Likkutei TorahLa Paracha ’hassidique

Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 1

שיר השירים אשר לשלמה ישקנו מנשיקות פיהו כי…

Le Cantique des Cantiques, qui est de Salomon

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L’idée centrale

Le peuple juif est l’épouse de D.ieu de deux manières : par le sacrifice de soi qui consume le moi, et par un amour ardent où subsiste un moi. Ces deux formes attirent deux « fiancés » : le grand Nom de D.ieu revêtu de la sagesse suprême de la Torah, et la Torah ainsi que les mitsvot introduites dans les mondes inférieurs. L’amour de D.ieu révélé par leur intermédiaire atteint Son essence même ; c’est pourquoi il est « meilleur que le vin », meilleur que toute révélation issue d’un voilement.

Le maamar en bref

Le maamar lit les premiers versets du Cantique des Cantiques comme les noces de D.ieu, le fiancé qui « descend d’un degré », et d’Israël, Son épouse. Kalla, l’épouse, a deux sens : kilayon, être consumée, et kalsah, aspirer ardemment. Ces sens correspondent aux deux sacrifices de soi du Chema : au mot « Un », où la méditation sur l’unité absolue de D.ieu annule entièrement le moi (l’unité supérieure), et dans « Tu aimeras… de toute ton âme », où un moi subsiste et aspire à être absorbé (l’unité inférieure). « Béni soit le nom de la gloire de Son royaume » est prononcé entre les deux, car la royauté de D.ieu — Son Nom Elokim, qui voile — est ce qui donne aux créatures un moi capable d’aimer. Ces deux épouses attirent deux fiancés. Le premier est « Son grand Nom », la capacité de D.ieu à rayonner, qui se situe au-dessus de l’enchaînement des mondes et pénètre dans la Torah sous la forme de son « chant » et de ses signes de cantillation, porteurs du plaisir de D.ieu. Le second fait pénétrer la Torah dans les mondes inférieurs et dans les mitsvot physiques, dont les racines dans le monde de Tohu sont plus élevées que l’homme. Le chant des mondes qui s’élève d’en bas (le chant féminin, shirah) s’unit au chant qui descend d’en haut (le chant masculin, shir), comme un baiser qui révèle un amour intérieur. Enfin, le vin représente une révélation après le voilement, mais « ton amour » révèle l’essence de D.ieu, devant qui l’obscurité et la lumière sont égales.

Plan

  1. Le fiancé, l’épouse et les deux sens de kallaD.ieu est le fiancé qui descend dans la Torah, Israël est l’épouse ; kalla signifie à la fois être consumée et aspirer ardemment, ce qui correspond aux deux sacrifices de soi du Chema. La question est de savoir comment l’amour peut suivre l’annulation totale de soi.¶1
  2. Deux sacrifices de soi, deux unitésLe sacrifice de soi au mot « Un » consume toute volonté personnelle (l’unité supérieure) ; l’amour de « de toute ton âme » préserve un moi qui aspire à D.ieu. Cela est rendu possible par « Béni soit le nom », l’unité inférieure, car Elokim, le voilement, est D.ieu Lui-même. Il s’agit de la Chekhina supérieure et de la Chekhina inférieure, les deux épouses du Cantique.¶2–3
  3. Son grand Nom et le chant de la TorahLes deux épouses donnent naissance à deux fiancés. « Son grand Nom » est la capacité de D.ieu à rayonner, au-dessus de l’enchaînement des mondes ; les mondes ne vivent de cette capacité que par le tsimtsoum, de sorte que D.ieu demeure inchangé. Elle se revêt dans la Torah sous la forme de son chant et de ses signes, le plaisir propre de D.ieu.¶4–5
  4. Le Cantique des Cantiques, qui est de SalomonLes chants des mondes qui s’élèvent (l’épouse) attirent le chant supérieur (le fiancé) ; « de Salomon » signifie la paix, l’union des contraires, du donneur et du récepteur ; et « Qu’il me donne des baisers » désigne l’amour intérieur qui contourne l’enchaînement des mondes, comme dans « Le jour, Sa bonté ; la nuit, Son chant ».¶6–8
  5. Le second fiancé : la Torah et les mitsvot ici-basLe second fiancé fait pénétrer la Torah dans les mondes inférieurs et dans les mitsvot physiques, dont les racines dans le monde de Tohu sont plus élevées que l’homme. Le sacrifice de soi attire le premier fiancé et l’amour ardent, le second ; et toute révélation du fiancé nécessite d’abord la houppa enveloppante.¶9–11
  6. Meilleur que le vinLe vin est une révélation après le voilement, comme dans la naissance, les semailles et le long exil qui précède la révélation future ; mais l’amour de D.ieu, attiré par la Torah et les mitsvot, révèle Son essence, pour laquelle l’obscurité et la lumière sont identiques.¶12–16

Notions clés

Kalla (épouse) : être consumée et aspirer ardemmentכלה — כליון, כלתה נפשי
Les deux sens d’« épouse » : le moi entièrement consumé en D.ieu, et un moi qui subsiste et aspire à être absorbé en Lui.
‘Hatan (fiancé) : ‘hat daragaחתן — חות דרגא
D.ieu en tant que fiancé est D.ieu qui « descend d’un degré », faisant descendre Sa lumière dans la Torah, puis dans les mondes inférieurs.
Le sacrifice de soi (messirout néfech) au mot « Un » et dans « de toute ton âme »מסירות נפש באחד ובכל נפשך
Les deux sacrifices de soi du Chema : l’annulation totale de soi qui découle de la méditation sur l’unité de D.ieu, et un amour ardent où subsiste quelqu’un qui aime.
L’unité supérieure et l’unité inférieureיחודא עילאה ויחודא תתאה
« Écoute, Israël » : rien n’existe en dehors de D.ieu. « Béni soit le nom de Son royaume » : D.ieu présent au sein d’un monde qui semble exister, par Sa royauté.
La Chekhina supérieure et la Chekhina inférieureשכינתא עילאה ושכינתא תתאה
Les termes kabbalistiques désignant les deux niveaux de l’épouse, les racines des deux sacrifices de soi.
Son grand Nomשמו הגדול
Non pas l’essence de D.ieu, mais Sa capacité à rayonner, au-dessus de l’enchaînement des mondes ; elle ne donne vie aux mondes que par le tsimtsoum, de sorte que D.ieu Lui-même ne change pas.
Le chant de la Torah et ses signes (ta’amim)רננא דאורייתא, טעמי התורה
Le niveau de la Torah qui dépasse sa sagesse révélée : le plaisir de D.ieu en Lui-même, revêtu dans la 'Hokhma suprême.
Shir et shirahשיר ושירה
Le chant masculin qui descend d’en haut et le chant féminin qui s’élève d’en bas ; le chant de l’épouse attire celui du fiancé.
Les baisersנשיקין
Un amour intérieur trop grand pour les mots ou pour tout réceptacle, qui ne se révèle qu’au moyen d’une grande contraction ; ainsi, la lumière de D.ieu atteint les mondes par un saut, et non étape par étape.
Le vin conservé dans ses grappesיין המשומר בענביו
Une révélation après le voilement : plus le voilement est profond, plus la révélation est grande, comme lors du long exil et de la rédemption future.

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Le fiancé, l’épouse et les deux sens de kalla ¶1

1שיר השירים אשר לשלמה ישקנו מנשיקות פיהו כי טובים דודיך מיין. הנה נודע שהקב״ה נקרא חתן.

« Le Cantique des cantiques, qui est de Salomon. Qu’il me donne les baisers de sa bouche, car tes marques d’amour sont meilleures que le vin. » Or, on sait que le Saint béni soit-Il est appelé le fiancé (hatan).

Explication

Le maamar s’ouvre sur les deux premiers versets du Cantique des cantiques, qu’il expliquera expression par expression. Il part d’une idée familière : le Cantique est un chant d’amour entre D.ieu, le fiancé, et le peuple juif, sa fiancée.

וכנ״י נקרא בשם כלה. והיינו ע״ש המשכת והשפעת התורה לישראל. וכמארז״ל ביום חתונתו זה מ״ת.

La Communauté d’Israël (Knesset Israël) est appelée « fiancée » (kalla). Cela tient à la transmission et au don de la Torah à Israël, comme l’ont dit nos Sages : « “Le jour de son mariage” : c’est le don de la Torah. »

Explication

Le peuple juif dans son ensemble est appelé la fiancée de D.ieu, et le mariage est le don de la Torah au Sinaï. Les Sages comprennent le verset « le jour de son mariage » comme désignant ce jour où D.ieu se donna à Israël par la Torah.

ולכן המשמח את החתן זוכה לתורה שניתנה בה׳ קולות בפ״ק דברכות כי חתן חות דרגא.

C’est pourquoi « celui qui réjouit le fiancé mérite la Torah, qui fut donnée avec cinq voix » (dans le premier chapitre de Berakhot), car hatan [signifie] hat darga, « descendre d’un degré ».

Explication

Le Talmud enseigne que celui qui réjouit un fiancé mérite la Torah, qui fut donnée avec cinq « voix ». Le mot hatan (fiancé) se lit hat darga, « descendre d’un degré » : le fiancé descend vers sa fiancée.

דהיינו ירידת והמשכת אור א״ס ב״ה להתלבש בתורה. וכנס״י היא מקור נשמות ישראל וכן כל ניצוץ וניצוץ מישראל בפרט הוא בבחי׳ כלה.

C’est-à-dire la descente et la diffusion de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, afin qu’elle se revête dans la Torah. La Communauté d’Israël est la source des âmes d’Israël ; de même, chaque étincelle individuelle d’Israël est dans l’aspect d’une fiancée.

Explication

D.ieu en tant que fiancé signifie que la Lumière infinie descend et se revêt dans la Torah, afin de pouvoir nous être donnée. La fiancée est Knesset Israël, la racine collective de toutes les âmes juives ; chaque Juif, « étincelle » de cette racine, est également une fiancée en ce sens.

