton cœur » et « de toute ta force ». Comme le dit le psaume, l’âme ne désire rien au ciel, sinon D.ieu.
כי הגלוי שבג״ע נקרא רק זיו והארה בלבד ונק׳ לקבל פרס לשון פרוסה כמ״ש במ״א.
Car la révélation du Gan Eden n’est appelée qu’un éclat et un rayonnement. Elle est désignée comme la « réception d’une récompense » [peras], terme apparenté à « part » [perousa], comme cela est expliqué ailleurs.
La révélation du Gan Eden n’est qu’un rayonnement. Elle est appelée « récompense » (peras), terme apparenté à perousa, « une part » : seule une portion du tout.
Mais l’amour évoqué plus haut s’adresse à l’essence même de D.ieu, béni soit-Il ; c’est servir « non pas afin de recevoir une récompense, etc. ». C’est là le sens de « les fleuves ne la submergeront pas »,
L’amour de l’âme tend vers l’essence même de D.ieu, comme celui de celui qui sert « non pas afin de recevoir une récompense ». Voilà pourquoi « les fleuves ne la submergeront pas ».
כי בעבר הנהר ישבו אבותיכם78 שבחי׳ אה״ר הנ״ל היא מגעת למעלה אפילו מבחי׳ הנהר הנ״ל שהוא מקור כל הנהרות כו׳ וא״כ ודאי ונהרות לא ישטפוה:
car « vos pères habitaient au-delà du fleuve » : le niveau du grand amour évoqué plus haut atteint un niveau encore supérieur à celui du fleuve dont il a été question, lequel est la source de tous les fleuves, etc. Dès lors, assurément, « les fleuves ne la submergeront pas ».
Le verset de Josué « vos pères habitaient au-delà du fleuve » signifie que cet amour se tient au-delà du fleuve, plus haut encore que sa source. Les fleuves de lumière révélée ne peuvent donc assurément pas le submerger.
Ce paragraphe explique pourquoi l’amour de l’âme ne peut être éteint ni par la contemplation ni même par les délices du Gan Eden : il aspire à l’essence de D.ieu, qui n’est saisie que par la Torah et les mitsvot pratiques.
« Ratso » (courir) et « chov » (retourner) forment un couple fondamental dans la ‘Hassidout : l’aspiration de l’âme à dépasser ses limites et son retour à l’action dans le monde. Comme l’indique la note de Kehot, cette expression provient du Sefer Yetsira et du Tikkouné Zohar.
Maré mekomot
- 1אם רץ לבך · ת״ז בהקדמה. ספר יצירה פ״א — שוב למקום.
- 2אם רץ לבך שוב לאחד · Sefer Yetzirah 1:8
- 3דרמ״ח פקודין אינון רמ״ח אברי׳ דמלכא · Tikkunei Zohar, Tikkun 30 · 74a:8
- 4מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 5שלא ע״מ לקבל פרס · Pirkei Avot 1:3
- 6ונהרות לא ישטפוה · Song of Songs 8:7
- 7בעבר הנהר ישבו אבותיכם · Joshua 2:24
- 8בעבר הנהר ישבו אבותיכם · Joshua 24:2
La fortune de Sa maison ¶12–19
12אך אם יתן איש את כל הון ביתו באהבה בוז יבוזו לו.1 פי׳ אם הוא לשון כאשר שיש אם שאינו משמש בלשון ספק אלא בלשון ודאי.
« Mais si un homme donnait toute la richesse de sa maison pour l’amour, on le mépriserait profondément. » Ici, « si » signifie « quand » : le mot peut être employé non dans le sens du doute, mais dans celui de la certitude,
Le verset poursuit : « Si un homme donnait toute la richesse de sa maison pour l’amour. » L’Admour Hazaken remarque que le mot hébreu « im », « si », peut signifier « quand » : il exprime parfois une certitude et non un doute.
comme dans « Si tu prêtes de l’argent » et « Et si l’année du Jubilé arrive » : il ne s’agit pas d’une éventualité incertaine, mais d’un événement qui se produira assurément.
Il donne deux exemples de la Torah où « si » exprime une certitude : le prêt accordé au pauvre et la venue de l’année du Jubilé, qui arriveront tous deux assurément.
Ce paragraphe commence à expliquer la seconde partie du verset en montrant que « si » peut signifier « quand » : il exprime alors une certitude et non une condition.
Maré mekomot
- 1אם יתן איש את כל הון ביתו באהבה בוז יבוזו לו · Song of Songs 8:7
- 2אם כסף תלוה · Exodus 22:24
- 3ואם יהיה היובל · Numbers 36:4
13ולשון אם כאן אינו אלא לשון כאשר. פי׳ כאשר כסף תלוה את העני לא תהיה לו כנושה1 וכן כאשר יהיה היובל.2
Et le mot « si » n’exprime ici rien d’autre que « quand ». Cela signifie : « Quand tu prêteras de l’argent » au pauvre, « ne te comporte pas envers lui comme un créancier » ; de même, « quand viendra l’année du Jubilé ».
Ces deux exemples montrent que « si » peut signifier « quand » : prêter au pauvre est un devoir, non une éventualité, et l’année du Jubilé viendra assurément.
וכמו כן אם יתן איש פי׳ כאשר יתן איש זה הקב״ה34 שיתן בודאי והיינו לעתיד שיתן הוא לשון עתיד שלעתיד לבא יתן את כל הון ביתו שבזמן הזה אינו בא לידי גילוי כ״א לעתיד דוקא.
De même, « Si un homme voulait donner » signifie : « Quand un homme donnera » ; cet homme est le Saint béni soit-Il, qui donnera assurément. Cela désigne l’avenir, car « donnera » est au futur. Dans les Temps futurs, Il donnera « toute la richesse de Sa maison », qui, à présent, ne se révèle pas, mais ne se révélera que dans les Temps futurs.
Ainsi, « Si un homme voulait donner » signifie : « Quand un homme donnera », et l’« homme » est D.ieu, comme le Midrach interprète le mot « homme » dans d’autres versets. D.ieu donnera assurément « toute la richesse de Sa maison », Ses trésors les plus intimes ; mais ils ne se révéleront que dans les Temps futurs.
אך הגם שאין זה בגלוי עכשיו מ״מ נמשך הוא ממש בחי׳ זו ע״י תורה כ״ד ספרים דאורייתא ומצות מעשיות שהם בחי׳ והיו הדברים האלה אשר אנכי5 מי שאנכי6 ממש נמשך עי״ז.
Cependant, bien que cela ne soit pas révélé à présent, ce niveau même est néanmoins attiré ici-bas par la Torah, ses vingt-quatre livres, et par les mitsvot pratiques, qui correspondent à « Et ces paroles que Moi, Anokhi [Je vous commande] » : Celui qui est véritablement « Moi » est attiré ici-bas par leur intermédiaire.
Bien qu’il soit à présent caché, ce même niveau est déjà attiré ici-bas par l’étude de la Torah et les mitsvot pratiques. Le verset « ces paroles que Moi, Anokhi, Je vous commande » signifie que D.ieu, le véritable « Moi », est Lui-même attiré ici-bas en elles.
Le paragraphe comprend « Si un homme voulait donner toute la richesse de sa maison » comme la promesse certaine de D.ieu de révéler Ses trésors les plus intimes dans l’avenir, et ajoute que ce niveau est déjà attiré ici-bas, même à présent, par la Torah et les mitsvot.
L’expression « Anokhi, Celui qui est véritablement Moi » apparaît dès le début de Torah Ohr, où l’Alter Rebbe explique que, par la Torah et les mitsvot, l’essence même de D.ieu est attirée dans le monde.
