Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 5
שחורה אני ונאוה בנות ירושלים וגו׳
« Je suis noire et belle, filles de Jérusalem »
L’idée centrale
Le feu noir de la Torah sur le feu blanc décrit comment la Lumière infinie, trop élevée pour être saisie, est cachée et contractée en « lettres » afin de pouvoir être révélée ; cette dissimulation est elle-même la source de la beauté. Dans l’âme, la « noirceur » d’un amour caché, dissimulé et recouvert par l’âme animale, est enracinée dans ce feu blanc et peut être révélée et transformée.
Le maamar en bref
Le maamar s’ouvre sur l’image des Sages de la Torah comme feu noir sur feu blanc et l’applique au youd avec lequel le Monde futur fut créé. Le Monde futur est un plaisir infini, et pourtant il procède d’une seule lettre. Prenant l’âme comme modèle, l’Admour Hazaken montre que les lettres sont des vêtements enracinés dans l’essence de l’âme. De même, en haut, le plaisir des âmes provient des lettres divines, tandis que la Lumière infinie elle-même, au-delà de toute compréhension, est le feu blanc, et que chaque niveau révélé, même Kéter, est du feu noir par rapport à elle. Vu d’en bas, ce qui est incompréhensible est ténèbres ; vu d’en haut, ce qui est révélé est ténèbres. La lumière fut cachée (« il fut bon de la cacher ») au moyen du youd du tsimtsoum, comme une gravure, puis de l’encre sur du parchemin, afin qu’elle puisse être révélée. Cela explique le « Saint » des Serafim et le « Béni » des Ofanim. Chez l’être humain, l’amour révélé puise dans un amour caché, doublement noir : au-dessus de l’intellect, et revêtu de l’âme animale. Pourtant, il est enraciné dans le feu blanc ; c’est pourquoi la noirceur la rend belle. Le maamar s’achève par « de Hodu à Kouch » et par la Torah acceptée de nouveau à Pourim.
Plan
- Le feu noir sur le feu blanc et le youdLa Torah fut donnée comme feu noir sur feu blanc, et le Monde futur, un plaisir infini, fut créé avec le youd. Dans l’âme, les lettres sont des vêtements, mais elles sont enracinées dans l’âme elle-même.¶1–3
- La lumière et les ténèbres en hautLe plaisir du Jardin d’Éden provient des lettres divines ; la Lumière infinie elle-même échappe à toute saisie. Vue d’en bas, elle est ténèbres ; vue d’en haut, elle est le feu blanc, et tous les niveaux révélés sont noirs. La lumière fut cachée au moyen du youd afin qu’il puisse y avoir révélation.¶4–5
- Gravure, encre et parcheminKéter est comparable à une gravure, unie à la pierre tout en l’assombrissant légèrement ; 'Hokhma est comparable à de l’encre sur du parchemin. Par le minuscule youd, la Lumière infinie elle-même est révélée ; le Monde futur est donc un plaisir en D.ieu Lui-même.¶6–7
- Saint et BéniLes Serafim de Béria disent « Saint » et sont ténèbres ; les Ofanim de Yetsira disent « Béni » et sont lumière. Ensemble, ils sont feu blanc et feu noir, comme dans « le Saint béni soit-Il ».¶8–14
- L’amour caché et l’amour révéléLa méditation fait émerger l’amour révélé d’une personne à partir d’un amour caché enraciné dans l’essence de son âme. La prière progresse du tumulte au feu, puis à la voix ténue et silencieuse. L’amour caché est doublement noir, mais il ne se perd jamais et il est transformé par la techouva.¶14–15
- Noire et belleLa noirceur rend le feu blanc beau, comme l’encre sur le parchemin ; les tentes de Kédar sont noires à l’extérieur et, à l’intérieur, semblables aux tentures de Chlomo. La lumière qui entoure tous les mondes rend les ténèbres et la lumière égales, et Aharon et Moché représentent respectivement l’élévation et l’attraction vers le bas.¶15–19
- De Hodu à KouchD.ieu règne depuis la plus haute splendeur jusqu’aux ténèbres les plus basses. Kouch peut également signifier une blancheur éclatante, racine de l’amour caché d’Israël, comme celui d’enfants bien-aimés. La discussion talmudique sur Hodu et Kouch et la Torah acceptée de nouveau à Pourim achèvent le thème.¶20–23
Notions clés
- Le feu noir sur le feu blancאש שחורה על גבי אש לבנה
- L’image des Sages de la Torah comme lettres noires sur fond blanc, toutes deux faites de feu. Ici, le feu blanc est la Lumière infinie, insaisissable ; le feu noir est chaque niveau révélé, jusqu’aux lettres elles-mêmes.
- Le youd du Monde futurביו״ד נברא העוה״ב
- Le Monde futur fut créé avec la plus petite des lettres. Le youd représente le tsimtsoum, un point minuscule par lequel l’infini peut être révélé et saisi.
- Les lettres comme vêtementsאותיות לבושים
- Dans l’âme, la pensée et la parole sont des vêtements de l’intellect, mais leur puissance est enracinée dans l’essence de l’âme. En haut, les lettres divines sont des vêtements de la Lumière infinie.
- Les ténèbres vues d’en bas et d’en hautממטה למעלה ומלמעלה למטה
- Vu d’en bas, ce qui ne peut être saisi est appelé ténèbres ; vu d’en haut, ce qui est inférieur et plus révélé est appelé ténèbres. Le maamar applique ces deux sens tout au long de son propos.
- Gravure et écritureחקיקה וכתיבה
- Les lettres gravées ne font qu’un avec leur support, tandis que l’encre est ajoutée de l’extérieur. Kéter est comparable à la gravure et 'Hokhma à l’écriture.
- Saint et Béniקדוש וברוך
- Le « Saint » des Serafim exprime la transcendance de D.ieu ; le « Béni » des Ofanim exprime le fait de l’attirer vers le bas dans Mal'hout. Ensemble, ils forment le titre « le Saint béni soit-Il ».
- L’amour cachéאהבה מסותרת
- L’amour naturel de D.ieu présent dans chaque âme juive, enraciné au-dessus de l’intellect. Il est « noir » parce qu’il est caché et recouvert par l’âme animale, et la méditation le fait apparaître.
- La lumière qui entoure tous les mondes et celle qui les remplitסובב כל עלמין וממלא כל עלמין
- La lumière qui remplit les mondes suit leur ordre gradué, tandis qu’en présence de la lumière qui entoure tous les mondes, les ténèbres et la lumière sont égales ; cela permet une transformation d’un extrême à l’autre.
Le feu noir sur le feu blanc et le youd ¶1–3
« Je suis noire et belle, filles de Jérusalem » etc. « Ne me regardez pas parce que je suis noirâtre, car le soleil m’a regardée » etc.
Le maamar s’ouvre sur les paroles de la Communauté d’Israël dans le Cantique des Cantiques : elle est « noire » et pourtant « belle », assombrie par le soleil. Tout le discours expliquera la signification de cette noirceur et de cette beauté à leur racine spirituelle.
ויובן ע״פ מארז״ל שהתורה נתנה באש שחורה על גבי אש לבנה3 כמבואר בשה״ש רבה ס״פ ראשו כתם פז456 ובזח״ג נשא קל״ב78 א׳ (ועיין עוד ברע״מ שופטים ער״ה910 א׳)
Cela se comprendra à la lumière de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : la Torah fut donnée comme un feu noir sur un feu blanc, ainsi qu’il est expliqué dans Shir HaShirim Rabbah, à la fin du passage « Sa tête est de l’or le plus fin », et dans le Zohar, partie III, Nasso, 132a (voir aussi le Ra’aya Mehemna, Shoftim, 275a).
Les Sages décrivent la Torah comme écrite en feu noir sur feu blanc : des lettres noires sur un fond blanc, tous deux faits de feu. L’Alter Rebbe cite le Midrash sur Shir HaShirim et le Zohar, qui associe le feu blanc et le feu noir à deux niveaux divins différents.
והנה כשם שכל התורה ניתנה כך כמ״כ מה שארז״ל ביוד נברא העוה״ב1112 כו׳ הוא ג״כ בבחי׳ אש שחורה ע״ג אש לבנה.
Or, de même que toute la Torah fut donnée ainsi, il en va de même de ce que nos Sages ont dit : « Le monde futur fut créé par le youd » etc. : cela aussi relève du feu noir sur feu blanc.
Le Talmud enseigne que ce monde fut créé par la lettre hé et le Monde futur par la lettre youd. L’Alter Rebbe propose que ce youd, lui aussi, soit structuré en noir sur blanc, comme les lettres de la Torah.
וביאור הדבר הוא הנה צריך להבין כי הנה בחי׳ העוה״ב ג״ע העליון הוא תענוג הנשמות מהשגת אלקות תענוג נפלא עד אין קץ ואין תכלית בלי שיעור וגבול
Voici l’explication. Il faut comprendre que le Monde futur, le Jardin d’Éden supérieur, est le plaisir que les âmes tirent de leur perception de la Divinité : un plaisir merveilleux, sans fin ni limite, au-delà de toute mesure et de tout terme.
Le Monde futur désigne ici le Jardin d’Éden supérieur, où les âmes se délectent de leur perception de la Divinité. Ce plaisir est décrit comme véritablement sans limites, ce qui sera important pour l’argument qui suit.
ולכן אמרו על אלישע אחר מוטב דלידייניה13 וליתי לעלמא דאתי כי כדאי כל יסורי גיהנם
C’est pourquoi on a dit au sujet d’Elisha A’her : « Mieux vaut qu’il soit jugé et qu’il accède au Monde futur », car toutes les souffrances du Guehinom valent la peine
Elisha ben Avouya, appelé A’her (« l’autre »), était le Sage qui abandonna la Torah. Le Talmud rapporte qu’il fut décidé qu’il valait mieux le juger et le punir que le priver entièrement de sa part dans le Monde futur.
י״ב חדש בכדי לקבל אח״כ קור׳ רוח ותענוג העה״ב לפי שתענוג הזה אין לו קץ וגבול ואין לשער ולערוך נגדו כל יסורי גיהנם
pendant douze mois, afin qu’il reçoive ensuite le soulagement et le plaisir du Monde futur ; car ce plaisir n’a ni fin ni limite, et toutes les souffrances du Guehinom ne sauraient être mesurées ni comparées à lui.
Les douze mois constituent la durée maximale de purification au Guehinom. Le raisonnement est qu’un plaisir sans limites l’emporte sur toute souffrance finie : il vaut donc la peine d’endurer cette souffrance pour y accéder.
כי אלו היה איזה שיעור וגבול לתענוג הזה היה שייך איזה משקל ופלס לחשוב כמה יסורים נגד התענוג.
Car si ce plaisir avait une mesure et une limite, on pourrait établir une sorte de pesée et de balance pour calculer quelle quantité de souffrance vaut le plaisir.
Si ce plaisir avait une limite, on pourrait le mettre en balance avec la souffrance et se demander s’il en vaut la peine. L’Alter Rebbe explicite ainsi la logique du jugement talmudique.
משא״כ באמת הוא בלי שיעור וגבול לכן אין ערוך אליו כלל וכלל ומוטב דלידייניה כו׳.
Mais, en vérité, il est au-delà de toute mesure et de toute limite ; rien ne peut donc absolument lui être comparé, et « mieux vaut qu’il soit jugé » etc.
Puisque le plaisir est véritablement infini, aucune quantité de souffrance ne peut lui être comparée. Cela établit que le Monde futur est un plaisir infini, ce qui soulève la question de savoir comment une seule lettre, le youd, pourrait en être la source.
Ce paragraphe introduit le verset et l’image des Sages de la Torah comme feu noir sur feu blanc, l’applique au youd par lequel le Monde futur fut créé, puis établit, à partir du récit d’Elisha A’her, que le plaisir du Monde futur est infini.
L’Or HaTorah, cité dans les notes de Kehot, comprend le Zohar de Nasso comme identifiant le feu blanc à Atika Kadicha, dont les cheveux sont « comme de la laine pure », et le feu noir à Zeir Anpin, dont les boucles sont « noires comme le corbeau ». Le maamar développera le noir et le blanc des lettres selon des lignes analogues.
Maré mekomot
- 1שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
- 2אל תראוני שאני שחרחורת ששזפתני השמש · Song of Songs 1:6
- 3שהתורה נתנה באש שחורה על גבי אש לבנה · Rashi on Deuteronomy 33:7–8
- 4בשה״ש רבה . . פז · ועי׳ רש״י דברים (לג, ב) ד״ה אש דת. ושה״ש (ה, טז) שחורות כעורב, יעו״ש. [כ]. ראה ירושלמי שקלים פ״ו ה״א. תנחומא ר״פ בראשית.
- 5
- 6כמבואר בשה״ש רבה ס״פ ראשו כתם פז · Shir HaShirim Rabbah 5:11–12
- 7ובזח״ג נשא קל״ב א׳ · ”ומשמע בפ׳ נשא שם דאש לבנה הוא בחי׳ עת״י שנאמר בו ושער רישי׳ כעמר נקא, ואש שחורה הוא ז״א שנאמר בו קווצותיו תלתלים שחורות כעורב” — אוה״ת פ׳ שלח ע׳ תקעט.
- 8ובזח״ג נשא קל״ב א׳ · Zohar, Idra Rabba 11:112–13:123
- 9ועיין עוד ברע״מ שופטים ער״ה א׳ · ראה בארוכה בביאוה״ז לאדה״א ובביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תתרכט ואילך. אוה״ת שופטים ע׳ תתנב ואילך.
- 10ועיין עוד ברע״מ שופטים ער״ה א׳ · Zohar, Shoftim 3:11–4:20
- 11ביו״ד נברא העוה״ב · מנחות (כט, ב). [כ].
- 12ביוד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
- 13מוטב דלידייני׳ · Chagigah 15b:3
Si tel est le cas, il faut comprendre quel est le niveau du youd, à partir duquel fut créé ce monde de grand plaisir. Pour le comprendre, [appliquons le verset] « De ma chair, je contemple D.ieu ».
Après avoir montré que le Monde futur est un plaisir infini, l’Alter Rebbe demande ce qu’est le youd, si un tel monde a pu en provenir. Il répond en s’appuyant sur le principe énoncé par Job : « De ma chair, je contemple D.ieu » ; nous apprenons à connaître le divin à partir de la structure de l’âme humaine.
כמו עד״מ שאנו רואים בחוש באדם הגשמי שגילוי אותיות ההברה הוא במחשבה ודיבור אבל בשכל עדיין אין שם בחי׳ אותיות כלל
À titre d’analogie, nous voyons clairement chez l’être humain physique que les lettres de la parole se révèlent dans la pensée et la parole, mais que, dans l’intellect lui-même, il n’y a encore aucun niveau de lettres.
Chez l’être humain, les lettres, unités du langage, n’apparaissent que dans la pensée et la parole. L’intellect pur, l’idée elle-même, ne comporte encore ni lettres ni mots.
אלא שכאשר הוא מחשב ומהרהר בהן אזי נולדו בחי׳ אותיות (עמ״ש מזה בד״ה מי מנה בפ׳ בלק)3
Ce n’est que lorsqu’il y pense et y réfléchit que les lettres naissent (voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Qui a compté », dans Parshas Balak),
Lorsqu’une personne médite une idée, les mots commencent à prendre forme : c’est la « naissance » des lettres. L’Alter Rebbe renvoie à un discours de Parshas Balak qui traite du même sujet.
ונתגלו בהעלם במחשבתו ובא לידי גילוי יותר כשמדבר לזולתו והם בחי׳ לבושין להשכל שמתלבש באותיות המחשבה והדיבור
et elles se révèlent de façon latente dans sa pensée, puis se révèlent davantage lorsqu’il parle à autrui. Elles sont des vêtements pour l’intellect, qui se revêt des lettres de la pensée et de la parole,
Dans la pensée, les lettres sont révélées tout en restant cachées aux autres ; dans la parole, elles deviennent pleinement perceptibles par autrui. Dans les deux cas, elles ne sont que des vêtements qui enveloppent et transmettent l’idée.
אבל אינן עצמותו ומהותו שהרי בעצמיות השכל עדיין אין ניכר ונרגש שום הברת האותיות (ועמ״ש בביאור ע״פ ועשית ציץ גבי ופתחת עליו פתוחי חותם)
mais elles ne sont pas son essence et sa nature, car, dans l’essence de l’intellect, aucune prononciation de lettres n’est encore reconnue ni ressentie (voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Tu feras un tsits », à propos de « Tu y graveras les gravures d’un sceau »).
Les lettres ne sont pas l’idée elle-même, car, à son cœur, une idée ne comporte aucun son de lettres. Un renvoi est donné à l’explication du tsits, la plaque d’or du grand prêtre, sur laquelle étaient gravées des lettres.
ומ״מ גילוי אותיות אלו אף שאינן נרגשים במבטא בדיבור אלא בה׳ מוצאות הפה אין שם התחלתם והתהוותם מאין ליש (כמ״ש באריכות ע״פ ויעש דוד שם)4
Néanmoins, la révélation de ces lettres, bien qu’elles ne soient ressenties comme sons que dans la parole, par les cinq points d’articulation de la bouche, ne commence pas et ne prend pas naissance à cet endroit, de néant à quelque chose (comme il est écrit longuement à propos du verset « David se fit un nom »).
Les cinq points d’articulation de la bouche sont la gorge, le palais, la langue, les dents et les lèvres, qui façonnent les sons de la parole. Même si les lettres sont d’abord entendues dans la parole, elles n’y trouvent pas leur origine ; elles n’y sont pas créées de rien.
וכן אותיות המחשבה אין התהוותם מבחי׳ השכל המושג המאיר במחשבה אלא ההתהוות להיות כח האותיות במחשבה ובדבור הוא קבוע במהות הנפש עצמה שהנפש
De même, les lettres de la pensée ne proviennent pas du niveau de l’intellect saisi qui illumine la pensée. La source d’où naît la faculté des lettres dans la pensée et la parole est plutôt fixée dans la nature même de l’âme, car l’âme
Les lettres de la pensée ne tirent pas davantage leur origine de l’idée qui illumine la pensée. La capacité de former des lettres est inscrite dans l’être même de l’âme, au-delà de l’intellect.
מליאה אותיות והם בחי׳ כחות להיות המשכות שבירידתם מטה מטה עד בחי׳ המחשבה יצטיירו בבחי׳ הברת אותיות ממש כי גם במחשבה מצטיירי׳ האותיות ע״ד הברתן
est pleine de lettres. Ce sont des forces qui donnent lieu à des flux d’énergie ; en descendant toujours plus bas jusqu’au niveau de la pensée, elles prennent la forme de lettres effectivement prononcées, car, dans la pensée aussi, les lettres prennent forme selon leur prononciation,
L’âme contient des puissances de lettres, qui prennent la forme de lettres véritables lorsqu’elles descendent dans la pensée. Même la pensée silencieuse est structurée comme des paroles prononcées.
כמו שמוציאים בפה (ועד״ז אמרו בגמ׳ שתי רוחות מספרות5 זו עם זו שהדיבור והסיפור שלהם הם אותיות דקים ורוחניים כמו אותיות המחשבה שאצלנו6 והמחשבה שלהם דקה עוד יותר וכמ״ש במ״א)7 אלא שהוא בהעלם.
comme lorsqu’on les prononce avec la bouche (et, dans le même esprit, [les Sages] ont dit dans la Guemara : « Deux esprits conversaient ensemble » ; leur parole et leur conversation sont constituées de lettres fines et spirituelles, comme les lettres de notre pensée, et leur pensée est plus fine encore, comme il est écrit ailleurs), mais cela demeure caché.
Le Talmud parle de deux esprits qui conversent ; l’Alter Rebbe explique que leur parole se compose de lettres raffinées, semblables à nos pensées, et que leur pensée est plus raffinée encore. La pensée demeure cependant cachée, tandis que la parole révèle.
משא״כ הדבור הוא מגלה ממש לזולתו ומקורם למעלה מבחי׳ השכל דהיינו מבחי׳ הנפש עצמה (ועמ״ש מזה בביאור ע״פ אם בחקתי תלכו)8 ולא שהאותיות הם מהות הנפש ועצמותה ממש
La parole, en revanche, les révèle réellement à autrui. Leur source est au-dessus du niveau de l’intellect, c’est-à-dire dans le niveau de l’âme elle-même (voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Si vous marchez selon Mes statuts »). Cela ne signifie pas que les lettres soient la nature et l’essence mêmes de l’âme,
La parole révèle pleinement les lettres à autrui, mais leur source se trouve au-dessus de l’intellect, dans l’âme elle-même. Cela ne signifie pas pour autant que les lettres soient l’essence de l’âme.
כי מהות הנפש שכל ומדות כו׳ (ר״ל שהוא מקור השכל והמדות כמ״ש בביאור ע״פ ולא תשבית9 מלח ובד״ה הן עם אחד10 ובד״ה פתח אליהו)11
car la nature de l’âme est l’intellect et les attributs émotionnels etc. (c’est-à-dire qu’elle est la source de l’intellect et des attributs émotionnels, comme il est écrit dans l’explication du verset « Tu ne supprimeras pas le sel », dans le discours commençant par « Voici, ils ne forment qu’un seul peuple », et dans celui commençant par « Élie ouvrit »),
L’être de l’âme consiste en l’intellect et les émotions, c’est-à-dire qu’elle en est la source. Plusieurs discours qui l’expliquent sont cités.
אלא שהנפש עצמה ג״כ כלולה מכחות האותיות להיות נמשך ממנה בבחי׳ המחשבה בדרך התפשטות הארה בלבד ועמ״ש בד״ה כה תברכו12 מענין שהנפש מלאה אותיות:13
mais l’âme elle-même comprend aussi les puissances des lettres, de sorte qu’une simple émanation de lumière se prolonge d’elle vers le niveau de la pensée. Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ainsi vous bénirez », au sujet de l’âme pleine de lettres.
L’âme contient également les puissances des lettres, mais celles-ci ne se prolongent dans la pensée que comme une lumière émanant d’elle. Cela prépare l’analogie avec le youd : des lettres enracinées dans l’essence, mais qui n’en sont qu’un rayonnement.
En prenant l’âme humaine comme modèle, ce paragraphe montre que les lettres ne sont que des vêtements de l’intellect, révélés dans la pensée et la parole, alors que leur racine se trouve au-dessus de l’intellect, dans l’âme elle-même, comme une puissance qui émane d’elle.
La distinction entre l’essence de l’âme, ses facultés d’intellect et d’émotion et ses vêtements que sont la pensée, la parole et l’action est parallèle à Tanya, partie I, chapitre 4. L’Alter Rebbe ajoute ici que les lettres, bien qu’elles soient un vêtement, sont enracinées plus haut que l’intellect qu’elles habillent ; ce point est développé dans Likkutei Torah, Vayikra, à propos de « Tu ne supprimeras pas le sel ».
Maré mekomot
- 1להבין מהו בחי׳ היו״ד · ראה לעיל פ׳ בשלח א, א ובמ״מ לשם.
- 2
- 3בד״ה מי מנה בפ׳ בלק · לעיל בלק סז, ג.
- 4כמ״ש באריכות ע״פ ויעש דוד שם · באגה״ק.
- 5שתי רוחות מספרות · Berakhot 18b:7–8
- 6כמו אותיות המחשבה שאצלנו · וכ״ה בסה״מ תקע״א. אבל בהנחות המאמר הנ״ל מאדה״ז בנביאים הל׳ ”הוא דק יותר מדקות המחשבה שלנו”.