והנה כלה יש בו ב׳ פירושים. הא׳ מלשון כליון שמכלה ומבלה הכל מלשון כלה. (וכמו כלה שארי) (בתהלים ע״ג) דתרגם יונתן אשתיצא גושמי

Or, kalla a deux significations. La première vient du terme kilayon, « consomption » : elle consume et use tout, du mot kala, « consumé ». (Comme dans « ma chair est consumée [kala] ») (Psaumes 73), que le Targoum Yonatan traduit par « mon corps est épuisé »,

Explication

L’Admour Hazaken donne maintenant deux significations au mot kalla (fiancée), qui structureront tout le maamar. La première vient de kilayon, « être consumé, épuisé » : le verset « ma chair est consumée » est traduit par le Targoum : « mon corps est épuisé ».

דהיינו לשון כליון וכן (בישעיה ט״ז ד׳) וכך ג״כ בכלה בפתח י״ל הפי׳ ג״כ עד״ז וכ״ה בזהר פ׳ אחרי (דע״ב) ע״פ כי כלתו היא שצייתא כו׳.

c’est-à-dire un terme de consomption ; de même (Isaïe 16:4). On peut également dire que kalla, avec un pata’h, signifie dans ce sens. C’est aussi ce qu’enseigne le Zohar, dans la paracha A’harei (folio 72), sur le verset « car elle est sa belle-fille (kallato) » : « l’achèvement (chetsitsa)… », etc.

Explication

La même idée de fin et de consomption apparaît chez Isaïe, et l’Admour Hazaken suggère que kalla, le mot pour « fiancée », peut aussi porter ce sens. Sur le verset « car elle est sa belle-fille (kallato) », le Zohar lit le mot comme « achèvement » ou « complétion » (chetsitsa).

כי מלת כלה היא שם דבר המורה על הפעולה כמו רכה זכה דקה ונק׳ כלה ע״ש שמכלה כו׳.

Car le mot kala est un nom qui désigne l’action, comme rakka, zakka, dakka [« douce », « pure », « fine »], et elle est appelée kalla parce qu’elle consume, etc.

Explication

Grammaticalement, kala est un nom désignant une action, comme les mots pour « douce », « pure » et « fine ». La fiancée tire donc son nom de ce qu’elle fait : elle consume, menant toute chose à son terme.

וכן איתא ברבות שנתכלו. והב׳ מלשון כלתה נפשי כו׳ (תהלים פ״ד) והיינו תשוקת הנפש לידבק וליכלל באורו ית׳

On trouve aussi dans le Midrash Rabbah : « qu’ils furent consumés (nitkallu) ». La seconde [signification] vient de « mon âme languit (kalsah) », etc. (Psaumes 84), c’est-à-dire le désir ardent de l’âme de s’attacher à Sa lumière et de s’y absorber, béni soit-Il.

Explication

Le Midrash emploie également cette racine pour désigner la consomption. La seconde signification vient de « mon âme languit (kalsah) » : le désir ardent de l’âme de s’attacher à D.ieu et de s’absorber dans Sa lumière.

(וכמו דת״י שם תאיבת נפשי שהוא לשון תשוקה כמו ואל אישך תשוקתך ותרגומו תיאובתיך) והענין דהנה בק״ש יש ב׳ בחי׳ מס״נ.

(Le Targoum Yonatan traduit ici : « mon âme désire [te’ivas] », expression qui désigne le désir ardent, comme dans « ton désir ira vers ton mari », que le Targoum traduit par « te’uvtikh ».) Voici l’explication : dans la récitation du Chema, il existe deux aspects de sacrifice de soi (messirout néfech).

Explication

La traduction du Targoum, « mon âme désire », confirme que kalsah signifie le désir ardent ; c’est le même mot que le Targoum emploie pour le désir de ‘Hava envers son mari. L’Admour Hazaken se tourne ensuite vers le Chema, où il distingue deux formes de sacrifice de soi (messirout néfech), correspondant aux deux sens de kalla.

הא׳ למסור נפשו באחד. והב׳ ואהבת בכל נפשך אפי׳ נוטל את נפשך כו׳. ולהבין ענינם וההפרש שביניהם.

La première consiste à livrer son âme au [mot] « Un ». La seconde est « Tu aimeras… de toute ton âme », même s’Il prend ton âme, etc. Il faut comprendre ce qu’elles sont et quelle est leur différence.

Explication

Le premier sacrifice de soi se situe au mot « Un » (E’had) du Chema, où l’on décide de donner sa vie pour l’unité de D.ieu. Le second se trouve dans « Tu aimeras D.ieu… de toute ton âme », que la Michna explique comme aimer D.ieu même s’Il prend sa vie. Le maamar demandera en quoi ces deux formes diffèrent.

ועוד צ״ל איך שייך ואהבת בכל לבבך. אחר בחי׳ מס״נ באחד שהרי באהבה כתיב ס״פ נצבים לאהבה כו׳ כי הוא חייך.

Il faut encore comprendre en quoi « Tu aimeras… de tout ton cœur » a sa place après l’aspect du sacrifice de soi au mot « Un ». Car, au sujet de l’amour, il est écrit à la fin de la paracha Nitsavim : « aimer… car Il est ta vie ».

Explication

Une seconde question se pose : l’amour appartient à une personne vivante et sensible, comme le dit la Torah : « aimer… car Il est ta vie ». Comment l’amour peut-il venir après un sacrifice de soi qui a déjà renoncé à la vie elle-même ?

אבל המס״נ הוא להשליך חייו מנגד שהוא ביטול במציאות לאור א״ס ב״ה ממש (וע׳ בפ׳ שמות בד״ה להבין מארז״ל ע״פ כי טובים דודיך ובד״ה חייב אינש לבסומי בפוריא).

Mais le sacrifice de soi consiste à rejeter sa vie, ce qui est une annulation de son existence même devant la Lumière infinie, béni soit-Il. (Voir, dans la paracha Chemot, le discours commençant par « Pour comprendre l’enseignement de nos Sages sur “car tes marques d’amour sont meilleures que le vin” », et celui commençant par « L’homme est tenu de s’enivrer à Pourim ».)

Explication

Le sacrifice de soi au mot « Un » consiste à mettre entièrement sa vie de côté, à annuler son existence même devant D.ieu. La parenthèse renvoie à deux discours de Torah Ohr traitant de ce thème.

וא״כ איך אחר מעלת ומדרגת הביטול דמס״נ באחד יהי׳ שייך בחי׳ ואהבת יש מי שאוהב והענין כי

Dès lors, comment, après la qualité et le degré d’annulation de soi que représente le sacrifice au mot « Un », peut-il y avoir place pour l’aspect « Tu aimeras », où il existe quelqu’un qui aime ? Voici l’explication :

Explication

La difficulté est formulée clairement : après l’annulation totale de soi, comment peut-il y avoir « Tu aimeras », qui suppose un être existant et aimant ? La réponse commence maintenant.

הנה הבחי׳ הא׳ למסור נפשו באחד הוא מחמת שמע ישראל כו׳ כי שמע מלשון הבנה שהיא התבוננות בגדולת א״ס ב״ה איך שהוא אחד

le premier niveau, livrer son âme au mot « Un », découle de « Écoute, Israël », etc. En effet, « écoute » (chema) signifie comprendre : il s’agit de méditer à la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, et à la manière dont Il est Un,

Explication

Le sacrifice de soi au mot « Un » résulte de « Écoute, Israël » : « écouter » signifie ici « comprendre » et découle donc de la méditation sur la grandeur de D.ieu. On réfléchit à la manière dont D.ieu est véritablement Un.

כמו קודם שנברא העולם בלי שום שינוי כמ״ש אני הוי׳ לא שניתי כו׳ אתה הוא עד שלא נברא כו׳ אני ראשון ואני אחרון ומבלעדי אין אלקים.

comme avant la création du monde, sans le moindre changement, ainsi qu’il est écrit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », etc. ; « Tu étais [le même] avant que le monde fût créé », etc. ; « Je suis le premier et Je suis le dernier, et en dehors de Moi il n’y a pas d’Elokim. »

Explication

D.ieu est Un aujourd’hui exactement comme avant la création : celle-ci n’a rien changé en Lui. Trois versets et un passage de la prière l’affirment, jusqu’à « en dehors de Moi il n’y a pas d’Elokim ».

פי׳ אלקים המעלים ומסתיר כו׳ כי לפניו ית׳ אין שום העלם מעלים ומסתיר כלל כי כולא קמיה כלא חשיב כו׳.

Elokim signifie ce qui dissimule et cache, etc. Car devant Lui, béni soit-Il, il n’existe aucun voile qui dissimule et cache ; tout est considéré devant Lui comme rien, etc.

Explication

Elokim est le Nom de D.ieu associé à la dissimulation, le pouvoir qui voile D.ieu afin qu’un monde puisse sembler exister. Mais, du point de vue de D.ieu, rien ne Le voile, car tout est considéré devant Lui comme rien.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe présente le fiancé (D.ieu descendant dans la Torah) et la fiancée (le peuple juif), puis donne deux sens à kalla : être consumé et désirer ardemment. Il les associe à deux formes de sacrifice de soi dans le Chema et demande comment « Tu aimeras », qui requiert un sujet aimant, peut suivre l’annulation totale de soi au mot « Un ».

Pour aller plus loin

Les deux sens de kalla correspondent à deux modes de bitoul, que le maamar appellera yi’houda ila’a et yi’houda tata’a : le premier efface entièrement le moi, le second conserve un moi qui aspire à être absorbé. La note Kehot rapporte la question du Tséma’h Tsédek au sujet du second sens : Mal’hout d’Atsilout est elle-même divinité ; comment peut-elle donc aspirer à être absorbée dans la Lumière infinie, pas plus qu’un pied n’aspire à être absorbé dans la tête ?