Maré mekomot
- 1כאשר כסף תלוה את העני לא תהיה לו כנושה · Exodus 22:24
- 2כאשר יהיה היובל · Numbers 36:4
- 3איש זה הקב״ה · ילקוט פ׳ בא רמז קצא. וראה בסה״מ תרכ״ט ע׳ נא. ראה לקו״ת פ׳ ראה לא, ד שמציין לכאן.
- 4איש זה הקב״ה · Yalkut Shimoni on Torah 191:3–4
- 5והיו הדברים האלה אשר אנכי · Deuteronomy 6:6
- 6אנכי מי שאנכי · נסמן לעיל א, א.
14וזהו מצוך ל׳ צוותא וחבור. וזהו בא״י אמ״ה אק״ב אתה היינו מהו״ע ית׳ ברוך ונמשך בבחי׳ שם הוי׳ המתלבש בע״ס יו״ד בחכמה כו׳4
C’est pourquoi il est dit [« Je te commande »] (metsavékha), expression de réunion et de lien. C’est aussi le sens de [la bénédiction] : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements » : « Tu » désigne Son essence bénie elle-même ; « béni » [signifie] qu’elle est attirée dans le niveau du Nom Havaya, qui est revêtu dans les Dix Séfirot : le youd dans 'Hokhma, etc.,
Le mot « metsavékha », « Je te commande », est lié à « tsavta », la réunion : une mitsva unit la personne à D.ieu. Les mots de chaque bénédiction décrivent comment l’essence de D.ieu (« Tu ») est attirée ici-bas (« béni ») par le Nom Havaya, qui pénètre les Dix Séfirot, en commençant par le youd, 'Hokhma.
עד שנמשך להיות מלך העולם בבחי׳ מל׳ מקור דבי״ע והוא אשר קדשנו אשר לשון ענג כמו באשרי
jusqu’à ce qu’elle soit attirée pour devenir « Roi de l’univers », au niveau de Mal'hout, source de Béria, Yetsira et Assiya. C’est aussi le sens de « qui (acher) nous a sanctifiés » : « acher » exprime le plaisir, comme dans « je suis heureuse (be'achri),
La descente se poursuit jusqu’à ce qu’elle devienne « Roi de l’univers » : Mal'hout, source des mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya. Puis vient « acher kidéchanou », « qui nous a sanctifiés » : le mot « acher » est lié au mot de Léa « be'achri », « je suis heureuse », qui exprime le plaisir.
כי אשרוני1 והוא בחי׳ תענוג וצחוק העליון שיתגלה לע״ל בפו״מ כשיתן הון ביתו כו׳ הוא נמשך עכשיו ממש כי היום לעשותם ולמחר לקבל שכרם.23
car les filles m’ont déclarée heureuse. » C’est là le niveau du plaisir et du rire supérieurs, qui se révéleront concrètement dans les Temps futurs, lorsqu’Il donnera « la richesse de Sa maison, etc. » ; ce plaisir est véritablement attiré dès à présent, car « aujourd’hui, pour les accomplir, et demain, pour recevoir leur récompense ».
Ainsi, la bénédiction prononcée sur une mitsva attire dès à présent le plaisir et le rire supérieurs, le plaisir futur de Yits'hak, qui se révéleront ouvertement lorsque D.ieu donnera « la richesse de Sa maison ». Comme le disent les Sages, aujourd’hui est consacré à l’accomplissement des mitsvot et demain à la réception de leur récompense ; cette récompense est la révélation de ce que la mitsva elle-même attire ici-bas.
Le paragraphe montre comment les mots de la bénédiction prononcée sur une mitsva décrivent l’attraction de l’essence et du plaisir de D.ieu, degré après degré, dans le monde, de sorte que le plaisir futur est déjà présent dans la mitsva.
L’interprétation de mitsva comme tsavta (lien) revient souvent dans Likkutei Torah, comme l’indique la note de Kehot ; dans Bechukosai, l’Alter Rebbe explique que le but d’une mitsva est d’attirer la lumière de D.ieu par l’intermédiaire du réceptacle de la mitsva.
Maré mekomot
- 1באשרי כי אשרוני · Genesis 30:13
- 2היום לעשותם ולמחר לקבל שכרם · ואתחנן ז, יא. וברש״י שם.
- 3היום לעשותם ולמחר לקבל שכרם · Rashi on Deuteronomy 7:11
- 4מצוך לשון צוותא וחיבור · ראה לקו״ת בחקותי מה, ג. חוקת נז, ד. ואתחנן ח, ג. ובהנסמן בד״ה וקבל היהודים תשי״א הערה 55 (סה״מ מלוקט ח״ג ע׳ עב).
15וענין פי׳ ברכה זו שצ״ל הוא עד״מ אם רוצה אדם להאיר למרחוקאו במקום חשך ואפילה צריך
Voici, par analogie, le sens de cette bénédiction qu’il faut réciter : si une personne veut éclairer un endroit éloigné, ou un lieu plongé dans l’obscurité et les ténèbres, elle doit
L’Alter Rebbe explique par une parabole pourquoi une bénédiction est nécessaire : pour éclairer un lieu sombre ou éloigné, il faut une torche plus grande.
להדליק אבוקה גדולה ולהוסיף על האור בכדי שיגיע אורו גם למרחוק וכך כדי שיגיע האור והגילוי בעשי׳ הגשמי׳ צריך להוסיף אור האבוקה וזהו הברכה כו׳.
allumer une grande torche et augmenter la lumière, afin que son éclat porte aussi au loin. De même, pour que la lumière et la révélation atteignent le monde physique d’Assiya, il faut augmenter la lumière de la torche ; c’est là le sens de la bénédiction, etc.
Pour faire descendre la lumière de D.ieu jusqu’au monde physique, il faut en augmenter l’éclat. C’est ce que fait une bénédiction (berakha) : elle ajoute de la lumière et en attire davantage ici-bas.
ולכן ארז״ל חייב אדם לברך1 מאה ברכות בכ״י. וכמ״ש בזוהר ר״פ חיי שרה2 דקכ״ג ע״א.3 שהוא המשכה מאתר עלאה סדכ״ס כו׳.
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « L’homme est tenu de réciter cent bénédictions chaque jour. » Comme il est dit dans le Zohar, au début de la paracha Chayei Sarah, page 123a : il s’agit d’une attraction depuis le lieu supérieur, la Cause de toutes les causes, etc.
C’est pourquoi les Sages prescrivent cent bénédictions par jour. Le Zohar relie les cent bénédictions quotidiennes à une attraction depuis la source suprême, la Cause de toutes les causes.
Le paragraphe explique le but de la bénédiction : comme une torche plus grande est nécessaire pour éclairer un lieu éloigné, elle augmente la lumière divine afin qu’elle descende jusque dans le monde physique.
Le Zohar, cité dans la note de Kehot, dit que les « cent ans » de Sarah incluent tout ensemble, selon le mystère des cent bénédictions quotidiennes.
Maré mekomot
- 1חייב אדם לברך · Menachot 43b:15–17
- 2בזוהר ר״פ חיי שרה · ”מאה שנה כללא דכלא כחדא ברזא דמאה ברכאן בכל יומא”. ע״כ. ראה לקו״ת פ׳ צו י, א.
- 3בזוהר ר״פ חיי שרה דקכ״ג ע״א · Zohar, Chayei Sara 5:23–6:28
À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde est préférable à toute la vie du Monde futur », car le Gan Eden n’est que le rayonnement de la Chekhina,
La Michna enseigne qu’une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde est préférable à tout le Monde futur. La raison en est que le Gan Eden ne donne que le rayonnement de la Chekhina.