- 7רוחות מספרות . . אותיות דקים ורוחניים . . וכמ״ש במ״א · ראה סה״מ תקע״א ע׳ נח. והנחה אחרת במאמרי אדה״ז נביאים ע׳ רנט.
- 8בביאור ע״פ אם בחקתי תלכו · לעיל שם מה, סע״ד.
- 9בביאור ע״פ ולא תשבית · לעיל פ׳ ויקרא ד, ב.
- 10ובד״ה הן עם אחד · תו״א פ׳ בראשית.
- 11ובד״ה פתח אליהו · תו״א יג, ג.
- 12בד״ה כה תברכו · לעיל נשא כו, ב.
- 13
3קיצור. ענין שהתורה ניתנה באש שחורה ע״ג אש לבנה וכן עד״ז היו״ד שבו נברא העוה״ב ויש להקדים ענין אותיות המחשבה ודיבור שהם לבושים לבד להנפש ולהשכל ומ״מ שרש האותיות בהנפש עצמה:
Résumé : La Torah fut donnée comme feu noir sur feu blanc, et il en va de même du youd par lequel le Monde futur fut créé. Il faut d’abord introduire la question des lettres de la pensée et de la parole : elles ne sont que des vêtements pour l’âme et l’intellect, et pourtant leur racine se trouve dans l’âme elle-même.
Ce résumé (« kitzour ») reprend l’ouverture : la Torah comme feu noir sur feu blanc, le youd du Monde futur et le point introductif selon lequel les lettres ne sont que des vêtements de l’âme, bien qu’elles soient enracinées dans l’âme elle-même.
Bref résumé de la première section, qui rappelle le principe introductif sur lequel repose l’argumentation.
La lumière et les ténèbres en haut ¶4–5
4ב והנה ככל המשל הזה הוא למעלה באור א״ס ב״ה כי הנה גילוי השגת הנשמות באלקות ולהתענג על ה׳ אף שהוא תענוג נפלא עכ״ז הוא רק מבחי׳ אותיו׳
2. Or, il en va exactement de même, au-dessus, dans la Lumière infinie, béni soit-Il. La révélation de la perception de la Divinité par les âmes et de leur délectation en D.ieu, quoique merveilleuse, ne provient néanmoins que du niveau des lettres
L’analogie des lettres de l’âme est maintenant appliquée à D.ieu. Le plaisir des âmes dans le Jardin d’Éden, si merveilleux soit-il, ne provient que des « lettres » divines, vêtements de la Lumière infinie, et non de la Lumière infinie elle-même.
(וע׳ בד״ה ועתה יגדל נא1 גבי כאשר דברת לאמר שמלכות דאצילות שהיא אותיות הדבור דאצי׳ נעשה עתיק דבריא׳ שהוא מקור ושרש ג״ע העליון כו׳ ועמ״ש בד״ה את שבתותי תשמרו2 גבי בורא קדושים ישתבח שמך כו׳)
(voir le discours commençant par « Et maintenant, que Ta puissance soit grande », à propos de « comme Tu l’as dit » : Mal’hout d’Atsilout, qui est constituée des lettres de la parole d’Atsilout, devient l’Atik de Béria, source et racine du Jardin d’Éden supérieur etc. ; voir également le discours commençant par « Vous garderez Mes Chabbatot », à propos de « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué » etc.).
Cette parenthèse cite des discours montrant que Mal’hout d’Atsilout, la « parole » divine, devient le niveau le plus élevé (Atik) du Monde de Béria et la source du Jardin d’Éden supérieur. Le plaisir du Jardin prend donc racine dans les lettres divines.
ג״ע העליון הוא אותיות המחשבה וג״ע התחתון בחי׳ דיבור וזהו בראתיו יצרתיו אף עשיתיו.3 בראתיו בחינת המחשבה ג״ע העליון. יצרתיו בחי׳ הדיבור וג״ע התחתון.
Le Jardin d’Éden supérieur est constitué des lettres de la pensée, et le Jardin d’Éden inférieur relève de la parole. C’est le sens de « Je l’ai créé, je l’ai formé, je l’ai aussi fait » : « Je l’ai créé » désigne le niveau de la pensée, le Jardin d’Éden supérieur ; « je l’ai formé », le niveau de la parole et le Jardin d’Éden inférieur.
Le verset d’Isaïe nomme trois étapes : créer, former et faire. L’Alter Rebbe les associe à la pensée (Jardin d’Éden supérieur), à la parole (Jardin d’Éden inférieur) et à l’action (ce monde).
אף עשיתיו הוא עולם המעשה העוה״ז הגשמי (ועמ״ש בד״ה מי מנה4 דאף הוא לשון רבוי ומרבה בחי׳ רביעית שלמעלה מבחי׳ מחשבה ודיבור ומעשה שהם רק לבושים לאור א״ס ב״ה
« Je l’ai aussi fait » désigne le monde de l’action, ce monde physique. (Voir le discours commençant par « Qui a compté » : « aussi » (af) est un terme d’inclusion qui ajoute un quatrième niveau, supérieur à la pensée, à la parole et à l’action, lesquels ne sont que des vêtements de la Lumière infinie, béni soit-Il ;
« Je l’ai aussi fait » désigne le monde physique. Une parenthèse cite le discours « Qui a compté », qui comprend le mot « aussi » (af) comme ajoutant un quatrième niveau au-dessus de la pensée, de la parole et de l’action.
והיינו בחינת רצון העליון שהוא אור א״ס ב״ה בעצמו ובכבודו שנמשך ע״י קיום המצות בעוה״ז כו׳
c’est-à-dire le niveau de la volonté supérieure, qui est la Lumière infinie, béni soit-Il, dans Son être et Sa gloire mêmes, et qui se prolonge par l’accomplissement des mitsvot dans ce monde etc. ;
Ce quatrième niveau est la volonté supérieure, l’essence même de D.ieu, qui se prolonge précisément par l’accomplissement des mitsvot dans ce monde physique. C’est pourquoi le monde le plus bas peut atteindre le niveau le plus élevé.
ע״ש ועד״ז י״ל גם במש״כ שבג״ע העליון הגילוי מבחי׳ אותיות המחשבה ובג״ע התחתון מבחי׳ דבור שעכ״ז ע״י קיום התומ״צ בעוה״ז ממשיכי׳ תוספת אור בג״ע והוא ענין התלבשות רצון העליון וחכמה עילאה בהמחשבה ודבור ע״ד מאד עמקו מחשבותיך.5
voir là-bas. Dans le même esprit, on peut dire au sujet de ce qui est écrit : la révélation du Jardin d’Éden supérieur provient des lettres de la pensée, et celle du Jardin d’Éden inférieur du niveau de la parole ; pourtant, l’accomplissement de la Torah et des mitsvot dans ce monde ajoute de la lumière au Jardin d’Éden. C’est le revêtement de la volonté supérieure et de la 'Hokhma suprême dans la pensée et la parole, selon le verset : « Tes pensées sont très profondes ».
La même idée s’applique au Jardin d’Éden : bien que sa révélation provienne uniquement de la pensée et de la parole divines, la Torah et les mitsvot accomplies dans ce monde y ajoutent de la lumière. La volonté supérieure et la 'Hokhma suprême, plus profondes que les lettres, se revêtent alors dans ces lettres.
וכמ״ש בד״ה כי כאשר השמים החדשים67 מענין ויניחהו בג״ע לעבדה ולשמרה8 ובד״ה אז ישיר ישראל כו׳ עלי באר כו׳ ועמ״ש בד״ה אני דפ׳ ציצית בענין ב״פ אני כו׳ להיות לכם לאלקים.
Comme il est écrit dans le discours commençant par « Car, comme les nouveaux cieux », à propos de « Il le plaça dans le Jardin d’Éden pour le cultiver et le garder » ; et dans celui commençant par « Alors Israël chanta » etc., « Jaillis, ô puits » etc. ; voir aussi le discours commençant par « Moi », dans la section des tsitsit, sur le double « Moi » etc., « pour être votre D.ieu ».
L’Alter Rebbe énumère d’autres discours développant ce thème : Adam placé dans le Jardin « pour le cultiver et le garder », le Chant du Puits et le double « Je suis Havaya » dans la section des tsitsit.
והנה ביוד נברא העוה״ב9 אבל העוה״ז נברא בה״א ויש בחינה בה״א בשרשה גבוה מהיוד כמ״ש ע״פ לך לך1011 בענין ה׳ דאברהם ע״כ ע״י התשובה ומע״ט בעוה״ז ממשיכים תוספת אור בג״ע. ונחזור לעניננו בענין האותיות מו״ד)
Or, le Monde futur fut créé par le youd, tandis que ce monde fut créé par le hé ; et le hé possède, à sa racine, un niveau supérieur au youd, comme il est écrit à propos de « Va-t’en », concernant le hé d’Avraham. C’est pourquoi la techouva et les bonnes actions accomplies dans ce monde ajoutent de la lumière au Jardin d’Éden. Revenons à notre sujet, celui des lettres de la pensée et de la parole.)
Le hé de ce monde a une racine supérieure au youd du Monde futur, comme l’explique le passage sur le hé ajouté au nom d’Avraham. C’est pourquoi la techouva et les bonnes actions accomplies dans ce monde ajoutent de la lumière au Jardin d’Éden ; cette digression se referme alors.
Elles ne sont que des vêtements pour la Lumière infinie, béni soit-Il, comme il est écrit dans Tikkunei Zohar : « Tu leur as préparé des vêtements, d’où s’envolent les âmes » etc.
La prière d’Élie dans Tikkunei Zohar parle des « vêtements » préparés par D.ieu, d’où procèdent les âmes. Les lettres divines de la pensée et de la parole sont de tels vêtements pour la Lumière infinie.
אבל באור א״ס ב״ה בעצמו ובכבודו לא שייך שום גילוי השגה כי לית מחשבה תפיסא ביה כלל ואנת חכים14 ולא בחכמה ידיעא כו׳
Mais, dans la Lumière infinie, béni soit-Il, dans Son être et Sa gloire mêmes, aucune révélation de compréhension n’a de place, car « aucune pensée ne peut Le saisir », et « Tu es sage, mais non d’une sagesse connaissable » etc.
La Lumière infinie en elle-même échappe à toute compréhension. Tikkunei Zohar dit qu’aucune pensée ne peut Le saisir et que Sa sagesse n’est pas une sagesse connaissable.
« Il est le Connaissant et Il est la Connaissance » etc. (voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Voici, ils ne forment qu’un seul peuple », cité plus haut, sur le sens de « Tu es sage, mais non d’une sagesse connaissable »).
Maïmonide écrit que D.ieu est le Connaissant, la Connaissance et le Connu, tout étant un, ce qui dépasse la compréhension humaine. Cela souligne que l’essence de D.ieu ne peut être l’objet d’aucune saisie.
וע״ז נאמר ישת חשך סתרו חשך הוא דבר שאינו נראה בו שום תפיסא והשגה כלל
À ce sujet, il est dit : « Il a fait des ténèbres Son refuge ». Les ténèbres désignent ce en quoi on ne peut absolument rien saisir ni comprendre.
Le psaume dit que D.ieu « a fait des ténèbres Son refuge ». Les ténèbres représentent ici ce qui ne peut être ni vu ni saisi : l’essence divine elle-même.
(Voir le discours commençant par « Les chefs des tribus », à propos de « Et de Lui il est dit : “Il a fait des ténèbres Son refuge” » etc., ainsi que le discours commençant par « Il appela Moché ».)
Renvois à deux discours de Likkutei Torah où est expliqué le verset « Il a fait des ténèbres Son refuge ».
והנה כל זה הוא ממטה למעלה נקרא מה שלמעלה מהשגת הנבראים בשם חשך פי׳ מה שאינו מושג
Tout cela se comprend en remontant du bas vers le haut : ce qui dépasse la compréhension des créatures est appelé « ténèbres », c’est-à-dire ce qui n’est pas saisi,
Il s’agit du point de vue des créatures qui regardent vers le haut. Elles appellent « ténèbres » tout ce qui dépasse leur compréhension.
כמאמר יוצר אור ובורא חשך שהחשך הוא בבריאה למעלה מאור הגילוי שהוא ביצירה (כי בריאה הוא מחשבה ויצירה דיבור והנה לגבי התלמיד הדבור של הרב נקרא אור וגילוי אבל מחשבה של הרב היא עדיין חשך אצל התלמיד
comme dans la formule « Celui qui forme la lumière et crée les ténèbres » : les ténèbres se trouvent en Béria, au-dessus de la lumière de la révélation qui est en Yetsira. (Car Béria correspond à la pensée et Yetsira à la parole. Pour l’élève, la parole du maître est lumière et révélation, mais la pensée du maître reste ténèbres, puisqu’il ne peut la percevoir.
La bénédiction du matin « Celui qui forme la lumière et crée les ténèbres » situe les ténèbres en Béria, au-dessus de la lumière de Yetsira. L’élève reçoit la parole de son maître comme une lumière, mais sa pensée lui est obscure, puisqu’il ne peut la percevoir.
אבל לגבי הרב עצמו הרי הדבור שלו כלא חשיב נגד מחשבתו ומה שחושב במחשבה ברגע א׳ צריך לדבר ע״ז כמה דיבורים ע״כ נקרא אצלו המחשבה אור והדיבור נק׳ חשך לגבי המחשבה ועוד
Mais, pour le maître lui-même, sa parole ne compte pour rien en comparaison de sa pensée ; ce qu’il pense en un instant, il lui faut de nombreux mots pour l’exprimer. C’est pourquoi, pour lui, la pensée est appelée lumière et la parole ténèbres, en comparaison de la pensée. En outre :
Pour le maître lui-même, c’est l’inverse : sa pensée est lumière et sa parole ténèbres en comparaison, puisqu’une pensée d’un instant exige de nombreux mots. Cela montre que la lumière et les ténèbres dépendent du point de vue.
הנה בבריאה מאיר חב״ד דאצילות שנק׳ עלמא דאתכסיא לגבי המדות דאצילות שנק׳ עלמא דאתגליא המאירים ביצירה כי על חו״ב דאצילות נאמר הנסתרות לה׳ אלקינו.19 ועמ״ש בד״ה באתי לגני.20
en Béria brillent 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout, appelées le « monde caché » par rapport aux attributs émotionnels d’Atsilout, appelés le « monde révélé », qui brillent en Yetsira. Car il est dit de 'Hokhma et Bina d’Atsilout : « Les choses cachées appartiennent à Havaya notre D.ieu ». Voir le discours commençant par « Je suis venu dans Mon jardin ».
'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout, appelées le « monde caché », brillent en Béria, tandis que les attributs émotionnels d’Atsilout, le « monde révélé », brillent en Yetsira. Le verset « Les choses cachées appartiennent à Havaya notre D.ieu » est rapporté à 'Hokhma et Bina.
ולכן גם השרפים שהם בבריאה נקרא עומדים ממעל לו21 פי׳ ממעל לוי״ו ו״ק המקננים ביצירה ואין עבודתם ברעש כמו החיות והאופנים המתנשאים ברעש לפי שהם מעלמא דאתגליא.
C’est pourquoi les Séraphins, eux aussi, qui se trouvent en Béria, sont appelés « se tenant au-dessus de lui », c’est-à-dire au-dessus du vav, les six extrémités qui résident en Yetsira. Leur service n’est pas accompagné d’un grand fracas, contrairement aux ‘Hayot et aux Ofanim, qui s’élèvent avec grand fracas, car ils relèvent du monde révélé.
Dans la vision d’Isaïe, les Séraphins se tiennent « au-dessus de lui » ; l’Alter Rebbe comprend « lui » (lo, qui se termine par un vav) comme les six attributs émotionnels résidant en Yetsira. Les Séraphins de Béria servent silencieusement, tandis que les ‘Hayot et les Ofanim des mondes inférieurs servent avec grand fracas.
וגם איתא כשאומר יוצר אור ימשמש בתש״י22 ובבורא חשך ימשמש בתש״ר ומבואר במ״א דתש״י נק׳ חותם שוקע התלבשות האורות בהכלים אבל תש״ר נק׳ חותם בולט אורות שלמעלה מהכלים ומרומז דוקא בבורא חשך לפי שעכשיו אין בחינה זו באה בהתגלות עד לע״ל.
Il est également enseigné que lorsqu’on dit « Celui qui forme la lumière », on touche les tefilin du bras, et que lorsqu’on dit « et crée les ténèbres », on touche les tefilin de la tête. Il est expliqué ailleurs que les tefilin du bras sont appelés un sceau en creux, représentant le revêtement des lumières dans les réceptacles, tandis que les tefilin de la tête sont appelés un sceau en relief, représentant les lumières qui dépassent les réceptacles. Cela est précisément évoqué par « crée les ténèbres », car, à présent, ce niveau ne se révèle pas avant le Monde futur.
La coutume consiste à toucher les tefilin du bras à « Celui qui forme la lumière » et ceux de la tête à « crée les ténèbres ». Les tefilin du bras représentent la lumière contenue dans des réceptacles ; ceux de la tête, la lumière au-dessus des réceptacles, appelée ténèbres parce qu’elle ne se révélera qu’au Monde futur.
הרי מכ״ז מובן דאצלנו מה שמתגלה נקרא אור ומה שלמעלה מהגילוי נקרא חושך כו׳ ועד״ז כל מה שלמעלה במדרגה יותר נק׳ אצלנו חושך יותר)
Tout cela montre que, pour nous, ce qui se révèle est appelé lumière, et ce qui dépasse la révélation est appelé ténèbres etc. De même, tout ce qui est plus élevé en degré est, pour nous, d’autant plus ténébreux.)
De notre point de vue, ce qui se révèle est lumière et ce qui échappe à la révélation est ténèbres. Plus un niveau est élevé, plus il est « ténébreux » pour nous.
אבל מלמעלה למטה הוא להיפוך כי מה23 שבא יותר לידי גילוי ההשגה הוא יותר בגדר החושך
Mais, en descendant du haut vers le bas, c’est l’inverse : ce qui entre davantage dans la révélation de la compréhension relève davantage de la catégorie des ténèbres,
Du point de vue de D.ieu, qui regarde vers le bas, le rapport s’inverse. Plus un niveau est révélé et compréhensible, plus il est considéré comme ténèbres.
לגבי אור א״ס בעצמו ובכבודו כמ״ש בזוהר דכתר עליון24 אע״ג דאיהו אור צח אור מצוחצח אוכמא הוא לגבי עילת העילות כו׳ וכולהו אתחשכאן קמיה כו׳
par rapport à la Lumière infinie, dans Son être et Sa gloire mêmes, comme il est écrit dans le Zohar : le Kéter suprême, bien qu’il soit une lumière pure, une lumière éclatante, est noir par rapport à la Cause des causes etc., et tous s’assombrissent devant Lui etc.
Le Zohar dit que même Kéter, la Séfira la plus élevée et une lumière éclatante, est « noir » en comparaison de la Cause des causes. Tout niveau est ténèbres devant l’essence de D.ieu.
וכתיב כולא קמיה כלא חשיב25 (וכה״ג נתבאר במ״א בענין כיאל דעות שממטה למעלה נק׳ למטה יש ומה שלמעלה נקרא אין אבל מלמעלה למטה הוא להיפוך כמ״ש בד״ה בשעה שהקדימו26 נעשה ובד״ה ביום השמיני עצרת27 ושאר דוכתי)
Et il est écrit : « Tout, devant Lui, est considéré comme rien. » (On trouve une idée semblable à propos de « D.ieu des connaissances » (Kel de’ot) : en remontant du bas vers le haut, ce qui est en bas est appelé « quelque chose » (yech) et ce qui est au-dessus est appelé « néant » (ayin) ; mais en descendant du haut vers le bas, c’est l’inverse, comme il est écrit dans le discours commençant par « Lorsqu’ils firent précéder “nous ferons” », dans celui commençant par « Le huitième jour, une assemblée » et ailleurs.)
« Tout, devant Lui, est considéré comme rien » confirme que tous les niveaux ne sont rien devant Lui. Une inversion semblable est évoquée : vu d’en bas, le niveau inférieur est « quelque chose » et le supérieur « néant », mais vu d’en haut, c’est l’inverse.
ולכן אור הא״ס ב״ה בעצמו ובכבודו מה שהוא למעלה מגדר ההשגה נק׳ אור והוא בחי׳ אש לבנה
C’est pourquoi la Lumière infinie, béni soit-Il, dans Son être et Sa gloire mêmes, étant au-delà des limites de la compréhension, est appelée lumière et constitue le feu blanc.
Tel est le sens de l’image : la Lumière infinie, qui dépasse toute compréhension, est la véritable lumière, le « feu blanc ».
(ומה שלמטה ממנו כו׳ אפי׳ כתר נק׳ חשך כנ״ל ועמ״ש מזה בביאור ע״פ מי מנה28 וגם כמו עד״מ שרגא בטיהרא למאי אהני29 הרי הנר נק׳ חשך לגבי אור היום אף שלגבי הלילה נק׳ נר.
(Tout ce qui est au-dessous de Lui etc., même Kéter, est appelé ténèbres, comme indiqué plus haut ; voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication de « Qui a compté ». C’est aussi comparable à l’image : « Une lampe en plein midi, à quoi sert-elle ? » La lampe est appelée ténèbres par rapport à la lumière du jour, alors qu’en comparaison de la nuit, elle est appelée lampe.
Tout ce qui est inférieur à Lui, même Kéter, relève des ténèbres. L’image talmudique d’une lampe en plein midi montre que ce qui est lumière la nuit devient ténèbres à côté du soleil.
ועד״ז אמרז״ל כל הנביאים בטלים לעתיד3031 ומבואר במ״א הענין שאור הנבואה32 של הנביאים יהיה כלא חשיב נגד הגילוי דלע״ל כשרגא בטיהרא כו׳.
De même, nos Sages ont dit : « Tous les prophètes seront abolis au Monde futur ». Il est expliqué ailleurs que la lumière de la prophétie des prophètes sera comme rien en comparaison de la révélation du Monde futur, telle une lampe en plein midi etc.
Les Sages ont dit que la prophétie sera abolie au Monde futur ; sa lumière sera comme une lampe en plein midi en comparaison de cette révélation.
וכ״ש לגבי אור א״ס ב״ה אשר כדי שיומשך ממנו הארה להיות מקור לע״ס היה צריך להיות צמצום ומקום פנוי ואח״כ נמשך רק קו וחוט כנודע.
À plus forte raison en est-il ainsi par rapport à la Lumière infinie, béni soit-Il : pour qu’un rayonnement en émane et devienne la source des dix Séfirot, il fallut un tsimtsoum et un espace vacant, puis seul un kav, un fil, fut prolongé, comme on le sait.
À plus forte raison, tout est ténèbres par rapport à la Lumière infinie elle-même : pour que son rayonnement devienne la source des dix Séfirot, il fallut un tsimtsoum, un espace vacant, puis une extension réduite à un mince kav.
והנה ענין שנקרא אש רק שיש אש לבנה ואש שחורה היינו כמ״ש במ״א33 בד״ה אתם נצבים34 בפי׳ מ״ש כי הוי׳ אלקיך אש אוכל הוא35 כו׳
Quant au fait qu’elle soit appelée feu, et qu’il existe un feu blanc et un feu noir, cela est expliqué ailleurs dans le discours commençant par « Vous vous tenez », à propos du verset « Car Havaya ton D.ieu est un feu dévorant » etc.