Maré mekomot

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    שיר השירים · הנחה אחרת בסה״מ תקע״א נדפס מגוכתי״ק כ״ק הצ״צ. ראה הערת כ״ק אדמו״ר בהערות וציונים לעיל יט, ג. סעי׳ א נמצא בשרש מצות התפלה פרק מא עם הגהות אחרות. במאמרי אדה״ז — כתובים ח״ב ע׳ א׳ כנראה קיצור או תוכן מחלק מהמאמר. עוד הנחה באוה״ת שה״ש ע׳ טו עם הגהות אחרות. שם ע׳ כא צויין: שייך לד״ה שה״ש ביאור על לקו״ת. שם ע׳ כד צויין: ביאור מעט ע״פ ישקני לד״ה שה״ש הא׳ לסעי׳ ג. שם ע׳ כה ללקו״ת ד״ה שה״ש. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואות לד״ה זה. באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתט נדפס ביאור (וראה בהערה לשם).
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    שיר השירים · Song of Songs 1:1
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    וכנס״י נקרא בשם כלה · באוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תקיח מביא זה בשם רבות ס״פ ואתחנן.
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    ביום חתונתו זה מ״ת · Song of Songs 3:11
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    בפ״ק דברכות · ו, ב.
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    חתן חות דרגא · Yevamot 63a
  9. 9
    והנה כלה יש בו ב׳ פירושים · ראה אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תקיח. פ׳ שלח ע׳ תרט. סה״מ תרע״ח ע׳ מ.
  10. 10
    כלה שארי · Psalms 73:26
  11. 11
    דתרגם יונתן · אבל רש״י שם פי׳ ”לשון תאוה כמו כלתה לתשועתך נפשי” [תהלים קיט, פא]. וכן פירשו במצודת ציון ומצודת דוד.
  12. 12
    כלתה נפשי · Psalms 84:3
  13. 13
    תשוקת נפש לידבק · באוה״ת שלח ע׳ תרט מביא הקושיא ”הלא מל׳ דאצי׳ היא אחת מע״ס שהן אלקות ממש, וא״כ איך שייך בזה התשוקה להכלות הנפש לאוא״ס כמו שלא שייך התשוקה מהרגל אל הראש” ע״ש.
  14. 14
    ואל אישך תשוקתך · Genesis 3:16
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    בק״ש יש ב׳ בחי׳ מס״נ · ראה גם לקמן כא, ג.
  16. 16
    למסור נפשו באחד · ראה שו״ת הרשב״א ח״ה תשובה נה. ב״ח טור או״ח סס״א. פע״ח שער הק״ש פי״ב. ראה גם תו״א כט, ב. אוה״ת תרומה ע׳ א׳שסז. נצבים ע׳ א׳ר. לעיל בפ׳ ראה כה, א ”ואין הכוונה על ציור ק״ה בפ״מ בלבד אלא גם ברוחניות”.
  17. 17
    ואהבת בכל נפשך · Deuteronomy 6:5
  18. 18
    אפי׳ נוטל את נפשך · Mishnah Berakhot 9:5
  19. 19
    לאהבה כו׳ כי הוא חייך · Deuteronomy 30:20
  20. 20
    בד״ה להבין מארז״ל ע״פ כי טובים דודיך · תו״א נג, א.
  21. 21
    ובד״ה חייב אינש לבסומי בפוריא · תו״א צט, ב.
  22. 22
    שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
  23. 23
    שמע מלשון הבנה · I Samuel 3:1
  24. 24
    אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  25. 25
    אני ראשון . . ומבלעדי אין אלקים · Isaiah 44:6
  26. 26
    כולא קמיה כלא חשיב · Zohar, Introduction 20:188–22:199
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Deux sacrifices de soi, deux unités ¶2–3

2ואי לזאת ולא תחללו את שם קדשי כו׳ שלא לעשות מקום חלל כו׳ להיות דבר נפרד ממנו ית׳ ח״ו וממילא בטלים כל התאוות והישות ולגרמיה כו׳

En conséquence, « vous ne profanerez pas (te’halelou) Mon saint Nom », etc. : ne pas créer un espace vide (makom halal), etc., où quelque chose serait séparé de Lui, béni soit-Il, à D.ieu ne plaise. Par conséquent, tous les désirs, le sentiment d’exister et le fait de vivre pour soi, etc., sont annulés.

Explication

Le verset « vous ne profanerez pas (te’halelou) Mon saint Nom » est lu comme « ne créez pas un halal, un espace vide » où quelque chose pourrait exister indépendamment de D.ieu. Celui qui saisit véritablement que D.ieu est Un ne conserve aucune place pour ses désirs, son ego ou une vie centrée sur lui-même.

וזהו לשון כליון שמכלה לגרמיה כו׳ שיתבטלו כל רצונותיו ולא ישאר שום רצון רק אליו י״ת

Tel est le sens de kilayon, « consomption » : consumer le fait de vivre pour soi, etc., de sorte que tous ses désirs soient annulés et qu’il ne subsiste aucune volonté, sinon celle tournée vers Lui, béni soit-Il.

Explication

C’est le premier sens de kalla : la consomption. Le moi qui vit pour lui-même est consumé. Tous les désirs personnels disparaissent et seule demeure la volonté de D.ieu.

(וזהו ענין כלה שארי ולבבי כמו שת״י אשתיצא גושמי וכמ״ש בזהר פ׳ אחרי הנ״ל שצייתא דעלמא היא כליון כל הרצונות.

(C’est le sens de « ma chair et mon cœur sont consumés », selon la traduction du Targoum Yonatan : « mon corps est épuisé », et selon ce qui est dit dans le Zohar, paracha A’harei, cité plus haut : « l’achèvement (chetsitsa) du monde », c’est la consomption de tous les désirs.

Explication

Le verset « ma chair et mon cœur sont consumés » ainsi que l’expression du Zohar « l’achèvement du monde » décrivent tous deux cela : la fin de tous les désirs propres.

וע״ד שנת׳ במ״א ע״פ כי תצא להיות נקודת פנימי׳ הלב עולה ונכלל באור א״ס ב״ה ולא מהעוה״ז לבד כו׳ אלא אפי׳ מג״ע התחתון והעליון וכמ״ש מי לי בשמים כו׳ כלה שארי כו׳)

C’est dans le même esprit que ce qui est expliqué ailleurs sur le verset « Lorsque tu sortiras » : le point intérieur du cœur s’élève et s’absorbe dans la Lumière infinie, béni soit-Il, non seulement en quittant ce monde, etc., mais même le Gan Eden inférieur et supérieur, comme il est écrit : « Qui ai-je au ciel ? », etc. ; « ma chair est consumée », etc.)

Explication

Ailleurs, l’Admour Hazaken explique que le point le plus intérieur du cœur s’élève et s’absorbe dans la lumière de D.ieu. Il ne désire alors plus rien : ni ce monde, ni même le Gan Eden inférieur ou supérieur (le paradis spirituel), comme le dit le roi David : « Qui ai-je au ciel ?… ma chair est consumée. »

והבחי׳ הב׳ היא מלשון כלתה נפשי שהוא לשון תשוקה ואהבה שהוא בחי׳ ביטול היש דהיינו שהוא יש ודבר (ולא כליון היש לגמרי כמו בבחי׳ הא׳) אלא שמבטל א״ע שרוצה ליכלל וליבטל כו׳.

Le second niveau vient de « mon âme languit (kalsah) », expression qui désigne le désir ardent et l’amour. C’est l’aspect de l’annulation de l’être existant (bitoul hayech) : il est un être existant (et non une consomption complète de l’être, comme dans le premier niveau), mais il s’annule lui-même, voulant être absorbé et annulé, etc.

Explication

Le second sens, le désir ardent, correspond à une autre forme d’annulation : la personne demeure un moi, mais ce moi aspire à être absorbé en D.ieu. L’ego n’est pas effacé ; il se livre.

ולכן מפסיקים בין ב׳ בחי׳ מס״נ הנ״ל בבשכמל״ו בחי׳ יחו״ת שמבחי׳ מלכותו נתהוו כל הנבראים מאין ליש לפי שאין מלך בלא עם זהו מקור קיום וחיות כל הנבראים.

C’est pourquoi nous intercalons entre les deux niveaux de sacrifice de soi mentionnés plus haut « Béni soit le nom de la gloire de Son royaume à jamais », niveau de l’unité inférieure (yi’houda tata’a). Car tous les êtres créés sont venus à l’existence, du néant à l’être, à partir de Mal’hout (la souveraineté), puisqu’il n’est pas de roi sans peuple ; c’est la source de l’existence et de la force vitale de toutes les créatures.

Explication

Voilà pourquoi l’on récite « Béni soit le nom de la gloire de Son royaume » entre « Écoute, Israël » et « Tu aimeras ». Cette phrase représente l’unité inférieure : la royauté de D.ieu (Mal’hout) fait exister les créatures, puisqu’un roi a besoin d’un peuple, et elle rend ainsi possible l’existence d’un moi capable d’aimer.

Le paragraphe 2 en bref

Le paragraphe définit les deux sacrifices de soi : au mot « Un », le moi et tous ses désirs sont consumés ; dans « Tu aimeras », un moi subsiste, mais aspire à être absorbé. « Béni soit le nom » s’intercale entre les deux comme unité inférieure, la royauté de D.ieu qui donne leur existence aux créatures.

Pour aller plus loin

Dans Tanya, Chaar HaYi’houd VehaEmouna, chap. 7, l’Admour Hazaken explique l’enseignement du Zohar selon lequel « Écoute, Israël » est yi’houda ila’a et « Béni soit le nom » yi’houda tata’a. Il déduit aussi le but du tsimtsoum de l’idée qu’« il n’est pas de roi sans peuple » : un roi règne sur des sujets distincts et éloignés de lui.