ולכן לא יוכל לכבות את האהבה אבל המשכה זו היא מבחי׳ מהו״ע ולא זיו לבד ולכן נק׳ הון ביתו. דהנה כתיב בחכמה יבנה בית.3
et celui-ci ne peut donc éteindre l’amour. Mais cette attraction provient du niveau de Son essence même, et non du seul rayonnement ; c’est pourquoi elle est appelée « la richesse de Sa maison ». Car il est écrit : « La maison se bâtit par la sagesse. »
Le rayonnement ne peut éteindre l’amour de l’âme, mais la Torah et les mitsvot attirent ici-bas l’essence même de D.ieu ; c’est pourquoi elle est appelée « la richesse de Sa maison », le trésor intérieur. Le mot « maison » introduit le verset : « La maison se bâtit par la sagesse. »
פי׳ אותיות התורה נק׳ בתים כמ״ש בס״י שני אבנים4 בונות שתי בתים. ולכך נק׳ ת״ח בנאים5 שעוסקים בבנינו ש״ע.
Cela signifie que les lettres de la Torah sont appelées des « maisons », comme il est dit dans Sefer Yetzirah : « Deux pierres bâtissent deux maisons. » C’est pourquoi les érudits de la Torah sont appelés « bâtisseurs », car ils s’occupent de l’édification du monde.
Les lettres de la Torah sont appelées des « maisons » : Sefer Yetzirah appelle les lettres des « pierres » et les mots qu’elles forment des « maisons ». Les érudits de la Torah sont donc appelés « bâtisseurs », car, par leur étude, ils bâtissent le monde.
Le paragraphe explique pourquoi ce monde dépasse le Monde futur : la Torah et les mitsvot attirent ici-bas l’essence de D.ieu, « la richesse de Sa maison », la maison bâtie avec les lettres de la Torah.
Sefer Yetzirah compte les lettres comme des « pierres » et les mots qu’elles forment comme des « maisons » : deux pierres bâtissent deux maisons, trois en bâtissent six, et ainsi de suite.
Maré mekomot
- 1יפה שעה אחת · אבות ד, יז.
- 2יפה שעה א׳ בתשובה ומעש״ט בעוה״ז מכל חיי העוה״ב · Pirkei Avot 4:17
- 3בחכמה יבנה בית · Proverbs 24:3
- 4בס״י שני אבנים · פ״ד מט״ו. ראה לקמן כא, א.
- 5נק׳ ת״ח בנאים · Shabbat 114a
Voici, le niveau de 'Hokhma est « sage, mais non d’une sagesse connue » ; il est au-dessus du niveau de « Et un fleuve sortait », comme expliqué plus haut. « Et par la compréhension
Le verset des Proverbes est expliqué en fonction des niveaux : 'Hokhma, la sagesse qui est « non d’une sagesse connue », est la source au-dessus du fleuve.
יתכונן2 הוא מ״ש ולתבונתו אין חקר3 ובדעת חדרים ימלאון4 כל הון יקר ונעים והוא בחי׳ תענוג עליון הגנוז ומלובש בהתורה כמ״ש אני תורתך שעשעתי.5
il est affermi » correspond à ce qui est dit : « Sa compréhension est insondable. » « Et par la connaissance, les chambres se remplissent de toutes les richesses précieuses et agréables » : c’est le niveau du plaisir supérieur, caché et revêtu dans la Torah, comme il est écrit : « Je fais mes délices de Ta Torah. »
« Par la compréhension il est affermi » correspond à Bina, la compréhension insondable. « Par la connaissance, les chambres se remplissent de toutes les richesses précieuses et agréables » désigne le plaisir supérieur caché dans la Torah, comme le dit le Psaume : « Je fais mes délices de Ta Torah. »
Le paragraphe associe 'Hokhma, Bina et Daat au verset « La maison se bâtit par la sagesse, elle est affermie par la compréhension, et les chambres se remplissent par la connaissance », et identifie les « richesses précieuses » au plaisir caché dans la Torah.
La note de Kehot renvoie au maamar du Rabbi portant les mêmes mots d’ouverture (5717) pour une étude plus approfondie de ce verset.
Maré mekomot
- 1חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar, Patach Eliyahu · 17b:3–4
- 2ובתבונה יתכונן · Proverbs 24:3
- 3ולתבונתו אין חקר · Isaiah 40:28
- 4ובדעת חדרים ימלאון · Proverbs 24:4
- 5אני תורתך שעשעתי · Psalms 119:70
18וזהו בחי׳ הון ביתו שנמשך ע״י הדעת כי דעת ל׳ חבור כמו והאדם ידע1 והיינו שמחבר וממשיך בחי׳ תענוג עליון ממקור התענוגים בחו״ב דאורייתא מחכמה נפקת.23
C’est là le niveau de « la richesse de Sa maison », qui est attirée par Daat ; en effet, daat exprime le lien, comme dans « Adam connut ». Cela signifie que Daat relie et attire le niveau du plaisir supérieur depuis la source des plaisirs dans la 'Hokhma et la Bina de la Torah, [car] « la Torah provient de 'Hokhma ».
« La richesse de Sa maison » est attirée par Daat, puisque « daat » signifie le lien, comme dans « Adam connut 'Hava ». Daat relie le plaisir supérieur, depuis sa source, à la 'Hokhma et à la Bina de la Torah, qui provient de 'Hokhma.
והוא ע״ד מ״ש בספר הבהיר4 דהע״ה היה מחבר תורה שלמעלה בהקב״ה וגילוי זה יהיה בפו״מ לע״ל שיתן איש אתכל הון ביתו הון יקר ונעים.
C’est comparable à ce qui est dit dans Sefer HaBahir : le roi David, que la paix soit sur lui, reliait la Torah d’en haut au Saint béni soit-Il. Cette révélation se produira concrètement dans les Temps futurs, lorsque « un homme donnera toute la richesse de sa maison », « les richesses précieuses et agréables ».
Sefer HaBahir dit que le roi David reliait la Torah d’en haut à D.ieu ; l’Alter Rebbe compare cela à l’action de Daat. Dans l’avenir, ce lien se révélera ouvertement, lorsque D.ieu donnera « toute la richesse de Sa maison ».
Le paragraphe identifie Daat, la faculté de liaison, comme ce qui attire le plaisir supérieur dans la Torah ; cette révélation deviendra manifeste dans l’avenir.
La note de Kehot indique que Likkutei Torah, Shelach, citant le Bahir, donne une variante : « à la source de 'Hokhma » ; la même lecture figure dans Or HaTorah.
Maré mekomot
- 1והאדם ידע · Genesis 4:1
- 2דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
- 3דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
- 4מ״ש בספר הבהיר · סי׳ קצו. ראה גם לקו״ת שלח נא, א. ושם: נ״א במעין החכמה. וכ״ה באוה״ת שבועות ע׳ קצא. נ״ך כרך ב׳ ע׳ תתקיד.
Comme l’ont dit nos Sages : « Dans l’avenir, le Saint béni soit-Il donnera en héritage à chaque tsadik trois cent dix mondes » ; c’est là le niveau de la « richesse précieuse », car « yakar » [précieux] a lui aussi la même valeur numérique que « yech » [310].
La Michna dit que chaque tsadik héritera de 310 mondes, qui constituent la « richesse précieuse » : yakar (précieux) et yech (il y a, 310) ont la même valeur numérique.
ולכן נאמר אם יתן אי״ש3 א׳ י״ש שהמשכת ש״י עולמות נמשכים מן אלופו של עולם וכמ״ש אאלפך חכמה אאלפך בינה.4
C’est pourquoi il est dit : « Si un homme (ich) donnait » : aleph, yech ; car l’émanation des 310 mondes provient du Maître (Alouf) du monde, comme il est écrit : « Je t’enseignerai (a’alefkha) la sagesse, je t’enseignerai l’intelligence. »
Le mot ich (homme) s’écrit aleph plus yech : les 310 mondes (yech) proviennent de l’aleph, le Maître (Alouf) du monde. Le « a’alefkha » de Job, « je t’enseignerai », a la même racine que aleph.
