Likkutei Torah · Parshas Sukkos · Maamar 1
ושאבתם מים בששון ממעיני הישועה
« Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut »
L’idée centrale
Les trois étapes du service du Temple en Tichri, le feu céleste sur l'autel, la libation de l'eau de Souccot et Chemini Atseret qui les recueille toutes, sont trois étapes de l'amour dans le cœur : l'amour ardent éveillé dans la prière, l'annulation de soi (bitoul) silencieuse de la proximité, et la prise durable de cette annulation par l'étude de la Torah.
Le maamar en bref
Toute l'année, un feu céleste en forme de lion consumait les offrandes ; à Souccot, on versait de l'eau sur l'autel ; et le huitième jour, il y avait une « atseret », un recueillement de tous ces niveaux. Sans Temple, chacun doit trouver ces étapes dans son propre cœur. Le feu est l'amour naturel de l'âme divine, éveillé ouvertement dans la prière, qui brûle les « feux étrangers » de l'âme animale, avant tout l'inquiétude pour la subsistance. Il est attiré par le « feu ordinaire » d'un examen de soi honnête : l'humilité des Jours redoutables (la main gauche qui repousse) est le labour et les semailles d'où germe le grand amour de Souccot (l'étreinte de la main droite). Plus haut que le feu est l'eau : l'annulation de soi de celui qui est proche, comme un fils auprès de son père, dont l'amour demeure à l'intérieur, comme dans la Amida silencieuse. Pour la garder après la prière, il faut l'étude de la Torah, qui est Chemini Atseret, une rétention de l'eau. L'eau doit être puisée à deux sources cachées, deux sortes de « poussière » : une âme humble et la Torah revêtue de choses matérielles.
Plan
- Le feu, l'eau et le huitième jourLe feu de l'autel, la libation de l'eau de Souccot et Chemini Atseret se retrouvent dans le service intérieur de D.ieu de chaque personne.¶1–2
- Le feu de la prièreLe cœur a deux autels ; l'amour naturel éveillé dans la prière est le feu céleste en forme de lion, qui brûle les feux étrangers comme l'inquiétude pour la subsistance.¶3–4
- La main gauche et la main droiteL'humilité des Jours redoutables est la semence d'où pousse le grand amour de Souccot : l'étreinte de la main droite, couronnée d'une lumière enveloppante, incarnée dans la souccah.¶5–6
- Le feu ordinaireL'examen de soi et l'amertume qu'il apporte sont le feu ordinaire qui prépare le feu d'en haut.¶7
- L'eau : l'amour de la proximitéLa libation de l'eau est le bitoul, l'amour caché de celui qui se tient près du roi, exprimé dans la Amida silencieuse ; mais il s'estompe après la prière.¶8–10
- Chemini Atseret : retenir l'eauL'étude de la Torah fixe toute la journée l'annulation de soi de la Amida ; c'est l'atseret du huitième jour, enracinée dans Bina, le cœur.¶11–12
- Les deux sourcesL'eau est puisée à deux sources cachées, l'âme humble et la Torah, deux sortes de « poussière » qui correspondent à Abba et Imma.¶13–15
Notions clés
- Le feu d'en hautאש של מעלה
- Le feu céleste qui consumait les offrandes, en forme de lion ; dans l'âme, l'amour naturel pour D.ieu qui s'embrase ouvertement dans la prière.
- Le feu étrangerאש זרה
- Toute passion qui n'est pas dirigée vers D.ieu, y compris l'inquiétude anxieuse pour la subsistance, que le feu de la prière doit brûler.
- L'amour naturelאהבה הטבעית
- L'amour de D.ieu hérité d'Avraham que possède toute âme juive ; la dimension extérieure du cœur.
- Le grand amourאהבה רבה
- L'amour plus élevé de la dimension intérieure du cœur, l'étreinte de la main droite révélée à Souccot.
- L'annulation de soiביטול
- Se sentir comme rien devant D.ieu ; l'« eau » qui apaise le feu en un amour paisible et intérieur.
- Atseretעצרת
- Chemini Atseret compris comme une rétention : garder l'eau de l'annulation de soi absorbée en soi par l'étude de la Torah.
- Deux sortes de poussièreב׳ בחינות עפר
- L'âme humble, « comme la poussière pour tous », et la Torah revêtue de choses matérielles : les deux sources cachées d'eau vive.
Le feu, l'eau et le huitième jour ¶1–2
1ושאבתם מים1 בששון2 ממעיני הישועה. כתיב ביום הש״ע תהיה לכם. פי׳ כי בכל השנה היו מקריבין על גבי המזבח פרים ואילים וכבשים ושעירים ואש של
« Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut. » Il est écrit : « Le huitième jour, il y aura pour vous une atseret (un recueillement). » L'explication : toute l'année, on offrait sur l'autel des taureaux, des béliers, des agneaux et des boucs, et un feu d'
Le maamar s'ouvre sur le verset d'Isaïe sur le fait de puiser l'eau aux sources du salut, que nos Sages rattachent à l'eau puisée pour la libation de l'eau de Souccot, et l'associe au verset de la Torah sur Chemini Atseret, le huitième jour. Il énumère ensuite ce qui se passait sur l'autel toute l'année : des offrandes animales consumées par un feu descendu du ciel.
מעלה3 היה יורד על המזבח כדמות אריה רובץ ותאכל אותם ובחג הסוכות היו מנסכין מים על גבי המזבח וניסוך המים כל שבעה.45 אך ביום השמיני עצרת6 תהיה לכם לכל הבחינות הללו.7
en haut descendait sur l'autel sous l'apparence d'un lion couché et les consumait. À la fête de Souccot, on versait de l'eau sur l'autel, la libation de l'eau, tous les sept [jours]. Mais le huitième jour, « il y aura pour vous une atseret » pour tous ces niveaux.
Le Talmud rapporte que le feu céleste sur l'autel avait l'aspect d'un lion couché. À Souccot, un service supplémentaire s'ajoutait, verser de l'eau sur l'autel, pendant les sept jours ; le huitième jour, Chemini Atseret, est lu ici comme une « atseret », un recueillement et une rétention de tout ce que les services précédents ont accompli.
Le paragraphe expose trois étapes du service du Temple : le feu qui consumait les offrandes toute l'année, la libation de l'eau de Souccot, et le huitième jour, qui les recueille toutes. Le reste du maamar explique chaque étape dans le service intérieur de la personne.
Les notes de Kehot signalent une autre transcription de ce maamar dans le Séfer Hamaamarim Eschalech LeLiozna, et renvoient au maamar « Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille », qui traite aussi du feu en forme de lion qui « mange les offrandes ».
Maré mekomot
- 1ושאבתם מים · הנחה אחרת בסה״מ אתהלך לאזניא ע׳ קלב. וראה מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ תרכג הערה 153. וראה היום יום ע׳ צו (נעתק בהוספות להערות וציונים בלקו״ת כאן). באוה״ת דברים כרך ו ע׳ ב׳תקלא הערה לד״ה זה.
- 2ושאבתם מים בששון · Isaiah 12:3
- 3ואש של מעלה הי׳ יורד על המזבח כדמות ארי׳ · Yoma 21b
- 4וניסוך המים כל שבעה · סוכה פ״ד, מ״א.
- 5וניסוך המים כל שבעה · Mishnah Sukkah 4:1
- 6ביום השמיני עצרת · Numbers 29:35
- 7
2וביאור ענין זה כי הנה עכשיו שאין לנו בית המקדש ולא מזבח צריך כל אחד למצוא דברי חפץ בנפשו
L'explication de ce sujet : maintenant que nous n'avons ni Temple saint ni autel, chacun doit trouver des « paroles de délice » dans son âme,
Sans Temple ni autel, dit l'Admour Hazaken, chacun doit tout de même trouver en lui-même le sens de ces services. « Paroles de délice » est une expression de l'Ecclésiaste pour des paroles qui parlent vraiment à l'âme.
ולהבין איך כל הבחינות עליונות של מעלה הם למטה בעבודת ה׳ שבלב כל אחד ואחד ובכל דור חייב אדם
et comprendre comment tous les niveaux supérieurs d'en haut sont [présents] en bas, dans le service de D.ieu qui est dans le cœur de chacun. Et à chaque génération, l'homme est tenu
Chaque niveau du service du Temple en haut a son correspondant en bas, dans le service de D.ieu qui se déroule dans le cœur. L'expression « à chaque génération, l'homme est tenu de voir » fait écho à la Haggada de Pessa'h.
לראות בנפשו ענין בחינת אש ששורף ומכלה את הקרבנות פרים ואילים וכבשים כו׳. ובחינת ניסוך המים שבחג ובחינת יום השמיני שבו עצרת כל הבחינות הנ״ל.1
de voir dans son âme le sujet du niveau du feu qui brûle et consume les offrandes, les taureaux, les béliers, les agneaux, etc. ; le niveau de la libation de l'eau de la fête ; et le niveau du huitième jour, où a lieu l'atseret (le recueillement) de tous les niveaux mentionnés plus haut.
Chacun doit trouver en lui-même les trois étapes du paragraphe 1 : le feu qui consume les offrandes, la libation de l'eau de Souccot, et le huitième jour qui les recueille toutes.
Ce paragraphe fait du service du Temple un programme pour l'âme : chaque étape du service de l'autel doit être trouvée dans le cœur même de la personne.
Maré mekomot
- 1
Le feu de la prière ¶3–4
3והנה אמרו רז״ל תפלות כנגד תמידין1 תקנום והענין כי עבודה שבלב זו תפלה2 והלב הוא רומז כנגד המזבח3 וכשם שהיו ב׳ מזבחות פנימי וחיצון כך יש בלב ב׳ בחי׳4 חיצוניות הלב ופנימיות הלב כנודע
Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les prières ont été instituées en correspondance avec les sacrifices perpétuels. » Le sujet est que « le service du cœur, c'est la prière », et le cœur fait allusion à l'autel. Et de même qu'il y avait deux autels, un intérieur et un extérieur, il y a deux niveaux dans le cœur : la dimension extérieure ('hitsoniyout) du cœur et la dimension intérieure (pnimiyout) du cœur, comme on le sait
Le Talmud enseigne que les prières quotidiennes correspondent aux sacrifices quotidiens, et que la prière est « le service du cœur ». Le cœur est donc l'autel, et comme le Temple avait un autel extérieur pour les offrandes animales et un autel intérieur en or pour l'encens, le cœur a une dimension extérieure et une dimension intérieure.
(וכמ״ש בזח״ג פ׳ צו ד״ל ע״ב5 דמזבח הפנימי נק׳ קול דממה דקה6 שהוא בחי׳ קלא פנימאה ונקרא ג״כ מזבח הזהב והיא בחי׳ אהבה רבה שמבחינת כמעלת הזהב על הכסף כו׳ וע׳ מזה ג״כ בזח״ג פרשה בהעלותך דקנ״א ע״ב ובפרדס בעה״כ ערך מזבח.7
(comme il est écrit dans le Zohar III, paracha Tzav, p. 30b, que l'autel intérieur est appelé « une voix de silence ténue », qui est le niveau de la voix intérieure ; il est aussi appelé l'autel d'or, et c'est le niveau du grand amour (ahava rabba), qui est du niveau [qui surpasse l'autre] comme l'or surpasse l'argent, etc. Voir aussi à ce sujet dans le Zohar III, paracha Behaalos'cha, p. 151b, et dans le Pardes, Erchei HaKinuyim, à l'entrée « Mizbe'ach » (autel).
Le Zohar appelle l'autel intérieur « une voix de silence ténue », la voix intérieure qui ne s'entend pas au dehors, et l'autel d'or. Il représente le grand amour (ahava rabba), qui surpasse l'amour extérieur, naturel, comme l'or surpasse l'argent. (Les mots « qui est du niveau » tiennent apparemment lieu de « qui est dans le niveau », une petite irrégularité du texte.)
ויובן עוד ענין ב׳ בחי׳ אלו ממ״ש בד״ה שיר השירים בענין ב׳ בחי׳ כלה ע״ש וזהו עצמו ענין ב׳ בחי׳ מזבח הנ״ל), וכשם שהיו מקריבין על מזבח החיצון כל הקרבנות פרים ואילים וכבשים כו׳.8
Le sujet de ces deux niveaux se comprendra encore mieux d'après ce qui est écrit dans le discours commençant par « Shir HaShirim », au sujet des deux niveaux de « fiancée » ; voir là-bas. Et c'est cela même le sujet des deux niveaux d'autel mentionnés plus haut.) Et de même que l'on offrait sur l'autel extérieur toutes les offrandes, taureaux, béliers, agneaux, etc.,
Le maamar « Shir HaShirim » explique que le mot kala (fiancée) a deux sens, le premier venant de kilayon, une aspiration qui consume le soi ; ces deux sens correspondent aux deux autels. L'argument revient maintenant à l'autel extérieur, sur lequel étaient apportées toutes les offrandes animales.
כך צריך כל אחד בתפלתו לעורר את האהבה הטבעית בלבו שהוא בחינת חיצוניות שבלב בלבד שתתלהט כרשפי אש בהתגלות הלב והוא בחינת אש של מעלה שיורד בדמות אריה לשרוף הקרבנות (וע״ש פרשה צו)
de même chacun doit, dans sa prière, éveiller l'amour naturel dans son cœur, qui est le niveau de la seule dimension extérieure du cœur, afin qu'il s'embrase comme des éclairs de feu dans la [partie] révélée du cœur. C'est le niveau du feu d'en haut qui descend sous l'apparence d'un lion pour brûler les offrandes (voir là-bas, paracha Tzav
Dans la prière, il faut éveiller l'amour naturel pour D.ieu que possède tout Juif, qui appartient à la dimension extérieure du cœur, jusqu'à ce qu'il brûle ouvertement comme un feu. Cet amour révélé et ardent est le correspondant intérieur du feu céleste qui descendait comme un lion et consumait les offrandes.