L’Alter Rebbe s’interroge sur la raison pour laquelle la Torah est précisément décrite comme un feu, de deux couleurs, et renvoie au discours sur « Car Havaya ton D.ieu est un feu dévorant », qui explique la comparaison de l’influence divine avec le feu.
ועוד דהנה דרך כלל יש ד׳ יסודות אש רוח מים עפר שהם נגד ד׳ עולמות אבי״ע36 והאש הוא בחי׳ אצילות דכמו שטבע האש להסתלק כך אצילות מרומם ונשגב מבי״ע כי בי״ע הם נבראים ואצילות הם אלהות.
En outre, de manière générale, il existe quatre éléments : le feu, l’air, l’eau et la terre, qui correspondent aux quatre mondes : Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya. Le feu est le niveau d’Atsilout : de même que le feu tend naturellement à s’élever, Atsilout est exalté et élevé au-dessus de Béria, Yetsira et Assiya ; car Béria, Yetsira et Assiya sont des êtres créés, tandis qu’Atsilout est la Divinité.
Les quatre éléments correspondent aux quatre mondes, le feu correspondant à Atsilout. Comme le feu s’élève toujours, Atsilout est exalté au-dessus des mondes créés : il est la Divinité même.
והנה באצילות עצמו יש ג״כ אבי״ע שהכתר או גם החכמה עילאה נק׳ אצילות שבאצילות. ובינה נק׳ בריאה שבאצילות וזו ״נ הם יצירה ועשיה שבאצילות ודרך כלל יותר יש אבי״ע דכללות ואצילות היותר עליון נקרא אש.
Or, au sein même d’Atsilout, on trouve également Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya : Kéter, ou même la 'Hokhma suprême, est appelé Atsilout d’Atsilout ; Bina est appelée Béria d’Atsilout ; et Zeir Anpin et Noukva sont Yetsira et Assiya d’Atsilout. Plus généralement encore, il existe des Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya globaux, et l’Atsilout le plus élevé est appelé feu.
La structure des quatre mondes se répète au sein même d’Atsilout et à l’échelle de tout le système. L’Atsilout le plus élevé est appelé « feu ».
ועכ״ז היא נק׳ אש שחורה לגבי המאציל א״ס ב״ה שנק׳ אש לבנה כו׳. וגם בכלל ז״א לגבי ע״ק נק׳ אש שחורה לגבי אש לבנה)
Et pourtant, il est appelé feu noir par rapport à l’Émanateur, l’Infini, béni soit-Il, qui est appelé feu blanc etc. De même, en général, Zeir Anpin est appelé feu noir par rapport à Atika Kadicha, qui est le feu blanc.)
Même ce feu suprême est feu noir en comparaison de l’Émanateur, l’Infini, qui est le feu blanc. De même, Zeir Anpin est feu noir par rapport à Atika Kadicha.
Mais puisque les mondes ne peuvent la recevoir et qu’« aucune pensée ne peut Le saisir » etc., « D.ieu vit que la lumière était bonne » à cacher.
Les mondes ne pouvant recevoir la Lumière infinie, celle-ci fut cachée. Le Talmud comprend « D.ieu vit que la lumière était bonne » comme signifiant qu’il était bon de la cacher.
Elle fut cachée sous la forme de « Il a fait des ténèbres Son refuge » etc. Tel est le sens de « Celui qui réside dans le secret du Très-Haut, qui loge à l’ombre de Chadaï » : contracter et dissimuler la lumière,
La lumière fut cachée sous forme de « ténèbres » dans le refuge de D.ieu. Le « secret du Très-Haut » et l’« ombre de Chadaï » du psaume décrivent cette dissimulation.
בכמה צמצומים ומסכים המבדילים ומסתירים את אורו ית׳ להיות בחי׳ גילוי למטה בחי׳ ג״ע העליון תענוג הנשמות כו׳ והשגתם באור ה׳ כו׳ בראתיו יצרתיו כו׳.
par de nombreux tsimtsoumim et des écrans qui séparent et dissimulent Sa lumière, béni soit-Il, afin qu’une révélation existe en bas : le niveau du Jardin d’Éden supérieur, le plaisir des âmes etc., leur perception de la lumière de D.ieu etc. ; « Je l’ai créé, je l’ai formé » etc.
De nombreux tsimtsoumim et écrans voilent la lumière afin qu’une révélation limitée et accessible puisse exister en bas. Cette révélation est le plaisir et la perception qu’ont les âmes dans le Jardin d’Éden supérieur.
(ועמ״ש ע״פ וידבר אלקים כו׳ וארא41 אל אברהם כו׳ באל שדי42 שאמר לעולמו די. ועיין בשער היחודים פרק שמיני יחוד ה׳ בענין אור מים רקיע שנמשך ע״י שם שדי
(Voir ce qui est écrit à propos de « Elokim parla » etc., « Je suis apparu à Avraham » etc., « comme Kel Chadaï », Lui qui dit à Son monde : « Assez » (daï). Voir aussi Shaar HaYichoudim, chapitre huit, cinquième yi’houd, à propos de la lumière, de l’eau et du firmament qui se prolongent par le Nom Chadaï.
Le Nom Chadaï est expliqué comme « Celui qui dit à Son monde : “Assez (daï)” », limitant l’expansion de la lumière. Le Shaar HaYichoudim de l’Arizal décrit la lumière, l’eau et le firmament qui se prolongent par ce Nom.
ויובן עפמ״ש בענין זה ע״פ הללו43 אל בקדשו הללוהו ברקיע44 עוזו ועמ״ש בד״ה קא מיפלגי במתיבתא דרקיע4546 כו׳ שהוא ג״ע העליון שנק׳ רקיע ושיומשך להם מבחי׳ אורו ית׳ הוא ע״י כמה צמצומים כו׳ כנ״ל)
Cela se comprendra à la lumière de ce qui est écrit à ce sujet à propos de « Louez El dans Son sanctuaire, louez-Le dans le firmament de Sa puissance » ; voir aussi le discours commençant par « Ils débattaient à l’Académie céleste » etc. : le Jardin d’Éden supérieur est appelé « firmament », et ce qui leur parvient de Sa lumière, béni soit-Il, se prolonge par de nombreux tsimtsoumim etc., comme indiqué plus haut.)
Le Jardin d’Éden supérieur est appelé un « firmament » (rakia), un écran qui filtre la lumière. Ce qui parvient aux âmes là-bas passe par de nombreux tsimtsoumim.
וזהו ובטובו מחדש בכל יום תמיד מעשה בראשית פי׳ ובטובו מה שראה כי טוב לגנוז47 האור מזה נתהווה בחי׳ חידוש מעשה בראשית להיות מאין ליש בבחי׳ גילוי התענוג וההשגה
Tel est le sens de « Dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la création » : « Dans Sa bonté » signifie que, parce qu’Il vit qu’il était bon de cacher la lumière, l’œuvre de la création fut renouvelée, pour passer du néant à l’existence sous forme de révélation du plaisir et de la compréhension,
La prière du matin dit que D.ieu renouvelle chaque jour la création « dans Sa bonté ». L’Alter Rebbe comprend cette « bonté » comme la dissimulation de la lumière qui « était bonne » ; celle-ci permet la création nouvelle d’une révélation du plaisir et de la compréhension, quelque chose issu du néant.
(וכמ״ש להנחיל אוהבי יש48 דקאי על הג״ע שנק׳ יש מאין ועיין מענין כי טוב לגנוז ר״פ פקודי דף ר״כ ע״ב4950 ור״פ אמור דפ״ח ע״א51 וברבות בראשי׳ פ׳ ג׳ בא ס״פ י״ח ועמ״ש מענין ובטובו מחדש כו׳
(comme il est écrit : « Faire hériter à ceux qui M’aiment le yech », qui désigne le Jardin d’Éden, appelé « quelque chose issu du néant » (yech me’ayin). Voir sur « il était bon de cacher » le début de Pekudei, 220b, le début d’Emor, 88a, Bereshis Rabbah, Parsha 3, fin de la section 18 ; voir aussi ce qui est écrit sur « Dans Sa bonté, Il renouvelle » etc.,
Le verset « Faire hériter à ceux qui M’aiment le yech » est rapporté au Jardin d’Éden, appelé « quelque chose » (yech) parce qu’il provient du néant. Des sources du Zohar et du Midrash sur la lumière cachée sont citées.
par le niveau du youd, qui est le tsimtsoum etc., dans le discours commençant par « Et j’ai imploré » et celui commençant par « Je chanterai » etc., « car Il s’est hautement élevé »).
Ce renouvellement s’effectue par le youd, qui symbolise le tsimtsoum, le petit point dans lequel la lumière se contracte. Cela répond à la question initiale concernant le youd par lequel le Monde futur fut créé.
Ce paragraphe applique l’analogie des lettres à D.ieu : le plaisir du Jardin d’Éden provient des lettres divines, tandis que la Lumière infinie elle-même, au-delà de toute compréhension, est le véritable « feu blanc » ; par rapport à elle, tout niveau révélé, même Kéter, est « feu noir ». La lumière fut cachée par le youd du tsimtsoum afin que le plaisir limité des âmes puisse exister.
L’inversion entre lumière et ténèbres selon le point de vue est parallèle à celle du yech et de l’ayin, discutée ailleurs dans Likkutei Torah. L’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek, cité dans les notes, identifie les « ténèbres » où la lumière fut cachée à Kéter, que le Zohar appelle noir par rapport à la Cause des causes.
Maré mekomot
- 1בד״ה ועתה יגדל נא · לעיל שלח לט, ב.
- 2בד״ה את שבתותי תשמרו · לעיל בהר מא, ג ואילך.
- 3בראתיו יצרתיו אף עשיתיו · Isaiah 43:7
- 4בד״ה מי מנה · לעיל בלק סח, ג ואילך.
- 5מאד עמקו מחשבותיך · Psalms 92:6
- 6בד״ה כי כאשר השמים החדשים · תו״א ב, ד.
- 7
- 8ויניחהו בג״ע לעבדה ולשמרה · Genesis 2:15
- 9ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
- 10ע״פ לך לך · תו״א פ׳ לך לך.
- 11לך לך · Genesis 12:1
- 12כמ״ש בת״ז לבושין תקינת לון · בהקדמה (פתח אליהו).
- 13
- 14כי לית מחשבה . . ואנת חכים · ת״ז בקדמה (פתח אלי׳).
- 15הוא היודע והוא המדע · רמב״ם הל׳ יסוה״ת פ״ב, ה״י. ראה תניא פרק ב.
- 16הוא היודע והוא המדע · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 2:10
- 17בד״ה ראשי המטות · לעיל מטות פא, ב. וראה אוה״ת ויקרא כרך א ע׳ ריז.
- 18ובד״ה ויקרא אל משה · Leviticus 1:1
- 19הנסתרות לה׳ אלקינו · Deuteronomy 29:28
- 20בד״ה באתי לגני · לקמן לא, ד ואילך.
- 21עומדים ממעל לו · Isaiah 6:2
- 22כשאומר יוצר אור ימשמש בתש״י · ע׳ פע״ח ריש ש׳ הק״ש. וע׳ לעיל ד״ה שבת שבתון (יו״כ) ספ״א [סט, א]. וכל׳ אדמו״ר כאן הובא במשנת חסידים מס׳ תפלת הבריאה פ״א מ״ז-ח. יעו״ש ועל״ק ד״ה ששים המה מלכות הב׳ [הנה ענין מדלג] (ספ״ב) מב, ד. ושם סוף בי׳ שימני כחותם (מז, א). [כ].
- 23שו״ה יותר — להיפך כי מה · ראה בהערת כ״ק אדמו״ר מהורש״ב נ״ע שנדפסו לעיל (בתחלת ההוספות).
- 24כמ״ש בזהר דכתר עליון · ת״ז ת״ע.
- 25כולא קמי׳ כלא חשיב · Zohar I, 11b
- 26בד״ה בשעה שהקדימו · Numbers 12:4
- 27ובד״ה ביום השמיני עצרת · לעיל שמע״צ פג, א. ראה אוה״ת דברים כרך ה פ׳ עקב ע׳ ב׳כה.
- 28בביאור ע״פ מי מנה · לעיל בלק סט, א.
- 29שרגא בטהרא למאי אהני · Chullin 60b:3
- 30כל הנביאים בטלים לעתיד · ירושלמי מגילה פ״א, ה״ה. [ע״ש ר׳ יוחנן. ועשו״ת הרדב״ז ח״ב (סי׳ תרסו). — כ].
- 31כל הנביאים בטלים לעתיד · Jerusalem Talmud Megillah 1:7–8
- 32ומבואר במ״א . . שאור הנבואה · ראה תו״א צ, ד.
- 33יוצר אור . . ימשמש בתש״י . . כמ״ש במ״א · סידור שער התפילין ד״ה שימני כחותם. ולקמן מה, ג.
- 34בד״ה אתם נצבים · לעיל נצבים מד, ג.
- 35כי הוי׳ אלקיך אש אוכל הוא · Deuteronomy 4:24
- 36ד׳ יסודות . . שהם נגד ד׳ עולמות אבי״ע · ראה גם אוה״ת יתרו ע׳ תתכו. ד״ה זה היום תר״ס. ובד״ה והר סיני תרס״ב. אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תרלט.
- 37
- 38וירא אלקים את האור כי טוב לגנוז · Chagigah 12a:10–11
- 39ונגנז בבחי׳ חשך ישת חשך סתרו · ראה אוה״ת בראשית כרך ג דף תצד, ב. באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ ריז מציין לכאן שזהו כתר. וראה באוה״ת שה״ש כרך א ע׳ צז ”ואפי׳ בחי׳ כתר עליון אוכמא הוא בחי׳ חשך שבו נגנז האור”.
- 40יושב בסתר עליון · Psalms 91:1
- 41ע״פ וידבר . . וארא · בתו״א.
- 42וארא אל אברהם כו׳ באל שדי · Exodus 6:3
- 43ע״פ הללו א-ל בקדשו · בסידור עם דא״ח פסוד״ז ע, א. ראה אוה״ת בהעלותך א׳תקצח. ביאוה״ז להצ״צ ע׳ תכב. אוה״ת נח סד, א.
- 44
- 45בד״ה קא מיפלגי במתיבתא דרקיע · לעיל תזריע כב, ד ובמ״מ לשם.
- 46קא מיפלגי במתיבתא דרקיע · Bava Metzia 86a:6–7
- 47ובטובו מה שראה כי טוב לגנוז · ראה לקו״ש ח״י ע׳ 11.
- 48להנחיל אוהבי יש · Proverbs 8:21
- 49ר״פ פקודי דף ר״כ ע״ב · נזכר לעיל ואתחנן ג, א. ברכה צד, ד. וראה אוה״ת בראשית כרך ג תצה, א. ויקרא כרך ב ע׳ תרעט. ואתחנן ע׳ שנח.
- 50ר״פ פקודי דף ר״כ ע״ב · Zohar, Pekudei 2:3–4:12
- 51ור״פ אמור דפ״ח ע״א · Zohar, Emor 1:1–2:6
- 52בד״ה ואתחנן · לעיל ואתחנן ב, א.
- 53ובד״ה אשירה · תו״א סג, ב. ראה באוה״ת פ׳ ואתחנן סוף ע׳ שנח ואילך הביאור.
- 54אבל באוא״ס . . ביצירה · וכ״ה לעיל פ׳ צו טו, ד. מובא באוה״ת בראשית כרך ב דף שט, ב. ובכרך ג דף תצב, ב.
- 55
- 56
5קיצור וכמ״כ למעלה שגילוי האיר בג״ע הוא רק מבחי׳ אותיות ביו״ד נברא העוה״ב שהם לבושי׳.
Résumé : De même, en haut, la révélation de la lumière dans le Jardin d’Éden ne provient que du niveau des lettres : « Le Monde futur fut créé par le youd » ; ces lettres sont des vêtements.
Ce résumé rappelle que la révélation dans le Jardin d’Éden provient uniquement des lettres divines, le youd par lequel le Monde futur fut créé. Ces lettres sont des vêtements de la Lumière infinie, et non son essence.
אבל בעצמותו ית׳ לית מחשבה תפיסא ביה כלל. וע״ז נאמר ישת חשך סתרו וזהו ממטה למעלה נק׳ מה שאין בו השגה בשם חשך.
Mais, quant à Son essence, béni soit-Il, « aucune pensée ne peut Le saisir ». À ce sujet, il est dit : « Il a fait des ténèbres Son refuge. » En remontant du bas vers le haut, ce qui ne peut être compris est appelé ténèbres.
L’essence de D.ieu dépasse toute compréhension ; du point de vue des créatures, elle est donc appelée « ténèbres », comme dans le verset « Il a fait des ténèbres Son refuge ».
Mais, en descendant du haut vers le bas, c’est l’inverse. Tel est le sens de « il était bon » de cacher [la lumière] sous forme de ténèbres, afin qu’une révélation existe dans le Jardin d’Éden ; c’est là le sens de « Dans Sa bonté, Il renouvelle ».
Du point de vue de D.ieu, c’est l’inverse : l’essence est lumière et les niveaux révélés sont ténèbres. La lumière fut cachée sous forme de « ténèbres » afin qu’une révélation limitée puisse exister dans le Jardin d’Éden ; tel est le sens de « Dans Sa bonté, Il renouvelle ».
Résumé de la deuxième section : le plaisir du Jardin d’Éden provient des lettres divines, tandis que l’essence qui dépasse toute compréhension fut cachée afin qu’une révélation limitée puisse exister.
Maré mekomot
- 1כי טוב לגנוז · Chagigah 12a:10–11
- 2
Gravure, encre et parchemin ¶6–7
6ג והנה צמצום זה של ענין כי טוב לגנוז האור במקום החושך הוא כמו במשל בחינות אותיות שבנפש עצמה כדי להיות גילוי אותיות ממש במחשבה ודיבור
3. Or, ce tsimtsoum, par lequel il était bon de cacher la lumière dans le lieu des ténèbres, est comparable, dans l’analogie, au niveau des lettres présentes dans l’âme elle-même, afin que de véritables lettres puissent se révéler dans la pensée et la parole,
La dissimulation de la lumière (« il était bon de la cacher ») est maintenant expliquée au moyen de l’analogie de l’âme. Les lettres latentes en elle constituent elles-mêmes une contraction, qui permet aux lettres véritables d’apparaître dans la pensée et la parole.
(ר״ל דכבר נתבא׳ שאף שצורת כ״ב אותיות הוא קבוע במהות הנפש1 עצמה מ״מ לא שהאותיות הם מהות הנפש ועצמותה שעצמות הנפש היא למעלה גם ממהות שכל ומדות המאירים ממנה בגוף
(c’est-à-dire : il a déjà été expliqué que, bien que la forme des vingt-deux lettres soit fixée dans l’être même de l’âme, les lettres ne sont pourtant pas l’être et l’essence de l’âme ; car l’essence de l’âme dépasse même la nature de l’intellect et des attributs émotionnels qui émanent d’elle dans le corps,
Les vingt-deux lettres sont fixées dans l’âme, mais elles n’en sont pas l’essence. L’essence de l’âme transcende même son intellect et ses émotions.
כי אם שנעלית מהם בעילוי רב אלא שהארה וכח ממנה כשנמשך ומתלבש במוח נעשה מקור2 השכל שבמוח. ובעוד הכח ההוא כלול בעצם הנפש הוא למעלה מבחי׳ ומהות מקור השכל שבמוח.
dont elle est très largement supérieure. Seul un rayonnement, une puissance qui en émane, lorsqu’il descend et se revêt dans le cerveau, devient la source de l’intellect dans le cerveau. Tant que cette puissance est incluse dans l’essence de l’âme, elle dépasse le niveau et la nature de la source de l’intellect dans le cerveau.
Seul un rayonnement de l’âme, qui descend dans le cerveau, devient la source de l’intellect en lui. Tant qu’elle reste incluse dans l’essence de l’âme, cette puissance est supérieure à l’intellect qu’elle produira ensuite.
ועד״ז גם האותיות הכלולים בנפש הוא ענין כחות שבירידת׳ להתגלות במחשבה ודיבור יצטיירו מהם בחי׳ אותיות. ועכ״ז כוחות אלו עם שהם למעלה עדיין מבחינת אותיות המחשבה והדבור ממש עכ״ז הוא בחי׳ ירידה וצמצום לגבי מהות הנפש ועצמותה ממש.
De même, les lettres incluses dans l’âme sont des puissances à partir desquelles, en descendant pour se révéler dans la pensée et la parole, prennent forme les lettres. Pourtant, bien que ces puissances soient encore supérieures aux lettres mêmes de la pensée et de la parole, elles représentent déjà une descente et une contraction par rapport à l’être et à l’essence mêmes de l’âme.
Les puissances des lettres dans l’âme sont supérieures aux lettres prononcées ou pensées, mais elles constituent déjà un éloignement de l’essence de l’âme. Même les lettres latentes forment donc une première contraction.
וצמצום זה הוא בשביל להיות מזה אח״כ גילוי אותיות המשחבה ודבור שהן בחי׳ אותיות חומריים ממש והוא עוד צמצום גמור ממש.
Cette contraction a pour but de faire ensuite apparaître les lettres de la pensée et de la parole, qui sont véritablement des lettres matérielles ; cela constitue une contraction complète et réelle supplémentaire.
Cette première contraction permet aux lettres de la pensée et de la parole d’apparaître ensuite. Elles sont « matérielles » en ce sens qu’elles sont pleinement définies, et impliquent une contraction bien plus grande.
וראשית צמצום זה הוא מה שמתהוים בחי׳ צורת האותיות בלי חומר בהנפש עצמה וכל בחי׳ צמצומים אלו הוא משל לענין כי טוב לגנוז.
Le commencement de cette contraction est la formation, au sein de l’âme même, de la forme des lettres sans matière. Tous ces degrés de contraction sont une analogie de « il était bon de cacher ».
La première étape est la formation de la forme des lettres dans l’âme, sans aucune « matière ». Toute cette chaîne de contractions sert de modèle à la dissimulation de la lumière par D.ieu.
פי׳ דאיתא בריש הורמנותא דמלכא גליף גליפו בטהירו עילאה3 והוא ענין הצמצום להיות התהוות אותיות החקיקה עד״מ. והענין כמ״ש ע״פזאת חקת התורה4 שהחקיקה הוא גבוה יותר מאותיות הכתב שהרי הוא מיניה וביה.
C’est-à-dire qu’il est dit au début : « Au commencement de l’intention du Roi, Il grava des gravures dans la lumière suprême. » Il s’agit du tsimtsoum qui donne naissance, pour ainsi dire, aux lettres gravées. Comme il est expliqué à propos de « Ceci est le statut (’houkat) de la Torah », la gravure est supérieure aux lettres écrites, car elle est issue de la chose même et en fait partie.
Au début du Zohar, il est question du Roi qui « grava des gravures » dans la lumière suprême : c’est la première contraction. Les lettres gravées sont supérieures aux lettres écrites, car elles sont taillées dans la pierre elle-même au lieu d’y être ajoutées.
וזהו ענין חרות על הלוחות כו׳ משא״כ אותיות הכתב הדיוט הוא דבר בפ״ע וגם משחיר הקלף לגמרי אך
Tel est le sens de « gravé (’harout) sur les Tables » etc. Les lettres d’encre, en revanche, sont une chose distincte et noircissent entièrement le parchemin. Mais
Les Tables étaient « gravées » (’harout), leurs lettres étant faites dans la pierre elle-même. Les lettres d’encre, en revanche, sont une substance distincte qui noircit entièrement le parchemin.