ונאמר קנה חכמה קנה בינה5 ב״פ קנה גימטריא י״ש שכ״ז נמשך מבחי׳ האלף אאלפך כו׳:
Et il est dit : « Acquiers la sagesse, acquiers l’intelligence » : deux fois « kneh » [acquiers] ont pour valeur numérique « yech », car tout cela émane du niveau de l’aleph, « Je t’enseignerai, etc. »
De même, le mot « acquiers » (kneh, 155), prononcé deux fois, équivaut à 310, yech ; tout cela provient de l’aleph, le niveau de D.ieu comme source de la sagesse.
Par le jeu des nombres et des lettres, ce paragraphe montre que la « richesse précieuse » désigne les 310 mondes promis aux tsadikim, qui émanent de l’aleph, D.ieu en tant que Maître du monde.
Les nombres : yakar s’écrit youd-kouf-reich, soit 10+100+200 = 310 ; yech s’écrit youd-chine, soit 10+300 = 310 ; kneh s’écrit kouf-noun-hé, soit 100+50+5 = 155, et deux fois 155 font 310.
Maré mekomot
- 1עתיד הקב״ה להנחיל . . ש״י עולמות · סוף עוקצין.
- 2עתיד הקב״ה להנחיל לכל צדיק ש״י עולמות · Mishnah Oktzin 3:12
- 3אם יתן איש · Song of Songs 8:7
- 4וכמ״ש אאלפך חכמה אאלפך בינה · Job 33:33
- 5קנה חכמה קנה בינה · Proverbs 4:5
Le trésor mis au pillage ¶20–25
20והנה בחי׳ גילוי זה הוא מרוה צמאון האה״ר הנ״ל וזהו בוז יבוזו לו ל׳ ביזה ושלל1 וכמו אדם הבוזז וחוטף דבר יקר הערך
Or, ce niveau de révélation étanche la soif du grand amour mentionné plus haut. C’est là le sens de « boz yavouzou lo », expression qui évoque le pillage et le butin, comme celui qui pille et s’empare d’un objet de grande valeur,
Cette révélation étanche le grand amour de l’âme. « Boz yavouzou lo » se comprend ici non comme le mépris, mais comme « biza », le pillage : quelqu’un s’empare d’une chose de grande valeur.
כמו ביזת אוצרות יקרים שבוזז וחוטף משום שמא אין ראוי שיתנו לו דרך נתינה ע״כ בוזז וחוטף לגודל תשוקתו לזה.
comme lorsqu’on pille de précieux trésors : on les pille et on s’en empare parce qu’il se peut qu’il ne convienne pas qu’on les lui donne ; il les pille donc et s’en empare, tant son désir est intense.
Les pillards s’emparent des trésors parce qu’ils ne s’attendent pas à les recevoir en cadeau ; ils les prennent à cause de l’intensité de leur désir.
Ce paragraphe relit « boz yavouzou » comme une scène de pillage, décrivant l’empressement de l’âme à s’emparer du trésor divin.
Maré mekomot
- 1ל׳ ביזה ושלל · מובא ביהל אור ע׳ ע.
21וכך הוא בהתגלות אוצרו הטוב שהוא בחי׳ סדכ״ס אשר עין לא ראתה1 אלקים זולתך. ונק׳ הון ביתו ע״כ כאשר יומשך ויתן גילוי אוצרות אלו אזי בוז יבוזו עד״מ.
Il en va ainsi de la révélation de « Son bon trésor », qui est le niveau de la Cause des causes, [dont il est dit :] « Aucun œil n’a vu, ô D.ieu, hormis Toi. » Il est appelé « la richesse de Sa maison ». Ainsi, lorsque ces trésors seront amenés ici-bas et révélés, alors « boz yavouzou lo », par analogie.
Le « bon trésor » de D.ieu est la Cause des causes, que « nul œil n’a vue », sinon D.ieu. Lorsqu’Il révèle ces trésors, l’âme s’en « empare », au sens figuré.
ובחי׳ זו עכשיו היא שמחת הנפש בעסק התורה ומצות אחר הצמאון ואה״ר בק״ש אשר יעורר האדם בנפשו להיות מי לי בשמים2 כו׳ ומים רבים לא יוכלו לכבות את האהבה.3
Et, à présent, ce niveau correspond à la joie de l’âme lorsqu’elle s’adonne à la Torah et aux mitsvot, après la soif et le grand amour éprouvés lors de la récitation du Chema, que l’homme éveille dans son âme afin d’être dans l’état de : « Qui ai-je au ciel, etc. », et : « De grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour. »
Dès à présent, cela se ressent comme la joie de l’âme dans la Torah et les mitsvot, après la soif et l’amour éveillés par le Chema, lorsque l’on ressent que seul D.ieu Lui-même peut combler l’âme.
זאת ישים אל לבו כי הדברים האלה הן ד״ת ומצות הם הם בחי׳ גילוי הון יקר הנ״ל.
Qu’il prenne cela à cœur : ces paroles de Torah et ces mitsvot sont elles-mêmes le niveau de la révélation de la « richesse précieuse » mentionnée plus haut.
L’homme doit méditer sur le fait que les paroles de Torah et les mitsvot constituent elles-mêmes cette « richesse précieuse ».
Ce paragraphe applique l’image du « pillage » au service de l’homme : la joie ressentie dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, après l’amour du Chema, est la saisie du trésor caché de D.ieu.
Maré mekomot
- 1עין לא ראתה · Isaiah 64:3
- 2מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 3ומים רבים לא יוכלו לכבות את האהבה · Song of Songs 8:7
22וכמ״ש יראת ה׳ היא אוצרו1 ולזאת ישמח לבו בשמחה ובטוב לבב2 מרוב כל. וזהו ותרד העינה ותמלא כדה ותעל.3
Comme il est écrit : « La crainte de D.ieu est Son trésor. » C’est pourquoi son cœur doit se réjouir, dans la joie et la gaieté du cœur, « plus que de toute abondance ». C’est là le sens de : « Elle descendit à la source, remplit sa cruche et remonta. »
Isaïe appelle la crainte de D.ieu « Son trésor » ; il faut donc Le servir dans la joie. Et Rivka « descendit, remplit sa cruche et remonta » : descendre à la source conduit à s’élever.
שע״י כ״ד ספרים דאורייתא עם היות שזהו בחי׳ שוב וירידה שנתלבשו בעשיה גשמית הנה עי״ז אדרבה ותעל גם למעלה מאה״ר הנ״ל דבחי׳ רבקה כו׳
Car, par les vingt-quatre livres de la Torah, bien que ce soit le niveau du retour et de la descente, puisqu’ils sont revêtus dans l’Assiya matérielle, c’est pourtant précisément ainsi qu’elle « remonta », même au-dessus du grand amour mentionné plus haut, celui du niveau de Rivka, etc.
Les vingt-quatre livres de la Torah constituent un « retour » et une descente dans le monde matériel ; pourtant, c’est par eux que l’on s’élève même au-dessus du grand amour du niveau de Rivka.
והגם שמים רבים לא יוכלו לכבות את האהבה היינו מים רבים דייקא שנמשכו מבחי׳ הנהר
Et bien que « de grandes eaux ne puissent éteindre l’amour », il s’agit précisément des « grandes eaux » qui émanent du niveau du fleuve.
Les « grandes eaux » qui ne peuvent éteindre l’amour proviennent du fleuve, le niveau révélé.