(p. 32b et p. 33a), sur « Et un feu sortit » : « c'est Ouriel », ainsi que dans le commentaire du Ramaz là-bas. Et à la p. 27, il écrit qu'Ouriel a la même valeur numérique qu'Avraham.
Le Zohar identifie le feu qui sortit de devant D.ieu avec l'ange Ouriel, et le Ramaz (Rabbi Moché Zacouto) le commente. Ouriel (1+6+200+10+1+30) et Avraham (1+2+200+5+40) valent tous deux 248.
ונודע דאהבה הטבעית שבנפש האלקית היא ירושה לנו מבחי׳ חסד לאברהם,11 ועד״ז נתבאר כאן שבחי׳ התעוררות גילוי אהבה הטבעית זהו בחי׳ אש שלמעלה.
On sait que l'amour naturel dans l'âme divine est pour nous un héritage du niveau de « la bonté envers Avraham » ; et de la même façon, il est expliqué ici que le niveau de l'éveil et de la révélation de l'amour naturel est le niveau du feu d'en haut.
L'amour naturel de l'âme divine est hérité d'Avraham, l'homme de la bonté ('Hessed). La guématria d'Ouriel et d'Avraham confirme donc ce que dit le maamar : le feu d'en haut est cet amour naturel révélé.
וע׳ עוד בזהר בראשית (ד״ו ע״ב)12 ובפי׳ הרמ״ז שם דבחי׳ אריה בגימ׳ רי״ו והוא מבחי׳ רוחא דשבק בה ע״ש
Voir encore dans le Zohar, Bereishis (p. 6b), et dans le commentaire du Ramaz là-bas, que le niveau d'« arié » (lion) a la valeur numérique de deux cent seize, et qu'il vient du niveau de « l'esprit qu'il a laissé en elle » ; voir là-bas.
Le Zohar parle du lion qui mange les offrandes, et le Ramaz note que arié (1+200+10+5) vaut 216. Il vient de « l'esprit qu'il a laissé en elle » : la trace du mari qui demeure dans l'épouse, une image du Zohar pour un résidu spirituel durable.
וגם עד״ז יובן שייכות בחי׳ זו לאהבה הטבעית, והוא ע״פ מ״ש במ״א בד״ה וילקט יוסף1314 בפרשה ויגש בענין הספיחים שזהו כענין רוחא דשביק בה כו׳
De cette façon aussi se comprendra le lien de ce niveau avec l'amour naturel. Cela suit ce qui est écrit ailleurs, dans le discours commençant par « Vayelaket Yosef », dans la paracha Vayigash, au sujet des repousses, que c'est comme le sujet de « l'esprit qu'il a laissé en elle », etc.
Le maamar « Vayelaket Yosef » dans le Torah Ohr explique les repousses, les cultures qui poussent d'elles-mêmes à partir de semailles antérieures, comme ce même genre de résidu. L'amour naturel est de même un héritage laissé dans l'âme, ce qui explique pourquoi il est lié au lion.
ועמ״ש מענין אהבה הטבעית בד״ה לבאר ענין יוהכ״פ ועמ״ש מענין אריה בד״ה ואריה כבקר15 יאכל תבן,
Voir ce qui est écrit sur l'amour naturel dans le discours commençant par « Pour expliquer le sujet de Yom Hakippourim », et ce qui est écrit sur le lion dans le discours commençant par « Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille ».
Deux autres maamarim sont cités : l'un sur Yom Kippour qui traite de l'amour naturel, et l'autre sur le verset « Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille » qui traite de l'image du lion.
והוא ע״ד מ״ש אחרי ה׳ ילכו כאריה ישאג16 שהיא אהבה המתלהבת ומתלהטת בלב האדם בזכרו את ה׳ שאינו רוצה להיות נפרד ח״ו.17
C'est à la manière de ce qui est écrit : « Ils marcheront derrière D.ieu ; comme un lion, Il rugira » : c'est un amour qui s'enflamme et s'embrase dans le cœur de l'homme lorsqu'il se souvient de D.ieu, car il ne veut pas être séparé [de Lui], à D.ieu ne plaise.
Le verset d'Osée dépeint D.ieu rugissant comme un lion et le peuple qui Le suit. Le maamar le lit comme l'amour qui s'enflamme en l'homme lorsqu'il se souvient de D.ieu, un amour dont tout le contenu est le refus d'être séparé de Lui.
Le paragraphe fait correspondre les deux autels aux deux dimensions du cœur et identifie le feu céleste en forme de lion à l'amour naturel de l'âme divine, éveillé ouvertement dans la prière.
Les guématriot lient l'image : Ouriel, le feu de l'autel, vaut Avraham, la racine de l'amour naturel ; et arié, 216, est lié à « l'esprit qu'il a laissé en elle », un résidu laissé dans l'âme. Les notes renvoient au maamar « Shir HaShirim » sur les deux sens de kala, qui correspondent aux deux autels.
Maré mekomot
- 1תפלות כנגד תמידין · Berakhot 26b:4–5
- 2עבודה שבלב זו תפלה · Taanit 2a:11
- 3והלב הוא רומז כנגד המזבח · ראה עקידה פ׳ צו. תורת העולה ח״א פכ״ד.
- 4וכשם שהיו ב׳ מזבחות פנימי וחיצון כך יש בלב ב׳ בחי׳ · ראה סה״מ תקס״ד ע׳ סו ואילך. דרך מצותיך מצות בנין מקדש פז, א. אוה״ת ויקהל ע׳ ב׳רה ואילך.
- 5בזח״ג פ׳ צו ד״ל ע״ב · נזכר גם לעיל פ׳ שלח מט, א. ”אמר רבי יהודה דא אוריאל ובהרמ״ז שם אוריאל בת״ת”. — אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תרצה. וראה באוה״ת פ׳ ויקהל ע׳ ב׳קפה מה שמציין לזהר הנ״ל.
- 6קול דממה דקה · I Kings 19:12
- 7ובפרדס בעה״כ ערך מזבח · Pardes Rimmonim 23
- 8ב׳ בחי׳ מזבח . . פרים ואילים וכבשים כו׳ · ראה אוה״ת ויקהל ע׳ ב׳קפה.
- 9ותצא אש דא אוריאל · Zohar, Tzav 21:154–24:166
- 10ובדף כ״ז כתב דאוריאל גימטריא אברהם · ”והוא כחשבון אברהם בחי׳ חסד” — אוה״ת ויקהל ע׳ ב׳קמז.
- 11חסד לאברהם · Micah 7:20
- 12וע׳ עוד בזהר בראשית (ד״ו ע״ב) · Zohar, Introduction 12:104–114
- 13בד״ה וילקט יוסף · תו״א מד, ג. וראה אוה״ת בראשית כרך ב שנב, א. סה״מ תקס״ב ח״ב ע׳ שלט.
- 14
- 15
- 16אחרי ה׳ ילכו כארי׳ ישאג · Hosea 11:10
- 17בד״ה שה״ש · Song of Songs 1:1
4וכתיב כי ה׳ אלקיך אש אוכלה הו א אש אוכלה אש1 ששורף ומכלה את כל האישים אשר לא לה׳ המה הנקרא בשם אש זרה2 ולא להיות האש כ״א לה׳ לבדו.
Et il est écrit : « Car D.ieu ton D.ieu est un feu dévorant. » Il est un feu dévorant : un feu qui brûle et consume tous les feux qui ne sont pas pour D.ieu, qui sont appelés du nom de « feu étranger », afin que le feu soit pour D.ieu seul et rien d'autre.
D.ieu est appelé « un feu dévorant » : le feu de l'amour pour Lui brûle en l'homme tout autre feu, toute passion qui n'est pas dirigée vers D.ieu, appelée « feu étranger » d'après le feu non autorisé de Nadav et Avihou. Le but est que tout le feu de l'homme soit pour D.ieu seul.
ולכן אמרו רז״ל שאסור לאכול קודם התפלה34 כי מאחר שהוא רוצה לאכול איזה דבר כמו לחם גשמי מוכרח הוא להיות במעלה הגבוה ויתירה מן
C'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu'il est interdit de manger avant la prière. Car puisqu'il veut manger quelque chose, comme du pain matériel, il doit nécessairement se trouver à un niveau plus haut et supérieur à
La halakha interdit de manger avant la prière du matin. L'Admour Hazaken explique pourquoi : pour manger quelque chose comme il se doit, l'homme doit se tenir au-dessus.
הלחם שמצד מעלתו היתירה עליו ראוי לשלוט בו ולאכול ממנו וכיון שהוא קודם התפלה שעדיין לא ביער ושרף את המותרות שלו באש של מעלה
celui du pain, afin qu'en vertu de sa supériorité sur lui, il soit digne de le dominer et d'en manger. Mais puisque c'est avant la prière, quand il n'a pas encore écarté et brûlé ses excès avec le feu d'en haut,
Celui qui se tient au-dessus de sa nourriture a le droit de la maîtriser et de la manger. Avant la prière, cependant, il n'a pas encore brûlé ses désirs excessifs avec le feu d'amour qu'éveille la prière.
והרי הוא מקושר בדאגת הפרנסה הרי הוא מקושר למטה ונופל במדרגות שאר ענינים גשמיים הרי הוא שוה במדרגה אל הלחם אשר הוא אוכל ואין ראוי לשלוט בו ולאכול ממנו
et qu'il est lié à l'inquiétude pour sa subsistance, il est lié en bas et tombe aux niveaux des autres choses matérielles ; il est alors au même niveau que le pain qu'il mange, et il n'est pas digne de le dominer et d'en manger
Pris dans l'inquiétude de gagner sa vie, il est lié au monde d'en bas et descend au niveau des choses matérielles qui l'entourent. Il n'est pas plus haut que le pain, et il n'a donc pas le droit de le manger.
(ועמ״ש מזה בד״ה כה תברכו בפ׳ נשא), וזהו עבודת האדם בתפלה לשרוף דאגת הפרנסה5 וכמו שהיו מקריבין ע״ג המזבח סולת חטים למנחות.
(voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Ainsi vous bénirez », dans la paracha Naso). C'est le service de l'homme dans la prière : brûler l'inquiétude pour la subsistance, de même que l'on offrait sur l'autel la fine fleur de farine de blé pour les offrandes de farine.
Une part du travail de la prière est de brûler l'inquiétude au sujet de la subsistance, le correspondant intérieur de la fine fleur de farine de l'offrande de farine, la matière première du pain, brûlée sur l'autel.
Non pas la subsistance elle-même, car elle est nécessaire, et l'Écriture en fait l'éloge en disant : « Quand tu manges du labeur de tes mains, heureux es-tu », etc.
L'Admour Hazaken précise : ce qui est brûlé n'est pas le travail pour gagner sa vie, qui est nécessaire, et que les Psaumes louent comme une bénédiction.
אבל הדאגה שאדם מיצר ודואג על זה הנה הוא מיסוד האש והחמימות שבנפשו הבהמית אשר זהו אש זרה וצריך לשרפה באש של מעלה בתפלה כנ״ל:
Mais l'inquiétude, quand l'homme est tourmenté et s'inquiète à son sujet : cela vient de l'élément du feu et de la chaleur dans son âme animale, qui est un feu étranger, et il doit être brûlé par le feu d'en haut, dans la prière, comme il a été expliqué plus haut.
Ce qui doit être brûlé, c'est l'inquiétude anxieuse. Elle vient de l'élément du feu et de la chaleur dans l'âme animale, un « feu étranger » que le feu d'en haut dans la prière doit consumer.
Le feu d'en haut consume les feux étrangers en l'homme, avant tout l'anxiété pour la subsistance ; cela explique pourquoi on ne peut pas manger avant la prière, et correspond à l'offrande de farine brûlée sur l'autel.
La note renvoie au premier maamar de Chabbat Chouva dans le Likkutei Torah, qui lit le correspondant spirituel de la peine de mort par lapidation (sekila) du tribunal comme l'inquiétude pour la subsistance. Les deux passages traitent cette inquiétude comme quelque chose qui doit être brûlé ou rejeté dans le service divin.
Maré mekomot
- 1אש אוכלה אש · Yoma 21b:5–6
- 2הנקרא בשם אש זרה · Leviticus 10:1
- 3ארז״ל שאסור לאכול קודם התפלה · Berakhot 10b
- 4שאסור לאכול קודם התפלה · Shulchan Arukh, Orach Chayim 89:3
- 5לשרוף דאגת הפרנסה · ע׳ לעיל שובה הא׳ רפ״ג סקילה ברוחני׳ דאגת הפרנסה יעו״ש [כ].
- 6כי ה״א אש אוכלה הוא · Deuteronomy 4:24
- 7יגיע כפיך כי תאכל · Psalms 128:2
La main gauche et la main droite ¶5–6
5ב והנה אמרו רז״ל אע״פ שאש יורד מלמעלה מן השמים מצוה להביא מן ההדיוט1 כדי לעשות הכנה לאש של מעלה שתרד ע״י זה.
2. Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Bien que le feu descende d'en haut, du ciel, c'est une mitsva d'apporter [du feu] d'une [source] ordinaire », afin de faire une préparation au feu d'en haut, pour qu'il descende par ce moyen.