Maré mekomot

  1. 1
    ולא תחללו את שם קדשי · Leviticus 22:32
  2. 2
    כלה שארי ולבבי · Psalms 73:26
  3. 3
    מי לי בשמים · Psalms 73:25
  4. 4
    בבשכמל״ו בחי׳ יחו״ת · בשרש מצות התפלה פרק מא ((קלח, ב) מבאר זה ”אחר שאמר אחד שהוא בחי׳ יחו״א איך שאין עוד שום דבר ממש כו׳ לא שייך כלל בחי׳ ואהבת בבחי׳ יש מי שאוהב אלא ע״י בחי׳ בשכמל״ו שנאמר בינתיים שהוא בחי׳ יחו״ת”.
  5. 5
    שאין מלך בלא עם · Tanya, Sha’ar HaYichud 7:2
  6. 6
    שאין מלך בלא עם · Rabbeinu Bahya, Bereshit 38:30
  7. 7
  8. 8

3וכתיב ומבלעדי אין אלקים מבלעדי דוקא דהיינו חוץ ממנו ית׳ ח״ו. אבל הוי׳ בעצמו הוא אלקים אני הוי׳ אלקיכם אני בעצמי כו׳

Il est écrit : « et en dehors de Moi il n’y a pas d’Elokim » ; « en dehors de Moi » précisément, c’est-à-dire hors de Lui, béni soit-Il, à D.ieu ne plaise. Mais Havaya Lui-même est Elokim : « Je suis Havaya votre Elokim » ; Moi-même, etc.,

Explication

« En dehors de Moi il n’y a pas d’Elokim » signifie qu’il n’existe aucun pouvoir de dissimulation en dehors de D.ieu. La dissimulation, Elokim, est elle-même Havaya : c’est D.ieu Lui-même qui voile.

שמצמצם ומסתיר אור א״ס ב״ה הבלתי בע״ג להיות גילוי בחי׳ נבראים בבחי׳ יש וכהדין קמצא

qui contracte et dissimule la Lumière infinie, béni soit-Il, laquelle est sans limites, afin que les créatures se manifestent comme des êtres existants (yech). Comme l’escargot,

Explication

D.ieu Lui-même contracte et dissimule Sa lumière infinie afin que les créatures puissent apparaître comme des êtres existants. Le Midrash évoque un animal semblable à l’escargot, dont la coquille se développe à partir de son propre corps.

דלבושי׳ מיני׳ ובי׳ ומבחי׳ זו של בשכמל״ו נמשך להיות ואהבת בבחי׳ יש מי שאוהב כו׳ משא״כ יחו״ע הוא בחי׳ ביטול ממש במס״נ.

dont le vêtement vient de lui-même et est en lui-même. De ce niveau de « Béni soit le nom de la gloire de Son royaume à jamais » découle « Tu aimeras », au niveau d’un moi existant, de quelqu’un qui aime, etc. ; tandis que l’unité supérieure (yi’houda ila’a) est le niveau de l’annulation véritable de soi dans le sacrifice de soi.

Explication

Comme la coquille de cet animal, la dissimulation fait partie de D.ieu Lui-même ; elle n’est pas quelque chose d’extérieur à Lui. De cette unité inférieure, « Béni soit le nom », découle l’amour de « Tu aimeras », où un moi réel aime ; l’unité supérieure du mot « Un » est l’annulation totale de soi.

(ובזה מתורץ איך שייך ואהבת אחר המס״נ באחד דהיינו ע״י שמפסיקים בבשכמל״ו ועמ״ש מענין זה בפ׳ וישב בד״ה בכ״ה בכסלו באופן אחר קצת. והמ״י שעולה בקנה א׳).

(Cela résout la question de savoir comment « Tu aimeras » peut avoir sa place après le sacrifice de soi au mot « Un » : grâce à l’interruption par « Béni soit le nom de la gloire de Son royaume à jamais ». Voir ce qui est écrit sur ce sujet dans la paracha Vayéchev, dans le discours commençant par « Le vingt-cinquième de Kislev », selon une approche quelque peu différente ; celui qui comprend comprendra que tout cela s’élève sur une même tige.)

Explication

Cela répond à la question initiale : l’amour peut suivre le sacrifice au mot « Un » parce que « Béni soit le nom » est récité entre les deux et rétablit un moi capable d’aimer. L’Admour Hazaken signale qu’il a expliqué ce point différemment dans un discours de ‘Hanouka de Torah Ohr, mais que les deux explications concordent.

וב׳ בחי׳ אלו נקרא בלשון הקבלה שכינתא עילאה ושכינתא תתאה כו׳. והן הם ב׳ בחי׳ כלה שנאמרו בשיר השירים שכל שיר השירים מדבר על ב׳ בחי׳ כלההנ״ל כידוע

Dans le langage de la Kabbale, ces deux niveaux sont appelés Chekhina supérieure (Chekhinta Ila’a) et Chekhina inférieure (Chekhinta Tata’a), etc. Ce sont les deux aspects de la fiancée évoqués dans le Cantique des cantiques ; car tout le Cantique parle des deux aspects de la fiancée mentionnés plus haut, comme on le sait,

Explication

En Kabbale, ces deux niveaux sont appelés Chekhina supérieure et Chekhina inférieure. Ce sont les deux « fiancées » du Cantique des cantiques, qui traite tout entier de ces deux niveaux.

כי ב׳ פעמים נאמר ונשנה בשיר השירים החיבוב שבין חתן וכלה ורומז על ב׳ בחי׳ כלה הנ״ל

car, à deux reprises, l’affection entre le fiancé et la fiancée est exprimée et répétée dans le Cantique des cantiques, ce qui fait allusion aux deux aspects de la fiancée mentionnés plus haut.

Explication

La preuve en est que le Cantique des cantiques décrit deux fois l’amour entre le fiancé et la fiancée, en allusion aux deux sortes de fiancée.

(ועיין בפרדס ש״ח פי״ג מענין שכינתא עילאה ושכינתא תתאה ובזהר הרקיע ר״פ בראשית גבי מש״ש בזהר מה שושנה כו׳ אוף כנ״י כו׳

(Voir Pardes, Porte 8, chapitre 13, sur la Chekhina supérieure et la Chekhina inférieure ; ainsi que Zohar HaRakia, au début de la paracha Béréchit, à propos de ce qui est dit dans le Zohar : « Comme la rose…, etc., ainsi la Communauté d’Israël… », etc.)

Explication

L’Admour Hazaken renvoie au Pardes de Rabbi Moché Cordovero sur les deux Chekhina et à Zohar HaRakia, commentaire du Zohar, à propos de l’image d’ouverture de celui-ci : « Comme la rose parmi les épines, ainsi est la Communauté d’Israël. »

ועמ״ש בפי׳ כנ״י לקמן בד״ה ששים המה מלכות בשם המשנת חסידים ועמ״ש בפ׳ תצוה בד״ה זכור את אשר עשה לך עמלק כו׳ וע׳ בסה״מ סי׳ קנ״ו והמכוון הכל אחד

Voir aussi ce qui est écrit sur le sens de la Communauté d’Israël plus loin, dans le discours commençant par « Soixante reines », au nom de Michnat ‘Hassidim ; ainsi que dans la paracha Tetsavé, dans le discours commençant par « Souviens-toi de ce qu’Amalek t’a fait », etc. ; voir Sefer H.M., section 156. L’intention est partout la même,

Explication

D’autres références suivent : un discours plus loin dans cet ouvrage sur « Soixante reines », citant Michnat ‘Hassidim ; un discours de Pourim sur Amalek dans Torah Ohr ; et un ouvrage abrégé en Sefer H.M., que la note Kehot identifie comme Hadras Melekh. Tous, dit-il, expriment la même idée.

שהוא ענין שני המדרגות דיחו״ע ויחו״ת ועמ״ש עוד מענין ב׳ בחי׳ כלה בד״ה וארשתיך לי בהפטרה דפ׳ במדבר ואפשר הוא ענין אחר קצת והיינו כמ״ש סד״ה כי אתה נרי בענין דורות הראשונים ודורות האחרונים):

à savoir les deux degrés de l’unité supérieure et de l’unité inférieure. Voir encore ce qui est écrit au sujet des deux aspects de la fiancée dans le discours commençant par « Je te fiancerai à Moi », dans la haftara de la paracha Bamidbar ; il se peut qu’il s’agisse d’un sujet quelque peu différent, comme il est écrit à la fin du discours commençant par « Car Tu es ma lampe », au sujet des générations anciennes et des générations tardives.)

Explication

Cette idée commune est celle de l’unité supérieure et de l’unité inférieure. Il ajoute un renvoi au discours « Je te fiancerai à Moi », qui traite peut-être d’un couple quelque peu différent, comme les générations anciennes et tardives abordées dans le discours sur « Car Tu es ma lampe ».

Le paragraphe 3 en bref

Le paragraphe répond à la question initiale : Elokim, la dissimulation qui permet aux créatures d’exister, est D.ieu Lui-même, et de cette unité inférieure découle un amour où le moi subsiste. Il identifie les deux niveaux de fiancée à la Chekhina supérieure et à la Chekhina inférieure de la Kabbale, ainsi qu’aux deux chants d’amour du Cantique des cantiques.

Pour aller plus loin

La note Kehot cite Derech Mitsvotekha : la racine du sacrifice de soi de chaque Juif au mot « Un » (l’unité supérieure) est la Chekhina supérieure ; la racine de l’amour ardent « de toute ton âme » (l’unité inférieure) est la Chekhina inférieure, qui réside parmi les êtres inférieurs. Or HaTorah cite le Pardes, selon lequel la Chekhina supérieure est Bina et la Chekhina inférieure Mal’hout.