אבל כ״ד ספרים דאורייתא הם נמשכים מבחי׳ ותרד העינה שהמעיין נמשך מבחי׳ סדכ״ס ממש כמ״ש הנה אנכי נצב על עין המים4 ולכן עי״ז ירוו צמאון האה״ר ולכן אדרבה המעיין הוא נראה קטן יותר מהנהר
Mais les vingt-quatre livres de la Torah émanent du niveau de « elle descendit à la source », car la source émane précisément du niveau de la Cause des causes, comme il est écrit : « Voici, Moi (Ano’hi), Je me tiens près de la source d’eau. » C’est pourquoi, par ce moyen, la soif du grand amour sera étanchée. Ainsi, au contraire, la source paraît plus petite que le fleuve,
Mais la Torah provient de la source, laquelle émane de l’essence de D.ieu, le « Moi » qui « se tient près de la source » ; seule cette source étanche la soif. La source semble plus petite que le fleuve.
היינו משום שהוא קרוב יותר לבחי׳ אנכי סדכ״ס ע״כ יש בו הבטול יותר דכל הקרוב קרוב קמי׳ כו׳ וכמאמר אין זולתך לחיי עוה״ב אפס בלתך כו׳.
c’est-à-dire parce qu’elle est plus proche du niveau d’Ano’hi, la Cause des causes ; elle comporte donc davantage d’annulation de soi (bitoul), car « tout ce qui est plus proche est plus proche devant Lui, etc. » ; comme le dit la formule : « Il n’est rien hormis Toi pour la vie du Monde futur ; rien n’existe en dehors de Toi, etc. »
La source paraît plus petite parce qu’elle est plus proche de D.ieu ; ce qui est plus proche de Lui est davantage annulé devant Lui. Cela rappelle la prière qui parle de « rien hormis Toi » et de « rien en dehors de Toi ».
אבל באמת בודאי הרי מקור מוצא המים הוא מהמעיין וממנו נמשך להנהר כמ״ש המשלח מעינים בנחלים.5
Mais, en vérité, la source d’où jaillit l’eau est certainement la source elle-même, et l’eau s’écoule d’elle vers le fleuve, comme il est écrit : « Il fait jaillir des sources dans les torrents. »
Mais, en vérité, la source est à l’origine de l’eau du fleuve, comme le dit le Psaume : « Il fait jaillir des sources dans les torrents. »
Ce paragraphe résout l’argument : la Torah et les mitsvot, la « source », bien que leur apparence soit basse et matérielle, élèvent l’âme au-dessus même de son grand amour, car la source est plus proche de l’essence de D.ieu et constitue la véritable origine des fleuves.
L’idée que ce qui est plus proche de la source paraît plus petit parce que c’est davantage annulé est un principe récurrent de la 'Hassidout : l’annulation devant D.ieu s’accroît à mesure que l’on se rapproche de Lui.
Maré mekomot
- 1יראת ה׳ היא אוצרו · Isaiah 33:6
- 2בשמחה ובטוב לבב · Deuteronomy 28:47
- 3ותרד העינה ותמלא כדה ותעל · Genesis 24:16
- 4הנה אנכי נצב על עין המים · Genesis 24:43
- 5המשלח מעינים בנחלים · Psalms 104:10
23וגם מי מעיין נק׳ מים חיים כו׳. ובוז יבוזו כמאמר שיננא חטוף ואכול1 חטוף ובריך דהיינו כמ״ש לכו לחמו בלחמי2 וכמ״ש פי פערתי ואשאפה3 כו׳. עמא פזיזא4 כו׳.
L’eau de source est également appelée « eau vive », etc. Et « boz yavouzou lo » renvoie à la formule : « Homme perspicace, prends et mange, prends et bénis » ; c’est-à-dire, comme il est écrit : « Venez, mangez de mon pain », et comme il est écrit : « J’ai ouvert grand la bouche et j’ai haleté, etc. » ; « un peuple impétueux, etc. »
L’eau de source est appelée « eau vive » parce qu’elle jaillit de sa source. L’Admour Hazaken illustre l’empressement à « s’emparer » exprimé par boz yavouzou en citant le conseil du Talmud : « Prends et mange », l’invitation de la Sagesse : « Venez, mangez de mon pain », la parole du psalmiste : « J’ai ouvert grand la bouche et j’ai haleté », ainsi que la description d’Israël au Sinaï comme un « peuple impétueux », qui dit « nous ferons » avant « nous entendrons ».
ולכן נרמז ג״כ נסוך המים בחג בלשון בוז יבוזו כמ״ש בזוהר5 דהיינו כי בקרבנות דיום שני וששי ושביעי נרמז נסוך המים כמארז״ל נאמר בשני ונסכיהם כו׳.6
C’est pourquoi la libation d’eau de la fête est également suggérée par l’expression « boz yavouzou lo », comme il est dit dans le Zohar. En effet, la libation d’eau est évoquée dans les sacrifices des deuxième, sixième et septième jours, comme l’ont dit nos Sages : « Le deuxième jour, il est dit : “et leurs libations”, etc. »
Le Zohar trouve dans le mot « boz » une allusion à la libation d’eau de Soukkot : celle-ci est suggérée par les sacrifices des deuxième, sixième et septième jours de la fête, comme le Talmud le déduit de la formulation de ces versets.
Ce paragraphe illustre l’empressement à « s’emparer » évoqué par boz yavouzou au moyen d’enseignements talmudiques et de versets, puis introduit le lien que le Zohar établit entre « boz » et la libation d’eau de Soukkot.
Le Zohar (cité dans la note de Kehot) dit : « Que signifie boz ? Le deuxième, le sixième et le septième jour de Soukkot, où l’on versait de l’eau et du vin. »
Maré mekomot
- 1שיננא חטוף ואכול · Eruvin 54a:4–5
- 2לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 3פי פערתי ואשאפה · Psalms 119:131
- 4עמא פזיזא · Shabbat 88a:9
- 5כמ״ש בזוהר · ח״ג רנו, א: ”מאי בוז יוצא תניינא ויומא שתיתאה ויומא שביעאה דסוכות בהן הוון מנסכים מים ויין”. ע״כ.
- 6כמארז״ל נאמר בשני ונסכיהם כו׳ · Numbers 29:19
24ושני וששי ושביעי הם אותיות בוז. והיינו משום שזהו ג״כ ע״ד ביזה הנ״ל להשקיט רשפי אש האהבה שבמזבח שהוא ע״י נסוך המים מהמעיין כמ״ש ושאבתם מים בששון1 כו׳
Et « deuxième », « sixième » et « septième » sont les lettres de « boz » [beit, vav, zaïn]. C’est que cela aussi relève du « pillage » mentionné plus haut : apaiser les flambées ardentes de l’amour sur l’autel, ce qui s’accomplit par la libation d’eau de la source, comme il est écrit : « Vous puiserez de l’eau avec joie, etc. »
Les lettres correspondant à deux, six et sept — beit, vav et zaïn — composent « boz ». La libation d’eau est une sorte de « pillage » : l’eau puisée à la source apaise les flammes de l’amour qui brûlent sur l’autel, c’est-à-dire l’amour ardent de l’âme ; elle s’accomplissait dans une grande joie.
ולכן נסוך זה דוקא אחר עשי״ת שהיא תגבורת האהבה בבחי׳ תשובה ועמך לא חפצתי2 כו׳ ע״ד והנה רבקה יוצאת3 כנ״ל.
C’est pourquoi cette libation a lieu précisément après les Dix Jours de Techouva, qui sont une intensification de l’amour au niveau de la techouva (retour), et de « En dehors de Toi, je ne désire rien, etc. », à la manière de « Et voici, Rivka sortit », comme indiqué plus haut.
La libation a lieu après les Dix Jours de Techouva, lorsque l’amour de D.ieu s’intensifie à travers le retour : « En dehors de Toi, je ne désire rien. » C’est Rivka qui « sort », l’élévation d’en bas qui doit précéder.