La section 2 commence par une règle talmudique : bien qu'un feu céleste descende sur l'autel, les prêtres avaient l'ordre d'apporter aussi un feu ordinaire. Le feu humain est une préparation qui fait descendre le feu d'en haut.
ולהבין ענין זה בעבודת ה׳ הנה הקב״ה נקרא זורע צדקות ומצמיח ישועות.2 וביאור ענין זה יובן בהקדים מה שכתוב שמאלו תחת לראשי וימינו תחבקני3 (עמ״ש על פסוק זה בפ׳ כי תשא)
Pour comprendre ce sujet dans le service de D.ieu : le Saint béni soit-Il est appelé « Celui qui sème la justice et fait germer les délivrances ». L'explication s'en comprendra en introduisant d'abord ce qui est écrit : « Sa main gauche est sous ma tête, et sa main droite m'étreint » (voir ce qui est écrit sur ce verset dans la paracha Ki Sisa).
Pour voir ce que cela signifie dans le service de l'homme, l'Admour Hazaken se tourne vers une expression des bénédictions du matin, « Il sème la justice et fait germer les délivrances », et vers le verset du Cantique des cantiques sur la main gauche et la main droite du bien-aimé.
פי׳ וימינו תחבקני שנמשך כל כך בחינות חסד דרועא ימינא45 וימין מקרבת6 כל ניצוצות וכל נשמות ישראל להיות מיוחדים לה׳ יחיד ומיוחד לבדו
L'explication : « et sa main droite m'étreint » signifie que les niveaux de 'Hessed, « le bras droit », sont attirés vers le bas si abondamment — et la main droite rapproche toutes les étincelles et toutes les âmes d'Israël, pour qu'elles soient unies à D.ieu, l'Un et l'Unique, seul,
Dans la Kabbale, la main droite est 'Hessed, la bonté, et le Talmud dit « la droite rapproche ». L'étreinte de la main droite est une bonté attirée si pleinement qu'elle rapproche chaque âme juive, pour qu'elle soit une avec D.ieu.
כדכתיב עם קרובו7 עד שהוא בבחינת חיבוק ממש כאדם המחבק לחבירו שאינו יכול להפרד ממנו
comme il est écrit : « le peuple qui Lui est proche », jusqu'à ce que ce soit le niveau d'une véritable étreinte, comme un homme qui étreint son ami, qui ne peut être séparé de lui
Les Psaumes appellent Israël « le peuple qui Lui est proche ». La proximité est une véritable étreinte, dans laquelle les deux ne peuvent être arrachés l'un à l'autre.
בשום אופן, וכך למטה נמשך ונתגלה אה״ר לה׳ לבדו שלא ליפרד ממנו ח״ו (עמ״ש מזה בביאור ע״פ שימני כחותם8 בענין רצועות דתליין על לבא).
d'aucune façon. Et ainsi, en bas, est attiré et révélé un grand amour pour D.ieu seul, pour ne pas être séparé de Lui, à D.ieu ne plaise (voir ce qui est écrit à ce sujet dans l'explication du verset « Mets-moi comme un sceau », au sujet des « lanières qui pendent sur le cœur »).
L'étreinte d'en haut se reflète en bas comme le grand amour (ahava rabba) : un amour pour D.ieu seul qui ne peut supporter d'être séparé de Lui. Le maamar sur « Mets-moi comme un sceau » l'explique par les lanières des tefillin qui pendent sur le cœur.
אך לזכות למעלת ובחינת אהבה רבה זו צ״ל מתחלה בבחי׳ שמאלו תחת לראשי כי שמאל דוחה.
Mais pour mériter la qualité et le niveau de ce grand amour, il faut d'abord le niveau de « sa main gauche est sous ma tête », car « la gauche repousse ».
On n'atteint pas directement le grand amour. D'abord vient la main gauche « sous ma tête » : le « la gauche repousse » du Talmud, ici le sentiment qu'a l'homme de son propre éloignement.
פי׳ שדוחה ומשפיל את האדם כאשר ישים אל לבו ויעמיק דעתו ומחשבתו איך שהוא רחוק מה׳ בתכלית ח״ו וכיוצא באלו הענינים אשר כל זה נמשך מסטרא דשמאלא כנודע
L'explication : elle repousse et rend l'homme humble, lorsqu'il prend à cœur et approfondit son esprit et sa pensée [sur] combien il est extrêmement éloigné de D.ieu, à D.ieu ne plaise, et des sujets semblables, qui viennent tous du côté gauche, comme on le sait.
Le rejet de la main gauche est l'humilité qui vient lorsque l'homme réfléchit profondément à combien il est loin de D.ieu. De telles pensées viennent du « côté gauche », le côté de Guevoura (retenue) et du jugement.
ולא שיהיה בחינת שמאל של הקב״ה עצמו הוא הדוחה ח״ו כי לא ידח ממנו נדח9
Ce n'est pas que le niveau de la gauche du Saint béni soit-Il Lui-même soit ce qui repousse, à D.ieu ne plaise, car « nul banni ne sera banni loin de Lui ».
L'Admour Hazaken insiste sur le fait que D.ieu Lui-même ne repousse jamais personne. L'Écriture dit qu'aucun banni ne reste banni loin de Lui.
אלא כאשר ישים אל לבו וכו׳ ונמשך ונשתלשל למטה בבחי׳ תחת לראשי פי׳ כאשר אני נוטל בחינה זו להמשיך למטה תחת לראשי
Mais [c'est] lorsqu'il prend à cœur, etc., et que cela est attiré et descend en bas au niveau de « sous ma tête ». L'explication : quand je prends ce niveau pour l'attirer en bas, « sous ma tête »,
Le rejet se produit quand l'homme attire le côté gauche en lui-même. « Sous ma tête » signifie amené dans la profondeur de sa propre pensée.
דהיינו בעומק מחשבתי הרי אני בעצמי הוא הדוחה ומשפיל את עצמי ממדרגתי שהייתי מחזיק עצמי בעיני מתחלה
c'est-à-dire dans la profondeur de ma pensée, alors c'est moi-même qui me repousse et m'abaisse de mon niveau, auquel je m'étais d'abord tenu à mes propres yeux
C'est donc l'homme qui se repousse lui-même : il s'abaisse de la position qu'il s'était imaginée.
(ועמ״ש מזה בד״ה חייב אינש לבסומי בפוריא), וע״ד זה סדרו רז״ל כל הוידויים שביום כפור שמתודים על נפשם ואומרים סררנו תעבנו וכיוצא בהם שמשפילים את עצמם לפני הקב״ה מאד ואומרים איך
(voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « L'homme est tenu de s'enivrer à Pourim »). C'est de cette manière que nos Sages, de mémoire bénie, ont ordonné toutes les confessions de Yom Kippour, dans lesquelles on se confesse pour son âme et l'on dit : « Nous nous sommes rebellés, nous avons commis l'abomination », et ce qui est semblable, en s'humiliant grandement devant le Saint béni soit-Il et en disant combien
Le maamar sur « L'homme est tenu de s'enivrer à Pourim » traite de ce thème. Les confessions de Yom Kippour sont construites de la même façon : « nous nous sommes rebellés, nous avons commis l'abomination » sont des paroles d'abaissement de soi délibéré devant D.ieu.
שהם רחוקים מאד ממנו ית׳ והן הם הדברים המעוררים את האהבה והצמאון להיות אליו ית׳ תשוקתו
ils sont très loin de Lui, béni soit-Il. Et ce sont précisément ces choses qui éveillent l'amour et la soif, pour que l'aspiration de l'homme soit tournée vers Lui, béni soit-Il.
Se sentir loin de D.ieu est exactement ce qui éveille la soif et l'amour pour Lui, de sorte que toute l'aspiration de l'homme se tourne vers Lui.
ובזה יבא ויגיע להיות זוכה לבחינת ומעלת אהבה רבה שבחג הסוכות וזהו זורע צדקות כי
Par cela, il parviendra au niveau et à la qualité du grand amour qui est à la fête de Souccot. C'est [le sens de] « Il sème la justice », car
L'humilité des Jours redoutables mène au grand amour qui se révèle à Souccot. C'est la première moitié de l'expression « Il sème la justice », qui va maintenant être expliquée.
הנה כנסת ישראל נק׳ בשם צדקה על שם הפסוק בצדקה תכונני10 וגם כללות ישראל למטה11 מלאים מצות צדקה וחסד ובעשי״ת הוא בבחינ׳ זריעה
l'Assemblée d'Israël est appelée du nom de tsédaka (justice), d'après le verset : « Par la justice tu seras affermie » ; et aussi l'ensemble d'Israël en bas est rempli de la mitsva de la tsédaka et de la bonté ; et durant les Dix Jours de Techouva, cela est à l'état de semailles.
Israël est appelé tsédaka d'après le verset d'Isaïe, et le Talmud dit que même les Juifs simples sont remplis de mitsvot. Durant les Dix Jours de Techouva, toute cette tsédaka est semée comme une semence.
כי כמו הגרעין שזורעין צריך לזרוע ע״ג עפר שנחרש12 היטב משא״כ עפר קשה לא יזרע ולא יצמח בה כלל.
Car de même que la semence que l'on sème doit être semée dans une terre bien labourée, tandis qu'une terre dure ne sera pas ensemencée et ne fera rien germer du tout,
La semence ne prend racine que dans une terre labourée et ameublie ; un sol dur ne donne rien.
כך כל המצות צדקה וחסד שישראל עושין ומסגלין כל ימות השנה הנה לא יזרע ולא יצמיח בה כלל
ainsi toutes les mitsvot de tsédaka et de bonté qu'Israël accomplit et acquiert tous les jours de l'année ne seront pas semées et ne germeront pas du tout
Il en va de même pour une année entière de charité et de bonté : par elle-même, elle ne prend pas racine.
ולא יעשה פרי למעלה כ״א ע״י בחינת עשי״ת שמשברין את לבם ודוחין ומשפילין את עצמם כעפר שנחרש בבחינת חרישה דמרפי ארעא
ni ne porteront de fruit en haut, sinon par les Dix Jours de Techouva, lorsqu'ils brisent leur cœur, se repoussent et s'humilient comme une terre labourée, à la manière du labour qui « ameublit la terre »
Elle ne porte de fruit en haut que lorsque le cœur a été brisé et rendu humble durant les Dix Jours de Techouva, comme une terre que le labour a ameublie.
(ועמ״ש מזה באריכות סד״ה האזינו השמים. איך שחרישה זו מתחיל דרך כלל בר״ה וזהו ענין שברים כו׳ ושהצמיחה היא חג הסוכות ע״ש).
(voir ce qui est écrit longuement à ce sujet à la fin du discours commençant par « Écoutez, cieux » : comment ce labour commence, de façon générale, à Roch Hachana (c'est le sujet des [sonneries] chevarim, etc.), et que la germination est la fête de Souccot ; voir là-bas).
Le maamar « Écoutez, cieux » explique que le labour commence à Roch Hachana ; les sonneries brisées du chofar appelées chevarim (littéralement « brisures ») brisent le cœur. La germination vient à Souccot.
וכן אנו רואים בחוש בעושי צדקה שלא יתן כ״א ע״י שישים את עצמו כעפר משא״כ אם מח
Et ainsi nous voyons clairement chez ceux qui donnent la tsédaka que l'on ne donne qu'en se faisant comme la poussière, tandis que s'il se considère
L'expérience de tous les jours le confirme : le vrai don ne vient que de celui qui se fait comme la poussière.
שב את עצמו ליש ודבר לא יתן כ״א איזה מותרות ממה שיש לו אבל לא יגיעו ועמלו וחיי נפשו ממש.
lui-même comme quelque chose, une entité existante, il ne donnera qu'un peu du superflu de ce qu'il a, mais non sa peine, son labeur et la vie même de son âme.
Celui qui se croit important ne donne que de son superflu, jamais de la subsistance qu'il a durement gagnée.
שלזה צריך לשבר תאוות לבו הנמשכים מגסות רוחו ולהחשיב את עצמו שוה כמו חבירו המקבל ממנו ומאי חזית דדמא דידך סומק טפי13 כו׳
Pour cela, il doit briser les désirs de son cœur qui viennent de son esprit orgueilleux, et se considérer comme l'égal de son prochain qui reçoit de lui : « Qu'est-ce qui te fait penser que ton sang est plus rouge », etc.,
Donner vraiment exige de briser les désirs qui viennent de l'orgueil et de voir le pauvre comme son égal. Le « qu'est-ce qui te fait penser que ton sang est plus rouge » du Talmud signifie que la vie de personne ne vaut plus que celle d'un autre.
pour qu'il ait de quoi manger et boire tandis que le pauvre n'a rien ? Quelle est la différence, et pourquoi celui-ci devrait-il manquer ? « N'avons-nous pas tous un seul Père », etc.
Pourquoi mangerait-il et boirait-il tandis que le pauvre, comme le dit le prophète Nathan, « n'a rien » ? Le « n'avons-nous pas tous un seul Père » de Malachie supprime tout fondement à la différence.
Le paragraphe explique comment l'humilité des Jours redoutables (la « main gauche » qui repousse) est la semence qui permet au grand amour de Souccot (la « main droite » qui étreint) de germer, de même que le feu humain prépare le feu d'en haut.
La parabole du labour et des semailles s'accorde avec le cycle de Tichri : les sonneries brisées du chofar de Roch Hachana labourent, les Dix Jours de Techouva et Yom Kippour sèment, et Souccot est la germination, l'étreinte de la main droite. Le feu « ordinaire », l'amertume de l'homme lui-même devant son éloignement de D.ieu, est ce qui fait descendre le feu d'en haut.