Maré mekomot

  1. 1
  2. 2
    וכהדין קמצא דלבושי׳ ומיני׳ ובי׳ · Bereshit Rabbah 21:5
  3. 3
    ואהבת בבחי׳ יש מי שאוהב · בשרש מצות התפלה פרק מא (קלט, א) מבאר זה ”להמשיך תמיד בחי׳ גילוי אלקות להיות הוי׳ הוא האלקים וזהו ואהבת את הוי׳ אלקיך שיהי׳ גילוי בחי׳ הוי׳ למטה זה אלי כו׳ וזהו בחי׳ כלה שני׳ לשון כלתה נפשי שהכלות הנפש הוא בבחי׳ יש עדיין יש מי שאוהב כו׳”.
  4. 4
    בד״ה בכ״ה בכסלו באופן אחר קצת · תו״א כט, ב. ושם כ׳ ”ובכל נפשך היינו שגם בחי׳ נה״ב הי׳ בבחי׳ אתכפייא ואתהפכא כו׳ שמס״נ זו אינה באחד אלא בבחי׳ ברוך שם כבוד מלכותו כו׳”. וראה סה״מ תרס״ו ע׳ קלה. באוה״ת תרומה ע׳ א׳שסח מבאר שכאן מדבר בענין ”ומס״נ והרצון בבחי׳ זו הוא באחד דוקא כי בחי׳ זו נמשך מההתבוננו׳ באחד איך דכולא קמי׳ כל״ח” ושם בע׳ א׳שסט בענין למסור נפשו באחד ”והרי במשנה דרשו זה על ובכל נפשך, אך כי מס״נ באחד ענינו מסירת הרצון דהיינו להיות ועמך לא חפצתי”, ע״ש.
  5. 5
    שכינתא עילאה . . תתאה · ת״ז (תל״ח). ושם (קנז, א [תז״ח ק, ד]. קנח, א. [תז״ח קא, ד]. קסו, ב [תז״ח קח, א]. קעג, ב [תז״ח קיד, ג]). זח״א (כו, א. נ, ב). וע׳ זח״ג (קח, ב). [כ]. וראה הביאור בשרש מצות התפלה שם ”דהיינו המקור והשרש שיהי׳ בכל א׳ מישראל בחי׳ המס״נ הנ״ל, נק׳ שכינה ששורה בתחתונים שמשם מקבלים נשמות ישראל, והמקור והשרש לבחי׳ מס״נ וכליון הנ״ל באחד שהוא מבחי׳ יחו״ע נק׳ שכינתא עילאה והמקור והשרש לבחי׳ ואהבת בכל נפשך בכלות הנפש ותשוקה שהוא מבחי׳ יחו״ת נק׳ שכינתא תתאה”, וראה אוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתט. באוה״ת שמות ע׳ נח מבאר שזה ב׳ בחי׳ מס״נ שבק״ש.
  6. 6
    שכינתא עילאה ושכינתא תתאה · Zohar, Bereshit 83:235–86:248
  7. 7
    בפרדס ש״ח פי״ג . . ושכינתא תתאה · באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתט ”בפרדס שער ח פי״ג בשם הת״ז פי׳ דשכינתא עילאה הוא בינה ושכינתא תתאה הוא בחי׳ מל׳”.
  8. 8
    ובזהר הרקיע ר״פ בראשית · נתבאר בסה״מ תקס״ג ע׳ ב. ביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תקפו ואילך.
  9. 9
    ובזהר הרקיע ר״פ בראשית . . אוף כנ״י · באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתט מוסיף ”דשושנה הוא מל׳ דאצי׳ נוק׳ דז״א וכנסת ישראל הוא נק׳ כלת משה והיא בפנימיות בתוך ז״א והיא מתלבשת במל׳ החיצונה”. הזהר הרקיע נתבאר בארוכה בביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תקפה ואילך.
  10. 10
    מה שושנה כו׳ אוף כנ״י · Zohar, Introduction 1:1–2:4
  11. 11
    בד״ה ששים המה מלכות · לקמן שה״ש לט, ג.
  12. 12
    בד״ה זכור את אשר עשה לך עמלק · תו״א פד, ב.
  13. 13
    וע׳ בסה״מ סי׳ קנו · בספר הדרת מלך. נעתק באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתט ”וז״ל דכנ״י היינו בינה, ודע שאין הכוונה בינה ממש אלא כך הוא עיקרן של דברים” ע״ש שמאריך בלשונו.
  14. 14
    בד״ה וארשתיך לי · Numbers 8:2
  15. 15
    סד״ה כי אתה נרי · תו״א מקץ מא, א.
  16. 16
    הוי׳ . . הוא אלקים · Deuteronomy 4:39

Son grand Nom et le chant de la Torah ¶4–5

4ב והנה מב׳ בחי׳ כלה הנ״ל נמשך להיות ב׳ בחי׳ חתנים בחי׳ חות דרגא וזהו קול מצהלות חתנים מחופתם חתנים תרי משמע. והענין יובן במאמר מלך משובח ומפואר עדי עד שמו הגדול.

2. Des deux aspects de la fiancée mentionnés plus haut découlent deux aspects du fiancé, chacun étant une forme de « descente d’un degré » (hat darga). Tel est le sens de « la voix de la jubilation des fiancés sous leur dais nuptial » : le pluriel « fiancés » en implique deux. On comprendra cela à partir de l’expression : « Roi, loué et glorifié à jamais soit Son grand Nom. »

Explication

La section 2 commence. De même qu’il existe deux sortes de fiancée, il existe deux sortes de fiancé, deux manières pour D.ieu de « descendre d’un degré » vers nous ; le pluriel « fiancés » de la bénédiction nuptiale le suggère. Pour les expliquer, l’Admour Hazaken se tourne vers une formule de la prière du matin Baroukh Chéamar : « Roi, loué et glorifié à jamais soit Son grand Nom. »

Le paragraphe 4 en bref

Ce court paragraphe ouvre la deuxième section : aux deux fiancées correspondent deux fiancés, deux descentes de D.ieu. La notion de « grand Nom » de D.ieu permettra de les comprendre.

Maré mekomot

  1. 1
    בחי׳ חות דרגא · ”כנזכר בפרק הבע״י דס״ג ע״א נחית דרגא” — אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תקטז ע״ש.
  2. 2
    בחי׳ חות דרגא · Yevamot 63a
  3. 3
    קול מצהלות חתנים מחופתם · Ketubot 8a:6
  4. 4
    תרי משמע · בשרש מצות התפלה פרק מג, מבאר זה ע״ש.
  5. 5
    מלך משובח ומפואר · ברכת ברוך שאמר.

5ולכאורה אינו מובן מהו שם גדול וקטן וכן צריך להבין מה שארז״ל עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו בלבד איך שייך בחי׳ שם עד שלא נברא העולם שעדיין לא הי׳ מי שיקראנו בשמו.

À première vue, on ne comprend pas ce que sont un grand nom et un petit nom. Il faut aussi comprendre l’enseignement de nos Sages : « Avant que le monde fût créé, Lui et Son Nom existaient seuls. » Comment la notion de nom peut-elle s’appliquer avant la création du monde, alors qu’il n’y avait encore personne pour L’appeler par Son Nom ?

Explication

L’expression « Son grand Nom » soulève deux questions : que peut signifier un grand ou un petit nom pour D.ieu ? Et les Sages disent qu’avant la création « Lui et Son Nom existaient seuls » ; or un nom sert à appeler quelqu’un, et avant la création, personne ne pouvait L’appeler.

ויובן ע״פ מה שנודע שהשי״ת נקרא גמרא ובמדרשים בשם הקב״ה שבחרו בשם זה ולא בשמות וכינוים אחרים כמו רחום וחנון לפי שהוא מורה שהוא קדוש ומובדל כו׳

On le comprendra à partir d’un fait connu : dans le Talmud et les Midrachim, D.ieu, béni soit-Il, est appelé « le Saint béni soit-Il ». Ils ont choisi ce nom plutôt que d’autres noms et appellations, tels que « Compatissant et Bienveillant », parce qu’il indique qu’Il est saint et séparé, etc.

Explication

Les Sages appellent généralement D.ieu « le Saint béni soit-Il », plutôt que par des noms comme « Compatissant », qui décrivent Sa manière d’agir envers le monde. « Saint » (kadoch) signifie séparé : ce nom indique que D.ieu dépasse toute chose.

(ועמ״ש בפ׳ מקץ בביאור ע״פ כי עמך מקור חיים ולקמן בדרוש הראשון שע״פ צאינה וראינה) ואין ערוך המשכות והתלבשות אור א״ס בראשית ההשתלשלות אלא כטפה מים אוקיינוס.

(Voir ce qui est écrit dans la paracha Mikets, dans l’explication du verset « Car auprès de Toi est la source de vie », ainsi que plus loin, dans le premier discours sur « Allez et voyez ».) Les émanations et les revêtements de la Lumière infinie (Or Ein Sof) au début de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) ne sont pas davantage comparables à Lui qu’une goutte à l’océan.

Explication

Même la première lumière que D.ieu fait descendre au sommet de l’enchaînement des mondes n’est qu’une goutte comparée à l’océan, lorsqu’on la mesure à Lui. La parenthèse renvoie à d’autres discours sur le même thème.

וזהו מארז״ל הקב״ה יושב ועוסק בתורה כו׳ פי׳ עצמותו ית׳ קדוש ומובדל אלא שיושב ומשפיל א״ע להיות מתלבש בתורה כאדם היושב שמשפיל קומתו והארה זו נקרא בחי׳ שם שאינו

Tel est le sens de l’enseignement de nos Sages : « Le Saint béni soit-Il est assis et s’occupe de Torah », etc. Cela signifie que Son essence, béni soit-Il, est sainte et séparée, mais qu’Il « s’assied » et s’abaisse pour se revêtir dans la Torah, comme une personne assise qui abaisse sa stature. Cette illumination est appelée le niveau de « Nom », et elle n’est qu’

Explication

L’image des Sages, D.ieu « assis » et étudiant la Torah, signifie qu’Il s’abaisse, comme une personne qui devient moins haute en s’asseyant, afin de se revêtir dans la Torah. Ce qui descend ainsi n’est qu’une illumination, appelée Son « Nom ».

אלא זיו והארה (וענין קודם שנברא העולם היה הוא ושמו בלבד. היינו המקור והשרש והיכולת שיש בא״ס ב״ה שיוכל להיות גילוי בחי׳ זיו והארה שיהיה ממנה התהוות עולמות שיעלה בחפצו ורצונו.

un rayonnement et une illumination. (Le sens de « Avant que le monde fût créé, Lui et Son Nom existaient seuls » est la source, la racine et la capacité présentes dans l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, de révéler un rayonnement et une illumination à partir desquels les mondes pourraient être créés, lorsque telle serait Sa volonté et Son désir.