Ce paragraphe explique pourquoi la libation d’eau est suggérée par « boz » : l’eau de la source apaise l’amour ardent éveillé durant les Jours de Techouva, tout comme le « pillage » étanche la soif de l’âme.
Maré mekomot
- 1ושאבתם מים בששון · Isaiah 12:3
- 2ועמך לא חפצתי · Psalms 73:25
- 3והנה רבקה יוצאת · Genesis 24:15
Et c’est précisément par cela que, par la suite, est attiré le niveau de « elle descendit à la source et remplit sa cruche », comme expliqué plus haut ; c’est pourquoi il y eut en cela une joie grande et intense, etc.
Après l’élévation des Jours de Techouva vient l’attraction vers le bas : « elle remplit sa cruche ». C’est pourquoi le puisage de l’eau à Soukot était accompagné d’une si grande joie.
וגם כי זהו כמו בחי׳ הון ביתו ממש שהוא גנוז באותיות התורה שהרי לא נתפרש בתורה בפי׳ מצות ניסוך המים
Et aussi parce que cela est comparable au niveau même de « la richesse de Sa maison », qui est cachée dans les lettres de la Torah ; car la mitsva de la libation de l’eau n’est pas explicitement énoncée dans la Torah,
Une autre raison de cette joie : la libation de l’eau est comparable à « la richesse de Sa maison », au trésor caché, puisqu’elle n’est pas explicitement mentionnée dans la Torah.
רק שחז״ל גילו לנו זה שהוא מרומז בתורה המ״ם ביום שני. והיו״ד ביום ששי. והמ״ם בשביעי. וזהו הון ביתו הגנוז ומוטמן כו׳:
mais nos Sages nous ont révélé qu’elle est alludée dans la Torah : le mem du deuxième jour, le youd du sixième jour et le mem du septième. Telle est « la richesse de Sa maison », cachée et dissimulée, etc.
Les Sages l’ont découverte dans des lettres supplémentaires des versets : un mem le deuxième jour, un youd le sixième et un mem le septième, formant mayim, « eau ». Une mitsva dissimulée dans les lettres de la Torah est « la richesse de Sa maison », cachée et mise en réserve.
Ce paragraphe explique la grande joie de la libation de l’eau : elle vient après l’élévation de la techouva et attire la « richesse de Sa maison », elle-même dissimulée dans les lettres de la Torah.
Maré mekomot
- 1ותרד העינה ותמלא כדה · Genesis 24:16
Le Psaume 93 et le long jour ¶26–31
26ועכ״ז יובן מ״ש נשאו נהרות קולם1 ישאו נהרות דכים ופי׳ בזוהר פ׳ וארא (דף כ״ג ע״א)2 אינון נהרות כמד״א ונהר יוצא מעדן3 וגו׳
Et, malgré tout cela, on comprendra ce qui est écrit : « Les fleuves ont élevé leur voix ; les fleuves élèveront leurs dochyam. » Le Zohar explique, dans la paracha Vaéra (page 23a) : « Ce sont les fleuves, comme il est dit : “Un fleuve sortait d’Éden, etc.” »
L’Alter Rebbe interprète à présent le psaume 93 : « Les fleuves ont élevé leur voix ; les fleuves élèveront leurs dochyam. » Le Zohar identifie ces fleuves au fleuve qui sort d’Éden.
והיינו בחי׳ בינה שע״י ההתבוננות בגדולת א״ס ב״ה נולד׳ רשפי אש האהבה לדבקה בה׳. וזהו נשאו נהרות קולם והוא ההעלאה מלמטה למעלה.
Cela désigne le niveau de Bina (compréhension), car la contemplation de la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, fait naître des étincelles ardentes d’amour, afin de s’attacher à D.ieu. Telle est l’expression « Les fleuves ont élevé leur voix » : c’est l’élévation d’en bas vers le haut.
Les fleuves correspondent à Bina, la compréhension : contempler la grandeur de D.ieu fait naître un amour ardent et le désir de s’attacher à Lui. « Les fleuves ont élevé leur voix » désigne cette élévation d’en bas vers le haut.
וכן בתרגום קלהון בשירתא הרי קול זה הוא בחי׳ השיר שהוא העלאה כנודע מענין השיר שהלוים אומרים ואח״כ נמשך עי״ז המשכה מלמעלה למטה.
De même, le Targoum [traduit] « leur voix dans le chant ». Cette voix est le niveau du chant, qui est une élévation, comme on le sait à propos du chant des Lévites ; ensuite, par cela, une attraction vers le bas, du haut vers le bas, se produit.
Le Targoum araméen traduit également « leur voix » par « dans le chant ». Le chant est une élévation, comme le chant des Lévites dans le Temple, et il suscite en réponse une attraction vers le bas, depuis le haut.
Ce paragraphe interprète les fleuves qui élèvent leur voix dans le psaume comme l’élévation de l’amour né de la contemplation, laquelle suscite à son tour une attraction d’en haut.
La note de Kehot renvoie au Yahel Or du Tséma’h Tsédek sur ce verset.
Maré mekomot
- 1נשאו נהרות קולם · Psalms 93:3
- 2ופי׳ בזוהר פ׳ וארא (דף כ״ג ע״א) · Zohar, Vaera 1:16–2:26
- 3ונהר יוצא מעדן · Genesis 2:10
27וכמש״ל שע״י והנה רבקה יצאת בבחי׳ העלאה עי״ז אח״כ ותרד העינה ותמלא כדה כנ״ל וכמ״ש אם ישים אליו לבו1 רוחו ונשמתו אליו יאסף.
Comme expliqué plus haut, par « Et voici que Rivka sortit », au niveau de l’élévation, viennent ensuite « elle descendit à la source et remplit sa cruche », comme mentionné plus haut ; et comme il est écrit : « S’il dirige son cœur vers Lui, Son esprit et Son souffle seront recueillis auprès de Lui. »
Comme dans le cas de Rivka, l’élévation vient d’abord, puis l’attraction vers le bas. Le verset de Job se lit de la même manière : lorsqu’une personne tourne son cœur vers D.ieu, l’esprit de D.ieu est recueilli auprès d’elle en réponse.
וזהו ישאו נהרות דכים ותרגומו יקבלון נהרותא אגר שבחיהון שהשכר הוא ההמשכה מאוא״ס המלובש בתורה חכים ולא בחכמה ידיעא שהיא למעלה מבחי׳ הבינה וההשגה.
Telle est l’expression « les fleuves élèveront leurs dochyam » ; le Targoum la traduit ainsi : « Les fleuves recevront la récompense de leurs louanges. » Cette récompense est l’attraction de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, revêtue dans la Torah, « sage, mais non d’une sagesse connue », qui est au-dessus du niveau de Bina et de la compréhension.
La seconde partie du verset, « les fleuves élèveront leurs dochyam », est traduite par le Targoum : « Les fleuves recevront la récompense de leurs louanges. » Cette récompense est la Lumière infinie revêtue dans la Torah, « sage, mais non d’une sagesse connue », au-dessus de Bina et de toute compréhension.
והוא ע״ד השולח מעינים בנחלים. וכדפי׳ בזוהר פ׳ חוקת (דף קפ״א ע״א)2 ונק׳ דכים לשון צלילות ובהירות כמו מר דרור3 ומתרגמינן מירא דכיא.4
Cela est à la manière de « Il envoie des sources dans les cours d’eau », comme l’explique le Zohar, paracha ‘Houkat (page 181a). Le terme « dochyam » exprime la clarté et la luminosité, comme dans « myrrhe pure » (mar deror), que nous traduisons [en araméen] par « mira dachya ».