Maré mekomot
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- 11ישראל למטה הם מלאים מצות צדקה · Chagigah 27a:8
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- 13ומאי חזית דדמא דידך סומק טפי · Pesachim 25b:4
- 14ולרש אין כל · II Samuel 12:3
- 15הלא אב א׳ לכולנו · Malachi 2:10
6ועמ״ש בד״ה ארץ הרים ובקעות. ועי״ז נזרע בחינת הצדקה הנ״ל ובימים שבין יום כפור לסוכות הוא בחי׳ הצמיחה עד שביום ראשון של חג הסוכות נגדל ונצמח בחי׳ אברהם חסד עליון בחינת וימינו תחבקני הנ״ל
Et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Une terre de montagnes et de vallées ». Par cela est semé le niveau de tsédaka mentionné plus haut ; les jours entre Yom Kippour et Souccot sont le niveau de la germination, jusqu'à ce que le premier jour de la fête de Souccot croisse et germe le niveau d'Avraham, le 'Hessed supérieur, le niveau de « et sa main droite m'étreint » mentionné plus haut.
Le cycle de Tichri se poursuit : l'humilité des Jours redoutables sème la semence de la tsédaka, les jours entre Yom Kippour et Souccot sont sa germination, et le premier jour de Souccot la récolte apparaît. Ce qui pousse, c'est le niveau d'Avraham, le 'Hessed supérieur : l'étreinte de la main droite.
וגם בחינת ומעלת אברהם הוא ע״י שאמר ואנכי עפר ואפר1 דהיינו בחי׳ עפר שזורעין בו ומצמיח כנ״ל וזהו מצמיח ישועות והוא ע״ד מ״ש הושיעה ימינך.23
Le niveau et la qualité d'Avraham, eux aussi, sont venus de ce qu'il a dit : « Je ne suis que poussière et cendre », c'est-à-dire le niveau de la poussière dans laquelle on sème et qui fait germer [les choses], comme mentionné plus haut. C'est « Il fait germer les délivrances », et c'est à la manière de ce qui est écrit : « Sauve [par] Ta droite. »
Avraham lui-même a atteint sa grandeur en se disant « poussière et cendre », la terre humble dans laquelle la semence peut pousser. « Il fait germer les délivrances » décrit donc le même processus, et cela correspond à la prière « Sauve [par] Ta droite ».
כי הנה כתיב השיב אחור ימינו4 שבחי׳ חסד והימין מלובש בבחי׳ אחוריים דברים חיצונים וצריך להושיע ידו לו5 לחזור אל הקדושה
Car il est écrit : « Il a retiré en arrière Sa main droite » : le niveau de 'Hessed et de la droite est revêtu du niveau de l'arrière, dans les choses extérieures, et Sa main doit être sauvée pour Lui, pour revenir à la sainteté
Les Lamentations disent que D.ieu « a retiré en arrière Sa main droite ». 'Hessed, la main droite, peut se cacher dans « l'arrière », dans les choses extérieures, et il doit être sauvé et ramené à la sainteté.
(ע׳ מ״ש בד״ה ואהיה אצלו אמון גבי עת לחבק6 ועת לרחק מחבק, וע׳ מענין השיב אחור ימינו בזהר פ׳ ויצא קס״ג7 סע״ב פרשה בשלח דנ״ז
(voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et j'étais auprès de Lui comme un nourrisson », au sujet d'« un temps pour étreindre et un temps pour s'abstenir d'étreindre ». Et voir sur le sujet de « Il a retiré en arrière Sa main droite » dans le Zohar, paracha Vayetze, p. 163b, à la fin de la colonne ; paracha Beshalach, p. 57a,
Le « un temps pour étreindre et un temps pour s'abstenir » de l'Ecclésiaste est expliqué dans le maamar « Et j'étais auprès de Lui comme un nourrisson ». L'Admour Hazaken énumère ensuite des passages du Zohar sur la main droite retirée en arrière.
סע״א ובפרשה תרומה דקמ״ג ע״ב ובמק״מ שם8 וענין שהימין מלובש בבחינת אחוריים היינו למטה כשהאדם משפיל אהבתו בענינים גשמיים לימשך אחר תאוות הגוף והנה״ב כו׳ ואומר על שמאל שהוא ימין.
à la fin de la colonne ; et paracha Terumah, p. 143b, et dans le Mikdash Melech là-bas. Le sujet selon lequel la droite est revêtue du niveau de l'arrière se rapporte à ce qui est en bas, lorsque l'homme abaisse son amour dans les choses matérielles, pour être entraîné après les désirs du corps et de l'âme animale, etc., et qu'il dit de la gauche qu'elle est la droite.
Le Mikdash Melech est un commentaire du Zohar. En l'homme, la main droite est « retirée en arrière » lorsqu'il déverse sa capacité d'aimer dans les choses matérielles et les désirs de l'âme animale, appelant « droite » la gauche, le côté du moi et de la complaisance.
ועי״ז גורמים ח״ו השפלת השפע לחיצונים, ועמ״ש ר״פ בשלח בענין כמה ארך אפים כו׳ גם בחי׳ השיב אחור ימינו זהו כענין המבואר במ״א ע״פ המאמר הזהר פ׳ ויקרא ד״כ ע״ב קב״ה בגלותא סליק לעילא910 כו׳
Par cela, ils font, à D.ieu ne plaise, que le flux [de l'influence divine] soit abaissé vers les forces extérieures. Et voir ce qui est écrit au début de la paracha Beshalach sur le sujet de « combien Il est patient », etc. Le niveau de « Il a retiré en arrière Sa main droite » est aussi comme le sujet expliqué ailleurs sur la parole du Zohar dans la paracha Vayikra, p. 20b : « Le Saint béni soit-Il, lorsqu'il est en exil, est monté en haut », etc.
Un amour mal placé attire le flux divin vers les forces extérieures à la sainteté. L'image du Zohar de D.ieu « montant en haut » durant l'exil, traitée ailleurs, est une autre forme de la main droite retirée en arrière.
וכ״מ הפי׳ בזהר פרשה בשלח דנ״ז סע״א ע״ש וע׳ עוד מענין השיב אחור ימינו בזהר פ׳ בלק דר״א סע״א ובפרשה פנחס דרל״ז ע״א ובפרשה ויקהל דר״ג סע״א ובפ׳ אחרי דע״ד ע״א11
L'explication du Zohar, paracha Beshalach, p. 57a, à la fin de la colonne, l'implique aussi ; voir là-bas. Et voir encore sur le sujet de « Il a retiré en arrière Sa main droite » dans le Zohar, paracha Balak, p. 201a, à la fin de la colonne ; paracha Pinchas, p. 237a ; paracha Vayakhel, p. 203a, à la fin de la colonne ; et paracha Acharei, p. 74a.
D'autres passages du Zohar sur « Il a retiré en arrière Sa main droite » sont énumérés pour le lecteur qui souhaite étudier le thème.
והנה ענין להושיע ידו לו זהו כמ״ש הושיעה ימינך וענני. בתהלים סי׳ ס׳,12 והיינו כמ״ש בד״ה האזינו הנ״ל בענין וסוכה תהיה לצל יומם.13
Or, le sujet de sauver Sa main pour Lui est comme il est écrit : « Sauve [par] Ta droite et réponds-moi », dans les Psaumes, chapitre 60. C'est comme il est expliqué dans le discours commençant par « Écoutez, cieux », mentionné plus haut, au sujet de « Et une souccah sera une ombre le jour ».
Sauver la main droite est la prière du Psaume 60, « Sauve [par] Ta droite et réponds-moi ». Le maamar « Écoutez, cieux » l'a rattachée à la promesse d'Isaïe d'une souccah comme « ombre le jour ».
כי יומם היינו בחי׳ חסד לאברהם14 בחי׳ ימין וצל יומם היינו בחי׳ מקיף עליון שנמשך על החסד והמשכה זו היא מבחי׳ ורב חסד15 ומבחי׳ כי חפץ חסד הוא16 ועמ״ש ע״פ הוי׳ יחתו מריביו.17
Car « le jour » est le niveau de « la bonté envers Avraham », le niveau de la droite ; et « l'ombre le jour » est le niveau d'une lumière enveloppante supérieure qui est attirée au-dessus du 'Hessed. Cette attraction vient du niveau de « abondant en bonté » et du niveau de « car Il désire la bonté ». Et voir ce qui est écrit sur le verset « Havaya : Ses adversaires seront brisés ».
« Le jour » est la bonté d'Avraham, la main droite. « L'ombre » au-dessus est une lumière plus élevée, enveloppante, qui vient de la bonté sans limite de D.ieu, décrite comme « abondant en bonté » et « Il désire la bonté ».
אשר ע״י התגלות בחי׳ ורב חסד בחסד עליון מתמתקים הדינים ועמ״ש ס״פ שלח בביאור ע״פ אני דפ׳ ציצית בענין חסדי ה׳ ב׳ בחי׳ חסד כו׳ ע״ש.
Par la révélation du niveau de « abondant en bonté » dans le 'Hessed supérieur, les jugements sont adoucis. Et voir ce qui est écrit à la fin de la paracha Shelach, dans l'explication sur « Je [suis D.ieu votre D.ieu] » du passage des tsitsit, au sujet des « bontés de D.ieu » : deux niveaux de 'Hessed, etc. ; voir là-bas.
Quand cette bonté plus élevée se révèle dans le 'Hessed supérieur, tous les jugements sévères sont atténués, « adoucis ». L'explication sur le passage des tsitsit dans la paracha Shelach parle de deux niveaux de 'Hessed.
וזהו הושיעה ימינך שנמשך בחי׳ מקיף עליון לבחי׳ חסד דרועא ימינא והמשכה זו הוא ממקום עליון מאד מבחי׳ דלית שמאלא בהאי עתיקא.18 ועי״ז וענני. להיות וימינו תחבקני.
C'est « Sauve [par] Ta droite » : que le niveau de la lumière enveloppante supérieure soit attiré vers le niveau de 'Hessed, « le bras droit ». Cette attraction vient d'un lieu très élevé, du niveau de « il n'y a pas de gauche dans cet Atika ». Et par cela, « réponds-moi » : qu'il y ait « et sa main droite m'étreint ».
« Sauve [par] Ta droite » signifie attirer cette lumière enveloppante sur 'Hessed. Elle vient d'Atik, le niveau le plus intérieur de Kéter (la Couronne), dont le Zohar dit « il n'y a pas de gauche » : une bonté pure, sans jugement. Puis vient « réponds-moi » : l'étreinte de la main droite.
וזהו ענין הסוכה עפמ״ש בפע״ח שער חג הסוכות פ״ד דדפנות הסוכה שתים כהלכתן ושלישית אפילו טפח זהו עד״מ כנגד ג׳ פרקי יד ימין כו׳ והוא בחי׳ וימינו תחבקני והסכך זהו בחי׳ צל יומם המקיף על בחי׳ ימין כו׳ ע״ש.
C'est le sujet de la souccah, d'après ce qui est écrit dans le Pri Etz Chaim, Sha'ar Chag HaSukkos, ch. 4 : les murs de la souccah (deux comme le prescrit la loi, et le troisième même d'un téfa'h) correspondent, par analogie, aux trois articulations du bras droit, etc., et c'est le niveau de « et sa main droite m'étreint » ; et la couverture (sekhakh) est le niveau de « l'ombre le jour » qui entoure le niveau de la droite, etc. ; voir là-bas.
La souccah elle-même incarne cela. Selon le Pri Etz Chaim, ses deux murs complets et un troisième d'un téfa'h correspondent aux trois segments du bras droit enroulé autour de l'homme, et le sekhakh au-dessus est « l'ombre le jour » qui entoure la main droite.
וביאור ענין גילוי בחי׳ ימינו של הקב״ה בנפש האדם יובן ממ״ש בד״ה צאינה וראינה בענין שאו ידיכם קדש19 כו׳ ע״ש. וברבות נזכר מענין הושיעה ימינך במדרש איכה ס״פ גדע בחרי אף ובזח״א)
L'explication de la révélation du niveau de la main droite du Saint béni soit-Il dans l'âme de l'homme se comprendra d'après ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sortez et voyez », au sujet de « Levez vos mains avec sainteté », etc. ; voir là-bas. Dans les [Midrachim] Rabba, le sujet de « Sauve [par] Ta droite » est mentionné dans le Midrash Eichah, à la fin de [la section] « Il a abattu dans l'ardeur de Sa colère » ; et dans le Zohar I
Le maamar « Sortez et voyez » explique comment la main droite de D.ieu se révèle dans l'âme de l'homme, à travers le verset « Levez vos mains avec sainteté ». Le texte énumère ensuite des endroits du Midrach et du Zohar qui traitent de « Sauve [par] Ta droite ».
(בפ׳ ויצא דקס״ג סע״ב ובפ׳ פקודי דרל״ה ע״א) ובפ׳ שמיני (דל״ז ע״א) ובפ׳ חקת (דקפ״א ע״ב) ובפ׳ תרומה (דקס״ט ע״א) גבי כוס ישועות20 כו׳
(dans la paracha Vayetze, p. 163b, à la fin de la colonne, et dans la paracha Pekudei, p. 235a), et dans la paracha Shemini (p. 37a), dans la paracha Chukas (p. 181b) et dans la paracha Terumah (p. 169a), au sujet de « la coupe des délivrances », etc.,
D'autres passages du Zohar, dont certains relient « Ta droite » à « la coupe des délivrances » des Psaumes.