הנה האותיות החקוקים אף שהם מיניה וביה עכ״ז הם ג״כ משחירים קצת האבן הטוב הבהיר שכשעושין בו חקיקה נחשך קצת בהירותו שהיה קודם החקיקה שבמקום החקיקה אינו בהיר כל כך.
les lettres gravées, bien qu’elles soient de la chose même et en elle, assombrissent elles aussi quelque peu la pierre précieuse brillante : lorsqu’on y grave, sa clarté d’avant la gravure s’obscurcit un peu, car l’endroit gravé est moins brillant.
Même une gravure atténue légèrement l’éclat d’une pierre précieuse : la partie creusée brille moins que le reste. La gravure constitue donc une forme subtile d’assombrissement.
והנמשל מובן שזהו ענין ישת חשך סתרו בחי׳ כתר עליון שנמשך ממל׳ דא״ס בחי׳ אותיות שעם היותו עדיין בחי׳ א״ס.
L’application est claire : tel est le sens de « Il a fait des ténèbres Son refuge » : le niveau de Kéter suprême, qui émane de Mal’hout de l’Infini, le niveau des lettres ; bien qu’il relève encore du niveau de l’Infini,
Dans l’application, la gravure correspond à Kéter, la Séfira la plus élevée, qui émane de Mal’hout de l’Infini et constitue les « ténèbres » de « Il a fait des ténèbres Son refuge ». Elle appartient encore au niveau de l’Infini.
וכמו אותיות החקיקה מיניה וביה ולמעלה מבחי׳ חו״ב שנק׳ עשיה ממש לגבי א״ס כמו דיו ע״ג הקלף כו׳ עכ״ז גם הכתר נק׳ חושך ואש שחורה לגבי א״ס ב״ה שלמעלה מעלה מהכתר ונק׳ אש לבנה
et soit comme les lettres gravées, issues de la chose même et en elle, et supérieure à 'Hokhma et Bina, qui sont appelées véritablement « action » par rapport à l’Infini, comme de l’encre sur du parchemin etc., Kéter aussi est appelé ténèbres et feu noir par rapport à l’Infini, béni soit-Il, qui est infiniment supérieur à Kéter et appelé feu blanc.
Kéter est comme les lettres gravées, une seule chose avec sa source, et supérieur à 'Hokhma et Bina, qui sont comme de l’encre sur du parchemin en comparaison. Pourtant, par rapport à l’Infini, le feu blanc, Kéter est ténèbres et feu noir.
והרי צמצום זה כדי להיות התהוות אח״כ בחי׳ חו״ב וג״ע שהוא כמשל אותיות שנכתבים בדיו כו׳ בחי׳ שחור ממש וזהו ג״כ עד״מ ענין התהוות אותיות הנפש שהם
Ce tsimtsoum vise à faire apparaître ensuite 'Hokhma, Bina et le Jardin d’Éden, comparables à des lettres écrites à l’encre etc., d’un noir véritable. Cela aussi correspond, par analogie, à l’apparition des lettres de l’âme, qui sont
Cette contraction rend possibles 'Hokhma, Bina et le Jardin d’Éden, comparables aux lettres écrites à l’encre, d’un noir véritable. Dans l’âme, l’étape correspondante est la formation des lettres latentes.
כמו אותיות החקוקים מיניה וביה כדי שיתהוו אח״כ אותיות ממש במחשבה ודבור חומריים ממש אש שחורה ממש. והנה אף שלגבי הא״ס נק׳ אותיות שבחקיקה ג״כ בחי׳ חשך כנ״ל עכ״ז לגבי האותיות שבכתב
comme des lettres gravées, issues de la chose même et en elle, afin que puissent ensuite apparaître les lettres véritables de la pensée et de la parole, matérielles, un véritable feu noir. Or, bien que, par rapport à l’Infini, les lettres gravées soient elles aussi appelées ténèbres, comme indiqué plus haut, néanmoins, par rapport aux lettres écrites,
Les lettres latentes de l’âme sont comme des gravures, d’où émergent ensuite les lettres véritables de la pensée et de la parole, le véritable « feu noir ». Les lettres gravées sont ténèbres par rapport à l’Infini, mais lumière par rapport aux lettres écrites.
דהיינו בחי׳ חו״ב מקורי הג״ע ונהר יוצא מעדן נק׳ הכתר אש לבנה ממש שהרי הוא רק מיניה וביה עד״מ ולכן נק׳ הז״א דאצילות לגב י הכתר אש שחורה ע״ג אש לבנה)
c’est-à-dire au niveau de 'Hokhma et Bina, sources du Jardin d’Éden, [comme dans le verset] « Un fleuve sort d’Éden », Kéter est véritablement appelé feu blanc, puisqu’il est seulement issu de la chose même et en elle, à titre d’analogie. C’est pourquoi Zeir Anpin d’Atsilout est appelé feu noir sur feu blanc par rapport à Kéter)
Par rapport à 'Hokhma et Bina, sources du Jardin d’Éden (« Un fleuve sort d’Éden »), Kéter est feu blanc. Zeir Anpin est donc feu noir sur le feu blanc de Kéter.
(כמ״ש בפ׳ נשא קל״ב5 א׳) ועד״ז גם הז״א נקרא לגבי המלכות דאצילות נהורא חיוורא והיא נק׳ אצלו נהורא אוכמא
(comme il est écrit dans Parshas Nasso, 132a). De même, Zeir Anpin, par rapport à Mal’hout d’Atsilout, est appelé « lumière blanche », tandis que celle-ci est appelée, par rapport à lui, « lumière noire »
Cela correspond au Zohar de Nasso cité au début. Le même rapport se répète à un niveau inférieur : Zeir Anpin est « lumière blanche » par rapport à Mal’hout, qui est « lumière noire ».
(comme il est écrit dans Parshas Bereshis, 51a, dans Parshas Lech Lecha, 83b, et dans Parshas Shoftim, 275a).
Des passages du Zohar dans Bereshis, Lech Lecha et Shoftim sont cités à propos de la lumière blanche et de la lumière noire.
כי מלכות שהיא מקור לבי״ע נקראת מדת לילה וחושך שמוסתר ומלובש בה אור א״ס בבחי׳ הסתר והעלם מלכותך מלכות כל עולמים9 מלשון העלם.
Car Mal’hout, source de Béria, Yetsira et Assiya, est appelée l’attribut de la nuit et des ténèbres : la Lumière infinie s’y trouve cachée et revêtue sous une forme dissimulée et occulte : « Ton règne (mal’houte’ha) est un règne sur tous les mondes (olamim) », le mot olamim étant lié au terme he’elem, dissimulation.
Mal’hout, source des mondes inférieurs, est appelée nuit et ténèbres parce que la Lumière infinie s’y trouve cachée. L’Alter Rebbe rapproche dans le verset olamim (« mondes ») de he’elem (« dissimulation »).
משא״כ בחי׳ ז״א שהוא אצילות יחודא עילאה נק׳ יום ואור. וכמ״ש בד״ה רני ושמחי10 גבי רננא ברמשא ושמחה בצפרא ועמ״ש סד״ה וידעת היום11
En revanche, le niveau de Zeir Anpin, qui est Atsilout et l’unité supérieure, est appelé jour et lumière. Comme il est écrit dans le discours commençant par « Chante et réjouis-toi », à propos de « chant joyeux le soir et joie le matin » ; voir également la fin du discours commençant par « Tu sauras aujourd’hui ».
Zeir Anpin, qui est Atsilout et l’unité supérieure où le divin n’est pas dissimulé, est appelé jour et lumière. Des renvois à des discours sur le chant nocturne et la joie matinale sont donnés.
וזהו ביו״ד נברא העוה״ב וכמשל הדיו שע״ג הקלף שהקלף החלק רומז לבחי׳ אש לבנה אור א״ס ב״ה בעצמו כביכול דלית מחשבה תפיסא ביה (ועמ״ש ע״פ שימני כחותם)12
Tel est le sens de « Le Monde futur fut créé par le youd », comme dans l’analogie de l’encre sur le parchemin : le parchemin lisse évoque le feu blanc, la Lumière infinie, béni soit-Il, dans Son être même, pour ainsi dire, que « nulle pensée ne peut saisir » (voir ce qui est écrit à propos de « Place-moi comme un sceau »),
Le youd du Monde futur est comme de l’encre sur du parchemin. Le parchemin blanc et lisse représente le feu blanc, la Lumière infinie en elle-même, qu’aucune pensée ne peut saisir.
אלא ע״י היוד בחי׳ נקודה שחורה שמשחיר הקלף כדי להיות בחי׳ גילוי והשגה בתמונת אות היוד.
mais seulement par le youd, le point noir qui noircit le parchemin, afin qu’il y ait révélation et compréhension sous la forme de la lettre youd.
Ce n’est que par le youd, petit point noir sur le parchemin, qu’une révélation et une compréhension deviennent possibles. Le youd est la contraction minimale qui rend l’Infini accessible.
והנה כמו במשל הנ״ל כאשר בא לידי גילוי אותיות המחשבה אף שאינן רק לבושים להשכל מ״מ אינן דבר נפרד לגמרי להיות דבר בפ״ע שהרי מה שמחשב ומהרהר באותיות אלו הוא בחי׳ השכל עצמו.
Or, comme dans l’analogie ci-dessus, lorsque les lettres de la pensée se révèlent, bien qu’elles ne soient que des vêtements de l’intellect, elles n’en sont pas pour autant entièrement séparées, comme si elles existaient indépendamment ; car ce qu’il pense et médite à travers ces lettres est l’intellect lui-même.
Dans l’analogie humaine, les lettres de la pensée sont des vêtements, mais elles ne sont pas séparées de l’intellect : ce que l’on pense en elles, c’est l’idée elle-même. Le vêtement porte l’intellect en lui.
וכן עד״מ בחי׳ היו״ד שעל הקלף שהדיו משחיר את הקלף להתגלות תמונת יו״ד הנה הדיו בעצמו אינו דבר ממשי להיות נחשב לדבר בפ״ע אלא שמשחי׳ את הקלף כדי שהקלף יגלה תמונה של היו״ד
De même, à titre d’analogie, pour le youd sur le parchemin : l’encre noircit le parchemin afin que se révèle la forme d’un youd, mais l’encre elle-même n’est pas une substance réelle qu’on puisse considérer comme une chose indépendante ; elle ne fait que noircir le parchemin, afin que celui-ci révèle la forme du youd,
De même, l’encre n’est pas vraiment une chose indépendante dans la formation du youd. Elle ne fait qu’assombrir le parchemin afin que celui-ci en montre la forme.
(היינו שעם היות תמונת היו״ד הוא רק מהדיו הרי בלתי הקלף הנושאו וסובלו לא היה ממנו שום תמונה כלל. ולכן ארז״ל כל אות שאין גויל מוקף לה מארבע רוחותיה פסולה13 א״כ הדיו אינו
(c’est-à-dire que, bien que la forme du youd provienne uniquement de l’encre, sans le parchemin qui la porte et la soutient, elle ne formerait aucune figure. C’est pourquoi nos Sages ont dit : « Toute lettre qui n’est pas entourée de parchemin sur ses quatre côtés est invalide. » Ainsi, l’encre ne fait que
Sans le parchemin qui l’entoure, l’encre ne formerait aucune figure. C’est pourquoi la halakha invalide une lettre qui n’est pas entourée de parchemin vierge sur ses quatre côtés.
אלא שמשחיר כו׳ כדי שהקלף יגלה כו׳ ור״ל בנמשל כי הקלף עצמו שהוא א״ס ב״ה מגלה את היו״ד שהוא חכמה עילאה כי אנת חכים14 אנת ממש שאור א״ס ב״ה נמשך ומאיר בחכמה עילאה.
noircir etc., afin que le parchemin révèle etc. Dans l’application, cela signifie que le parchemin lui-même, qui est l’Infini, béni soit-Il, révèle le youd, c’est-à-dire la 'Hokhma suprême ; car « Tu es sage » signifie : Toi-même, et la Lumière infinie, béni soit-Il, se prolonge et brille dans la 'Hokhma suprême.
Dans l’application, le parchemin est l’Infini lui-même, qui révèle le youd, la 'Hokhma suprême. « Tu es sage » signifie que D.ieu Lui-même est présent et brille dans la 'Hokhma.
ועמ״ש וירא ישראל15 את היד הגדולה בפי׳ ויקרא הוי׳ הוי׳ ומ״ש מזה ג״כ סד״ה שובה ישראל)16 כך הנה בנמשל ע״י הצמצומים הרבים מתגלה אור א״ס ב״ה בעצמו ובכבודו בגילוי למטה.
Voir ce qui est écrit à propos de « Israël vit la grande main », dans l’explication de « Il proclama : Havaya, Havaya », et ce qui est également écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Reviens, Israël ».) Ainsi, dans l’application, les nombreux tsimtsoumim permettent à la Lumière infinie, béni soit-Il, dans Son être et Sa gloire mêmes, de se révéler en bas.
Deux autres discours sont cités. La conclusion s’ensuit : par les nombreux tsimtsoumim, la Lumière infinie elle-même se révèle en bas.
וזהו ביוד נברא העוה״ב תענוג הנשמות באור א״ס ב״ה ממש (ועיין בפ׳ בלק) (קצ״א א׳) ועמ״ש בד״ה שרי אשתך.17
Tel est le sens de « Le Monde futur fut créé par le youd » : le plaisir des âmes dans la Lumière infinie, béni soit-Il, elle-même. (Voir Parshas Balak, 191a.) Voir également le discours commençant par « Saraï, ta femme ».
Le plaisir des âmes dans le Monde futur, créé par le youd, est donc un plaisir dans la Lumière infinie elle-même, et non seulement dans un vêtement. Des renvois au Zohar de Balak et à un discours de Torah Ohr sont indiqués.
וענין שהיו״ד בחי׳ נקודה ואות קטן מכל האותיות עמ״ש בביאור ע״פ מים רבים18 גבי וזהו אחות לנו קטנה19 ועזח״ב תרומה (קס״ה ב׳) בגין דאית כו׳
Concernant le youd, qui est un point et la plus petite des lettres, voir ce qui est écrit dans l’explication de « De grandes eaux », à propos de « Et voici, nous avons une petite sœur » ; voir aussi le Zohar, partie II, Terouma, 165b : « Bien que… » etc.,
Le youd est un simple point, la plus petite lettre. L’Alter Rebbe renvoie au discours « De grandes eaux », à propos de « Nous avons une petite sœur », et au Zohar de Terouma.
אע״ג כו׳ והוא ענן מיעוט הכלי ורבוי האור ע״ד צדיקים אומרים מעט ועושים הרבה20 (ועיין בגמרא פ״ג דמנחות דכ״ט סע״ב):21222324
« bien que… » etc. Il s’agit du petit réceptacle et de la grande abondance de lumière, comme dans l’expression : « Les justes disent peu et font beaucoup » (voir la Guemara, chapitre 3 de Menachot, 29b, fin).
Un petit réceptacle contient une grande lumière, comme les justes qui « disent peu et font beaucoup ». La petitesse du youd lui permet de porter le plaisir infini du Monde futur.
Ce paragraphe explique la dissimulation de la lumière par l’analogie des lettres gravées et écrites : Kéter est comme une gravure, une seule chose avec la pierre mais qui l’assombrit légèrement ; 'Hokhma et les niveaux qui suivent sont comme de l’encre sur du parchemin. Par le youd, minuscule point sur le parchemin blanc, la Lumière infinie elle-même se révèle ; c’est pourquoi le Monde futur fut créé par le youd.
La gradation relative du feu blanc et du feu noir — Atika au-dessus de Zeir Anpin, puis Zeir Anpin au-dessus de Mal’hout — suit les passages du Zohar cités. L’exigence halakhique que chaque lettre soit entourée de parchemin devient une affirmation kabbalistique : toute sagesse révélée est portée par la Lumière infinie qui l’entoure.
Maré mekomot
- 1שצורת כ״ב אותיות הוא קבוע במהות הנפש · ראה אגה״ק סי׳ ה ובליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק שם. אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תשכט.
- 2ויקרא הוי׳ הוי׳ · Exodus 34:6
- 3בריש הורמנותא דמלכא גליף גליפו בטהירו עילאה · Zohar, Bereshit 1:1–2:7
- 4זאת חקת התורה · Numbers 19:2
- 5כמ״ש בפ׳ נשא קל״ב א׳ · Zohar, Idra Rabba 11:112–13:123
- 6בפ׳ בראשית בדף נ״א ע״א · Zohar, Bereshit 83:235–86:248
- 7ובפ׳ לך לך דף פ״ג ע״ב · Zohar, Lech Lecha 20:187–21:199
- 8ובפ׳ שופטים ער״ה א׳ · Zohar, Shoftim 3:11–4:20
- 9מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
- 10
- 11וידעת היום · Deuteronomy 4:39
- 12שימני כחותם · Song of Songs 8:6
- 13כל אות שאין גויל מוקף לה מארבע רוחותיה פסולה · Menachot 29a:17–18
- 14אנת חכים · Tikkunei Zohar 17a:9–11
- 15
- 16שובה ישראל · Hosea 14:2
- 17שרי אשתך · Genesis 17:15
- 18מים רבים · Song of Songs 8:7
- 19
- 20צדיקים אומרים מעט ועושים הרבה · Bava Metzia 87a:2–3
- 21
- 22
- 23
- 24
7קיצור. וצמצום זה הוא כמשל בחינת אותיות שבנפש ואח״כ נמשך מזה ההתלבשות באותיות המחשבה. והוא כענין חקיקה וכתיבה וכמו שמ״מ מהו מחשב באותיות המחשבה הלא השכל עצמו
Résumé : Cette contraction est, dans l’analogie, comparable au niveau des lettres dans l’âme, et c’est de là que découle ensuite l’enveloppement dans les lettres de la pensée. Cela ressemble à la gravure et à l’écriture. Et, de même, qu’est-ce qui pense dans les lettres de la pensée ? C’est bien l’intellect lui-même ;
Ce résumé reprend la troisième section : la contraction ressemble aux lettres latentes dans l’âme, qui s’enveloppent ensuite dans les lettres de la pensée, comme la gravure précède l’écriture. Ce qui pense dans les lettres de la pensée, c’est l’intellect lui-même.
וכן הדיו מתאחד עם הקלף הלבן הסובלו. כן בנמשל ע״י אות יו״ד שנברא בו העוה״ב נמשך ומתגלה אור א״ס ב״ה בעצמו:
de même, l’encre s’unit au parchemin blanc qui la porte ; ainsi, dans l’application, par la lettre youd avec laquelle le Monde futur a été créé, la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il, est attirée et révélée.
De même que l’encre ne fait qu’un avec le parchemin qui la porte, ainsi, par le youd, la Lumière infinie elle-même est révélée dans le Monde futur.
Résumé de la troisième section : le youd est comparable à l’encre unie au parchemin blanc, si bien que, par son intermédiaire, la Lumière infinie elle-même est révélée.
Saint et Béni ¶8–14
8וזהו שהשרפים אומרים קדוש מחמת השגתם אור א״ס ב״ה שהוא מובדל ולית מחשבה תפיסא ביה וג׳ פעמים קדוש נגד תלת עלמין בי״ע מלא כל הארץ כבודו שהתלבשות בחי׳ קדוש הוא הכל כו׳
C’est pourquoi les Séraphins disent : « Saint », en raison de leur perception de la Lumière infinie, béni soit-Il, qui est séparée et dont « aucune pensée ne peut saisir » quoi que ce soit. [Ils disent] « Saint » trois fois, en correspondance avec les trois mondes de Béria, Yetsira et Assiya. « Toute la terre est pleine de Sa gloire » : l’enveloppement du niveau de « Saint » se trouve en toute chose, etc.
Dans la vision d’Isaïe, les Séraphins proclament : « Saint, saint, saint », car ils perçoivent que la Lumière infinie est absolument séparée et au-delà de la pensée. Les trois « Saint » correspondent aux trois mondes créés, et « toute la terre est pleine de Sa gloire » signifie que cette sainteté transcendante est enveloppée en toute chose.
(ור״ל כמו שבג״ע העליון מאיר אור א״ס בבחי׳ השגת הנשמות כמ״כ השרפים לפי שהם ג״כ בעולם הבריאה אומרים קדוש כו׳ שמשיגים איך אור א״ס מובדל ואיך שכל ההמשכה רק ע״י צמצום אות יוד.
(Cela signifie que, de même que, dans le Jardin d’Éden supérieur, la Lumière infinie brille sous forme de perception par les âmes, de même les Séraphins, puisqu’ils se trouvent eux aussi dans le Monde de Béria, disent « Saint », etc., car ils perçoivent combien la Lumière infinie est séparée et que tout son influx ne se produit que par la contraction de la lettre youd.
Les Séraphins se trouvent en Béria, le même monde que le Jardin d’Éden supérieur. Comme les âmes qui s’y trouvent, ils perçoivent que la Lumière infinie est séparée et que tout ce qu’ils reçoivent ne leur parvient que par la contraction du youd.
אבל עצמיות אור אין סוף הוא קדוש ומובדל כו׳ ולפי שהם בבריאה שהוא ראשית התהוות היש מאין ע״כ משיגים שהוא ית׳ קדוש כו׳ וענין ג׳ פעמים קדוש עמ״ש בביאור ע״פ ועתה יגדל וע״פ אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו)
Mais l’essence même de la Lumière infinie est sainte et séparée, etc. Puisqu’ils se trouvent en Béria, qui est le commencement de l’apparition de l’être à partir du néant, ils perçoivent donc qu’Il, béni soit-Il, est saint, etc. Au sujet des trois fois « Saint », voir ce qui est écrit dans l’explication de « Et maintenant, que la puissance soit grande » et de « Après Havaya votre D.ieu vous marcherez ».
Béria est la première étape de la création à partir du néant ; les êtres qui s’y trouvent ressentent donc avec une acuité particulière que D.ieu les transcende. Deux discours qui expliquent le triple « Saint » sont cités.
והנה האופנים שהם למטה מהם במדרגה אומרים ברוך כבוד1 ה׳ זו מדת מלכותו ית׳ כי מלכותך מלכות2 כל עולמים שכל עולמים הם רק בחי׳ אותיות כו׳ וברוך ונמשך מבחי׳ סוכ״ע מעלמא דאתכסיא כו׳.3
Or, les Ofanim, qui leur sont inférieurs en degré, disent : « Bénie soit la gloire de Havaya » : il s’agit de l’attribut de Sa Mal’hout, béni soit-Il, car « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes », et tous les mondes ne sont que le niveau des lettres, etc. « Bénie » est également attirée du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), depuis le monde caché, etc.
Les Ofanim, dans le monde inférieur de Yetsira, répondent par les paroles d’Ézéchiel : « Bénie soit la gloire de Havaya. » La « gloire » désigne Mal’hout, la royauté de D.ieu, qui se rapporte aux mondes par les lettres divines ; « Bénie » désigne l’attraction de la lumière transcendante et cachée.
Ce paragraphe applique le thème du maamar aux louanges des anges : le « Saint » des Séraphins exprime leur perception de la transcendance de la Lumière infinie, tandis que le « Bénie soit la gloire » des Ofanim exprime l’attraction de cette lumière dans Mal’hout, le niveau des lettres.
La liturgie de la Kedoucha reflète ainsi le feu blanc et le feu noir : « Saint » se rapporte à la transcendance, tandis que « Bénie » se rapporte à la gloire divine révélée par les lettres.