C’est la source qui alimente les fleuves. L’Alter Rebbe donne plusieurs sens à « dochyam » ; le premier est la clarté et la luminosité, puisque la traduction araméenne de « myrrhe pure » est « mira dachya ».
וזה מורה על הלכות התורה כמ״ש במ״א בענין מרדכי וכן הוא ל׳ טהרה כמו על איל קמצא דכן5 דהיינו המשכת ח״ע בתורה הוא לברר הטהור מן הטמא.6
Cela indique les lois de la Torah, comme expliqué ailleurs à propos de Mordekhaï. Le terme exprime également la pureté, comme dans « au sujet de l’ail kamtza, qu’il est pur (dachan) » ; c’est-à-dire que l’attraction de la ‘Hokhma supérieure dans la Torah vise à distinguer le pur de l’impur.
Cette clarté renvoie aux lois de la Torah, comme expliqué ailleurs à propos de Mordekhaï, dont le nom est associé à mar deror, traduit par mira dachya. « Dachan » signifie aussi rituellement pur, comme dans la Michna qui affirme qu’une certaine espèce de sauterelle est pure : la sagesse supérieure de la Torah distingue le pur de l’impur.
Ce paragraphe explique la « récompense » du psaume : l’élévation des fleuves reçoit pour réponse la Lumière infinie cachée dans la Torah, et « dochyam » désigne la clarté des lois de la Torah, qui distinguent le pur de l’impur.
Les Sages ont associé Mordekhaï à « mar deror », traduit en araméen par « mira dachya » ; l’Alter Rebbe renvoie à son explication, donnée ailleurs, des lois de la Torah comme cette clarté.
Maré mekomot
- 1אם ישים אליו לבו · Job 34:14
- 2וכדפי׳ בזוהר פ׳ חוקת (דף קפ״א ע״א) · Zohar, Chukat 3:16–4:25
- 3מר דרור · Exodus 30:23
- 4ומתרגמינן מירא דכיא · Onkelos Exodus 30:23
- 5על איל קמצא דכן · Pesachim 16a:3
- 6השולח מים בנחלים · Psalms 104:10
Ils sont appelés « dachyan oumesaavin » [pur et impur]. De plus, « dochyam » [se lit] « dach yam » : un récipient (kad) tiré de la mer (yam) de la ‘Hokhma, comme il est écrit : « et elle remplit sa cruche, etc. »
En araméen, « pur et impur » se dit « dachyan oumesaavin ». Une autre lecture : « dochyam » se décompose en « dach yam », les lettres de kad (« cruche ») dans l’ordre inverse, suivies de yam (« mer ») : une cruche tirée de la mer de la ‘Hokhma, correspondant à « elle remplit sa cruche » à propos de Rivka.
וגם דכים ל׳ עומק ושפלות כדפרש״י שהוא בחי׳ השוב ובטול שאחר הרצוא. וכתיב ואת דכא ושפל רוח2 וכמ״ש במ״א ע״פ ונשב בגיא3 כו׳
« Dochyam » exprime aussi la profondeur et l’humilité, comme l’explique Rachi ; c’est le niveau du retour et de l’annulation de soi (bitoul) qui suit l’élan. Il est écrit : « et avec celui qui est brisé et humble d’esprit », comme expliqué ailleurs à propos du verset « Et nous avons séjourné dans la vallée, etc. »
Un troisième sens, d’après Rachi, est la profondeur et l’humilité : le « retour » et l’annulation de soi qui suivent l’élan de l’âme vers D.ieu. Isaïe dit que D.ieu réside auprès de celui qui est brisé (daka) et humble d’esprit.
Il est également écrit : « Quelle maison pourriez-vous Me bâtir, etc. ? […] Mais c’est vers celui-ci que Je porterai mon regard : vers le pauvre et celui qui a l’esprit brisé, etc. »
Isaïe dit qu’aucune maison ne peut contenir D.ieu, et pourtant Il porte Son regard sur le pauvre et celui qui a l’esprit brisé. C’est dans l’humilité, et non dans la grandeur, que D.ieu réside.
Le paragraphe ajoute deux autres sens de « dochyam » : une cruche tirée de la mer de la ‘Hokhma, puis l’humilité et l’annulation de soi qui suivent l’aspiration de l’âme.
« L’élan » (ratso) et le « retour » (chov) décrivent le mouvement de l’âme : elle aspire à D.ieu, puis revient avec humilité pour Le servir ici-bas. La note de Kehot renvoie à Or HaTorah, Vaet’hanan, pour « Et nous avons séjourné dans la vallée ».
Maré mekomot
- 1ותמלא כדה · Genesis 24:16
- 2ואת דכא ושפל רוח · Isaiah 57:15
- 3וכמ״ש במ״א ע״פ ונשב בגיא · ראה אוה״ת ואתחנן ע׳ קמד.
- 4אי זה בית · Isaiah 66:1
- 5אי זה בית אשר תבנו לי · Isaiah 66:1–2
29והדר מפרש מהו מעלת השכר הזה מקולות מים רבים1 אדירים כו׳ אדיר במרום כו׳. ופי׳ כמ״ש בפע״ח שער היוכ״פ פ״ג כי יש קולות עליונים שמהן ניזונים או״א כו׳ ע״ש.
Puis il explique quelle est la supériorité de cette récompense : « Plus que les voix des grandes eaux, les puissantes, etc. ; puissant dans les hauteurs, etc. » L’explication est celle de Pri Etz Chaim, Chaar Yom HaKippourim, chapitre 3 : il existe des voix supérieures dont Abba et Imma sont nourris, etc. ; voyez là-bas.
Le verset suivant décrit la grandeur de la récompense : « Plus que les voix des grandes eaux… D.ieu est puissant dans les hauteurs. » Pri Etz Chaim enseigne qu’il existe des « voix » supérieures qui nourrissent Abba et Imma, les configurations intellectuelles de la ‘Hokhma et de Bina.
ועמ״ש ע״פ וכל העם רואים את הקולות23 כו׳ וזהו עדותיך נאמנו מאד4 לביתך נאוה קודש. עד״מ בחכמה יבנה בית5 דקאי על תיבות ואותיות התורה שנמשכו ונבנו ע״י ח״ע.
Voir aussi ce qui est expliqué à propos du verset « Et tout le peuple vit les voix, etc. » Telle est l’expression « Tes témoignages sont très fidèles ; la sainteté sied à Ta maison » : à la manière de « C’est par la sagesse qu’une maison est bâtie », qui désigne les mots et les lettres de la Torah, attirés et édifiés par la ‘Hokhma supérieure.
L’Alter Rebbe renvoie également à son explication de « tout le peuple vit les voix » au Sinaï. « Tes témoignages sont très fidèles ; la sainteté sied à Ta maison » : la « maison » désigne ici encore les mots et les lettres de la Torah, édifiés par la ‘Hokhma supérieure.
Le paragraphe poursuit la lecture du psaume 93 : la récompense dépasse même les « voix » supérieures des grandes eaux, et la « maison » parée de sainteté est constituée des lettres de la Torah, édifiées à partir de la ‘Hokhma.
Le passage correspondant dans Torah Ohr, Yitro, ouvre son développement sur « tout le peuple vit les voix » en reliant la parole à l’unification.
Maré mekomot
- 1מקולות מים רבים · Psalms 93:4
- 2ועמ״ש ע״פ וכל העם רואים את הקולות · לקמן עג, ג ואילך.
- 3וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:15
- 4עדותיך נאמנו מאד · Psalms 93:5
- 5בחכמה יבנה בית · Proverbs 24:3
« Tes témoignages sont fidèles » : « témoignage » est lié à la connaissance, comme il est écrit : « Par la connaissance, les chambres se remplissent de toute richesse précieuse », appelée « la richesse de Sa maison ».