הושיעה ימינך כו׳ ושייך לזה ג״כ מ״ש בזהר פ׳ תשא (דקפ״ט ע״ב) ובפי׳ הרמ״ז שם ובפ׳ נח (ס״ב ב׳)
« Sauve [par] Ta droite », etc. Est aussi lié à cela ce qui est écrit dans le Zohar, paracha Tisa (p. 189b), et dans le commentaire du Ramaz là-bas, et dans la paracha Noach (p. 62b),
Le Zohar dans Tisa, avec le commentaire du Ramaz, et dans Noach est aussi pertinent.
au sujet de « la fin de la droite ». Et voir dans le Zohar, paracha Chayei Sarah (p. 123a, à la fin de la colonne, et p. 123b, à la fin de la colonne), au sujet de « Sa droite L'a sauvé », etc.,
L'expression de Daniel pour la fin des jours, « la fin de la droite (hayamin) », est liée à la main droite, de même que le verset des Psaumes « Sa droite L'a sauvé ».
ובפ׳ בשלח (דנ״ח סע״א) ימינך ה׳ נאדרי בכח23 דא אורייתא י״ל כמ״ש לקמן בד״ה ביום השמע״צ בענין ואשים דברי בפיך ובצל ידי כסיתיך24 שמן התורה נעשה בחי׳ סוכה בחי׳ צל כו׳
et dans la paracha Beshalach (p. 58a, à la fin de la colonne) : « “Ta droite, ô D.ieu, magnifique de puissance” : c'est la Torah. » On peut dire [que c'est] comme il est écrit plus bas, dans le discours commençant par « Le jour de Chemini Atseret », au sujet de « J'ai mis Mes paroles dans ta bouche, et à l'ombre de Ma main Je t'ai couvert » : que de la Torah vient le niveau d'une souccah, le niveau de l'ombre, etc.
Le Zohar lit « Ta droite, ô D.ieu, magnifique de puissance » comme la Torah. L'Admour Hazaken le relie à un maamar ultérieur dans lequel la Torah devient une souccah, une ombre au-dessus de l'homme, d'après le « à l'ombre de Ma main Je t'ai couvert » d'Isaïe.
נמצא זהו כמו בחי׳ צל יומם בחי׳ הושיעה ימינך כו׳ וגם בנפש יובן בחי׳ זו שהתורה נותנת כח ועוז לבחינת ימין ואהבת ה׳ עפמשנ״ת בד״ה בחודש השלישי בפ׳ יתרו בענין שהתורה נקרא עוז כו׳ ע״ש.
Il s'ensuit que c'est comme le niveau de « l'ombre le jour », le niveau de « Sauve [par] Ta droite », etc. Dans l'âme aussi, ce niveau se comprendra : la Torah donne force et puissance au niveau de la droite et à l'amour de D.ieu, d'après ce qui est expliqué dans le discours commençant par « Au troisième mois », dans la paracha Yisro, au sujet de la Torah appelée « puissance », etc. ; voir là-bas.
La Torah est donc aussi « l'ombre le jour » au-dessus de la main droite. Dans l'âme, l'étude de la Torah renforce la droite, l'amour de D.ieu ; la Torah est appelée oz, puissance, comme l'explique le maamar « Au troisième mois ».
Le paragraphe montre comment l'humilité semée durant les Jours redoutables germe à Souccot en la bonté révélée de la main droite, sauvée de l'endroit où elle était cachée et couronnée d'une lumière enveloppante d'en haut : l'étreinte que la souccah elle-même incarne.
Deux niveaux de bonté sont à l'œuvre : le 'Hessed d'Avraham (« le jour », le bras droit) et le plus élevé « abondant en bonté » d'Atik, où « il n'y a pas de gauche », qui l'entoure comme une ombre. La lecture que fait le Pri Etz Chaim des murs de la souccah comme le bras et du sekhakh comme l'ombre fait de la souccah une forme matérielle de « sa main droite m'étreint ». Les notes renvoient au Yahel Or du Tséma'h Tsédek, où tous les passages du Midrach et du Zohar énumérés ici sont recopiés.
Maré mekomot
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- 2הושיעה ימינך · Psalms 7:7
- 3הושיעה ימינך · Psalms 60:7
- 4השיב אחור ימינו · Lamentations 2:3
- 5להושיע ידו לו · Judges 7:2
- 6עת לחבק · Ecclesiastes 3:5
- 7השיב אחור ימינו בזהר פ׳ ויצא קס״ג · Zohar, Vayetzei 38:347–359
- 8בזהר פ׳ ויצא . . ובמק״מ שם · ראה באוה״ת פ׳ וארא ע׳ קכה ובפ׳ פנחס ע׳ רסב.
- 9ע״פ המאמר הזהר . . קוב״ה בגלותא סליק לעילא · ראה לעיל פ׳ נצבים מח, א. תו״א נה, ב.
- 10קב״ה בגלותא סליק לעילא · Zohar, Vayikra 49:342–51:352
- 11וכ״מ הפי׳ בזהר פרשה בשלח . . ובפ׳ אחרי דע״ד ע״א · נזכרים גם באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ עח.
- 12כמ״ש הושיעה ימינך . . בתהלים סי׳ ס׳ · ראה ביהל אור ע״פ. ובאוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ א׳עח.
- 13וסוכה תהיה לצל יומם · Isaiah 4:6
- 14חסד לאברהם · Micah 7:20
- 15ורב חסד · Exodus 34:6
- 16כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
- 17הוי׳ יחתו מריביו · I Samuel 2:10
- 18דלית שמאלא בהאי עתיקא · Zohar, Nasso 16:164–17:173
- 19שאו ידיכם קדש · Psalms 134:2
- 20כוס ישועות · Psalms 116:13
- 21קץ הימין · Daniel 12:13
- 22הושיעה לו ימינו · Psalms 98:1
- 23ימינך ה׳ נאדרי בכח · Exodus 15:6
- 24ואשים דברי בפיך ובצל ידי כסיתיך · Isaiah 51:16
Le feu ordinaire ¶7
7וזהו ג״כ ימינך ה׳ תרעץ אויב1 היינו כל תאוות היצה״ר ונה״ב ותרעץ אותיות עצרת כי שמיני עצרת הוא בחי׳ למען דעת כל עמי הארץ2 כמ״ש בד״ה ה׳ לי בעוזרי.3
C'est aussi [le sens de] « Ta droite, ô D.ieu, brise l'ennemi » : c'est-à-dire tous les désirs du mauvais penchant et de l'âme animale. Et tir'ats (brise) a les lettres d'atseret, car Chemini Atseret est le niveau de « afin que tous les peuples de la terre sachent », comme il est écrit dans le discours commençant par « D.ieu est pour moi parmi ceux qui m'aident ».
La main droite aussi « brise l'ennemi », les désirs du mauvais penchant et de l'âme animale. Le mot hébreu tir'ats (brise) a les mêmes lettres qu'atseret, et Chemini Atseret est le moment où la royauté de D.ieu doit être connue de tous les peuples de la terre, un verset de la haftara de Chemini Atseret.
וזהו שאמרו רז״ל מצוה להביא מן ההדיוט4 פי׳ הדיוט היינו דברים תחתונים פשוטים וממילי דהדיוטא
C'est ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « C'est une mitsva d'apporter de l'ordinaire. » L'explication : « ordinaire » signifie les choses basses et simples, et les « affaires ordinaires »,
Retour à la règle du Talmud d'apporter un feu « ordinaire » : « ordinaire » désigne ici les affaires basses et quotidiennes de la vie de l'homme.
היינו כאשר ישים האדם אל לבו להיות ממארי דחושבנא5 כל מילי דהדיוטא וכל המחשבה דבור ומעשה אשר לא לה׳ המה שהיו בו כל ימיו ואיך שהוא רחוק מה׳ בתכלית ומשוקץ ומתועב כו׳
c'est-à-dire lorsque l'homme prend à cœur d'être l'un des « maîtres du compte », [faisant le compte de] toutes les affaires ordinaires et de toutes les pensées, paroles et actions qui n'étaient pas pour D.ieu, qui ont été en lui tous ses jours, et de combien il est extrêmement éloigné de D.ieu, et répugnant et abominable, etc.,
Le Zohar parle des « maîtres du compte », ceux qui font un bilan complet d'eux-mêmes. Un tel homme passe en revue toutes les pensées, paroles et actions ordinaires de sa vie qui n'étaient pas pour D.ieu, et se rend compte de combien il est loin de Lui.
שהוא בחי׳ שמאל דוחה כו׳ ונקלה עוד מזאת והיה שפל6 ונבזה בעיניו ומואס בחייו ואזי יתמרמר מאד ויצעק אל7 ה׳ בצר לו
ce qui est le niveau de « la gauche repousse », etc. Et il se rend encore plus méprisable que cela, et il est bas et méprisé à ses propres yeux, et il a sa vie en dégoût. Alors il deviendra très amer et criera vers D.ieu dans sa détresse,
C'est la main gauche qui repousse. En écho au « je me rendrai encore plus méprisable » du roi David, il devient petit et méprisé à ses propres yeux, devient amer et crie vers D.ieu du fond de sa détresse.
וכדכתיב צעק לבם8 ומרירות הזאת היא מביאתו לעשות הכנה לאש של מעלה הוא בחינת אהבת ה׳ שבנפשו האלהית שתתעורר ותתלהט בלבו כנ״ל,
comme il est écrit : « Leur cœur a crié. » Cette amertume est ce qui l'amène à faire une préparation au feu d'en haut, qui est le niveau de l'amour de D.ieu dans son âme divine, pour qu'il soit éveillé et s'embrase dans son cœur, comme mentionné plus haut.
Les Lamentations disent « leur cœur a crié ». Cette amertume est le feu ordinaire que l'homme doit apporter, et elle prépare la voie au feu d'en haut : l'amour de D.ieu dans l'âme divine qui s'embrase dans son cœur.
(ועמ״ש עוד בענין מצוה להביא מן ההדיוט בד״ה ענין חנוכה בפ׳ מקץ. דלשם נתבאר בע״א קצת דהיינו שזהו האהבה שהאדם ל וקח מחמת העולמות מבחי׳ מלכותו ית׳ כו׳
(Voir encore ce qui est écrit sur le sujet de « C'est une mitsva d'apporter de l'ordinaire » dans le discours commençant par « Le sujet de 'Hanouka », dans la paracha Miketz, où c'est expliqué un peu différemment : que c'est l'amour que l'homme tire [de la contemplation] des mondes, du niveau de Sa souveraineté, béni soit-Il, etc. ;
Dans le maamar sur 'Hanouka du Torah Ohr, l'Admour Hazaken explique le feu « ordinaire » différemment : comme l'amour qui vient de la contemplation de la façon dont la souveraineté de D.ieu donne vie aux mondes.
ע״ש ובד״ה לבאר ענין יוהכ״פ, ולפ״ז י״ל דענין הנז׳ כאן להיות ממארי דחושבנא כו׳ ואיך שהוא רחוק כו׳ זהו ענין מצות תרומת הדשן. אשר זהו הכנה לגילוי האש כו׳ ועמ״ש סד״ה ויהי בשלח פרעה):
voir là-bas ; et dans le discours commençant par « Pour expliquer le sujet de Yom Hakippourim ». D'après cela, on peut dire que le sujet mentionné ici (être l'un des « maîtres du compte », etc., et combien il est éloigné, etc.) est le sujet de la mitsva du prélèvement des cendres, qui est une préparation à la révélation du feu, etc. Et voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et il advint, lorsque Pharaon renvoya ».)
L'Admour Hazaken suggère que les deux explications s'accordent : l'examen de soi décrit ici correspond au prélèvement quotidien des cendres de l'autel (terumat hadéchen), qui dégageait l'autel pour que le feu puisse brûler.
Le paragraphe explique le « feu ordinaire » du Talmud : le bilan honnête que fait l'homme de son éloignement de D.ieu, dont l'amertume prépare la voie au feu céleste de l'amour.
La comparaison avec la terumat hadéchen suggère que l'examen de soi est lui-même une sorte de déblaiement, comme on retire les cendres de la veille pour qu'un nouveau feu puisse être allumé, et elle relie les deux explications que l'Admour Hazaken donne dans des maamarim différents.
Maré mekomot
- 1ימינך ה׳ תרעץ אויב · Exodus 15:6
- 2למען דעת כל עמי הארץ · I Kings 8:60
- 3ה׳ לי בעוזרי · Psalms 118:7
- 4מצוה להביא מן ההדיוט · Yoma 21b:5–6
- 5להיות ממארי דחושבנא · Zohar, Korach 7:29–8:37
- 6ונקלה עוד מזאת והיה שפל · II Samuel 6:22
- 7ויצעק אל ה׳ בצר לו · Psalms 107:6
- 8צעק לבם · Lamentations 2:18
L'eau : l'amour de la proximité ¶8–10
8ג והנה כל זה הוא בחי׳ אש שע״ג המזבח. אך יש בחינה אחרת גדולה וגבוה מזה
3. Or, tout cela est le niveau du feu sur l'autel. Mais il y a un autre niveau, plus grand et plus élevé que celui-ci,
La section 3 commence. Tout ce qui précède, l'humilité et l'amour ardent qu'elle fait descendre, appartient au feu sur l'autel. Le maamar se tourne maintenant vers un niveau plus élevé.