Explication

Un nom, comme un rayon de lumière, n’est pas l’essence, mais un rayonnement qui en émane. « Lui et Son Nom » avant la création désigne la capacité en D.ieu de faire rayonner une telle lumière, à partir de laquelle les mondes seraient créés lorsqu’Il le voudrait.

וכמו זיו השמש הכלול במאור שהוא השמש עצמה. אלא שבנמשל הוא באופן נעלה יותר אין קץ שהרי השמש מאירה הזיו שלא בטובתה משא״כ למעלה מהמשכת וגילוי הזיו עד״מ היינו כשעלה ברצונו כו׳ א״כ הזיו הכלול בו

C’est comme le rayonnement du soleil contenu dans le luminaire, c’est-à-dire le soleil lui-même. Mais, dans ce qui est comparé, la réalité est infiniment supérieure : le soleil rayonne sans l’avoir choisi, tandis qu’en haut, le fait que le rayonnement émane et se révèle correspond, par analogie, au moment où cela s’inscrit dans Sa volonté, etc. Dès lors, le rayonnement contenu en Lui

Explication

L’analogie est celle de la lumière solaire encore contenue dans le soleil. Mais le soleil rayonne automatiquement, tandis que la lumière de D.ieu n’émane que lorsqu’Il le veut ; le rayonnement « contenu en Lui » est donc une potentialité, non un écoulement automatique.

היינו מה שיש ביכולת בו ית׳ להאיר בחי׳ זיו והארה כו׳ אשר יכולת וכח זה נקרא שמו וזהו מ״ש כח אדנ בכחך הגדול והיינו לפי כי מהותו ועצמותו אינו בגדר השפעה והמשכה כלל עמ״ש בד״ה אתם נצבים.

désigne la capacité présente en Lui, béni soit-Il, de faire rayonner une lumière, etc. Cette capacité et ce pouvoir sont appelés Son Nom. Tel est le sens de « la puissance d’Ado-naï… par Ta grande puissance ». Son être et Son essence ne relèvent nullement de la catégorie du don et de l’émanation ; voir le discours commençant par « Vous vous tenez ».

Explication

Cette capacité de faire rayonner est ce qu’on appelle Son Nom, le « pouvoir » dont parle Moché dans « Que la puissance d’Ado-naï soit grande ». Le nom est nécessaire parce que l’essence même de D.ieu n’est nullement définie par le don ou le rayonnement.

ולכן כח ומקור ההמשכה נקרא שמו וכמ״ש במ״א בפי׳ כי עמך מקור חיים שגם בחי׳ מקור חיים הוא נקרא עמך שהוא בחי׳ הטפל וכלא חשיב כו׳).

C’est pourquoi la force et la source de l’émanation sont appelées Son Nom, comme il est expliqué ailleurs sur « Car auprès de Toi est la source de vie » : même le niveau de la « source de vie » est appelé « auprès de Toi », comme une réalité secondaire et considérée comme rien, etc.)

Explication

La force et la source de tout ce qui émane de D.ieu ne sont donc que Son « Nom ». Même la « source de vie » est appelée « auprès de Toi » : elle est secondaire à D.ieu et compte comme rien devant Lui.

וזהו ענין שמו הגדול שלמעלה מן ההשתלשלות ושמו הגדול הזה הוא משובח ומפואר עדי עד בבחי׳ א״ס

Tel est le sens de Son grand Nom, qui est au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes. Son grand Nom est « loué et glorifié à jamais », au niveau de l’infini.

Explication

Son « grand Nom » est cette capacité qui se situe au-dessus de tout l’enchaînement des mondes. Comme il demeure dans l’Infini, il est « loué et glorifié à jamais » d’une manière infinie.

וזהו כי הוא לבדו ית׳ יחיד ומיוחד ועיקר חי העולמים הוא רק בחינת מלך כו׳

Car Lui seul, béni soit-Il, est unique et Un, et l’essence de « Celui qui fait vivre les mondes » n’est que l’aspect de Roi, etc.

Explication

La même prière appelle D.ieu « unique, Celui qui fait vivre les mondes, Roi ». L’Admour Hazaken comprend que la vitalité des mondes provient uniquement de Son aspect de Roi, et non de Son essence.

כי השתלשלות העולמות אינו דרך עילה ועלול כמ״ש בספרים שא״כ היה בחי׳ שינוי כביכול כי בעילה ועלול יש שינוי בהעילה ע״י ההשפעה

Car l’enchaînement des mondes ne s’effectue pas selon le rapport de cause à effet, comme l’expliquent les ouvrages ; autrement, il y aurait, pour ainsi dire, un changement en Lui, puisque, dans un rapport de cause à effet, la cause est modifiée par son émanation.

Explication

Les mondes ne procèdent pas de D.ieu comme un effet procède de sa cause. Dans un véritable rapport de cause à effet, la cause est modifiée par ce qu’elle produit ; or D.ieu ne change pas.

כמו עד״מ בשעה שהרב משפיע לתלמידו בהכרח משים עיונו בההשפעה ואין שכלו פנוי לעיין בענינים ושכליים כמו שהי׳ פנוי קודם ההשפעה

Ainsi, par analogie, lorsqu’un maître enseigne à son élève, il doit nécessairement concentrer son attention sur ce qu’il transmet, et son esprit n’est plus libre d’étudier des sujets et des idées comme il l’était avant l’enseignement.

Explication

Le maître en est l’exemple : lorsqu’il enseigne, son esprit est occupé par le niveau de son élève et n’est plus libre de poursuivre sa propre réflexion. Le don modifie celui qui donne.

אבל בו יתברך הרי אתה הוא קודם שנברא העולם ומשנברא העולם בלי שום שינוי ח״ו.

Mais pour Lui, béni soit-Il, « Tu es le même avant que le monde fût créé et depuis que le monde fut créé », sans aucun changement, à D.ieu ne plaise.

Explication

D.ieu, en revanche, est exactement le même avant et après la création, comme l’affirme la prière « Tu es le même ». La création ne peut donc pas être un écoulement direct de Son essence.

והיינו לפי שמקור חיות העולמות הוא רק מבחי׳ שמו לבד בחי׳ מלכות (ועיין עוד מענין שמו הגדול בפ׳ שלח ע״פ אני כו׳ אשר הוצאתיך מא מ״צ.

Cela tient à ce que la source de la force vitale des mondes provient uniquement de Son Nom, de l’aspect de Mal’hout (souveraineté). (Voir aussi, au sujet de Son grand Nom, la paracha Chela’h, sur le verset « Je [suis Havaya ton D.ieu] qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte ».

Explication

Les mondes tirent leur force vitale uniquement de Son Nom, de Sa Mal’hout (royauté), et non de Son essence ; ainsi, Il demeure inchangé. La parenthèse renvoie à un autre discours sur « Son grand Nom ».

ובפ׳ פינחס בד״ה צו את בנ״י כו׳ מענין שמו גימ׳ רצון. וע״פ ואלה שמות כו׳).

Et dans la paracha Pin’has, le discours commençant par « Ordonne aux enfants d’Israël », etc., au sujet de la valeur numérique de chémo, « Son Nom », égale à celle de ratson, « volonté ». Voir aussi le commentaire sur « Voici les noms », etc.)

Explication

Autres renvois : un discours qui remarque que chémo, « Son Nom », et ratson, « volonté », ont la même valeur numérique, ce qui suggère que Son Nom est Sa volonté de créer. Un autre discours porte sur « Voici les noms ».

ובאמת כי נשגב שמו לבדו. ואין ההמשכה מבחי׳ שמו ע״י עילה ועלול שא״כ היה הכל בחי׳ א״ס.

En vérité, « Son Nom seul est exalté ». L’émanation provenant de Son Nom ne s’effectue pas par un rapport de cause à effet, car alors tout serait du niveau de l’Infini.

Explication

Le verset « Son Nom seul est exalté » indique que même le Nom est au-dessus des mondes. Si ceux-ci en découlaient comme un effet de sa cause, ils seraient eux aussi infinis.

אלא שההמשכה ע״י צמצום ודילוג עד שנמשך רק בחינת קו וחוט ממלכות דא״ס ועוד כמה צמצומים והעלמות אין מספר

L’émanation s’effectue plutôt par le tsimtsoum (contraction) et par un saut, jusqu’à ce que seul un niveau de ligne et de fil (kav) émane de Mal’hout de l’Infini, puis viennent d’autres contractions et dissimulations en nombre innombrable

Explication

La lumière parvient plutôt aux mondes par le tsimtsoum, une contraction, et par un « saut » qui franchit un écart : seule une fine ligne (le kav) émane de Mal’hout de l’Infini. D’innombrables contractions et dissimulations suivent.

(ע׳ בספר של בינונים ח״ב פ״ט בהג״ה) עד שיוכל להיות בחי׳ השלתלשלות עילה ועלול וכידוע ענין סוכ״ע וממכ״ע כו׳.

(voir le Livre des Beinonim, partie II, chapitre 9, dans la note), jusqu’à ce qu’un enchaînement de cause à effet puisse exister ; comme on le sait au sujet de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), etc.

Explication

Ce n’est qu’après ces contractions qu’un enchaînement ordonné de causes et d’effets peut exister parmi les mondes. Cela correspond à la distinction connue entre la lumière qui entoure tous les mondes (sovev) et celle qui les remplit (memalé) ; la note du Tanya traite du même point.

והנה התלבשות והמשכה זו משמו הגדול להתלבש בתורה יושב ועוסק בתורה היא בחי׳ רננה דאורייתא כי אורייתא מחכמה נפקת.

Or, ce revêtement et cette émanation de Son grand Nom, qui se revêt dans la Torah — « Il s’assied et s’occupe de Torah » — constituent le niveau du chant de la Torah (rinah deorayta), car « la Torah émane de ’Hokhma (sagesse) ».