Maré mekomot
- 1ברוך כבוד ה׳ · Ezekiel 3:12
- 2
- 3
9וביאור הענין כי הנה יש שני בחינות במלאכים יש שהם בחי׳ משפיעים שהם משפיעים כל ההשפעות לעוה״ז ע״י המזלות כו׳ והם בחי׳ האופנים שאומרים ברוך כבוד כו׳
Voici l’explication : il existe deux catégories d’anges. Certains sont des dispensateurs : ils transmettent tous les influx à ce monde par l’intermédiaire des constellations, etc. Ce sont les Ofanim, qui disent : « Bénie soit la gloire », etc.
Il existe deux catégories d’anges. Les dispensateurs, les Ofanim, canalisent tous les influx vers ce monde par l’intermédiaire des constellations célestes et disent : « Bénie soit la gloire. »
ברוך הוא המשכה שיומשך כבוד ה׳ מבחי׳ מקומו שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו1 וזהו ענין ברוך המקום והוא ענין המשכת השפע דלעילא שממשיכים האופנים באמרם ברוך.
« Bénie » (baroukh) désigne une attraction : que la gloire de Havaya soit attirée du niveau de « Son lieu » — Lui qui est le lieu du monde, alors que le monde n’est pas Son lieu. Tel est le sens de « Béni soit le Lieu » (HaMakom), et c’est l’attraction de l’influx d’en haut que les Ofanim attirent en disant « Bénie ».
« Bénie » (baroukh) est compris comme une attraction vers le bas. Le Midrach appelle D.ieu « le Lieu », car Il est le lieu du monde, alors que le monde n’est pas Son lieu ; les Ofanim attirent Sa gloire depuis ce « lieu » transcendant jusque dans le monde.
Ce paragraphe présente les Ofanim comme des dispensateurs dont le « Bénie » attire l’influx divin depuis le « lieu » transcendant de D.ieu jusque dans le monde.
Maré mekomot
- 1שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו · Bereshit Rabbah 68:9
10ויש מלאכים שהם בחינת מקבלים שמקבלים דין מן דין1 ואינם משפיעים כלל למטה רק הם בחינת מקבלים והוא בחי׳ השרפים שאומרים קדוש כו׳ והם נעלים מבחינת המלאכים המשפיעים.
Il existe aussi des anges qui sont des récepteurs, qui « reçoivent les uns des autres » et ne dispensent rien du tout vers le bas : ils ne font que recevoir. Ce sont les Séraphins, qui disent « Saint », etc., et ils sont plus élevés que les anges dispensateurs.
La seconde catégorie d’anges ne fait que recevoir : ils reçoivent les uns des autres, mais ne dispensent rien vers le bas. Ce sont les Séraphins, qui disent « Saint », et ils sont supérieurs aux dispensateurs.
וז״ש אלף אלפין ישמשוניה ורבו רבבן קדמוהי יקומון2 (בדניאל סי׳ ז׳) פי׳ קדמוהי יקומון היינו בחי׳ השרפים המקבלים כו׳
C’est à cela que se rapporte ce qui est écrit : « Des milliers de milliers Le servent, et des myriades de myriades se tiennent devant Lui » (Daniel, chapter 7). « Se tiennent devant Lui » désigne les Séraphins, les récepteurs, etc.,
La vision de Daniel distingue ceux qui « Le servent » de ceux qui « se tiennent devant Lui ». L’Admour Hazaken identifie ceux qui se tiennent devant Lui aux Séraphins, les récepteurs.
שאומרים קדוש ועמ״ש במ״א בענין משריין ורתיכין הנזכר בפ׳ בשלח (דמ״ח ע״ב) ומ״ש בד״ה ואתא מרבבות קדש3 והיינו כמ״ש יוצר אור ובורא חושך.4
qui disent « Saint ». Voir ce qui est écrit ailleurs au sujet des « camps et chars » mentionnés dans Parshas Beshalach (48b), ainsi que ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Il vint des myriades saintes ». C’est en ce sens qu’il est écrit : « Qui forme la lumière et crée les ténèbres. »
Les « camps et chars » du Zohar et le discours « Et Il vint des myriades saintes » sont cités. Cette distinction éclaire également la bénédiction : « Qui forme la lumière et crée les ténèbres. »
פי׳ יצירה הוא בחי׳ אור שמשם נמשך ההשפעה למטה והוא מדרגת האופנים המשפיעים למטה לכל הבהמות וחיות וגם קטן עד י״ג שנם מקבל מבחי׳ האופנים.
Cela signifie que Yetsira est le niveau de la lumière, d’où l’influx est attiré vers le bas ; c’est le degré des Ofanim, qui dispensent vers le bas à tous les animaux et aux bêtes. Même un enfant de moins de treize ans reçoit du niveau des Ofanim.
Yetsira (« formation ») est appelée lumière parce que l’influx s’écoule vers le bas, par les Ofanim, jusqu’aux animaux et aux bêtes. Un enfant de moins de treize ans, qui n’est pas encore tenu aux mitsvot, reçoit lui aussi de ce niveau.
Ce paragraphe oppose les Séraphins récepteurs aux Ofanim dispensateurs et commence à les associer aux mots : « Qui forme la lumière et crée les ténèbres. »
Maré mekomot
- 1מקבלים דין מן דין · Targum Jonathan on Isaiah 6:3
- 2
- 3ואתא מרבבות קדש · Deuteronomy 33:2
- 4יוצר אור ובורא חושך · Isaiah 45:7
11ולכך נקרא אור שהוא בחי׳ אש לבנה לגבי דידן לפי שמאיר ומשפיע למטה. ובורא חושך1 הוא בחינת השרפים שבבריאה שהם בבחי׳ אש שחורה שהוא החושך.
C’est pourquoi on l’appelle lumière : de notre point de vue, elle est le niveau du feu blanc, puisqu’elle brille et dispense vers le bas. « Et crée les ténèbres » désigne le niveau des Séraphins en Béria, qui sont à l’image du feu noir, lequel est ténèbres.
Yetsira est appelée « lumière » et feu blanc de notre point de vue, car elle brille et dispense vers le bas. Béria, le monde des Séraphins, est « ténèbres » et feu noir.
והוא מפני שמסתלקים רק למעלה שאומרים קדוש כו׳ לכך הם בבחינת אש שחורה וחושך ע״ש ההסתלקות כו׳.
C’est parce qu’ils ne s’élèvent que vers le haut, en disant « Saint », etc. ; ils sont donc à l’image du feu noir et des ténèbres, en raison de leur retrait, etc.
Les Séraphins sont appelés ténèbres parce qu’ils ne font que s’élever vers le haut, se retirant vers D.ieu lorsqu’ils disent « Saint », au lieu de briller vers le bas.
Ce paragraphe explique pourquoi, de notre point de vue, les Ofanim dispensateurs sont lumière et feu blanc, tandis que les Séraphins qui se retirent sont ténèbres et feu noir.
Maré mekomot
- 1ובורא חושך · Isaiah 45:7
12וכמ״כ הוא ענין קדוש וברוך כי קדוש הוא מה שמובדל ולית מחשבה תפיסא ביה כלל והוא בחי׳ ישת חשך סתרו כמבואר לעיל אות ב׳. ובחינת ברוך זהו ענין אש לבנה להיות גילוי למטה.
Il en va de même pour « Saint » et « Bénie ». « Saint » désigne ce qui est séparé et dont « aucune pensée ne peut saisir » quoi que ce soit ; c’est le niveau de « Il a fait des ténèbres Sa retraite », comme expliqué plus haut, à la section 2. Le niveau de « Bénie » correspond au feu blanc, c’est-à-dire à la révélation en bas.
« Saint » désigne ce qui est séparé et au-delà de la pensée : les « ténèbres » de la retraite de D.ieu évoquées à la section 2. « Bénie » désigne le feu blanc, c’est-à-dire la révélation en bas.
אך זהו ממטה למעלה אבל מלמעלה למטה הוא בהפך שבחי׳ קדוש נקרא אש לבנה לגבי המשכת בחי׳ ברוך כבוד1 שהוא בחי׳ מלכותך בחינת אותיות כו׳
Mais cela se comprend du bas vers le haut. Du haut vers le bas, c’est l’inverse : le niveau de « Saint » est appelé feu blanc par rapport à l’attraction du niveau de « Bénie soit la gloire », qui est le niveau de « Ta royauté », le niveau des lettres, etc.
C’est là le point de vue d’en bas. Vu d’en haut, c’est l’inverse : « Saint » est le feu blanc, tandis que « Bénie soit la gloire », le niveau de la royauté et des lettres, est le feu noir.
כיקדוש הוא בחי׳ כתר כו׳ יש בו ב׳ בחינות כבוד תתאה היא מדת מלכותו ית׳ וכבוד עילאה חכמה עילאה והכל
Car « Saint » est le niveau de Kéter, etc. Dans la « gloire », il y a deux niveaux : la gloire inférieure, qui est l’attribut de Sa Mal’hout, béni soit-Il, et la gloire supérieure, la 'Hokhma suprême ; et tout cela
« Saint » correspond à Kéter. La « gloire » comporte deux niveaux : la gloire inférieure, Mal’hout, et la gloire supérieure, la 'Hokhma suprême.
נק׳ אש שחורה לגבי כתר עליון כנ״ל מענין דיו ע״ג קלף לבן כו׳ ועמ״ש מענין קדוש וברוך בד״ה אם בהרת23 קדמה כו׳ ובד״ה לבבתני4 אחותי.5
est appelé feu noir par rapport à Kéter suprême, comme dit plus haut à propos de l’encre sur le parchemin blanc, etc. Voir aussi ce qui est écrit au sujet de « Saint » et « Bénie » dans le discours commençant par « Si la tache blanche a précédé », etc., et dans le discours commençant par « Tu as ravi mon cœur, ma sœur ».
Les deux niveaux de gloire sont feu noir par rapport à Kéter, comme l’encre sur le parchemin blanc. Deux autres discours sur « Saint » et « Bénie » sont cités.
נמצא קדוש וברוך שאומרים השרפים והאופנים זהו ענין בחי׳ אש לבנה שעל גבי אש שחורה כנ״ל
Il s’ensuit que le « Saint » et le « Bénie » prononcés par les Séraphins et les Ofanim correspondent au feu blanc posé sur le feu noir, comme dit plus haut.
Ensemble, le « Saint » et le « Bénie » des anges forment le feu blanc posé sur le feu noir.
וזהו שנק׳ כן הקב״ה6 בשני בחינות אלו יחד דקדוש וברוך כי עד״ז הוא המשכת וגילוי אור א״ס ב״ה שהוא קדוש וברוך הוא.789
C’est pourquoi le Saint béni soit-Il est désigné ensemble par ces deux aspects, « Saint » et « Béni » (Kadoch Baroukh Hou) ; car c’est de cette manière que la Lumière infinie, béni soit-Il, est attirée et révélée : Il est saint et béni.
C’est pourquoi D.ieu est appelé Kadoch Baroukh Hou, « le Saint béni soit-Il » : Sa révélation unit toujours la transcendance (« Saint ») et ce qui est révélé (« Béni »).
Ce paragraphe montre que « Saint » et « Bénie » sont le feu blanc et le feu noir, dont les rôles s’inversent selon le point de vue, et que leur réunion explique le titre divin « le Saint béni soit-Il ».
Les deux niveaux de la « gloire », Mal’hout et la 'Hokhma suprême, correspondent aux deux étapes des lettres évoquées plus tôt dans le maamar : la parole et la pensée, le Jardin d’Éden inférieur et le Jardin d’Éden supérieur.
Maré mekomot
- 1ברוך כבוד ה׳ · Ezekiel 3:12
- 2בד״ה אם בהרת · לעיל פ׳ תזריע כב, ג.
- 3אם בהרת · Leviticus 13:2
- 4ובד״ה לבבתני · לקמן כח, ד.
- 5לבבתני אחותי · Song of Songs 4:9
- 6וזהו שנק׳ כן הקב״ה · ראה אוה״ת פנחס ע׳ א׳רי.
- 7הוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו · Bereshit Rabbah 68:10
- 8בד״ה ואתא מרבבות קדש · לעיל ברכה צד, ב.
- 9
13והנה האופנים לפי ששומעים בחינת קדוש שאומרים השרפים לפיכך מתנשאים ברעש גדול וענין הרעש הוא ענין הביטול באור א״ס ב״ה לצאת מנרתקם
Or, parce que les Ofanim entendent le niveau de « Saint » que proclament les Séraphim, ils s’élèvent dans un grand tumulte. Ce tumulte exprime l’annulation de soi dans la Lumière infinie, béni soit-Il, afin de sortir de leur enveloppe.
Lorsque les Ofanim entendent le « Saint » des Séraphim, ils s’élèvent « dans un grand tumulte ». Ce tumulte exprime leur annulation de soi, leur élan pour jaillir hors de leurs limites.
והשגתם כפי מזגם ותכונתם מחמת ששומעים דבר חדש מה שלמעלה מכח השגתם משא״כ השרפים אף שהם ג״כ בטלים ודאי באור א״ס ב״ה ביתר שאת ומעלה
et leur compréhension, conforme à leur tempérament et à leur nature, vient de ce qu’ils entendent quelque chose de nouveau, qui dépasse leur capacité de compréhension. Les Séraphim, en revanche, bien qu’ils soient eux aussi certainement annulés dans la Lumière infinie, béni soit-Il, à un degré et à un niveau supérieurs,
Ils entendent quelque chose de nouveau, qui dépasse leur compréhension, et en sont bouleversés. Les Séraphim sont encore davantage annulés devant D.ieu.
אך הנה שרפים עומדים ממעל לו1 כתיב שאין השגה זו אצלם חידוש כ״כ למעלה מהשגתם לכך לא נאמר אצלם ברעש גדול
pourtant, il est écrit : « Les Séraphim se tiennent au-dessus de lui » ; cette perception n’est pas pour eux une nouveauté si grande, qui dépasserait leur compréhension. C’est pourquoi il n’est pas dit à leur sujet « dans un grand tumulte »,
Les Séraphim « se tiennent au-dessus », et cette perception n’est ni nouvelle ni bouleversante pour eux. Aussi l’Écriture ne les décrit-elle pas comme faisant du bruit.
כמו באופנים (ועמ״ש מזה בד״ה והיה מדי חדש23 שזהו ענין המשל כבן כרך שראה את המלך4 או כבן כפר כו׳ והוא ההפרש שבין חול לשבת כו׳ והנה השרפים לפי שהביטול שלהם הוא בבחינת אתכסיא
comme c’est le cas pour les Ofanim. (Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Et il arrivera, de nouvelle lune en nouvelle lune » : c’est l’idée de la parabole du citadin qui a vu le roi, ou du villageois, etc., et c’est la différence entre les jours de semaine et Chabbat, etc. Or, les Séraphim, puisque leur annulation de soi relève de la dimension cachée
Le Talmud oppose le villageois qui voit le roi et en est bouleversé au citadin, qui est habitué à lui. Le discours cité compare cela à la différence entre les jours de semaine et Chabbat.
ופנימית ע״כ ממשיכים ג״כ בחי׳ קדוש מה שהוא בבחי׳ העלם והאופנים שביטולם בבחי׳ אתגליא ע״כ ממשיכים ג״כ בחינת ברוך בחי׳ אותיות שהוא בחי׳ אתגליא כו׳ ועמ״ש בד״ה וידעת היום56 גבי וכל קרב וכליות יזמרו לשמך:)
et intérieure, font donc également descendre le niveau de « Saint », qui relève du caché. Les Ofanim, dont l’annulation de soi relève de la dimension révélée, font donc également descendre le niveau de « Béni », le niveau des lettres, qui relève du révélé, etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Et tu connaîtras ce jour », au sujet de « toutes les entrailles et les reins chanteront Ton Nom ».
L’annulation de soi intérieure et cachée des Séraphim fait descendre le niveau caché, « Saint ». L’annulation de soi extérieure des Ofanim fait descendre le niveau révélé, « Béni », le niveau des lettres.
Ce paragraphe explique pourquoi les Ofanim servent dans un grand tumulte tandis que les Séraphim restent silencieux, et comment chaque type d’annulation de soi fait descendre le niveau qui lui correspond.
Maré mekomot
- 1שרפים עומדים ממעל לו · Isaiah 6:2
- 2בד״ה והיה מדי חדש · לעיל פ׳ ברכה צז, ב.
- 3והיה מדי חדש · Isaiah 66:23
- 4כבן כרך שראה את המלך או כבן כפר · Chagigah 13b:5
- 5בד״ה וידעת היום · לעיל פ׳ ואתחנן ח, ב.
- 6וידעת היום · Deuteronomy 4:39
L’amour caché et l’amour révélé ¶14–15
14קיצור. וזהו ג״כ ענין שהשרפים אומרים קדוש והאופנים ברוך כי השרפים מבריאה בורא חושך אש שחורה בחי׳ קדמוהי יקומון ע״כ אומרים קדוש מובדל ישת חשך סתרו.
Résumé : C’est aussi l’idée que les Séraphim disent « Saint » et les Ofanim « Béni ». Les Séraphim viennent de Béria : « Il crée les ténèbres », le feu noir, le niveau de « ils se tiennent devant Lui » ; c’est pourquoi ils disent « Saint », séparé : « Il fit des ténèbres Sa cachette ».
Le résumé de la section précédente se poursuit. Les Séraphim, qui viennent de Béria, relèvent des « ténèbres » et du feu noir ; ils disent « Saint » pour exprimer le caractère caché de D.ieu.
והאופנים מיצירה. יוצר אור משפיעים למטה ואומרים ברוך כבוד כו׳ וכ״ז נקרא כן מלמטה למעלה וכנ״ל):ד
Les Ofanim viennent de Yetsira : « Il forme la lumière » ; ils influencent ce qui est en bas et disent : « Béni soit la gloire… », etc. Tout cela est ainsi désigné selon une perspective allant du bas vers le haut, comme indiqué précédemment.
Les Ofanim, qui viennent de Yetsira, relèvent de la « lumière » ; ils transmettent vers le bas et disent « Béni ». Ces désignations correspondent à la perspective du bas vers le haut.
והנה ככל הדברים האלה הוא בעבודת ה׳ בכל אדם בחינת אהבהג לויה ובחי׳ אהבה מסותרת
4. Or, toutes ces notions se retrouvent de la même manière dans le service divin de chaque personne : le niveau de l’amour révélé et celui de l’amour caché.
La section 4 porte maintenant sur le service de D.ieu propre à chaque personne. Comme il existe deux sortes d’anges, chacun possède deux sortes d’amour pour D.ieu : un amour révélé et un amour caché.
(והיינו דוגמת ב׳ בחי׳ הנ״ל דאופנים ושרפים. והאהבה המסותרת נק׳ אש שחורה ע״ד שנתבאר לעיל בענין השרפים שנק׳ אש שחורה אלא שהנשמות הם במחי׳ פנימית יותר)
(C’est-à-dire que cela correspond aux deux niveaux évoqués plus haut, ceux des Ofanim et des Séraphim. L’amour caché est appelé feu noir, comme il a été expliqué plus haut à propos des Séraphim, qui sont appelés feu noir, si ce n’est que les âmes relèvent d’un niveau plus intérieur.)
L’amour révélé correspond aux Ofanim, et l’amour caché aux Séraphim, le feu noir. Toutefois, les âmes se situent à un niveau plus intérieur que les anges.
כי הנה גילוי האהב׳ ע״י ההתבוננ׳ בגדולת א״ס ב״ה שיוליד מבינתו רשפי אש וצמאון כו׳
En effet, la révélation de l’amour par la méditation sur la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui fait naître de sa compréhension des flammes ardentes et une soif, etc.,
L’amour révélé naît de la méditation sur la grandeur de D.ieu, jusqu’à ce que le cœur brûle de « flammes ardentes » et éprouve une soif de Lui. L’Admour Hazaken va maintenant demander d’où vient véritablement un tel amour.
להכלל ולהבטל אליו ית׳ במציאות ובמס״נ אין זה ע״י פעולת ההתבוננות לבדה שמתהווה מכח בינתו מדת האהבה מאין ליש
afin d’être inclus et annulé en Lui, béni soit-Il, dans l’existence même, et de se sacrifier, ne résulte pas du seul acte de méditation, comme si l’attribut de l’amour venait à l’existence, de néant à quelque chose, par la force de sa compréhension.
Le désir est d’être absorbé en D.ieu, jusqu’à être prêt à donner sa vie. La méditation seule ne crée pas cet amour à partir de rien.
אלא ההתבוננות הוא הגורם להיות נמשך מבחינת אהבה המסותרת שישנה בטבע האדם מבחי׳ שלמעלה מן הדעת בבחי׳ חשך והסתר פנים להיות בגילוי הלב ע״י התבוננות ודעת ולהגדיל מדורת אש האהבה כו׳
La méditation est plutôt la cause qui permet de faire surgir le niveau de l’amour caché, présent par nature chez l’homme et provenant d’un niveau supérieur à la connaissance, dans l’obscurité et le retrait de la Face, afin qu’il se révèle dans le cœur grâce à la méditation et à la connaissance, et qu’il agrandisse le brasier de l’amour, etc.
La méditation ne fait que faire surgir l’amour caché qui existe déjà par nature chez chaque Juif et qui a sa racine au-dessus de la connaissance consciente. Elle fait entrer cet amour caché dans le cœur et en avive la flamme.
(ור״ל שזהו כדמות ראיה למציאות אהבה המסותרת כי גילוי האהבה כו׳ אין זה כו׳ אלא כו׳ כנ״ל)
(Cela signifie que c’est une sorte de preuve de l’existence de l’amour caché : la révélation de l’amour, etc., ne vient pas de cela, etc., mais de cela, etc., comme indiqué précédemment.)
Le fait que la méditation puisse faire naître un tel amour constitue en soi une sorte de preuve de l’existence de l’amour caché. Le texte est ici abrégé et renvoie à l’argument qui vient d’être présenté.
והתהוות האהבה מאין ליש היא קבוע בנפש ומהות הנפש עצמה היא שכל ומדות אהבה ויראה כו׳
La formation de l’amour, de néant à quelque chose, est ancrée dans l’âme, et l’essence même de l’âme est intellect et attributs émotionnels, amour et crainte, etc. ;
La capacité de faire naître l’amour est ancrée dans l’âme, dont l’être même se compose d’intellect et d’émotions telles que l’amour et la crainte.
כי חלק אלוה ממעל הוא וכבן שנמשך ממוח האב כו׳ אשר בטבע אינו רוצה להיות נפרד מיחודו ואחדותו ית׳ ויכול למסור נפשו על קדה״ש כו׳
car elle est « une parcelle de D.ieu d’en haut », comme un fils issu du cerveau de son père, etc., qui, par nature, ne veut pas être séparé de Son unité et de Son unicité, béni soit-Il, et peut donner sa vie pour la sanctification du Nom de D.ieu, etc.,
L’âme est « une parcelle de D.ieu d’en haut », comme un enfant issu de l’esprit de son père. Par nature, elle ne veut pas être séparée de D.ieu et peut donner sa vie pour sanctifier Son Nom.
כמ״ש בס׳ של בינוני׳1 (ועמ״ש בד״ה ביום השמיני שלח2 את העם ששרש אהבה זו נלקח מבחי׳ קדם מבחי׳ כי לא מחשבותי מחשבותיכם3 וגו׳ ישת חשך סתרו4 כו׳
comme il est écrit dans le Livre des Intermédiaires. (Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Le huitième jour, il renvoya le peuple » : la racine de cet amour est tirée du niveau de « l’Antérieur » (Kedem), du niveau de « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées », etc., « Il fit des ténèbres Sa cachette », etc.)