והוא בחי׳ מים שמנסכין ע״ג המזבח בחג הסוכות שהמים מרווין צמאון הבא מיסוד האש וכמ״ש הוי כל צמא לכו למים.1
et c'est le niveau de l'eau que l'on versait sur l'autel à la fête de Souccot ; car l'eau étanche la soif qui vient de l'élément du feu, comme il est écrit : « Holà, vous tous qui avez soif, allez vers l'eau. »
Ce niveau est l'eau versée sur l'autel à Souccot. L'amour ardent est une soif de D.ieu ; l'eau étanche cette soif, comme Isaïe appelle ceux qui ont soif à venir vers l'eau.
Le paragraphe passe du feu de l'autel au niveau plus élevé de la libation de l'eau de Souccot, qui étanche la soif que produit le feu.
Maré mekomot
- 1הוי כל צמא לכו למים · Isaiah 55:1
9וגם בבחינת ומדרגת מים יש כמה בחינות שונות זו למעלה מזו. כדכתיב אתה הראת לדעת כי1 ה׳ הוא האלהים בשמים כו׳ אין עוד2 מלבדו בראייה חושיית שהוא בחי׳ ביטול במציאות לגמרי בבחינת ראיה כמ״ש במ״א.
Dans le niveau et le degré de l'eau aussi, il y a plusieurs niveaux différents, l'un au-dessus de l'autre. Comme il est écrit : « Il t'a été montré, pour savoir que D.ieu est D.ieu ; dans les cieux », etc., « il n'y en a point d'autre que Lui » : par la vue sensible, qui est le niveau de l'annulation de soi (bitoul) complète de l'existence, à la manière de la vue, comme il est écrit ailleurs.
L'eau a aussi plusieurs niveaux. Le plus élevé est décrit par les versets « il t'a été montré… il n'y en a point d'autre que Lui » : une connaissance de D.ieu si claire qu'elle est comme la vue, de sorte que l'on ressent sa propre existence comme rien devant Lui.
Le paragraphe introduit le niveau de l'eau comme le bitoul, une annulation de soi complète qui vient de ce que l'on voit, pour ainsi dire, que rien n'existe en dehors de D.ieu.
La 'Hassidout oppose souvent la connaissance par l'ouïe, qui laisse celui qui sait être un moi séparé, à la connaissance par la vue, qui ne laisse de place ni au doute ni au moi ; les mots « comme il est écrit ailleurs » renvoient le lecteur à de tels exposés.
Maré mekomot
- 1אתה הראת לדעת כי ה׳ הוא האלהים · Deuteronomy 4:35
- 2בשמים כו׳ אין עוד · Deuteronomy 4:39
10ובחינה זו נק׳ בחי׳ מים שמקרר ומכבה את חום האש כי מאחר שהוא בבחי׳ ביטול במציאות לגמרי אליו ית׳ הרי ממילא ומאליו מתקרר חום האש הטבעי אשר בנפשו האלהית והצמאון כרשפי אש שלהבת.
Ce niveau est appelé le niveau de l'eau, qui refroidit et éteint la chaleur du feu. Car puisqu'il est au niveau de l'annulation complète de l'existence devant Lui, béni soit-Il, alors d'elle-même se refroidit la chaleur du feu naturel dans son âme divine, ainsi que la soif pareille à des éclairs de flamme de feu.
Cette annulation de soi est appelée eau parce qu'elle refroidit le feu. Celui qui se sent vraiment rien devant D.ieu ne brûle plus de la soif de celui qui est loin ; le feu se calme de lui-même.
וכמו למשל אהבת הבן אל האב כשרוצה להתקרב אליו ועדיין הוא קצת רחוק אזי האהבה נראית ונגלית מן הלב ולחוץ שצועק אבא אבא.
C'est comme, par exemple, l'amour d'un fils pour son père : lorsqu'il veut s'approcher de lui et qu'il est encore un peu loin, l'amour est visible et révélé hors du cœur, et il crie : « Père, Père ! »
La parabole : un fils encore à quelque distance de son père montre ouvertement son amour et s'écrie : « Père, Père ! »
משא״כ כשהוא אצל אביו ממש הנה הלב תוכו רצוף אהבה1 אבל אינה נראית ונגלית חוץ מן הלב ולכן נקרא בחינת מים שמקרר בחינת האש שלא תתגלה לחוץ כ״א נסתרת בתוך הלב
Mais lorsqu'il est réellement auprès de son père, le cœur au-dedans est incrusté d'amour, et pourtant il n'est pas visible et révélé hors du cœur. C'est pourquoi on l'appelle le niveau de l'eau, qui refroidit le niveau du feu, de sorte qu'il ne se révèle pas à l'extérieur mais reste caché dans le cœur
Quand il est juste à côté de son père, l'amour est tout aussi plein mais reste à l'intérieur, « incrusté » dans le cœur, comme le dit le Cantique des cantiques. C'est l'eau : un amour caché plutôt qu'embrasé vers l'extérieur.
(וכמ״ש במ״א בענין חסדים המכוסים2 כו׳ ועמ״ש בד״ה וידעת היום בענין וכל קרב וכליות יזמרו ומ״ש סד״ה והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול3 גבי ענין בהר הקדש),
(comme il est écrit ailleurs sur le sujet des « bontés couvertes », etc. ; et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sache aujourd'hui » sur le sujet de « et toutes mes entrailles et mes reins chanteront », et ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et il arrivera en ce jour-là qu'on sonnera d'un grand chofar », au sujet de « sur la montagne sainte »).
L'Admour Hazaken cite d'autres exposés de cet amour caché : les « bontés couvertes » ('hassadim mekhoussim), une bonté qui reste dissimulée ; le verset « Sache aujourd'hui » ; et le maamar sur le grand chofar et « la montagne sainte ».
וזהו ענין4 תפלת שמונה עשרה בלחש בחשאי כי בפסוקי דזמרה הוא מעורר את האהבה כרשפיאש להיות שורף ומכלה את האשים אשר הם אש זרה כנ״ל.
C'est le sujet de la prière du Chemoné Esré, [dite] à voix basse, silencieusement. Car dans les Psouké Dezimra, il éveille l'amour comme des éclairs de feu, pour brûler et consumer les feux qui sont un feu étranger, comme mentionné plus haut.
C'est pourquoi le Chemoné Esré, la Amida, est dit silencieusement. Dans les Psouké Dezimra qui précèdent, les psaumes de louange, on éveille un amour ardent pour brûler les feux étrangers.
Là, il est comme encore loin du roi ; tandis que dans la prière [du Chemoné Esré], il est comme se tenant devant le roi et disant : « Béni sois-Tu », etc.
Dans les Psouké Dezimra, on est encore comme quelqu'un de loin du roi. Dans la Amida, on se tient devant le roi, comme le dit la halakha, et on s'adresse directement à Lui : « Béni sois-Tu ».
פי׳ ברוך בחינת המשכה שממשיך יחודו ית׳ למטה שיהיה הוא בבחינת ביטול אליו ית׳. ועד״ז תקנו מודים אנחנו לך שהוא בחי׳ ביטול כמ״ש במ״א.
L'explication : « béni » est le niveau de l'attraction vers le bas, car il attire Son unité, béni soit-Il, en bas, pour être dans l'état d'annulation de soi devant Lui, béni soit-Il. De la même façon, ils ont institué « Nous Te rendons grâce », qui est le niveau de l'annulation de soi, comme il est écrit ailleurs.
Baroukh (« béni ») est compris dans la 'Hassidout comme une attraction vers le bas : attirer l'unité de D.ieu vers le bas pour que celui qui prie s'annule devant Lui. La bénédiction de Modim, « Nous Te rendons grâce », est aussi un acte d'annulation de soi.
וזהו ענין הכריעות והשתחוואות7 כו׳ לכן הוא בלחש ובחשאי (וע׳ בזהר פ׳ תרומה דקל״ז ע״א. ובפ׳ בראשית ד״נ ע״ב ובפ׳ שמיני דל״ט ע״א).
C'est le sujet des inclinaisons et des prosternations, etc. C'est pourquoi c'est à voix basse et silencieusement (voir dans le Zohar, paracha Terumah, p. 137a ; paracha Bereishis, p. 50b ; et paracha Shemini, p. 39a).
Les inclinaisons pendant la Amida expriment la même annulation. Puisque c'est un amour qui reste à l'intérieur, la prière est silencieuse ; les passages du Zohar énumérés traitent de la prière silencieuse.
אך להיות בחי׳ ומדריגה זו קבוע׳ ונטועה בלב האדם כל היום שלא ימוט מזה צריך האדם לשית עצות בנפשו. כי הנה אנו רואים בחוש שאחר תפלת שמונה עשרה חוזר להיות כבראשונה.89101112131415161718192021
Mais pour que ce niveau et ce degré soient fixés et plantés dans le cœur de l'homme toute la journée, afin qu'il n'en soit pas ébranlé, l'homme doit former des desseins en son âme ; car nous voyons clairement qu'après la prière du Chemoné Esré, il redevient comme auparavant.
Le problème : cette annulation de soi ne dure pas. Après la Amida, l'homme redevient ce qu'il était ; il lui faut donc un moyen de la fixer dans son cœur toute la journée.
Le paragraphe explique le niveau de l'eau comme un amour si proche qu'il devient silencieux et intérieur, l'annulation de soi de la Amida silencieuse, et soulève la question de savoir comment le garder au long de la journée.
Le contraste entre les Psouké Dezimra (le feu, l'amour à distance) et la Amida (l'eau, la proximité et l'annulation) fait correspondre l'ordre de la prière du matin aux deux services de l'autel. Le « former des desseins en mon âme » du Psaume 13 encadre l'étape suivante.
Maré mekomot
- 1הלב תוכו רצוף אהבה · Song of Songs 3:10
- 2חסדים המכוסים · ע׳ שה״ש רד״ה לריח שמניך הא׳ בהמוקפים. [כ].
- 3והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול · Isaiah 27:13
- 4זהו ענין מצות תרומת הדשן · ראה אוה״ת ויקרא כרך ג ע׳ תתא.
- 5בתפלה . . כאלו עומד לפני המלך · שם סצ״ח ס״א.
- 6כאלו עומד לפני המלך · Shulchan Arukh, Orach Chayim 98:1
- 7הכריעות והשתחוואות · ברכות לד, סע״א. שו״ע או״ח סקי״ג ס״א.
- 8בביאור ע״פ אני דפ׳ ציצית · לעיל שלח נא, א.
- 9דלית שמאלא בהאי עתיקא · Zohar III, 129a
- 10בד״ה צאינה וראינה · לקמן שה״ש כא, ב. בבוך 1101 תקצו, א בגוכי״ק נוסף: בפ׳ קדושים. בבוך 4 (לקו״ת מהדו״ק) נכתב מאמר זה בפ׳ קדושים.
- 11וברבות נזכר מענין הושיעה ימינך · ראה יהל אור עה״פ ע׳ רט ואילך שנעתקו כל המקומות שנזכרו כאן. וראה גם אוה״ת פ׳ פנחס ע׳ א׳סא.
- 12ושייך לזה ג״כ מ״ש בזהר פ׳ תשא דקפ״ט סע״ב ובפי׳ הרמ״ז · ע״ד הוכן בחסד כסאו, ראה אוה״ת פ׳ פנחס ע׳ א׳סב.
- 13ימינך ה׳ תרעץ אויב · Exodus 15:6
- 14דברים תחתונים פשוטים · ראה לעיל פ׳ אחרי נה, ד.
- 15להיות ממארי דחושבנא · Zohar III, 178a
- 16צעק לבם · Lamentations 2:18
- 17ענין חנוכה בפ׳ מקץ · תו״א לב, ב.
- 18ג) והנה כל זה · קטע מובא באוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תתקפב.
- 19הוי כל צמא לכו למים · Isaiah 55:1
- 20אתה הראת לדעת · Deuteronomy 4:35
- 21תפלת שמו״ע בלחש · שו״ע או״ח סק״א ס״ב.
Chemini Atseret : retenir l'eau ¶11–12
11והעצה האמיתית הוא עסק התורה והלכותיה עם היותן מלובשים בדברים גשמיים תחתונים כמו בעניני זרעים מועד כו׳ הן
Le vrai conseil est l'étude de la Torah et de ses lois. Bien qu'elles soient revêtues de choses matérielles basses, comme dans les sujets des [ordres] Zeraïm, Moèd, etc., elles
Le vrai moyen de garder l'annulation de soi de la Amida est l'étude de la Torah et de ses lois. Elles sont revêtues de sujets matériels : les ordres de la Michna appelés Zeraïm (l'agriculture) et Moèd (les fêtes), et les autres.
הנה תכלית היחוד והדביקות בו ית׳ כמ״ש במ״א וצריך האדם להבטל ולהכלל אליו ית׳ להיות מכון ליחודו ית׳ ויבטל ויפקיר את עצמו מכל רצונותיו ומחשבותיו.
sont l'unité et l'attachement ultimes à Lui, béni soit-Il, comme il est écrit ailleurs. L'homme doit s'annuler et être absorbé en Lui, béni soit-Il, pour être un lieu digne de Son unité, béni soit-Il, et il doit s'annuler et se dessaisir de tous ses souhaits et de toutes ses pensées.
Malgré cela, l'étude de la Torah est l'unité la plus haute avec D.ieu, puisque l'esprit saisit la sagesse même de D.ieu. Pour être un lieu digne de cette unité, l'homme doit mettre de côté ses propres souhaits et ses propres pensées.
Le paragraphe donne la réponse : l'étude de la Torah, bien qu'elle traite de choses matérielles, unit l'homme à D.ieu et exige la même annulation de soi que la Amida.