« Témoignage » (edout) est lié à Daat, la connaissance ; et Daat remplit les chambres de « toute richesse précieuse », appelée « la richesse de Sa maison ».
וזהו לביתך נאוה קדש.3 שהוא המשכה מבחי׳ קדש העליון אור א״ס ב״ה. ה׳ לאורך ימים הוא כמארז״ל על אלף השביעי יום שכולו ארוך.4
Telle est l’expression « la sainteté sied à Ta maison » : une attraction provenant du niveau de la sainteté suprême, la Lumière infinie, béni soit-Il. « D.ieu, pour la longueur des jours » s’entend selon l’enseignement de nos Sages sur le septième millénaire, « un jour qui est entièrement long ».
« La sainteté sied à Ta maison » signifie que la Torah attire la sainteté suprême, la Lumière infinie. Le verset s’achève par « pour la longueur des jours », que les Sages appliquent au septième millénaire, « un jour qui est entièrement long ».
Le paragraphe achève l’interprétation du psaume : les « témoignages » sont Daat, la « maison » reçoit la sainteté suprême, et la « longueur des jours » annonce l’ère future, qui sera « entièrement longue ».
La note de Kehot renvoie également à Or HaTorah, Ki Tétsé, à propos de cet enseignement sur le septième millénaire.
Maré mekomot
- 1ובדעת חדרים ימלאו · שם כד, ד.
- 2ובדעת חדרים ימלאו כל הון יקר · Proverbs 24:4
- 3לביתך נאוה קדש · Psalms 93:5
- 4כמארז״ל על אלף השביעי יום שכולו ארוך · Kiddushin 39b:8
31והענין הוא כי פי׳ כולו ארוך היינו שגם בתחלתו הוא ארוך. ולכאורה אין לשון אריכות נופל רק בסיום וסוף ולא בתחלה. ואיך כולו ארוך גם בתחלתו.
Et voici de quoi il s’agit : « entièrement long » signifie que même à son commencement, il est long. Or, à première vue, le terme « longueur » ne s’applique qu’à l’aboutissement et à la fin, et non au commencement. Comment peut-il donc être « entièrement long », même à son commencement ?
La question est la suivante : « long » décrit habituellement jusqu’où une chose s’étend avant d’atteindre sa fin. Comment un jour peut-il donc être long dès son commencement ?
אך הכוונה שיהיה גילוי אור א״ס ב״ה המלובש בסתר עליון שנק׳ אריך אנפין כמ״ש ארך אפים1 כו׳.
Mais l’intention est qu’il y aura une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui est revêtue dans la dissimulation suprême appelée Arich Anpin, comme il est écrit : « lent à la colère (erekh apayim), etc. »
La réponse est qu’à l’avenir sera révélée la Lumière infinie cachée dans Arich Anpin, le « Long Visage », niveau intérieur de Kéter. Arich est apparenté à erekh apayim, « lent à la colère ».
ונק׳ אריך אנפין היינו שיכול לימשך גם למטה בעשי׳ כי קמיה ית׳ שוה ומשוה רוחניות וגשמיות
Il est appelé Arich Anpin, ce qui signifie qu’il peut être prolongé jusque très bas, jusque dans le monde d’Assiya, car devant Lui, béni soit-Il, spiritualité et matérialité sont égales, et Il les rend égales.
Ce niveau est appelé « long » parce qu’il peut s’étendre jusqu’en bas, jusque dans le monde matériel : devant D.ieu, le spirituel et le matériel sont égaux.
ולכן יהיה הגילוי למטה ביחו״ת כמו ביחו״ע (ועמ״ש ע״פ ועתה יגדל2 נא כו׳ כאשר דברת לאמר3 ה׳ ארך אפים כו׳)
C’est pourquoi la révélation en bas, dans l’unité inférieure (yi'houda tata'a), sera comme dans l’unité supérieure (yi'houda ila'a). (Voir aussi ce qui est expliqué à propos du verset : « Et maintenant, que la puissance [de mon Seigneur] soit grande, etc., comme Tu l’as dit, en disant : D.ieu est lent à la colère, etc. »)
Ainsi, à l’avenir, D.ieu sera révélé en bas, dans l’unité inférieure, comme Il l’est en haut, dans l’unité supérieure. L’Admour Hazaken renvoie à son maamar sur la prière de Moché, qui cite les mots : « D.ieu est lent à la colère. »
וע״כ כולו ארוך בתחלה כמו בסוף שהוא גילוי בחי׳ שאין לו תחלה ואין לו תכלה ועד״ז הוא מארז״ל כסא דמלכא משיחא4 מחזיק רכ״א לוגין שאין לו פי׳ ע״פ פשוטו כלל מהו ענין רכ״א לוגין דוקא.
C’est pourquoi il est entièrement long, au commencement comme à la fin, car il s’agit de la révélation d’un niveau qui n’a ni commencement ni fin. Il en va de même pour cet enseignement de nos Sages : « La coupe du roi Machia’h contient deux cent vingt et un log », qui n’a absolument aucune explication selon son sens simple : que signifie précisément le nombre de deux cent vingt et un log ?
Un niveau qui n’a ni commencement ni fin est « long » à son début comme à son terme. Cette même idée explique l’enseignement des Sages selon lequel la coupe de Machia’h contient 221 log, un nombre qui n’a pas de sens au sens littéral.
אלא הכוונה שהכוס הוא הכלי לגילוי אוא״ס ב״ה ויהיה הגילוי בו מבחי׳ ארך אפים כו׳ כנ״ל:
Mais l’intention est que la coupe soit le réceptacle de la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, et que la révélation qui s’y opérera provienne du niveau de erekh apayim, etc., comme indiqué plus haut.
La coupe est un réceptacle destiné à la révélation de la Lumière infinie issue du niveau de erekh, « long » : erekh, א-ר-ך, a pour valeur numérique 221.
Le maamar conclut en expliquant que le « jour entièrement long » de l’avenir sera la révélation d’Arich Anpin, qui s’étend jusque dans le monde matériel, où tout lui est égal. Cela est évoqué par les 221 log de la coupe de Machia’h.
La valeur numérique de erekh (alef 1, reish 200, kaf 20) est 221. La note de Kehot renvoie à une longue explication de la coupe de Machia’h dans le maamar du Rabbi Moyen, V’es gevi’i, et dans Or HaTorah, Bereishis.
Maré mekomot
- 1ארך אפים · Psalms 145:8
- 2ע״פ ועתה יגדל · לקו״ת שלח לט, ב.
- 3ועתה יגדל נא כו׳ כאשר דברת לאמר ה׳ ארך אפים · Numbers 14:17–18
- 4כסא דמלכא משיחא · Yoma 76a:9
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Après avoir éveillé dans le Chema un amour pour D.ieu que rien d’autre ne peut satisfaire, l’homme doit savoir que les paroles de Torah et les mitsvot sont elles-mêmes le précieux trésor de D.ieu. Il doit s’en saisir avec empressement et joie, et raffiner son âme animale par l’amour, la crainte et l’acceptation du joug, car c’est cette élévation qui attire l’essence de D.ieu dans le monde.
Questions à discuter
- Pourquoi même la révélation du Gan Eden ne peut-elle satisfaire l’amour de l’âme, alors qu’une mitsva physique le peut ?
- Comment le voilement du Nom Elokim rend-il possible le délice de D.ieu ?
- Que nous enseigne le nom de Rivka, une paire de bœufs attelés, au sujet du raffinement des émotions ?
- Pourquoi la source semble-t-elle plus petite que le fleuve, et que nous enseigne cela sur la proximité de D.ieu ?
- En quel sens la joie éprouvée dans la Torah et les mitsvot est-elle un « butin » du trésor de D.ieu ?