Le « Livre des Intermédiaires » est le Tanya, qui explique cet amour caché au chapitre 18. La racine de cet amour est rattachée au niveau de « Mes pensées ne sont pas vos pensées », l’essence cachée de D.ieu.
ועמ״ש בד״ה אם בחקתי5 שבחי׳ זו הוא מצד בעבר הנהר ישבו אבותיכם6 עלו במחשבה היינו מו״ס אותיות החקוקים כו׳ גליף גליפו בטהירו עילאה נשמה שנתת בי טהורה היא7 והוא ענין האותיות שמיניה וביה.
Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Si vous suivez Mes statuts » : ce niveau vient de « Vos pères habitaient au-delà du fleuve », « ils s’élevèrent dans la pensée », c’est-à-dire du cerveau caché (mo'ha setima'a), des lettres gravées, etc. : « Il grava des gravures dans la radiance suprême » ; « L’âme que Tu as mise en moi est pure ». Voilà ce que désignent les lettres qui procèdent de la chose elle-même et sont en elle.
Un autre discours rattache cet amour au « cerveau caché » et aux lettres gravées décrites plus haut. La bénédiction matinale « L’âme que Tu as mise en moi est pure » fait allusion à la racine de l’âme dans cette gravure.
וזהו ענין ששזפתני השמש אש לבנה כדלקמן כי החקיקה היא באש לבנה מיניה וביה רק שהחקיקה היא מקור ושרש לשחרות דאש שחורה שלמעלה למטה כנ״ל)
C’est là le sens de « le soleil m’a brûlée », le feu blanc, comme il sera expliqué plus loin ; car la gravure se trouve dans le feu blanc, qui provient de la chose elle-même et est en elle. Cette gravure est toutefois la source et la racine de la noirceur du feu noir, du haut vers le bas, comme indiqué précédemment.)
Voilà le sens de « le soleil m’a brûlée » : le soleil désigne le feu blanc, et la gravure qui s’y trouve est à l’origine de la noirceur qui apparaît ensuite.
ובכדי שתהיה בבחי׳ גילוי הלב לצאת מההעלם אל הגילוי הוא ע״י התבוננות באור א״ס ב״ה ממש דלית מחשבה תפיסא ביה כלל.
Pour qu’il se révèle dans le cœur et passe du caché au révélé, il faut méditer sur la Lumière infinie elle-même, béni soit-Il, que « nulle pensée ne peut saisir » en aucune façon.
Pour faire entrer l’amour caché dans le cœur, il faut méditer sur la Lumière infinie elle-même, qui dépasse toute pensée.
ועד״ז ניתקן סדר התפלה ופסוקי דזמרה וברכת יוצר אור איך שבטובו הגנוז מחדש כו׳ והמלאכים אומרים קדוש כו׳
C’est selon ce processus qu’a été établi l’ordre de la prière : les Psaumes de louange, puis la bénédiction « Qui forme la lumière », où l’on médite sur la façon dont « dans Sa bonté », qui est cachée, Il renouvelle, etc., et sur les anges qui disent « Saint », etc.
L’ordre de la prière du matin suit ce cheminement. Dans les Psaumes de louange et la bénédiction « Qui forme la lumière », on médite sur la façon dont D.ieu renouvelle la création par la lumière cachée et sur les anges qui proclament « Saint ».
והוא בחי׳ רעש התחדשות ההשגה כי בלילה בשינה אחד מששים8 כו׳ ובבקר נעשה בריה חדשה אתה נפחתה בי כו׳.
C’est le niveau du tumulte, le renouvellement de la compréhension : la nuit, durant le sommeil, il y a un soixantième, etc. ; le matin, on devient une nouvelle créature : « Tu l’as insufflée en moi », etc.
Cette étape correspond au « tumulte » des Ofanim, l’enthousiasme suscité par une compréhension nouvelle. Le Talmud enseigne que le sommeil est un soixantième de la mort ; le matin, l’homme est donc renouvelé comme une nouvelle créature.
ואחר הרעש אש910 הוא בחי׳ ק״ש ואהבת כי נר הוי׳ נשמת אדם11 כנר ושלהבת העולה מאליה (ועמ״ש בד״ה והקרבתם עולה אשה)
« Après le tumulte, le feu » : c’est le niveau du Chema et de « Tu aimeras ». Car « la lampe de Havaya est l’âme de l’homme », semblable à une lampe et à une flamme qui s’élève d’elle-même. (Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Et vous offrirez un holocauste, un feu sacrificiel ».)
Dans la vision d’Élie, après le tumulte vint le feu. Ce feu désigne le Chema et « Tu aimeras » : l’âme, « la lampe de Havaya », s’élève alors comme une flamme qui monte d’elle-même.
דהיינו כמ״ש אליך הוי׳ נפשי אשא12 להכלל מחשבה במחשבה ודבור בדבור ודברת בם בשבתך בביתך13 כו׳ וזו היא התגלות אמיתית אור האהבה בקרב איש ולב עמוק
C’est-à-dire, comme il est écrit : « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme », afin que la pensée soit incluse dans la pensée et la parole dans la parole : « Tu en parleras lorsque tu seras assis dans ta maison », etc. Telle est la véritable révélation de la lumière de l’amour au-dedans de l’homme, dans la profondeur du cœur.
L’âme s’élève vers D.ieu, unissant sa pensée et sa parole à la pensée et à la parole divines par l’étude de la Torah (« Tu en parleras »). C’est la véritable révélation de l’amour dans les profondeurs du cœur.
אלא שצריך להקדים בחי׳ הרעש מבחי׳ החושך כברייתו של עולם ברישא חשוכא והדר נהורא14 וכתיב ויהי ערב ויהי בוקר יום אחד15 ערב בחינת חשך ואח״כ הבקר אור להתגלות בבחינת יום וגילוי בחי׳ אחד
Mais le niveau du tumulte, issu du niveau des ténèbres, doit précéder, comme lors de la création du monde : d’abord les ténèbres, puis la lumière. Il est écrit : « Il y eut un soir, puis il y eut un matin : un jour. » Le soir est le niveau des ténèbres ; ensuite vient le matin, la lumière, pour se révéler comme le jour et révéler le niveau de « Un ».
L’étape du tumulte et des ténèbres doit venir en premier, puisque la création a commencé par les ténèbres, puis la lumière. « Le soir, puis le matin : un jour » conduit des ténèbres à la révélation de l’unité de D.ieu.
(ועמ״ש בד״ה תחת אשר לא עבדת16 ועמ״ש בד״ה ענין חנוכה17 בענין בבקר בבקר בהטיבו את הנרות כו׳ ועיין בזהר בלק דף ר״ד סע״א18 וע״ב ועמ״ש ע״פ וישכם לבן בבקר19 וסד״ה להבין ענין הברכות20 וע׳ בזהר ויקרא דכ״ב ב׳21 ועמ״ש סד״ה וידעת היום)22
(Voyez ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Parce que tu n’as pas servi », ainsi que dans le discours sur le sens de ‘Hanouka, à propos de « chaque matin, lorsqu’il préparait les lampes », etc. Voyez aussi le Zohar, Balak, 204a fin et 204b ; ce qui est écrit sur « Lavan se leva de bon matin » ; la fin du discours qui commence par « Pour comprendre le sens des bénédictions » ; le Zohar, Vayikra, 22b ; et la fin du discours qui commence par « Et tu connaîtras ce jour ».)
Cette liste renvoie à des discours et à des passages du Zohar qui traitent du passage des ténèbres à la lumière, du soir au matin.
ואחר האש קול דממה23 דקה הוא בתפלת שמונה עשרה ברוך אתה הוי׳ אלקינו מלך העולם שיהא ברוך ונמשך בחי׳ הוי׳ אור א״ס ב״ה בעצמו ובכבודו ותמן קאתי מלכא2425 כו׳
« Après le feu, une voix ténue et silencieuse » : c’est la prière des Dix-huit bénédictions : « Béni sois-Tu, Havaya notre D.ieu, Roi de l’univers », afin que le niveau de Havaya, la Lumière infinie, béni soit-Il, en Son être propre et dans Sa gloire, soit béni et amené ici-bas ; « et c’est alors que le Roi vient », etc.
Après le feu vint « une voix ténue et silencieuse » : la prière silencieuse de la Amida. Sa formule de bénédiction fait descendre Havaya, la Lumière infinie elle-même ; le Zohar enseigne que « le Roi vient » dans cette voix silencieuse.
וגילוי הוי׳ למטה במלכותו מלכות כל עולמים הוא ע״י כי הוי׳ אלקינו שאנחנו בטלים אליו ית׳ ואנחנו ממשיכים ג״כ להיות מלך העולם כו׳ כמ״ש במ״א.
La révélation de Havaya ici-bas, dans Sa royauté, « une royauté sur tous les mondes », se fait par « car Havaya est notre D.ieu », c’est-à-dire que nous sommes annulés devant Lui, béni soit-Il ; nous faisons ainsi également descendre le fait qu’Il soit « Roi de l’univers », etc., comme il est écrit ailleurs.
La royauté de D.ieu se révèle ici-bas lorsque « Havaya est notre D.ieu », c’est-à-dire lorsque nous sommes annulés devant Lui. Ainsi, nous Le faisons « Roi de l’univers ».
ובזה יובן מ״ש אל תראוני שאני שחרחורת.26 פי׳ שחרות כפולה כי האהבה מצד עצמה היא מסותרת שאינה נראית ונגלית בלב.
Cela permet de comprendre ce qui est écrit : « Ne me regardez pas parce que je suis noirâtre (cheh’ar’horet). » Il s’agit d’une double noirceur : l’amour est caché en lui-même, il n’est ni visible ni révélé dans le cœur,
La discussion revient au verset. La forme inhabituelle « cheh’ar’horet » est lue comme une double noirceur ; la première signifie que l’amour est caché en lui-même.
וגם היא מכוסה בלבוש שק שמלובשת בנפש הבהמית (וא״כ פי׳ וענין שחרות כפולה הוא ע״ד מה שמלמטה למעלה ומלמעלה למטה שניהם יחד כי מלמטה למעלה נק׳ שחרות מה שאינו מושג כלל.
et il est en outre couvert d’un vêtement de sac, car il est revêtu dans l’âme animale. (Ainsi, le sens et la notion de cette double noirceur correspondent à deux mouvements réunis, du bas vers le haut et du haut vers le bas : du bas vers le haut, ce qui n’est pas du tout appréhendé est appelé noirceur ;
La seconde noirceur tient au fait que l’amour est revêtu dans l’âme animale, comme sous un vêtement de sac. Les deux noirceurs correspondent aux ténèbres vues du bas vers le haut et du haut vers le bas.
ומלמעלה למטה נקרא שחרות מה שהוא למטה במדרגה. ואם כן שני הבחינות יש בהנשמה כי ענין האהבה המסותרת כיון שהיא בהעלם מאד ולמעלה מהשכל הרי נקראת אש שחורה לגבי האדם כענין בורא חשך וזהו ענין חשך שמלמטה למעלה.
et du haut vers le bas, ce qui est inférieur en degré est appelé noirceur. Les deux niveaux se trouvent donc dans l’âme : l’amour caché, puisqu’il est extrêmement dissimulé et supérieur à l’intellect, est appelé feu noir par rapport à l’homme, comme dans « Il crée les ténèbres » ; c’est là la notion des ténèbres vues du bas vers le haut.
Du point de vue d’en bas, l’amour caché est ténèbres parce qu’il se situe au-dessus de l’intellect, comme les « ténèbres » des Séraphim. Il s’agit ici des ténèbres en tant qu’inappréhensibles.
ומה שהיא מכוסה ולובשת בנפש הבהמית זהו החשך שמלמעלה למטה שהיא הבחינה היותר שפלה במדרגה החשך יכסה ארץ)27 (בישעיה סי׳ ס׳) והכסיל בחשך הולך28 (קהלת סי׳ ב׳) ואעפ״כ אל תראוני
Le fait qu’il soit couvert et revêtu dans l’âme animale constitue les ténèbres vues du haut vers le bas, car il s’agit du degré le plus bas : « Les ténèbres couvriront la terre » (Isaïe, chapitre 60), et « l’insensé marche dans les ténèbres » (Ecclésiaste, chapitre 2). Malgré cela : « Ne me regardez pas »,
Du point de vue d’en haut, le revêtement de l’âme animale est ténèbres en tant qu’abaissement, comme dans « Les ténèbres couvriront la terre ». Pourtant, l’âme dit : « Ne me regardez pas » avec mépris.
כי מה שהיא מסותרת מצד עצמה הוא מפני ששזפתני השמש בחינת שמש הוא בחי׳ אש לבנה שאין העולמות יכולים לקבל וע״כ טוב לגנוז במקום החושך
car le fait qu’il soit caché en lui-même vient de ce que « le soleil m’a brûlée » : le niveau du soleil est celui du feu blanc, que les mondes ne peuvent recevoir. Il était donc préférable de le cacher dans le lieu des ténèbres.
L’amour est caché parce que « le soleil m’a brûlée » : sa source est le feu blanc, que les mondes ne peuvent recevoir ; il a donc fallu le cacher dans les ténèbres.
ולכן האהבה בבחינת חשך והעלם שאינו מתגלה בגוף (וזהו אתי מלבנון כלה29 ששרש הנשמה מבחינת לבנון וזהו ונוזלים מן לבנון30 נוזלים היינו בחינת מזלייהו מקור ושרש הנשמה הוא מבחינת לבנון רק
C’est pourquoi l’amour demeure dans les ténèbres et le retrait, sans se révéler dans le corps. (C’est là le sens de « Avec moi, du Liban, ô fiancée » : la racine de l’âme vient du niveau du Liban. Il en va de même pour « des flots qui coulent du Liban » : nozlim signifie leur mazal, la source et la racine de l’âme, qui vient du niveau du Liban, si ce n’est
Voilà pourquoi l’amour reste caché et ne se fait pas sentir dans le corps. « Avec moi, du Liban » et « des flots qui coulent du Liban » indiquent que la racine de l’âme se trouve au Liban (lavan, « blanc ») ; son flux (nozlim, lu comme mazal) désigne la source de l’âme.
כי טוב לגנוז בבחינת אש שחורה והוא בבחי׳ יחידה שבו מתלבש ניצוץ אלקי כו׳ כמ״ש בע״ח שמ״א פ״ג31 על פסוק אני אמרתי אלקים אתם32 כו׳ ועמ״ש סד״ה בשברי לכם33 כו׳ ואפו כו׳.
qu’il était préférable de le cacher dans le niveau du feu noir. Cela relève du niveau de Ye’hida, où est revêtue une étincelle divine, etc., comme il est écrit dans Etz Chaim, Shaar 41, chapitre 3, sur le verset « J’ai dit : vous êtes des êtres divins », etc. Voyez aussi la fin du discours qui commence par « Lorsque Je vous briserai », etc., « et Sa colère », etc.)
L’étincelle divine est revêtue dans Ye’hida, le niveau le plus intérieur de l’âme. La référence à Etz Chaim est corrigée par les notes de Kehot : dans les éditions actuelles, il s’agit de Shaar 42, au début du chapitre 1.
והנה ברכות בשה״ש ע״פ שחורה אני איתא שחורה אני כל ימות השבוע ונאוה אני בשבת34 והענין שבחי׳ אהבה המסותרת הנק׳ אש שחורה בכל ימות השבוע היא בבחי׳ העלם ולכן היא בבחינת שחורה אני העלם.
Or, dans Midrash Rabbah sur Shir HaShirim, à propos de « Je suis noire », il est dit : « Je suis noire tous les jours de la semaine, et belle le Chabbat. » L’amour caché, appelé feu noir, demeure dissimulé tous les jours de la semaine ; c’est pourquoi il est dans l’état de « Je suis noire », c’est-à-dire caché.
Le Midrash dit : noire pendant la semaine, belle le Chabbat. Durant la semaine, l’amour caché, le feu noir, demeure dissimulé.
Mais le Chabbat, il sort du caché et est amené à l’état révélé, comme il est écrit ailleurs, dans le discours qui commence par « Pour comprendre l’enseignement de nos Sages », à propos de « Car ton amour est meilleur [que le vin] ».
Le Chabbat, l’amour vient au jour et se révèle, comme l’explique un autre discours.
וכן בשבת מאיר בגילוי מבחי׳ עולם הבריאה מה שנקרא בורא חושך כנודע מענין חצר הפנימית הפונה קדים בחי׳ קדמוהי יקומון הנה בשבת מאיר ונמשך האור משם.
De même, le Chabbat, la lumière du Monde de Béria brille ouvertement : c’est ce qu’on appelle « Il crée les ténèbres ». Cela est connu par le sens de la cour intérieure tournée vers l’est (kadim), le niveau de « ils se tiennent devant Lui (kadmohi) » : le Chabbat, la lumière en émane et se répand.
Le Chabbat, le niveau de Béria, les « ténèbres », brille au grand jour. La cour intérieure d’Ézéchiel, tournée vers l’est (kadim) et associée à « ils se tiennent devant Lui (kadmohi) », s’ouvre le Chabbat.
וזהו ונאוה אני ביום השבת) ומה שהיא נכנסת בלבוש שק זהו באמת בני אמי נחרו בי.37 נחרו מלשון נפעל.
Voilà le sens de « et je suis belle le jour du Chabbat ». Quant au fait que l’amour entre dans un vêtement de sac, cela correspond en vérité à « Les fils de ma mère se sont irrités contre moi » ; nicharu est au passif.
Le vêtement de sac qui recouvre l’amour s’explique par la suite du verset : « Les fils de ma mère se sont irrités contre moi. » L’Admour Hazaken lit nicharu comme un verbe passif : eux-mêmes brûlent.
ופי׳ בני אמי היינו היצה״ר והיכלות דק״נ המקבלים ההשפעה מבחי׳ מלכותו ית׳ כי מלכותו בכל משלה38 (וע׳ בפ׳ משפטים דקכ״ה סע״ב ע״פ בחלב אמו)
« Les fils de ma mère » désignent le mauvais penchant et les palais des kelipot nogah, qui reçoivent l’influx du niveau de Sa Mal’hout, béni soit-Il, car « Sa royauté domine sur tout ». Voyez Parshas Mishpatim, 125a fin, sur « dans le lait de sa mère ».
Les « fils de ma mère » sont le mauvais penchant et les kelipot nogah, forces neutres qui reçoivent leur vitalité de la royauté de D.ieu, puisque « Sa royauté domine sur tout ».
והם שרש כל המדות רעות הם הם בעצמו נחרו ובוערים בתאוותם אלה שהם בי שנתלבשו בי ומהם תצא הרעות האלה.
Ils sont la racine de tous les mauvais traits ; ce sont eux qui se sont irrités et qui brûlent de leurs passions. « Contre moi » (bi) signifie qu’ils sont revêtus en moi, et c’est d’eux que viennent ces maux.
Ces forces sont la racine des mauvais traits ; elles-mêmes brûlent de désir. « Contre moi » est lu comme « en moi » : elles sont revêtues à l’intérieur de la personne.
אבל אין פועלים בנפש אלקית עצמה בנקודת אהבתה שהיא תשאר בקיומה וחזקה וכמ״ש וכבודי לאחר לא אתן39
Mais ils n’agissent pas sur l’âme divine elle-même, au point de son amour, qui demeure intacte et forte, comme il est écrit : « Je ne donnerai pas Ma gloire à un autre ».
Ils ne peuvent atteindre le point d’amour de l’âme divine, qui demeure intact. « Je ne donnerai pas Ma gloire à un autre » signifie que la sainteté n’est jamais livrée à l’autre côté.
(עיין ברע״מ ר״פ תצא דרע״ו40 א׳ ובפי׳ הרמ״ז שם) ויכולה למשול ולשלוט עליהם ולהפכם מן הקצה אל הקצה ולהיות במס״נ ממש
(Voyez le Ra’aya Mehemna au début de Teitzei, 276a, et le commentaire du Ramaz à cet endroit.) Elle peut dominer ces forces, les renverser d’un extrême à l’autre et parvenir à un véritable sacrifice de soi.
L’âme divine peut dominer ces forces, les transformer de fond en comble et parvenir au véritable sacrifice de soi.
ולכן ארז״ל על פושעי ישראל גיהנם כלה והם אינם כלים41 לפי ששרש נשמתם מבחי׳ א״ס ממש שאין לה קץ ותכלה ולכן בני אמי נחרו בי פי׳ שהם פועלים הרע וכלים.
C’est pourquoi nos Sages ont dit des pécheurs d’Israël : « La Géhenne prend fin, mais eux ne prennent pas fin » ; la racine de leur âme vient en effet du niveau de l’Infini lui-même, qui n’a ni fin ni terme. Ainsi, « Les fils de ma mère se sont irrités contre moi » signifie qu’ils font le mal et, eux, prennent fin.
La déclaration du Talmud selon laquelle « la Géhenne prend fin, mais eux ne prennent pas fin » est ici comprise comme une affirmation concernant la racine de l’âme dans l’Infini, qui n’a pas de fin. Ce sont les forces du mal, « les fils de ma mère », qui prennent fin.
משא״כ הנשמה היא חלק אלוה אתה נפחת בי שאין לה קץ ותכלה והראי׳ שאפילו פושעי ישראל עדיין האהבה היא בשלימות
L’âme, au contraire, est une parcelle de D.ieu : « Tu l’as insufflée en moi » ; elle n’a ni fin ni terme. La preuve en est que même chez les pécheurs d’Israël, l’amour demeure entier,
L’âme est une parcelle de D.ieu, insufflée dans l’homme ; elle n’a donc pas de fin. La preuve : même chez un Juif qui faute, l’amour demeure entier.
שהרי שמוני נוטרה את הכרמים כי כל תאות היצה״ר להחטיא את ישראל כדי לינק ולקבל חיות מהקדושה וא״כ מוכרח להיות שעדיין יש בו קדושה
car « ils m’ont établie gardienne des vignes ». Tout le désir du mauvais penchant est d’inciter Israël à pécher afin de puiser et de recevoir la force vitale de la sainteté. Il faut donc nécessairement qu’il subsiste encore en lui de la sainteté,
Le verset « ils m’ont établie gardienne des vignes » est apporté comme preuve. Le mauvais penchant cherche à faire pécher un Juif afin de puiser la vitalité de la sainteté qui est en lui ; cette sainteté doit donc toujours être présente.
שאע״פ שחטא ישראל הוא42 ואותו כח הקדושה שיש לו הוא בבחי׳ אין קץ ותכלה וע״כ יכול למשול ולשלוט ברוחו ולהפך לבו מן ההפך43 אל ההפך
car, bien qu’il ait fauté, il reste Israël. La puissance de sainteté qu’il possède est sans fin ni terme ; il peut donc maîtriser son esprit et transformer son cœur en son contraire.
Le Talmud dit : « Bien qu’il ait fauté, il reste Israël. » Sa sainteté est infinie ; il peut donc se maîtriser et transformer entièrement son cœur.
(והיינו ע״י והוי׳ יגיה חשכי4445 כמ״ש סד״ה כי אתה נרי46 והנה פי׳ נחרו יובן ממ״ש במ״א בד״ה ושבתי בשלום47 בענין וילך חרנה48 חרן לשון נחר גרוני49 כו׳ וע״י התשובה נעשה מבחי׳ חרן רנה.