Comme il est écrit ailleurs sur le verset « Une terre qui dévore ses habitants », etc. À cet égard, l'étude de la Torah est exactement égale
Le texte renvoie à son explication ailleurs de l'expression des explorateurs « une terre qui dévore ses habitants », le discours qu'identifie la note de Kehot. À cet égard, l'étude de la Torah est égale à la Amida.
כמו תפלת שמונה עשרה ויכול האדם שיהיה רושם בחינת הביטול שבתפלת שמונה עשרה קבוע ונטוע במסמרות בל ימוט לנצח כל היום בעסקו בתורה.
à la prière du Chemoné Esré, et l'homme peut rendre l'empreinte de l'annulation de soi de la prière du Chemoné Esré fixée et plantée [comme] avec des clous, pour ne jamais être ébranlée, toute la journée, pendant qu'il étudie la Torah.
L'étude de la Torah peut donc fixer en l'homme l'annulation de soi de la Amida toute la journée, aussi solidement qu'une chose clouée en place.
וזהו ביום השמיני עצרת תהיה לכם3 שתהיה לכם עצרת וקליטה לבחי׳ מים הנ״ל שיקלוט ויתפוס בתוככם לבלתי תהיו פולטים ח״ו
C'est « Le huitième jour, il y aura pour vous une atseret » : qu'il y ait pour vous une atseret, une rétention et une absorption du niveau de l'eau mentionné plus haut, pour qu'il soit absorbé et retenu en vous, afin que vous ne le rejetiez pas, à D.ieu ne plaise
C'est le sens intérieur de Chemini Atseret : atseret signifie retenir. L'eau de Souccot, l'annulation de soi, doit être absorbée et gardée à l'intérieur pour ne pas se perdre.
(וע׳ בהשמטות שבזהר ח״א סס״י כ״ה שזהו ענין כי מלאה הארץ דעה את4 ה׳ כמים לים מכסים ועמ״ש מזה בביאור על פסוק וידעת היום5 בפרשה ואתחנן)
(voir les Omissions du Zohar, vol. I, à la fin de la section 25, que c'est le sujet de « Car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux recouvrent la mer » ; et voir ce qui est écrit à ce sujet dans l'explication du verset « Sache aujourd'hui », dans la paracha Va'eschanan).
Les Omissions du Zohar (des passages supplémentaires du Zohar imprimés à la fin des volumes) relient cela à la promesse d'Isaïe que la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme l'eau recouvre la mer. Le maamar sur « Sache aujourd'hui » en traite aussi.
כי אדם יכול להיות אחר התפלה חוזר כבראשונה והיינו ע״י בחינת ביום השמיני שהוא בחי׳ בינה ליבא6
Car l'homme peut, après la prière, redevenir comme auparavant ; et [le remède] est par le niveau de « le huitième jour », qui est le niveau de « Bina est le cœur »,
Ce qui empêche l'homme de revenir à son ancien état après la prière, c'est le huitième jour, qui correspond à Bina (compréhension) ; les Tikkounei Zohar disent : « Bina est le cœur ».
דהיינו שיהיה בו בחינת ביטול בעומק נקודת הלב כנ״ל והיינו לפי שהתגלות עתיק הוא בבינה7 עולם התענוג
c'est-à-dire qu'il y ait en lui le niveau de l'annulation de soi dans la profondeur du point du cœur, comme mentionné plus haut. C'est parce que la révélation d'Atik est dans Bina, le monde du plaisir.
L'annulation de soi doit atteindre le point le plus intérieur du cœur. C'est possible parce qu'Atik, le plaisir intérieur de Kéter, se révèle dans Bina, qui est pour cela appelée « le monde du plaisir ».
לכן עי״ז נמשך להיות עצרת וקליטה לבחי׳ מים הנ״ל שהוא בחי׳ אהבה בתענוגים8 כו׳ כמשל הבן כשהוא אצל אביו כו׳ כנ״ל.
C'est pourquoi, par cela, vient une atseret, une rétention et une absorption, du niveau de l'eau mentionné plus haut, qui est le niveau de « l'amour dans les délices », etc., comme la parabole du fils lorsqu'il est auprès de son père, etc., comme mentionné plus haut.
Par cela, l'eau est retenue : un amour qui est lui-même un délice, « l'amour dans les délices » du Cantique des cantiques, comme le fils qui est déjà auprès de son père.
Le paragraphe explique Chemini Atseret comme la rétention de l'eau de Souccot : par l'étude de la Torah et par Bina, le niveau du cœur, l'annulation de soi de la prière devient un amour durable de délice.
La note de Kehot renvoie au Zohar (3:178b) et au début de Lech Lecha dans le Torah Ohr pour la révélation d'Atik dans Bina. Parce que Bina contient le plaisir d'Atik, l'amour qui y est fixé n'est pas la soif de celui qui est loin, mais le délice paisible de celui qui est proche.
Maré mekomot
- 1וכמ״ש במ״א ע״פ ארץ אוכלת יושבי׳ · (ציון זה נמצא גם בהכתבי-יד שאין בהם הגהות אדהצ״צ). וראה ד״ה לה״ע אוכלת יושבי׳ בס׳ מאמרי אדה״ז על פרשיות התורה ע׳ תריט.
- 2ארץ אוכלת יושביה · Numbers 13:32
- 3וזהו ביום השמיני עצרת תהיה לכם · Numbers 29:35
- 4כי מלאה הארץ דעה את ה׳ כמים לים מכסים · Isaiah 11:9
- 5
- 6בינה ליבא · Tikkunei Zohar 17a:17–19
- 7שהתגלות עתיק הוא בבינה · ראה זח״ג קע״ח, ב. תו״א ר״פ לך לך.
- 8אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
Les deux sources ¶13–15
13וזהו ושאבתם מים בששון ממעיני הישועה1 כי בחינת מים הנ״ל צריך להיות בבחי׳ מעיין כדכתיב אותי עזבו מקור מים חיים2 כו׳.
C'est [le sens de] « Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut » : le niveau de l'eau mentionné plus haut doit être à la manière d'une source, comme il est écrit : « Moi, ils M'ont abandonné, la source des eaux vives », etc.
Le verset d'ouverture est maintenant expliqué. L'eau de l'annulation de soi doit venir d'une source, une source vive, comme Jérémie appelle D.ieu « la source des eaux vives ».
דהיינו ע״ד משל כמקור הנובע3 מתחת לארץ ואינו נראה ומושג כ״א הנביעה משא״כ המקור עצמו עמוק עמוק מי ימצאנו4 [וע׳ מזה ברע״מ ס״פ בא5
C'est-à-dire, par analogie, comme une source qui jaillit de sous la terre : on ne voit et ne saisit que l'écoulement, tandis que la source elle-même est « profonde, profonde ; qui la trouvera ? » [Voir à ce sujet dans le Raaya Mehemna, à la fin de la paracha Bo
Une source ne montre que son écoulement ; son origine est cachée profondément sous terre, « profonde, profonde ; qui la trouvera ? ». Le Raaya Mehemna explique les termes source, fontaine et creusement (la note de Kehot donne la page 42b ; le texte imprimé porte apparemment 43b).
(p. 43b). Voir encore sur le sujet de « Moi, ils M'ont abandonné, la source des eaux vives » dans le Zohar (fin de la paracha Va'eschanan, p. 266a)
D'autres références du Zohar sur « la source des eaux vives ».
ובמק״מ ובהרמ״ז שם ובפ׳ וילך (דרפ״ו ע״א)89 לקדשא שמא דקוב״ה באמן וע׳ מענין אמן ברע״מ פ׳ עקב (דרע״א ע״א)1011
et dans le Mikdash Melech et le Ramaz là-bas ; et dans la paracha Vayelech (p. 286a) : « sanctifier le Nom du Saint béni soit-Il par Amen ». Et voir sur le sujet d'Amen dans le Raaya Mehemna, paracha Ekev (p. 271a)
Les passages du Zohar relient la source des eaux vives au fait de répondre Amen, qui sanctifie le Nom de D.ieu et, selon le Raaya Mehemna cité dans la note, lie ensemble toute unité et toute sainteté. Le Mikdash Melech et le Ramaz sont des commentaires du Zohar.
ובפי׳ הרמ״ז שם וע׳ עוד בזהר ויקרא די״ב ע״א] וכך צריך האדם באתערותא דלתתא ג״כ לחפור בעומק המעיין במה שהוא נובע מן המקור עמוק עמוק מתחת לעפר
et dans le commentaire du Ramaz là-bas ; et voir encore dans le Zohar, Vayikra, p. 12a.] De même l'homme, par un éveil d'en bas, doit creuser jusqu'à la profondeur de la source, en ce qu'elle jaillit de l'origine « profonde, profonde » sous la poussière ;
Comme on atteint l'eau en creusant sous la poussière, l'homme, par son propre effort (l'éveil d'en bas), doit creuser profondément pour atteindre la source cachée de cet amour.
דהיינו שיהי׳ בבחי׳ ונפשי כעפר לכל תהיה12 וגם להעמיק עיון שכלו בעסק התורה והלכותיה (ועמ״ש סד״ה האזינו השמים גבי כרביבים עלי עשב)13
c'est-à-dire qu'il soit au niveau de « et que mon âme soit comme la poussière pour tous », et aussi qu'il approfondisse l'étude de son intellect dans l'étude de la Torah et de ses lois (et voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Écoutez, cieux », au sujet de « comme des averses sur l'herbe »),
Creuser signifie deux choses : l'humilité, être « comme la poussière pour tous », d'après la prière de la fin de la Amida ; et l'étude profonde et attentive de la Torah et de ses lois. Le maamar « Écoutez, cieux » traite de la Torah comme d'une pluie sur l'herbe.
שהיא בחי׳ ח״ע ראשיתה דכולא נמשך ממקור מים חיים העליונים ולמטה ירדה ונשתלשלה מאד עד שהם בבחינת מתחת לעפר ענינים גשמיי׳ זרעים מועד כו׳ ומשם הם נובעים להיות מעייני הישועה.
qui est le niveau de la 'Hokhma (sagesse) supérieure, « le commencement de tout », attirée de la source des eaux vives supérieures ; et elle est descendue et est venue très bas, jusqu'à ce qu'elles soient au niveau de « sous la poussière », les choses matérielles, Zeraïm, Moèd, etc. ; et de là, elles jaillissent pour être des « sources du salut ».
La Torah est la 'Hokhma supérieure, la source première et la plus élevée, qui est descendue si bas qu'elle est revêtue de sujets matériels comme l'agriculture et les fêtes. De ce lieu bas, « sous la poussière », elle jaillit comme une source de salut.
וזהו מעייני תרי שהם ב׳ בחינות בחינת ונפשי כעפר לכל תהיה ובחי׳ התורה שמלובשת בעפר גשמי כנ״ל ועי״ז דוקא נקרא בחינת מים חיים כי המים אשר על פני הארץ אינם נקראים מים חיים כידוע.
C'est [pourquoi il est dit] « sources », deux, car ce sont deux niveaux : le niveau de « et que mon âme soit comme la poussière pour tous », et le niveau de la Torah, qui est revêtue de la poussière matérielle, comme mentionné plus haut. Par cela précisément, elle est appelée le niveau des « eaux vives », car les eaux qui sont à la surface de la terre ne sont pas appelées eaux vives, comme on le sait.
Le pluriel du verset, « sources », désigne ces deux origines : l'âme humble comme la poussière, et la Torah revêtue de la poussière des choses matérielles. L'eau qui jaillit de sous la terre est de l'« eau vive », à la différence de l'eau stagnante à la surface.
(וביאור ענין ב׳ בחי׳ עפר שהם מקור ב׳ מעיינות הנ״ל הנה בחי׳ ונפשי כעפר לכל תהי׳14 זהו מ״ש בזהר פ׳ וישלח) (דק״ע ע״א) מה בין עפר לאבק1516 כו׳
(L'explication du sujet des deux niveaux de poussière qui sont l'origine des deux sources mentionnées plus haut : le niveau de « et que mon âme soit comme la poussière pour tous » est ce qui est écrit dans le Zohar, paracha Vayishlach (p. 170a) : « Quelle est la différence entre la poussière et la poudre ? », etc. :
Les deux sortes de poussière sont maintenant expliquées. Pour l'âme humble, le Zohar distingue afar (le sol fertile) d'avak (la poudre stérile).
עפר דכל איבין נפקין מיני׳ ועמ״ש מזה בפ׳ וישלח סד״ה ויאבק איש עמו17 ובד״ה ויגש אליו יהודה18 גבי ענין במחשבה ארץ קדמה כו׳
« la poussière, d'où sortent tous les fruits ». Et voir ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Vayishlach, à la fin du discours commençant par « Et un homme lutta avec lui », et dans le discours commençant par « Et Yehouda s'approcha de lui », au sujet de « dans la pensée, la terre est venue en premier », etc.
Afar est le sol d'où pousse tout fruit. Deux maamarim du Torah Ohr le développent, l'un notant que dans la pensée de D.ieu « la terre est venue en premier ».
C'est pourquoi, par cela, il peut attirer le niveau d'« un puits d'eaux vives », qui est l'amour au niveau de l'eau, qui est le niveau de l'annulation de soi.
Une âme humble, fertile comme une bonne terre, peut donc faire monter « un puits d'eaux vives » : l'amour qui est l'eau, l'amour de l'annulation de soi.
Le paragraphe interprète « puiser l'eau aux sources du salut » : l'eau de l'annulation de soi doit être extraite d'une source cachée, par deux « poussières », l'humilité de l'âme et la Torah revêtue de choses matérielles.