Explication

Le premier fiancé est Son grand Nom qui descend pour se revêtir dans la Torah, « s’asseoir et étudier ». C’est ce qu’on appelle le « chant de la Torah », qui va au-delà de l’affirmation du Zohar selon laquelle la Torah émane de ’Hokhma (sagesse).

נפקת דייקא היינו בחי׳ גילוי של התורה היא מחכמה אבל הארה העליונה להיות התלבשות אור א״ס ב״ה בחכמה עילאה חכים

« Émane » précisément : cela désigne le niveau révélé de la Torah, qui provient de ’Hokhma. Mais la lumière supérieure par laquelle la Lumière infinie, béni soit-Il, se revêt dans la ’Hokhma supérieure, « sage,

Explication

Le Zohar dit que la Torah « émane » de ’Hokhma, ce qui ne concerne que la Torah révélée. La lumière supérieure par laquelle l’Infini se revêt dans ’Hokhma relève de D.ieu, « sage, mais non d’une sagesse connaissable ».

ולא בחכמה ידיעא היא בחי׳ טעמי התורה ורננה דאוריי׳ זרקא מקף שופר כו׳ (כי הנה הטעמים הם ג״כ כמו בחי׳ אותיות שהיא ענין המשכו׳ וכנודע מענין טנת״א.

mais non d’une sagesse connaissable », est le niveau des signes de cantillation (ta’amim) de la Torah et de son chant : zarka, makaf, chofar, etc. (Car les signes aussi sont comme des lettres, qui constituent une émanation, comme on le sait au sujet des signes, des voyelles, des couronnes et des lettres.)

Explication

Cette lumière supérieure correspond aux signes de cantillation (ta’amim) de la Torah, à son « chant », dont les noms comprennent zarka et chofar. Les signes sont eux aussi une sorte de lettres : la Kabbale distingue quatre niveaux du texte de la Torah : signes, voyelles, couronnes et lettres.

אך כי הם אותיות והמשכות מבחי׳ תענוג עליון בחי׳ כי עמך מקור חיים מה שלמעלה אפי׳ מבחי׳ ח״ע ואצ״ל שהם למעלה מבחי׳ אותיות הדבור שהם נמשכים מן החכמה. והענין דכמו שיש אותיות הדבור ויש אותיות המחשבה.

Mais ces lettres et émanations proviennent du plaisir supérieur, du niveau de « Car auprès de Toi est la source de vie », qui est au-dessus même de la ’Hokhma supérieure, et, à plus forte raison, au-dessus des lettres de la parole, qui émanent de ’Hokhma. Voici l’explication : de même qu’il existe des lettres de la parole et des lettres de la pensée,

Explication

Les signes sont des « lettres » provenant du plaisir supérieur de D.ieu, au-dessus de ’Hokhma et, à plus forte raison, des lettres de la parole. De même qu’un homme a des lettres de parole et de pensée, il existe des « lettres » encore plus subtiles.

כך יש אותיות הכלולים בשכל וגם בלמעלה מהשכל. וזהו ענין הטעמים וטעם ג״כ לשון טוב טעם ומתיקות והיינו שהם אותיות והמשכות תענוג עליון מבחי׳ שעשוע המלך בעצמותו וכדכתיב ואהיה אצלו שעשועים.

il existe aussi des lettres incluses dans l’intellect, et même au-dessus de l’intellect. Tel est le sens des ta’amim ; ta’am signifie également « goût agréable » et douceur. Ce sont des lettres et des émanations du plaisir supérieur, du niveau du délice que le Roi éprouve en Lui-même, comme il est écrit : « J’étais auprès de Lui… délice. »

Explication

Il existe des « lettres » dans l’intellect et au-dessus de lui : ce sont les ta’amim, mot qui signifie également « goût ». Ils expriment le délice que D.ieu éprouve en Lui-même, comme dit la Sagesse dans les Proverbes : « J’étais auprès de Lui… délice. »

ומשם נמשך להתלבש בחכמה עילאה וזהו אני תורתך שעשעתי וכמ״ש במ״א ע״פ ואהיה אצלו אמון כו׳ ועיין עוד מענין רננא וטעמים שבתורה ע״פ ויהי מקץ שנתים ימים.

De là, cette lumière est amenée à se revêtir dans la ’Hokhma supérieure. Tel est le sens de « Je fais mes délices de Ta Torah », comme il est expliqué ailleurs sur « J’étais auprès de Lui comme un nourrisson », etc. Voir aussi ce qui est écrit sur le chant et les signes de cantillation de la Torah, à propos de « Au bout de deux ans ».

Explication

Ce délice se revêt ensuite dans la ’Hokhma supérieure, d’où le nom de délice de D.ieu donné à la Torah : « Je fais mes délices de Ta Torah. » Les références renvoient à d’autres discours sur le chant et les signes de cantillation de la Torah.

ובפ׳ אמור ע״פ והניף הכהן אותם. ובפרשה וזאת הברכה על פסוק תורה צוה כו׳ ובמקום אחר נתבאר שזהו מ״ש ויהי בישורון מלך כי ישורון יש לומר ג״כ לשון שיר.

Voir également la paracha Emor, sur « Le kohen les balancera », et la paracha Vezot Haberakha, sur le verset « Moché nous a ordonné la Torah », etc. Ailleurs, il est expliqué que tel est le sens de « Il fut Roi en Yechouroun », car on peut aussi comprendre Yechouroun comme apparenté à chir, « chant ».

Explication

D’autres références suivent, ainsi qu’une nouvelle idée : « Il fut Roi en Yechouroun » peut être lu en rapprochant Yechouroun de chir, « chant ». Le chant de la Torah est donc lié à D.ieu en tant que Roi.

וגם כמו שהשיר הוא עגול כך בהניגון נעוץ סופו בתחלתו שכשמסיים הניגון יומשך התחלה שלו כו׳. וכך למעלה הנגינות וטעמים הם המשכת בחינת סוכ״ע ממש והמשכה זו היא בבחי׳ מלך כמאמר ברוך אתה הוי׳ אלקינו מלך העולם אקב״ו):

De plus, comme un chant est circulaire, la fin d’une mélodie est ancrée dans son commencement : lorsque la mélodie s’achève, son début se fait de nouveau entendre, etc. De même en haut : les mélodies et les signes de cantillation sont l’émanation même de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), et cette émanation relève de l’aspect de Roi, comme le dit la bénédiction : « Béni sois-Tu, Havaya notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné… ».)

Explication

Une mélodie est circulaire : sa fin ramène à son commencement. Ainsi, le chant de la Torah fait descendre la lumière qui entoure tous les mondes (sovev), et cela s’accomplit par Sa royauté, comme dans toute bénédiction sur une mitsva : « Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses commandements. »

Le paragraphe 5 en bref

Le paragraphe explique le « grand Nom » de D.ieu : non pas Son essence, mais Sa capacité de rayonner, qui se situe au-dessus de l’enchaînement des mondes. Les mondes ne reçoivent leur vitalité qu’au moyen du tsimtsoum, si bien que D.ieu Lui-même demeure inchangé. Ce grand Nom se revêt dans la Torah sous la forme de son « chant », les signes de cantillation porteurs du délice propre de D.ieu : c’est le premier fiancé.

Pour aller plus loin

Dans Likkutei Torah, Behar, cité à ce propos par le Tséma’h Tsédek, la « lumière » du Zohar et le « Nom » de Pirkei deRabbi Eliézer sont identiques : un rayonnement qui ne compte pour rien à côté de sa source, comme la lumière du soleil comparée au soleil. Les couches du texte de la Torah (signes, voyelles, couronnes et lettres) sont traditionnellement associées à Kéter, ’Hokhma, Bina et aux Séfirot inférieures, ce qui s’accorde avec l’affirmation selon laquelle les signes proviennent d’au-dessus de ’Hokhma.

Maré mekomot

  1. 1
    עד שלא נבה״ע הי׳ הוא ושמו בלבד · פדר״א פ״ג. וראה דיוק גי׳ זהו בהקדמת השל״ה בתחלתה. קטע מכאן נעתק בסה״מ תרכ״ט (הוצאת תשנ״ב) ע׳ רצו.
  2. 2
    עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו בלבד · Pirkei DeRabbi Eliezer 3:2–3
  3. 3
    בביאור ע״פ כי עמך מקור חיים · תו״א לה, ג.
  4. 4
    ולקמן . . צאינה וראינה · דף כא, ב.
  5. 5
    הקב״ה יושב ועוסק בתורה · בתדא״ר רפי״ח והעיקר מע״ז ג, ב. ד, ב.
  6. 6
    הקב״ה יושב ועוסק בתורה · Avodah Zarah 3b:7
  7. 7
    והארה זו נק׳ בחי׳ שם · מובא אוה״ת יתרו ע׳ תתלד.
  8. 8
    והשרש והיכולת · ראה דרך מצותיך קלו, א. אוה״ת ענינים ע׳ קמא. אוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תתלה.
  9. 9
    בכחך הגדול · Deuteronomy 9:29
  10. 10
    בד״ה אתם נצבים · לעיל שם מד, ג.
  11. 11
    וכמ״ש במ״א בפי׳ כי עמך מקור חיים · ראה לעיל ויקרא נא, ד.
  12. 12
    כי בעילה ועלול יש שינוי בהעילה · ראה לקמן מ, ב.
  13. 13
    הוא רק מבחי׳ שמו . . שמו הגדול · באוה״ת שה״ש כרך א ע׳ רסד מציין לכאן ”ושם פי׳ שזהו הנק׳ ג״כ שמו הגדול”.
  14. 14
    בפ׳ שלח ע״פ אני · לעיל פ׳ שלח מח, ג דשם נתבאר כי יש כמה שמות הקדושים שהם בבחי׳ ממכ״ע אבל שמו הגדול הוא מה שלמעלה גם מבחי׳ סוכ״ע. בכמה מקומות מציין כ״ק הצ״צ גם ללקו״ת פ׳ בהר מא, ג. ובאוה״ת שה״ש כרך א ע׳ רסד מציין לכאן ”וע״ש שזהו מענין יהא שמי׳ רבא מברך”.
  15. 15
    ובפ׳ פינחס בד״ה צו את בנ״י · לעיל פ׳ פינחס עז, ג.
  16. 16
    צו את בנ״י · Numbers 28:2
  17. 17
    שמו גימ׳ רצון · פע״ח ש׳ הק״ש סופכ״ח. [כ].
  18. 18
    וע״פ ואלה שמות · נדפס באוה״ת שמות ע׳ קג ואילך. וראה תו״א מט, ד ואילך. וראה גם אוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תתלד.
  19. 19
    ואלה שמות · Exodus 1:1
  20. 20
  21. 21
  22. 22
    משמו הגדול · ראה אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תקעב.
  23. 23
    והנה התלבשות . . להתלבש בתורה · מובא בד״ה וזאת חנוכת המזבח — תר״מ סעי׳ כא ומוסיף: ”פי׳ שמו הגדול היינו שם הוי׳ דלעילא שלמעלה מהפסיק טעמא דהיינו ענין הקב״ה . .” ע״ש בארוכה.
  24. 24
    חכים ולא בחכמה ידיעא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
  25. 25
    חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar 17a
  26. 26
    כי הנה הטעמים · נתבאר בארוכה בד״ה זאת חנוכת תר״מ סעי׳ כג.
  27. 27
    כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
  28. 28
    ואהי׳ אצלו שעשועים · Proverbs 8:30
  29. 29
    תורתך שעשעתי · Psalms 119:70
  30. 30
    ויהי מקץ שנתים ימים · Genesis 41:1
  31. 31
    והניף הכהן אותם · Leviticus 23:20
  32. 32
    ויהי בישורון מלך · Deuteronomy 33:5
  33. 33
    נקרא בגמרא ובמדרשים בשם הקב״ה · ראה לעיל תזריע כב, ג. בהעלותך לד, ג. בשרש מצות התפלה פרק מג. שם מז, א. קב, ב. קלא, א. וראה אוה״ת פנחס ע׳ א׳רי. סה״מ עזר״ת ע׳ קעו ואילך. אגה״ק סי׳ ז.
  34. 34
    כח אד׳ · Numbers 14:17
  35. 35
    אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 121a
  36. 36