(C’est par « Havaya illuminera mes ténèbres », comme il est écrit à la fin du discours qui commence par « Car Tu es ma lampe ». Le sens de nicharu se comprend par ce qui est écrit ailleurs, dans le discours qui commence par « Et je reviendrai en paix », au sujet de « Il se rendit à ‘Haran » : ‘Haran se rattache au terme de « ma gorge est desséchée (nichar) », etc. Par la techouva, le niveau de ‘Haran devient rinah, le chant.)
Cela se produit par « Havaya illumine mes ténèbres ». ‘Haran, lié à « ma gorge est desséchée », devient rinah, le chant, par la techouva.
וכמ״כ יובן מבחי׳ נחרו בי ע״י התשובה שיהפך לבו כו׳ תתעלה הנפש להיות ונאוה כאהלי קדר50 כו׳. ועמ״ש סד״ה כנשר יעיר51 בענין יצרנהו כאישון עינו52 השחור שבעין שם גילוי הראיה להיות עין בעין יראו53 כו׳:)
De même, le sens de « ils se sont irrités contre moi » se comprend ainsi : par la techouva, le cœur est transformé, etc., et l’âme s’élève pour devenir « belle comme les tentes de Kédar », etc. Voyez aussi la fin du discours qui commence par « Comme un aigle qui réveille », sur « Il l’a gardé comme la pupille de Son œil » : c’est dans le noir de l’œil que la vision se révèle, jusqu’à ce que « œil à œil ils voient », etc.)
De même, « ils se sont irrités contre moi » est transformé par la techouva, et l’âme devient « belle comme les tentes de Kédar ». Le noir de l’œil, la pupille, est le lieu où la vision se produit : image des ténèbres qui deviennent le lieu de la révélation.
Ce paragraphe applique le feu blanc et le feu noir au service de l’homme : l’amour révélé par la méditation fait surgir un amour caché, enraciné dans l’essence de l’âme, qui est « noir » à double titre, à la fois au-dessus de l’intellect et recouvert par l’âme animale. Cet amour caché n’est jamais véritablement atteint ; la prière et la techouva le révèlent, comme cela se produit à Chabbat.
Les étapes de la prière du matin suivent la vision d’Élie : le tumulte (les Psaumes de louange et la Kedoucha des anges), le feu (le Chema), puis la voix ténue et silencieuse (la Amida). L’amour caché décrit au chapitre 18 du Tanya est ici rattaché aux « lettres gravées » de la racine de l’âme, au feu blanc.
Maré mekomot
- 1כמ״ש בס׳ של בינוני׳ · פרק יח.
- 2בד״ה ביום השמיני שלח · לעיל שמע״צ פו, ג ואילך.
- 3כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 4ישת חושך סתרו · Psalms 18:12
- 5בד״ה אם בחקותי · לעיל בחקותי מה, א.
- 6בעבר הנהר ישבו אבותיכם · Joshua 24:2
- 7נשמה שנתת בי טהורה היא · Berakhot 60b:4
- 8בלילה בשינה אחד מששים · Berakhot 57b:13
- 9ואחר הרעש אש · מ״א (יט [יב]). [כ].
- 10ואחר הרעש אש · I Kings 19:12
- 11נר ה׳ נשמת אדם · Proverbs 20:27
- 12אליך ה׳ נפשי אשא · Psalms 25:1
- 13ודברת בם בשבתך בביתך · Deuteronomy 6:7
- 14כברייתו של עולם ברישא חשוכא והדר נהורא · Shabbat 77b:8
- 15ויהי ערב ויהי בוקר יום אחד · Genesis 1:5
- 16בד״ה תחת אשר לא עבדת · לעיל תבוא מב, ג ואילך.
- 17בד״ה ענין חנוכה · תו״א לב, ב.
- 18ועיין בזהר בלק דף ר״ד סע״א · Zohar, Balak 30:336–32:345
- 19ע״פ וישכם לבן בבוקר · תו״א כד, ב.
- 20וסד״ה להבין ענין הברכות · תו״א ז, ב.
- 21וע׳ בזהר ויקרא דכ״ב ב׳ · Zohar, Vayikra 55:378–58:386
- 22סד״ה וידעת היום · לעיל ואתחנן ח, ד.
- 23ואחר האש קול דממה · מ״א (יט [יב]). [כ].
- 24ותמן קאתי מלכא · זח״ג (רכג, סע״ב). [כ].
- 25ותמן קאתי מלכא · Zohar, Pinchas 42:237–57:348
- 26אל תראוני שאני שחרחורת · Song of Songs 1:6
- 27החשך יכסה ארץ · Isaiah 60:2
- 28והכסיל בחשך הולך · Ecclesiastes 2:14
- 29אתי מלבנון כלה · Song of Songs 4:8
- 30ונוזלים מן לבנון · Song of Songs 4:15
- 31שמ״א פ״ג · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפננו הוא שמ״ב דרושי אבי״ע רפ״א, וכצ״ל כאן. [כ].
- 32אני אמרתי אלקים אתם · Psalms 82:6
- 33סד״ה בשברי לכם · לעיל בחקותי מח, ג.
- 34שחורה אני כל ימות השבוע ונאוה אני בשבת · Shir HaShirim Rabbah 1:6
- 35בד״ה להבין . . ע״פ כי טובים דודיך · תו״א פ׳ שמות נג, א.
- 36כי טובים דודיך · Song of Songs 1:2
- 37בני אמי נחרו בי · Song of Songs 1:6
- 38מלכותו בכל משלה · Psalms 103:19
- 39וכבודי לאחר לא אתן · Isaiah 42:8
- 40עיין ברע״מ ר״פ תצא דרע״ו א׳ · Zohar, Ki Teitzei 1:4–14
- 41גיהנם כלה והם אינם כלים · Rosh Hashanah 17a:5–6
- 42שאע״פ שחטא ישראל הוא · Sanhedrin 44a:2–3
- 43שו״ה ברוחו — ההפך · ראה בהערות כ״ק אדמו״ר מהורש״ב נ״ע שנדפסו לעיל (בתחלת ההוספות).
- 44והוי׳ יגיה חשכי · שמ״ב כב, כט.
- 45והוי׳ יגיה חשכי · II Samuel 22:29
- 46סד״ה כי אתה נרי · תו״א מא, א.
- 47בד״ה ושבתי בשלום · תו״א כא, ג.
- 48וילך חרנה · Genesis 28:10
- 49לשון נחר גרוני · Psalms 69:4
- 50ונאוה כאהלי קדר · Song of Songs 1:5
- 51סד״ה כנשר יעיר · לעיל פ׳ האזינו עח, ג. וראה במ״מ לשם.
- 52יצרנהו כאישון עינו · Deuteronomy 32:10
- 53עין בעין יראו · Isaiah 52:8
Noire et belle ¶15–19
15קיצור. וכמ״כ באדם יש בחי׳ אהבה גלויה ואהבה מסותרת כענין ב׳ מדרגות דאופנים ושרפים. רעש ואש.
Résumé : De même, il existe chez l’homme un niveau d’amour révélé et un niveau d’amour caché, correspondant aux deux degrés des Ofanim et des Séraphim : le tumulte et le feu.
Ce résumé reprend la section 4 : l’homme possède un amour révélé et un amour caché, comme les Ofanim et les Séraphim, correspondant aux étapes du « tumulte » et du « feu ».
וזהו שחרחורת ב׳ שחרות שעיקר האהבה אינה גלויה כ״א שחורה ומסותרת ועוד שמכוסה בלבוש שק דנה״ב ואעפ״כ אל תראוני
Voilà ce que signifie cheh’ar’horet : deux noirceurs. L’essence de l’amour n’est pas révélée ; elle est noire et cachée. En outre, elle est recouverte du vêtement de sac de l’âme animale. Malgré cela : « Ne me regardez pas »,
Cheh’ar’horet désigne deux noirceurs : l’amour est caché en lui-même et recouvert par l’âme animale. Pourtant, l’âme dit : « Ne me regardez pas » avec mépris.
כי על השחרות א׳ התירוץ ששזפתני השמש ששרש האהבה מאש לבנה וטוב לגנוז בבחי׳ אש שחורה.
car la première noirceur s’explique par « le soleil m’a brûlée » : la racine de l’amour vient du feu blanc, et il était bon de le cacher dans le niveau du feu noir.
La première noirceur s’explique par « le soleil m’a brûlée » : l’amour vient du feu blanc et devait être caché sous la forme du feu noir.
ועל השחרות הב׳ הוא ענין בני אמי נחרו בי בכדי שמבחי׳ חרן יהי׳ בחי׳ רנה):ה וזהו שחורה אני ונאוה שחורה מבחי׳ השחרחורת כו׳
La seconde noirceur correspond à « Les fils de ma mère se sont irrités contre moi » : afin que du niveau de ‘Haran advienne le niveau de rinah, le chant. 5. Voilà le sens de « Je suis noire et belle » : noire du niveau de la noirceur, etc.
La seconde noirceur, l’âme animale, existe afin de pouvoir être transformée : par la techouva, ‘Haran devient rinah. La section 5 commence alors : « Je suis noire et belle ».
ונאוה כי השחרות הוא מבחינת החושך ישת חושך סתרו כמשל הדיו שעל הקלף שמשחיר את הקלף שהקלף הוא בחי׳ אש לבנה נעשה נאה ע״י כן
et belle : car la noirceur vient du niveau des ténèbres, « Il fit des ténèbres Sa cachette », comme dans l’image de l’encre sur le parchemin : elle noircit le parchemin, qui relève du feu blanc, et le rend ainsi beau.
La noirceur elle-même la rend belle, comme l’encre sur le parchemin blanc le rend beau en y formant des lettres. Le retrait (« Il fit des ténèbres Sa cachette ») permet la révélation.
(ע״ד אימתי גדול כו׳ כשהוא בעיר אלקינו12 וע״ד שנתבאר מזה בד״ה וידבר אלקים כו׳ אני3 הוי׳ וארא4 כו׳. וכמו שמבואר לעיל שע״י האותיות נמשך גילוי השכל עד״מ.
(C’est comme dans « Quand est-Il grand ? […] Lorsqu’Il se trouve dans la ville de notre D.ieu », et comme il est expliqué à ce sujet dans le discours qui commence par « Elokim parla », etc., « Je suis Havaya, et Je suis apparu », etc. Comme il a été expliqué plus haut, les lettres, à titre de comparaison, font descendre la révélation de l’intellect.
D.ieu n’est dit « grand » que lorsqu’Il se révèle « dans la ville de notre D.ieu », au sein des mondes. De même, les lettres font apparaître l’intellect.
נמצא צמצום זה הוא סיבת הגילוי ועמ״ש סד״ה ויקח קרח56 וזהו שבחינת אש לבנה נעשה נאה ע״י כן וכמ״ש במ״א בפי׳ יפתי שעושה בחי׳ לבושים יפים להקב״ה הוד והדר לבשת.7
Il s’ensuit que cette contraction est la cause de la révélation. Voyez ce qui est écrit à la fin du discours qui commence par « Korach prit ». Ainsi le niveau du feu blanc devient beau grâce à cela, comme il est expliqué ailleurs au sujet de yafasi, « ma belle » : elle confectionne de beaux vêtements pour le Saint béni soit-Il : « Tu T’es revêtu de gloire et de majesté »,
La contraction est donc la cause de la révélation. « Ma belle » signifie qu’Israël confectionne de beaux vêtements pour D.ieu, comme dans « Tu T’es revêtu de gloire et de majesté ».
והיינו להיות בהם ועל ידם דירה בתחתונים. ובמ״א נתבאר עוד פי׳ ונאוה כי הנה בחי׳ אש לבנה דתורה זהו ענין ושער רישיה כעמר נקא89 ועכ״ז הוא רק בחי׳ שערות ואינו ערוך להעצמיות
afin qu’il y ait en eux et par leur intermédiaire une demeure dans les mondes inférieurs. Ailleurs, un autre sens de « et belle » a été expliqué : le feu blanc de la Torah correspond à « les cheveux de Sa tête étaient comme une laine pure ». Pourtant, il ne s’agit que du niveau des cheveux, qui n’est pas comparable à l’essence.
Ces vêtements permettent à D.ieu d’établir une demeure dans les mondes inférieurs. Une autre explication suit : le feu blanc de la Torah correspond aux cheveux blancs de l’Ancien des jours dans la vision de Daniel ; pourtant, le cheveu n’est qu’un prolongement extérieur, et non l’essence.
אך ע״י הירידה באש שחורה לברר ולהפך החושך דנה״ב יומשך יתרון האור ממקור הלבנונית ואפשר לומר שזהו הנמשך מצד בירור שחרות הב׳ וכנ״ל מענין יצרנהו כאישון כו׳.
Mais, par la descente dans le feu noir afin de raffiner et de transformer les ténèbres de l’âme animale, un surcroît de lumière sera attiré depuis la source de la blancheur. On peut dire que c’est ce qui est attiré par le raffinement de la seconde noirceur, comme indiqué plus haut à propos de « Il l’a gardé comme la pupille », etc.
En descendant dans le feu noir pour transformer les ténèbres de l’âme animale, on attire une lumière plus intense depuis la source de la blancheur. C’est peut-être le fruit du raffinement de la seconde noirceur, à l’image de la pupille sombre qui permet de voir.
ועמ״ש עוד מענין שהתורה ניתנה באש שחורה ע״ג אש לבנה בד״ה ועשו להם ציצית.10 ועיין עוד מענין שחורה אני ונאוה ברבות בשלח פכ״ג ויקהל פמ״ט):
Voyez aussi ce qui est écrit sur le fait que la Torah fut donnée comme un feu noir sur un feu blanc dans le discours qui commence par « Ils se feront des franges ». Voyez encore ce qui est écrit sur « Je suis noire et belle » dans Midrash Rabbah, Beshalach, Parsha 23, et Vayakhel, Parsha 49.)
D’autres développements sont cités : le discours sur les franges et Midrash Rabbah sur Beshalach et Vayakhel, qui interprètent eux aussi « Je suis noire et belle ».
Ce paragraphe achève le résumé de la quatrième section et ouvre la cinquième : la noirceur est elle-même source de beauté, puisque la contraction rend la révélation possible et que la transformation des ténèbres attire une lumière plus intense.
Deux sens de « belle » sont proposés : la noirceur, comme l’encre qui révèle le parchemin, et le raffinement de l’âme animale, qui attire une lumière provenant d’une source supérieure au niveau des « cheveux » du feu blanc.
Maré mekomot
- 1אימתי גדול כו׳ כשהוא בעיר אלקינו · Zohar III, 5a
- 2בעיר אלקינו · Psalms 48:2
- 3וידבר אלקים כו׳ אני הוי׳ · Exodus 6:2
- 4בד״ה וידבר . . וארא · תו״א נו, ב.
- 5סד״ה ויקח קרח · לעיל קרח נד, ב.
- 6ויקח קרח · Numbers 16:1
- 7הוד והדר לבשת · Psalms 104:1
- 8ושער רישיה כעמר נקא · דניאל (ז, ט). [כ].
- 9ושער רישיה כעמר נקא · Daniel 7:9
- 10ועשו להם ציצית · Numbers 15:38
« Comme les tentes de Kédar » : elles sont noires à l’extérieur, mais à l’intérieur elles sont « comme les tentures de Chlomo ». Les tentures de Chlomo sont les tentures intérieures,
Le verset se poursuit ainsi : « Comme les tentes de Kédar, comme les tentures de Chlomo. » Les tentes de Kédar sont noires dehors, mais à l’intérieur elles ressemblent aux tentures de Chlomo, les tentures intérieures.
(c’est là « Il forma (vayitser) l’homme », écrit avec deux yod, le niveau du feu blanc et du feu noir, etc. Voyez aussi la fin du discours qui commence par « Lorsque Je vous briserai », etc.)
Le mot vayitser (« Il forma »), dans le récit de la création de l’homme, s’écrit avec deux yod, qui évoquent le feu blanc et le feu noir en l’homme.
וענין יריעה הוא מ״ש נוטה שמים כיריעה5 פי׳ כמו היריעה שהגג והדפנות נעשו מדבר אחד וכמו שהיה במשכן חצי היריעה העודפת6 תסרח על אחורי המשכן.7
La notion de tenture renvoie à ce qui est écrit : « Il tend les cieux comme une tenture » ; c’est-à-dire à une tenture dont le toit et les parois sont faits d’une seule pièce, comme dans le Michkan : « La moitié de la tenture qui dépasse retombera derrière le Michkan. »
La tenture désigne ici une seule pièce formant à la fois le toit et les parois. Dans le Michkan, la moitié de la tenture qui dépassait retombait derrière lui.
כך נוטה שמים שהשמים מתעגלים למטה מתחת לארץ כמו למעלה בהשוואה אחת והכל בחי׳ אחת.
Il en va ainsi des cieux que D.ieu tend : ils s’incurvent vers le bas, sous la terre, tout comme au-dessus, de manière égale ; tout relève d’un seul et même niveau.
Ainsi, D.ieu « tend les cieux comme une tenture » : les cieux s’incurvent autour de la terre exactement comme au-dessus, formant un tout continu.
Le paragraphe commence à expliquer « comme les tentes de Kédar, comme les tentures de Chlomo » : noires à l’extérieur et belles à l’intérieur. La tenture représente une couverture continue au-dessus et au-dessous.
Le Tséma’h Tsédek, cité dans les notes, ajoute que les tentures de Chlomo sont blanches, complétant l’image du noir à l’extérieur et du blanc à l’intérieur.
Maré mekomot
- 1כאהלי קדר · Song of Songs 1:5
- 2כאהלי קדר — כיריעות שלמה · ”שהם לבנים” — אוה״ת שה״ש ע׳ קב.
- 3וייצר את האדם · Genesis 2:7
- 4סד״ה בשברי לכם · לעיל בחקותי מח, ג.
- 5נוטה שמים כיריעה · Psalms 104:2
- 6חצי היריעה העודפת · שמות (כו, יב). [כ].
- 7חצי היריעה העודפת תסרח על אחורי המשכן · Exodus 26:12
17וכן הגלגלים הסובבים בשמים ממעל הם הסובבים מתחת לארץ. וזהו כיריעות שלמה מלך שהשלום שלו1 שאצלו ית׳ כחשיכה כאורה2 והכל בהשוואה אחת נגדו ומעלה ומטה שוין לפניו
De même, les sphères qui tournent dans les cieux au-dessus sont celles qui tournent sous la terre. Voilà le sens de « comme les tentures de Chlomo », le Roi auquel appartient la paix (Chalom) : pour Lui, béni soit-Il, « les ténèbres sont comme la lumière » ; tout est égal devant Lui, et le haut comme le bas sont identiques à Ses yeux.
Les mêmes sphères tournent au-dessus et au-dessous de la terre. « Chlomo » est interprété comme « le Roi auquel appartient la paix » : devant D.ieu, les ténèbres et la lumière, le haut et le bas, sont égaux.
והוא מבחי׳ סוכ״ע. משא״כ בבחי׳ ממכ״ע הוא לפי סדר ההשתלשלות בראתיו יצרתיו כו׳ ג״ע עליון ותחתון כו׳.
Cela relève du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). En revanche, dans le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), tout suit l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes : « Je l’ai créée, Je l’ai formée », etc., le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur, etc.
Cette égalité appartient à la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). En revanche, la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) suit l’ordre gradué de la création, du Gan Eden supérieur au Gan Eden inférieur.
אבל בבחי׳ סוכ״ע כולא קמיה כלא3 ממש ובבחינה זו יכול הוא להפך אפי׳ מן הקצה אל הקצה.
Mais, dans le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, « tout est véritablement comme rien devant Lui » ; à ce niveau, Il peut tout transformer, même d’un extrême à l’autre.
Au niveau de sovev, tout est comme rien devant D.ieu ; Il peut donc transformer une chose en son contraire.
Le paragraphe explique que l’image de la tenture représente la lumière qui entoure tous les mondes, devant laquelle le haut et le bas sont égaux et même le niveau le plus bas peut être transformé.
Le contraste entre memalé kol almin et sovev kol almin fonde ici l’affirmation précédente selon laquelle les ténèbres de l’âme animale peuvent être transformées en lumière : cette transformation vient du niveau pour lequel ténèbres et lumière sont identiques.
Maré mekomot
- 1מלך שהשלום שלו · שהש״ר ג, כ.
- 2כחשיכה כאורה · Psalms 139:12
- 3כולא קמיה כלא · Zohar, Introduction 20:188–22:199
Voilà le sens de « Que Havaya fasse rayonner Sa face sur toi » : lorsque se produit l’élévation intérieure au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, alors elle peut
La bénédiction sacerdotale « Que Havaya fasse rayonner Sa face sur toi » est interprétée comme une élévation intérieure au niveau de sovev.
להתפשט עד שיגיע אפי׳ אליך אם יהיה נדחך בקצה השמים2 כו׳ וישם לך שלום בחי׳ התקשרות להיות נפשו שוקקה לדבקה בו ית׳.
s’étendre jusqu’à t’atteindre, même « si tes dispersés se trouvent à l’extrémité des cieux », etc. « Et qu’Il t’accorde la paix » : c’est le niveau de l’attachement, par lequel son âme aspire à s’attacher à Lui, béni soit-Il.
À partir de ce niveau, la lumière peut atteindre même celui qui est dispersé « à l’extrémité des cieux », aussi éloigné de D.ieu que possible. La « paix » désigne alors l’attachement, lorsque l’âme aspire à se lier à Lui.
Le paragraphe interprète la bénédiction sacerdotale comme la lumière qui entoure tous les mondes atteignant même l’âme la plus éloignée et la reliant à D.ieu.
Maré mekomot
- 1ישא ה׳ פניו אליך · Numbers 6:26
- 2אם יהיה נדחך בקצה השמים · Deuteronomy 30:4
19וזהו בחי׳ שלום בפמליא של מטה1 ממטה למעלה אליך ה׳ נפשי אשא2 והיינו ע״י בחי׳ אהרן שושבינא דמטרוניתא3 אהרן אותיות נראה4
Tel est le niveau de la « paix dans la maison d’en bas », de bas en haut : « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme. » Cela se réalise par le niveau d’Aharon, le compagnon de la Reine ; les lettres de « Aharon » forment nir’é (« sera vu »),
La « paix dans la maison d’en bas » désigne l’élévation d’en bas : « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme. » Elle se réalise par Aharon, le « compagnon de la Reine », qui rapproche la Communauté d’Israël de D.ieu ; les lettres de son nom forment nir’é, « sera vu ».
דהיינו שיראה כאלו קדוש שרוי בתוך מעיו5 שיהי׳ בחי׳ רעש ואחר הרעש אש כו׳ עבודת אהרן בהעלותך את הנרות6 כשלהבת העולה מאליה ממטה למעלה והשראת
c’est-à-dire qu’il se voie comme si le Saint résidait dans ses entrailles, de sorte qu’il y ait le niveau du bruit, « et après le bruit, le feu », etc. Le service d’Aharon est : « Quand tu élèveras les lampes », comme une flamme qui s’élève d’elle-même, de bas en haut. Et la résidence
L’homme doit se voir comme si le Saint résidait en lui ; cela conduit au bruit, puis au feu. Le service d’Aharon, qui consiste à allumer les lampes, est comparable à une flamme qui s’élève d’elle-même.
והמשכת קדוש בתוך מעיו הוא ע״י בחי׳ משה שושבינא דמלכא7 בחי׳ הדעת שהיא ברוך ונמשך בחי׳ הוי׳ להיות מלך העולם ע״י בחי׳ אלקינו כו׳ כנ״ל.
et l’attraction du « Saint » dans ses entrailles se réalisent par le niveau de Moché, le compagnon du Roi, le niveau de Daat, qui est « Béni » : ainsi le niveau de Havaya est-il attiré vers le bas pour devenir « Roi du monde », par le niveau de « notre D.ieu », etc., comme dit plus haut.