L'eau vive monte d'une source cachée ; l'eau de surface n'a pas de source. Ainsi un amour qui vient du bitoul, puisé des profondeurs par l'humilité et la Torah, continue de couler, à la différence de l'éveil passager de la prière. Les notes relient cela à l'analyse du Raaya Mehemna sur la source, la fontaine et le creusement.
Maré mekomot
- 1ושאבתם מים בששון ממעיני הישועה · Isaiah 12:3
- 2אותי עזבו מקור מים חיים · Jeremiah 2:13
- 3דהיינו ע״ד משל כמקור הנובע · באוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תתצה מציין לכאן.
- 4עמוק עמוק מי ימצאנו · Ecclesiastes 7:24
- 5ברע״מ ס״פ בא (דמ״ב ע״ב) · דשם מבאר ענין מקור ומעין וחפירה, ונזכר גם לקמן פ, ג. וראה ביאור במאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ שיא.
- 6ועיין עוד בזהר ויקרא די״ב ע״א · בענין מקור מים חיים.
- 7בזהר ס״פ ואתחנן (דרס״ו ע״א) · נזכר גם לעיל פ׳ צו יא, ג. פ׳ חקת עט, ג.
- 8ובפ׳ וילך (דרפ״ו ע״א) · באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ שכח מציין לבחיי פ׳ בשלח ע״פ ויאמינו בהוי׳ דכל שאינו נזהר במלת אמן מורידין אותו . . ועז״א הכתוב אותי עזבו מקור מים חיים ע״ש. וראה באוה״ת שם ע׳ רו ואילך.
- 9ובפ׳ וילך (דרפ״ו ע״א) · Zohar, Vayeilech 8:45–9:49
- 10ברע״מ פ׳ עקב (דרע״א ע״א) · ”אמן הוא רזא דקשרין דכל יחודא וקדושה” — אוה״ת ש״ש ע׳ א׳תעט. וראה באוה״ת בראשית תקסו, א מה שמביא בשם הזהר.
- 11ברע״מ פ׳ עקב (דרע״א ע״א) · Zohar, Eikev 1:1–2
- 12ונפשי כעפר לכל תהיה · Berakhot 17a:4
- 13כרביבים עלי עשב · Deuteronomy 32:2
- 14ונפשי כעפר לכל תהי׳ · תפלת אלקי נצור. ראה אוה״ת בלק ע׳ תתקיט.
- 15מה בין עפר לאבק · ראה אוה״ת חקת ע׳ תשעא.
- 16מה בין עפר לאבק · Zohar, Vayishlach 4:86–6:94
- 17סד״ה ויאבק איש עמו · תו״א כו, ג.
- 18ובד״ה ויגש אליו יהודה · תו״א מג, ג.
- 19באר מים חיים · Genesis 26:19
- 20
14ובחי׳ עפר הב׳ היינו כמ״ש בביאור ע״פ מי מנה1 עפר יעקב דקאי על עסק התורה שנק׳ עפר שהוא דבר שאינו בגדר מספר בחי׳ ולפני אחד מה אתה סופר23 כו׳
Le second niveau de poussière est comme il est écrit dans l'explication du verset « Qui a compté la poussière de Yaakov », qui se rapporte à l'étude de la Torah, appelée « poussière », étant une chose qui n'est pas dans les limites du nombre : le niveau de « et devant l'Un, que comptes-tu ? », etc. ;
La seconde « poussière » est la Torah. Les paroles de Bilaam « qui a compté la poussière de Yaakov » sont lues comme l'étude de la Torah, qui est au-delà du nombre, comme l'Un devant qui, selon les mots du Séfer Yetsira, il n'y a rien à compter.
ע״ש, ועמ״ש במ״א בענין לך לך4 מארצך5 דגבי אברם שהו א גילוי המשכת ח״ע ממקורה כו׳ וע׳ בלק״ת שם6 ובפרדס בעה״כ בערך ארץ7 עליונה8 היא הבינה וכ״כ בערך עפר.
voir là-bas. Et voir ce qui est écrit ailleurs sur le sujet de « Va-t'en de ton pays » au sujet d'Avram, qui est la révélation de l'attraction de la 'Hokhma supérieure depuis sa source, etc. ; et voir dans le Likkutei Torah là-bas, et dans le Pardes, Erchei HaKinuyim, à l'entrée « Eretz » (terre), que la terre supérieure est Bina ; et il écrit de même à l'entrée « Afar » (poussière).
Le Torah Ohr sur « Va-t'en de ton pays » explique le voyage d'Avram comme 'Hokhma attirée depuis sa source. Le Likkutei Torah de l'Arizal et le Pardes de Cordovero identifient « la terre supérieure » à Bina, et donnent le même sens pour « poussière ».
וכ״כ במאורי אור ערך עפר שזהו ענין עפרות זהב וזהו הכל היה מן העפר9 ואפילו גלגל חמה כנזכר ברבות בקהלת,10 ועיין מזה ג״כ בזהר (פ׳ צו דף ל״ד ע״ב)
De même il écrit dans le Me'orei Or, à l'entrée « Afar », que c'est le sujet de « poussière d'or » ; et c'est « tout est venu de la poussière », même la sphère du soleil, comme il est mentionné dans le [Midrach] Rabba sur Kohélet. Voir à ce sujet aussi dans le Zohar (paracha Tzav, p. 34b)
Le Me'orei Or, un dictionnaire kabbalistique, appelle Bina « poussière d'or ». Kohélet dit « tout est venu de la poussière », et le Midrach ajoute : même le soleil.
et voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et Yaakov demeura dans le pays des pérégrinations de son père », et ce qui est écrit dans l'explication du verset « Ceux qui viennent, Il les fera prendre racine », au sujet d'« une terre désirable », etc.
D'autres références dans le Torah Ohr, dont la « terre désirable » de Malachie.
Elle est appelée le niveau de la poussière à la manière de « Il a fait des ténèbres Sa cachette » ; car même Kéter, la source de la 'Hokhma supérieure, est attiré du niveau le plus bas de l'Émanateur, la Mal'hout (souveraineté) de l'Infini (Ein Sof), etc.
Pourquoi appeler « poussière » un niveau si élevé ? Comme « Il a fait des ténèbres Sa cachette », le plus haut est caché dans le plus bas : même Kéter, source de 'Hokhma, vient du niveau le plus bas de l'Émanateur, la Mal'hout d'Ein Sof, comme l'enseigne le Etz Chaim.
וע״ז נאמר על עסק התורה מי מנה עפר יעקב18 כו׳ וזהו ענין ב׳ בחי׳ חכמה בראש חכמה בסוף19 שהם נמשכים מב׳ בחי׳ עפר הנ״ל.20
Et c'est de cela qu'il est dit, au sujet de l'étude de la Torah : « Qui a compté la poussière de Yaakov », etc. C'est le sujet des deux niveaux de 'Hokhma, « 'Hokhma au commencement et 'Hokhma à la fin », qui sont attirés des deux niveaux de poussière mentionnés plus haut.
La Torah est cette « poussière » cachée et élevée qui ne peut être comptée. Les deux poussières donnent naissance à « 'Hokhma au commencement » (la 'Hokhma supérieure) et à « 'Hokhma à la fin » (la 'Hokhma qui vient reposer dans Mal'hout).
Le paragraphe explique la seconde « poussière », la Torah : un niveau élevé appelé poussière parce qu'il est caché et au-delà du nombre, et, avec l'âme humble, l'une des deux sources de 'Hokhma.
Les deux sortes de poussière sont basses en apparence et élevées en essence : l'âme humble devient une terre fertile, et la Torah, revêtue de lois matérielles, porte 'Hokhma depuis la Mal'hout d'Ein Sof. Le passage élucidé du Likkutei Torah, Balak, explique que la Torah est appelée « la poussière de Yaakov », une seule masse sans division, parce qu'elle porte l'intention intérieure de toutes les mitsvot.
Maré mekomot
- 1בביאור ע״פ מי מנה · לעיל בלק ע, א.
- 2ולפני א׳ מה אתה סופר · ס״י פ״א, מ״ז.
- 3ולפני אחד מה אתה סופר · Sefer Yetzirah 1:7
- 4במ״א בענין לך לך · תו״א יא, א.
- 5לך לך מארצך · Genesis 12:1
- 6בלקו״ת שם · — להאריז״ל.
- 7ובפרדס בעה״כ בערך ארץ · Pardes Rimmonim 23
- 8ובפרדס בעה״כ בערך ארץ עליונה · הלשון באוה״ת בראשית כרך ד תשכו, א.
- 9הכל הי׳ מן העפר · Ecclesiastes 3:20
- 10כנזכר ברבות בקהלת · ראה גם אוה״ת שבועות ע׳ קיב. וראה באוה״ת פ׳ בלק ע׳ תתקכא שכ׳ ”ואיך גלגל חמה בחי׳ אור נברא מן העפר”, עי״ש. וראה אוה״ת שבועות ע׳ קיב.
- 11
- 12בביאור ע״פ הבאים ישרש · תו״א פ׳ שמות.
- 13הבאים ישרש · Isaiah 27:6
- 14ארץ חפץ · Malachi 3:12
- 15ישת חשך סתרו · Psalms 18:12
- 16הכתר . . מבחי׳ תחתונה שבמאציל · ע״ח שמ״ב פ״א.
- 17הכתר מקור הח״ע נמשך מבחי׳ תחתונה שבמאציל · Sefer Etz Chaim 42:3
- 18מי מנה עפר יעקב · Numbers 23:10
- 19חכמה בראש וחכמה בסוף · Zohar I, 26b
- 20וכ״כ במא״א ערך עפר · סעיף כד. ראה גם לעיל פ׳ בלק ע, ב.
C'est ce qui est dit : « Et que mon âme soit comme la poussière pour tous ; ouvre mon cœur à Ta Torah » : l'un dépend de l'autre, car « leur fin est fichée dans leur commencement ».
La prière « que mon âme soit comme la poussière pour tous ; ouvre mon cœur à Ta Torah » unit les deux sources : l'humilité ouvre le cœur à la Torah. Elles dépendent l'une de l'autre, comme le dit le Séfer Yetsira : « leur fin est fichée dans leur commencement ».
ובזהר ס״פ בלק ממעיני הישועה אלין או״א היינו כי ב׳ מעיינות הנ״ל הן בחי׳ מ״נ ומ״ד ושרשן מב׳ יסודות דאו״א והם מקבלים מב׳ מזלות ונוצר ונקה וע׳ במ״ח דכ״א א׳ ב׳:4
Dans le Zohar, à la fin de la paracha Balak : « “Aux sources du salut” : ce sont Abba et Imma. » C'est-à-dire que les deux sources mentionnées plus haut sont les niveaux de mayin noukvin et mayin doukhrin (eaux féminines et masculines), et leur racine est dans les deux Yessod d'Abba et Imma, et elles reçoivent de deux mazalot, « Notser » et « Venaké ». Voir dans M.Ch., p. 21a–b.
Le Zohar appelle les sources Abba et Imma ('Hokhma et Bina). Dans la Kabbale, les deux sont les « eaux féminines » qui montent d'en bas et les « eaux masculines » qui descendent d'en haut, enracinées dans les Yessod (fondement) d'Abba et Imma et alimentées par deux des treize « mazalot » (attributs de miséricorde), Notser et Venaké. L'abréviation de la dernière référence n'est pas développée ici.
Le paragraphe final lie ensemble les deux sources, l'humilité et la Torah, et les fait remonter à Abba et Imma dans la Kabbale.
Notser et Venaké sont le huitième et le treizième des treize attributs de miséricorde (« notser 'hessed » et « venaké »), que la Kabbale appelle le mazal supérieur et le mazal inférieur. L'association des eaux féminines et masculines correspond à l'éveil d'en bas (l'humilité) et à l'éveil d'en haut (la Torah) décrits au paragraphe 13.
Maré mekomot
- 1ונפשי כעפר לכל תהיה פתח לבי בתורתך · Berakhot 17a:4
- 2נעוץ סופן בתחלתן · ס״י פ״א, מ״ז.
- 3נעוץ סופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 4
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Dans la prière, apportez d'abord le « feu ordinaire » : un bilan honnête de votre éloignement de D.ieu, dont l'amertume rend le cœur humble et fait descendre l'amour ardent qui brûle les feux étrangers, comme l'inquiétude pour la subsistance. Puis, dans la Amida silencieuse, tenez-vous devant le Roi dans une annulation de soi paisible. Pour garder cet état toute la journée, étudiez la Torah et ses lois en profondeur, avec un cœur humble (« que mon âme soit comme la poussière pour tous ; ouvre mon cœur à Ta Torah ») ; en donnant la tsédaka, voyez le pauvre comme votre égal et donnez de votre propre besoin, pas seulement de votre superflu.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar interdit-il de brûler le travail qui fait gagner sa vie, mais exige-t-il de brûler l'inquiétude à son sujet ? Quelle est la différence ?
- Comment le sentiment d'être loin de D.ieu peut-il être ce qui rapproche de Lui ? Comment la main gauche et la main droite agissent-elles ensemble ?
- Le fils qui est loin de son père crie, tandis que le fils qui est auprès de lui se tait. Qu'enseigne cette parabole sur la différence entre les Psouké Dezimra et la Amida ?
- Pourquoi l'étude de la Torah, avec ses sujets matériels, est-elle le moyen de garder toute la journée l'annulation de soi de la prière ?
- Qu'ont en commun l'humilité et l'étude de la Torah pour être toutes deux appelées « poussière », et pourquoi l'eau doit-elle venir de sous la poussière pour être de l'eau vive ?