L’attraction du « Saint » dans l’homme se réalise par Moché, le « compagnon du Roi », qui représente Daat. C’est là le sens de « Béni » : attirer Havaya vers le bas pour qu’Il soit Roi du monde par « notre D.ieu ».
Ce paragraphe attribue les deux directions du service à Aharon, qui élève l’âme vers le haut dans l’amour, et à Moché, qui attire la divinité vers le bas par Daat.
Dans le Zohar, Aharon et Moché sont les compagnons de la Matrona et du Roi : ils élèvent Israël vers D.ieu et font descendre D.ieu vers Israël. Ils correspondent ici aux deux directions, de bas en haut et de haut en bas.
Maré mekomot
- 1שלום בפמליא של מטה · Berakhot 16b:18
- 2אליך ה׳ נפשי אשא · Psalms 25:1
- 3אהרן שושבינא דמטרוניתא · Zohar III, 20a
- 4אהרן אותיות נראה · Zohar III, 103a
- 5שיראה כאלו קדוש שרוי בתוך מעיו · Taanit 11b:1–2
- 6בהעלותך את הנרות · Numbers 8:2
- 7משה שושבינא דמלכא · ראה לעיל אהרן שושדמ״ט.
De Hodu à Kouch ¶20–23
20וזהו קרוב ה׳ לכל קוראיו1 כו׳ באמת ב׳ אמת מלמעלה למטה וממטה למעלה שימשיך למטה בחי׳ אמת ה׳ וגילוי אא״ס ב״ה בנפשו כדי להעלות ולקשר נפשו בה׳ חיי החיים ב״ה.
C’est le sens de : « Havaya est proche de tous ceux qui L’invoquent, etc., en vérité » : deux vérités, de haut en bas et de bas en haut ; qu’il attire vers le bas le niveau de « la vérité de Havaya » et la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, dans son âme, afin d’élever et de lier son âme à D.ieu, la Vie de toute vie, béni soit-Il.
« Havaya est proche de tous ceux qui L’invoquent en vérité » se lit comme deux vérités, deux directions : attirer la vérité de D.ieu dans l’âme et élever l’âme pour la lier à D.ieu, la Vie de toute vie.
(ובכל הנ״ל יובן מ״ש המולך מהודו ועד כוש2 שהוא כענין מ״ש כחשכה כאורה כי הודו מלשון כסה שמים הודו.3 הודו על ארץ ושמים.4 וכמ״ש הוד והדר לפניו.5
(Tout ce qui précède permet également de comprendre ce qui est écrit : « qui régna de Hodu à Kouch », ce qui rejoint le sens de : « l’obscurité est comme la lumière » ; car Hodu vient du terme « Sa splendeur (hodo) couvrait les cieux », « Sa splendeur est au-dessus de la terre et des cieux », et comme il est écrit : « La gloire et la majesté sont devant Lui. »
Un nouveau verset est expliqué : A’hachvéroch « régna de Hodu à Kouch ». Hodu est rapproché de hod, la splendeur, le rayonnement divin qui couvre les cieux ; cette expression rejoint donc « l’obscurité est comme la lumière ».
Hodu signifie aussi reconnaissance (hoda’a), car la reconnaissance s’adresse au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, que « nulle pensée ne peut saisir », comme il est écrit ailleurs à propos de « Yehouda, tes frères te reconnaîtront ».
Hodu signifie également reconnaissance (hoda’a). On reconnaît ce que l’on ne peut saisir ; ce terme se rapporte donc à la lumière qui entoure tous les mondes, au-delà de la pensée.
עד כוש היינו בחי׳ שחרות שהוא סוף השתלשלות העולמות שהחשך יכסה ארץ8 אלביש שמים קדרות9 עמ״ש מזה סד״ה יונתי10 בחגוי11 ובלק״ת פ׳ בהעלותך12 ופ׳ שופטים13 דכוש בחי׳ שכ״ה דינין14 שמהם השתלשלות החיצונים כו׳
« Jusqu’à Kouch » désigne le niveau de la noirceur, qui constitue le terme de l’enchaînement descendant des mondes : « l’obscurité couvrira la terre », « Je revêts les cieux de noirceur ». Voir ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Ma colombe, dans les fentes du rocher », ainsi que dans Likkutei Torah sur la paracha Behaalotekha et la paracha Choftim : Kouch correspond au niveau des 325 jugements, d’où procède l’enchaînement des forces extérieures, etc.
Kouch symbolise la noirceur, le terme inférieur de l’enchaînement des mondes, où « l’obscurité couvrira la terre ». Dans les écrits de l’Ari zal, Kouch représente les 325 jugements d’où procèdent les forces extérieures.
אך מלכותך מלכות כל עולמים15 ומלכותו בכל משלה16 וגם החיצונים לא יוכלו לעבור את פי ה׳. וכמ״ש מזה סד״ה וכל העם רואים.17 וזהו המולך מהודו ועד כוש.
Pourtant, « Ton règne est un règne sur tous les mondes » et « Son règne domine tout » ; même les forces extérieures ne peuvent transgresser la parole de Havaya. Voir ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Et tout le peuple voyait ». Tel est le sens de « qui régna de Hodu à Kouch ».
Pourtant, le règne de D.ieu domine tout et même les forces extérieures ne peuvent s’opposer à Sa parole. Tel est le sens de « régna de Hodu à Kouch ».
וזהו שבע ועשרים ומאה מדינה18 [עיין ר״פ חיי שרה דקכ״ג19 ע״ א] והוא כללות ההמשכה ממל׳ דא״ס וזהו מהודו עד מל׳ דעשיה המתלבשת בבחינת קדרות וזהו ועד כוש.
Tel est le sens de « cent vingt-sept provinces » [voir le début de ‘Hayé Sarah, 123a] : l’ensemble de l’attraction issue de la Mal’hout de l’Infini. C’est « de Hodu », jusqu’à la Mal’hout d’Assiya, revêtue du niveau de la noirceur ; telle est la signification de « jusqu’à Kouch ».
Les 127 provinces désignent l’ensemble du flux issu de la Mal’hout de l’Infini, depuis le niveau le plus élevé, Hodu, jusqu’à la Mal’hout d’Assiya, revêtue d’obscurité, Kouch.
אך מצינו ג״כ דכוש נאמר לשבח כמ״ש גבי שאול שנק׳ כוש2021 בן ימיני22 וכן הלא כבני כושיים אתם לי23 ות״י הלא כבני רחימין אתון חשיבין קדמי.24 וכן פרש״י בפ׳ בהעלותך בענין האשה הכושית.2526 ובזהר פ׳ תרומה)27
Cependant, nous trouvons aussi que Kouch est mentionné à titre élogieux, comme à propos de Chaoul, appelé « Kouch, fils de Yemini » ; de même : « N’êtes-vous pas pour Moi comme les enfants des Kouchites ? » Le Targoum Yonatan traduit : « N’êtes-vous pas considérés devant Moi comme des enfants bien-aimés ? » Rachi explique également, dans la paracha Behaalotekha, l’expression « la femme kouchite ». Et dans le Zohar, paracha Terouma
Kouch peut aussi être un éloge. Le roi Chaoul est appelé « Kouch » parce qu’il se distinguait ; et le Targoum traduit la parole d’Amos « comme les enfants des Kouchites » par « des enfants bien-aimés ». Rachi explique aussi que la femme « kouchite » de Moché se distinguait par sa beauté.
(דק״ל ריש ע״א) פי׳ ולזמנין לחוור קראן ליה אוכם דכתיב כי אשה כושית לקח הלא כבני כושיים אתם לי כו׳.
(130a, début) : « Parfois, ils appellent le blanc “noir”, comme il est écrit : “car il avait pris une femme kouchite”, et “N’êtes-vous pas pour Moi comme les enfants des Kouchites ?” », etc.
Le Zohar dit que, parfois, le blanc est appelé noir ; il cite la femme kouchite et le verset d’Amos.
והענין כי מבואר למעלה בענין כתרא עילאה שהוא בחי׳ החשך העליון דישת חשך סתרו שלמעלה מההשגה.28
Le sens est le suivant : il a été expliqué plus haut, à propos de Kéter suprême, qu’il représente le niveau de l’obscurité supérieure de « Il a fait de l’obscurité Sa cachette », qui se situe au-delà de toute compréhension.
Cela renvoie à Kéter, l’« obscurité supérieure » de « Il a fait de l’obscurité Sa cachette » : elle est obscure uniquement parce qu’elle dépasse toute compréhension.
Le paragraphe interprète « de Hodu à Kouch » comme le règne de D.ieu s’étendant du rayonnement le plus élevé jusqu’à l’obscurité la plus basse. Il introduit aussi l’idée du Zohar selon laquelle le blanc est parfois appelé noir, et renvoie à Kéter, l’obscurité supérieure.
Kouch a ici deux significations : l’obscurité la plus basse d’Assiya et une « noirceur » qui est en réalité une blancheur écrasante. Ces deux sens de l’obscurité, d’en haut et d’en bas, traversent tout le maamar.
Maré mekomot
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- 18שבע ועשרים ומאה מדינה · Esther 1:1
- 19עיין ר״פ חיי שרה דקכ״ג · Zohar, Chayei Sara 5:23–6:28
- 20שאול שנק׳ כוש · מו״ק (טז, ב). וספרי בהעלותך פיסקא (צט יב, א) ובמ׳ תלים (ז אות יד [ד״ה דבר אחר]). [כ].
- 21שאול שנק׳ כוש · Moed Katan 16b:18–19
- 22כוש בן ימיני · Psalms 7:1
- 23הלא כבני כושיים אתם לי · Amos 9:7
- 24ות״י הלא כבני רחימין אתון חשיבין קדמי · Targum Jonathan on Amos 9:7
- 25וכן פרש״י בפ׳ בהעלותך בענין האשה הכושית · Numbers 12:1
- 26וכן פרש״י בפ׳ בהעלותך בענין האשה הכושית · Rashi on Numbers 12:3–6
- 27ובזהר פ׳ תרומה · Zohar, Terumah 7:54–9:62
- 28
21וז״ש בזהר ולזמנין לחוור קראן ליה אוכם מפני שלגודל אורו אינו מושג כלל והנה משם שרש האהבה המסותרת שהיא בחי׳ אש שחורה וזהו ענין הלא כבני כושיים אתם לי1
C’est ce que dit le Zohar : « Parfois, ils appellent le blanc “noir” », car la grandeur de sa lumière le rend entièrement insaisissable. C’est là que prend racine l’amour caché, qui est le niveau du feu noir ; tel est le sens de : « N’êtes-vous pas pour Moi comme les enfants des Kouchites ? »
Le blanc est appelé noir parce que sa lumière est si grande qu’elle ne peut être saisie. L’amour caché, le feu noir, prend racine là ; c’est pourquoi Israël est appelé « comme les enfants des Kouchites ».
כי אהבה זו דאש שחורה שמבחי׳ ישת חשך סתרו הוא כאהבת הבן אל האב כבן שנמשך ממוח האב אשר בטבע אינו רוצה להיות נפרד מיחודו ואחדותו ית׳ ויכול למסור נפשו על ק״ה כו׳
Car cet amour de feu noir, qui provient du niveau de « Il a fait de l’obscurité Sa cachette », est semblable à l’amour d’un fils pour son père : le fils, issu du cerveau de son père, ne veut pas, par nature, être séparé de son unité et de son unicité, béni soit-Il, et peut donner sa vie pour la sanctification du Nom de D.ieu, etc.
Cet amour caché ressemble à l’amour d’un enfant pour son parent : il est naturel, ne procède pas du raisonnement et est assez puissant pour conduire au sacrifice de soi.
וז״ש כבנין רחימין והיינו ע״ד מ״ש בסש״ב פמ״ד בשם הרע״מ2 כברא דאשתדל בתר אבוי ואימיה דרחים לון יתיר מגרמיה ונפשיה ורוחיה כו׳.
C’est le sens de « comme des enfants bien-aimés », conformément à ce qui est écrit dans le Tanya, chapitre 44, au nom de la Raaya Mehemna : « comme un fils qui se dévoue pour son père et sa mère, qu’il aime plus que son propre corps, son âme et son esprit », etc.
Voilà pourquoi le Targoum traduit par « enfants bien-aimés ». Le Tanya, chapitre 44, cite la Raaya Mehemna à propos d’un fils qui aime ses parents plus que son propre corps et son âme.
Le paragraphe identifie l’amour caché au « noir » qui est en réalité un blanc écrasant, puis explique qu’Israël est constitué d’« enfants bien-aimés », dont l’amour de D.ieu est naturel et prêt au sacrifice de soi.
Maré mekomot
- 1הלא כבני כושיים אתם לי · Amos 9:7
- 2בסש״ב פמ״ד בשם הרע״מ · Tanya, Likkutei Amarim 44:6
22ופי׳ מהודו ועד כוש היינו כמבואר לעיל בענין את האור כי טוב1 שהוא בחי׳ אור א״ס ב״ה הגנוז ומלובש בבחי׳ כתר הנק׳ ישת חשך סתרו.
Le sens de « de Hodu à Kouch » est celui qui a été expliqué plus haut à propos de « la lumière, qu’elle était bonne » : c’est le niveau de la Lumière infinie, béni soit-Il, cachée et revêtue dans le niveau de Kéter, appelé « Il a fait de l’obscurité Sa cachette ».
« De Hodu à Kouch » renvoie à la lumière cachée qui « était bonne » : la Lumière infinie dissimulée dans Kéter, l’obscurité où D.ieu se cache.
וגם באדם הוא ניצוץ אלקות המלובש בבחי׳ יחידה שבנפש ועש״ז נקראו כל נש״י בשם יהודים שעי״ז נמשך הביטול למס״נ כו׳.
Chez l’homme également, il s’agit de l’étincelle divine revêtue dans le niveau de ye’hida de l’âme. C’est pourquoi toutes les âmes d’Israël sont appelées Yehoudim : de là découle l’annulation de soi jusqu’au sacrifice de soi, etc.
Chez l’homme, il s’agit de l’étincelle divine revêtue dans ye’hida, le point le plus intérieur de l’âme. Les Juifs sont appelés Yehoudim, en rapport avec hodou, la reconnaissance, parce que ce point suscite l’annulation de soi jusqu’au sacrifice de soi.
ובכ״ז יובן ג״כ מארז״ל פ״ק דמגילה (די״א ע״א) רב ושמואל חד אמר הודו בסוף2 העולם וכוש בסוף העולם.
Tout cela permet également de comprendre l’enseignement de nos Sages, dans le premier chapitre de Méguila (11a) : Rav et Chmouel ; l’un dit que Hodu se trouve à l’extrémité du monde et Kouch à l’extrémité du monde,
Le Talmud rapporte une discussion entre Rav et Chmouel sur le verset. Selon l’un d’eux, Hodu et Kouch se trouvent aux deux extrémités du monde.
דהיינו כפי׳ הראשון דכוש הוא החשך דעשיה בחינת קדרות וחד אמר הודו וכוש בהדי הדדי
c’est-à-dire selon la première explication, où Kouch représente l’obscurité d’Assiya, le niveau de la noirceur. Et l’autre dit que Hodu et Kouch
Cela correspond à la première explication : Kouch représente l’obscurité d’Assiya, le point le plus bas.
הוו קיימי כשם שמלך מהודו ועד כוש כך מלך מסוף העולם ועד סופו פי׳ בהדי הדדי זהו ענין החשך העליון שנגנז בו האור
se trouvaient côte à côte ; de même qu’il régna de Hodu à Kouch, il régna de l’une à l’autre extrémité du monde. « Côte à côte » désigne l’obscurité supérieure dans laquelle la lumière fut cachée,
Selon l’autre opinion, Hodu et Kouch sont côte à côte. L’Alter Rebbe y voit l’obscurité supérieure dans laquelle la lumière elle-même fut cachée : lumière et obscurité se trouvent donc côte à côte.
דהיינו בחי׳ כתרא עילאה חוורא מלגאו אוכמא מלבר א״נ הודו היינו הוד והדר לבשת בחי׳ ה׳ מלך גאות לבש3 כמ״ש בד״ה יונתי בענין יפתי וכוש היינו בחי׳ בורא חשך עולם השרפים
c’est-à-dire le niveau de Kéter suprême, blanc à l’intérieur et noir à l’extérieur. Ou bien, Hodu signifie : « Tu t’es revêtu de gloire et de majesté », le niveau de « Havaya règne, Il s’est revêtu de grandeur », comme il est écrit dans le discours commençant par « Ma colombe », à propos de « ma belle » ; et Kouch désigne le niveau de « qui crée l’obscurité », le monde des Sérafim.
Il s’agit de Kéter, « blanc à l’intérieur et noir à l’extérieur ». Autre explication : Hodu désigne la gloire et la majesté de D.ieu, et Kouch, « qui crée l’obscurité », le monde des Sérafim.
וזהו בהדי הדדי הוה יתבי כי מל׳ דאצילות נעשית מקור לבריאה כו׳ ומתלבשת בחכ״ב דבריאה וע״ז נאמר שחורה אני כו׳
Tel est le sens de « ils étaient assis côte à côte » : la Mal’hout d’Atsilout devient la source de Béria, etc., et se revêt de ’Hokhma, Bina et Daat de Béria ; c’est à son propos qu’il est dit : « Je suis noire », etc.,
Ils sont côte à côte parce que la Mal’hout d’Atsilout devient la source de Béria et se revêt de son intellect. C’est de cette Mal’hout qu’il est dit : « Je suis noire ».
לפי שמתלבשת בבחי׳ ובורא חושך כו׳ וכמ״ש במ״א וזהו ענין התורה שניתנה באש שחורה ע״ג אש לבנה.
car elle est revêtue dans le niveau de « qui crée l’obscurité », etc., comme il est écrit ailleurs. Tel est le sens de la Torah donnée comme un feu noir sur un feu blanc.
La Mal’hout est revêtue de l’« obscurité » de Béria. C’est la Torah sous la forme d’un feu noir sur un feu blanc.
Le paragraphe applique la discussion talmudique sur Hodu et Kouch aux deux sens de l’obscurité : l’obscurité la plus basse, éloignée de la lumière, et l’obscurité supérieure qui lui est contiguë, comme Kéter, blanc à l’intérieur et noir à l’extérieur, ou la Mal’hout d’Atsilout revêtue dans Béria.
Le rapprochement entre la Mal’hout d’Atsilout et Béria ramène au début du maamar : le plaisir du Gan Eden provient de la parole divine d’Atsilout, qui devient la racine de Béria.
Maré mekomot
- 1את האור כי טוב · Genesis 1:4
- 2
- 3ה׳ מלך גאות לבש · Psalms 93:1
23וגם תשב״כ ותשבע״פ כנ״ל וכשם שמלך מהודו ועד כוש כי שם הוא תכלית היחוד והביטול כו׳
Il en va également ainsi de la Torah écrite et de la Torah orale, comme dit plus haut. « De même qu’il régna de Hodu à Kouch » : c’est là que se trouvent l’unité et l’annulation de soi dans leur accomplissement ultime, etc.,
Ce principe s’applique également à la Torah écrite et à la Torah orale. Régner de Hodu à Kouch exprime l’unité et l’annulation de soi dans leur accomplissement ultime.
כך מלך כו׳ כי מלכותך מלכות כל עולמים ואין עוד מלבדו1 והכל בהשגחה פרטית אין אדם נוקף כו׳2 ועמ״ש בד״ה ומרדכי יצא34 גבי
« il régna », etc., car « Ton règne est un règne sur tous les mondes » et « il n’est rien en dehors de Lui », et tout relève de la providence particulière : « un homme ne se heurte pas le doigt [ici-bas sans que cela ait été décrété en haut] », etc. Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Mordekhaï sortit », à propos de
Tout est soumis au règne de D.ieu et il n’existe rien en dehors de Lui ; tout relève donc de la providence particulière. Le Talmud enseigne qu’un homme ne se heurte pas même le doigt ici-bas sans que cela ait été décrété en haut.
ולכן ביטל כו׳ את המעוררים כו׳ כי באמת אני הוי׳ לא שניתי5 ומשם מובן דשייך בחינה זו במגילת אסתר וגם בחינה הראשונה בענין הודו וכוש שבהדי הדדי
« c’est pourquoi Il annula », etc., ceux qui suscitaient, etc. Car, en vérité, « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé ». On comprend ainsi que ce niveau s’applique à la Méguilat Esther, ainsi que le premier niveau, à propos de Hodu et Kouch côte à côte,
D.ieu ne change pas ; c’est pourquoi Il annula ceux qui suscitaient le décret. Cette providence cachée explique que ce niveau s’applique à la Méguilat Esther.
דהיינו ע״ד שניתנה התורה באש שחורה ע״ג אש לבנה6 שייך ג״כ לזה כי הדר וקבלוה בימי אחשרוש7 וכמ״ש וקבל היהודים8 כו׳:
c’est-à-dire que cela s’applique également à la Torah donnée comme un feu noir sur un feu blanc, car ils « l’acceptèrent de nouveau aux jours d’A’hachvéroch », comme il est écrit : « Et les Juifs acceptèrent », etc.
La Torah comme feu noir sur feu blanc s’applique également à Pourim, puisque les Juifs acceptèrent de nouveau la Torah aux jours d’A’hachvéroch.
Le paragraphe conclut en reliant « de Hodu à Kouch » à l’histoire de Pourim : le règne caché et la providence de D.ieu s’étendent partout, et, à Pourim, la Torah, feu noir sur feu blanc, fut acceptée de nouveau.
Maré mekomot
- 1ואין עוד מלבדו · Deuteronomy 4:35
- 2אין אדם נוקף כו׳ · Chullin 7b:15–16
- 3בד״ה ומרדכי יצא · תו״א צג, א.
- 4ומרדכי יצא · Esther 8:15
- 5אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 6שניתנה תורה באש שחורה ע״ג אש לבנה · Zohar III, 132a
- 7הדר וקבלוה בימי אחשורוש · Shabbat 88a:5
- 8
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Une personne doit s’appuyer sur la méditation de la grandeur de D.ieu, qui dépasse toute compréhension, pour faire émerger l’amour caché de D.ieu enraciné dans son âme. Dans la prière, elle progressera ainsi de l’enthousiasme des Versets de louange et de la Kedoucha, à travers le feu du Chéma, jusqu’à l’annulation de soi de la Amida. Elle ne doit pas se laisser décourager par sa « noirceur » : l’amour n’est jamais altéré par l’âme animale et, par la techouva, les ténèbres elles-mêmes sont transformées, faisant jaillir une lumière plus grande.
Questions à discuter
- Pourquoi l’Admour Hazaken dit-il que, par rapport à la Lumière infinie, même Kéter est du « feu noir », tandis que, par rapport à 'Hokhma, il est du « feu blanc » ?
- Comment l’analogie de l’encre sur le parchemin explique-t-elle que, par le youd, la Lumière infinie elle-même, et non pas seulement un vêtement, soit révélée ?
- Quelle est la différence entre le silence des Serafim et le « grand tumulte » des Ofanim, et quel est le rapport avec la différence entre les jours de semaine et Chabbat ?
- Pourquoi la méditation ne peut-elle pas créer l’amour à partir de rien, et que nous apprend cela sur l’amour caché ?
- En quels deux sens l’âme est-elle « noire », et comment chacun d’eux devient-il la source de sa beauté ?