Le Cantique des Cantiques, qui est de Salomon ¶6–8

6ג וזהו שיר השירים אשר לשלמה. כי שיר הוא ענין ההתכללות ברצוא ושוב ולמעלה הוא בחינת מטי ולא מטי כו׳

3. Tel est le sens de « Le Cantique des cantiques, qui est de Salomon ». Le chant (chir) consiste en une absorption par le mouvement de « course et retour » (ratso vachov) ; en haut, il correspond au niveau de « toucher et ne pas toucher », etc.

Explication

La section 3 revient au verset d’ouverture et l’examine mot à mot. Le chant est décrit comme une « course et un retour » (ratso vachov), l’élan de l’âme vers le haut puis son retour ; en haut, son équivalent est « toucher et ne pas toucher », une lumière qui atteint son réceptacle sans y être contenue.

(ועיין בעץ חיים דבחינת מטי ולא מטי נמשך מפה דא״ק שהוא בחינת אורות הטעמים דא״ק כו׳ וזהו שיר כו׳ מנשיקות פיהו ועמ״ש עוד מענין המשכה שבבחינת מטי ולא מטי בביאור ענין מוצאיהם למסעיהם כו׳ ע״ש)

(Voir dans Etz ‘Haïm que le niveau de « toucher et ne pas toucher » émane de la bouche d’Adam Kadmon, correspondant aux lumières des ta’amim d’Adam Kadmon, etc. ; tel est le sens de « chant… », etc., « des baisers de sa bouche ». Voir aussi ce qui est écrit sur l’émanation relevant du niveau de « toucher et ne pas toucher », dans l’explication de « leurs départs selon leurs étapes », etc., où le sujet est traité.)

Explication

Etz ‘Haïm, l’ouvrage principal de l’Ari zal, rattache « toucher et ne pas toucher » à la « bouche » d’Adam Kadmon, niveau primordial qui précède les mondes, et à ses lumières appelées ta’amim, terme désignant aussi les signes de cantillation de la Torah. Cela relie « chant » aux « baisers de sa bouche » du verset.

וזהו שיר השירים פי׳ שיר שממנו מקבלים השירים שלמטה שיש כמה בחינת שיר ממטה למעלה

Tel est le sens de « Cantique des cantiques » : le chant dont les chants inférieurs reçoivent leur vitalité, car il existe plusieurs niveaux de chant s’élevant d’en bas vers le haut.

Explication

« Cantique des cantiques » désigne le chant dont tous les chants inférieurs reçoivent. De nombreux chants s’élèvent d’en bas vers le haut ; tous tirent leur vitalité de lui.

כי מקור הנבראים המחיה ומהווה מאין ליש (שהיא בחינת מל׳ דאצילות) היא העולה ומתכללת בבחינת ביטול במאצילה ב״ה בבחינת שיר ברצוא ושוב וגם אחרי התלבשות בבי״ע

Car la source des créatures, qui leur donne vie et les fait venir du néant à l’être — l’aspect de Mal’hout d’Atsilout — s’élève et s’absorbe dans l’annulation de soi (bitoul) en son Émanateur, béni soit-Il, dans le mouvement de chant, « course et retour ». Cela se poursuit même après son revêtement dans Béria, Yetsira et Assiya,

Explication

Le premier chant ascendant est celui de Mal’hout d’Atsilout, la source qui fait exister les créatures ; elle s’élève et se fond en son Émanateur. Le même mouvement de montée et de retour se poursuit lorsqu’elle pénètre les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya.

הנה עליות העולמות שעולים ומתכללים כו׳ נקרא בחינת שיר כמו הנגון בנגן המנגן שיש בו קולות עולים ויורדים במעלות ומורדות ויש כמה מיני עליות עד אין קץ ושיעור והכל בבחינת שיר

car les élévations des mondes qui s’élèvent et s’absorbent, etc., sont appelées le niveau du chant, comme la mélodie d’un musicien, avec des notes qui montent et descendent, s’élevant et retombant. Il existe une multitude de formes d’élévation, sans fin ni mesure ; toutes relèvent du chant.

Explication

Toute élévation des mondes est un « chant », comme une mélodie dont les notes montent et descendent. Ces élévations sont innombrables et sont toutes des chants.

וזהו כל בעלי השיר יוצאים בשיר ונמשכים בשיר כו׳ (ועיין מ״ש ע״פ מזמור שיר חנוכת הבית וע״פ ושם אחיו יובל)

Tel est le sens de l’enseignement : « Tous ceux qui ont un chant sortent avec un chant et sont entraînés par un chant », etc. (Voir ce qui est écrit sur « Psaume, chant pour la dédicace de la Maison » et sur « Le nom de son frère était Youval ».)

Explication

La Michna dit que « tous ceux qui ont un chant sortent avec un chant » (à propos des animaux et de leurs harnachements le Chabbat). L’Admour Hazaken l’interprète ainsi : tous les êtres se mettent en mouvement et sont entraînés par le chant. Deux autres discours sur le chant sont cités.

והנה כל השירים הללו שממטה למעלה נקרא שירה בה׳ לשון נקבה כמ״ש השירה הזאת בחינת כלה ומבחינת כלה נמשך בחינת שמחת חתן מהעלם לגילוי משמח חתן עם הכלה

Tous ces chants qui s’élèvent d’en bas vers le haut sont appelés chira, avec un hé, forme féminine, comme dans « ce chant (hachira hazot) » : l’aspect de la fiancée. De l’aspect de la fiancée émane l’aspect de la joie du fiancé, du caché vers le révélé : « qui réjouit le fiancé avec la fiancée ».

Explication

Les chants qui s’élèvent d’en bas sont appelés chira, forme féminine, comme dans « ce chant » à la mer : ils sont la fiancée. Le chant de la fiancée fait sortir la joie du fiancé de sa dissimulation pour la révéler, comme le dit la bénédiction nuptiale : « qui réjouit le fiancé avec la fiancée ».

פירוש על ידי הכלה שע״י בחינת השירה בה׳ בחינת כלה נמשך שיר העליון בחינת דכר (ועיין בזהר פרשת וילך דף רפ״ד ע״ב ורפ״ה ע״א)

C’est-à-dire par l’intermédiaire de la fiancée : par le niveau de chira, avec un hé, aspect de la fiancée, le chant supérieur (chir), aspect masculin, est amené. (Voir le Zohar, paracha Vayélekh, folios 284b et 285a.)

Explication

Le chant de la fiancée (chira, féminin) fait descendre le chant supérieur (chir, masculin). Le Zohar, dans Vayélekh, est cité à propos de cette distinction.

הוא המשכת אור א״ס הסוכ״ע מבחינת שמו הגדול טעמי התורה ורננה דאורייתא בחינת ענג העליון להתלבש בתורה

Il s’agit de l’émanation de la Lumière infinie qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), provenant de Son grand Nom : les signes de cantillation et le chant de la Torah, le niveau du plaisir supérieur, qui se revêt dans la Torah.

Explication

Le chant supérieur, masculin, est la lumière qui entoure tous les mondes, émanant de Son grand Nom. Il est le « chant » et les signes de cantillation de la Torah, le délice de D.ieu qui se revêt dans la Torah : le premier fiancé de la section 2.

(ועיין מענין שיר השירים ברבות סוף פסוק שיר השירים זח״ב מ״ח ב׳ קל״ב א׳ קמ״ג א״ב קמ״ד א״ב קמ״ה ב׳ ח״ג ע״ד ב׳ רפ״ד ב׳)

(Voir au sujet du Cantique des cantiques le Midrash Rabbah, à la fin du commentaire sur le verset « Le Cantique des cantiques » ; Zohar II, 48b, 132a, 143a–b, 144a–b, 145b ; Zohar III, 74b, 284b.)

Explication

Références au Midrash et à plusieurs passages du Zohar qui traitent du Cantique des cantiques.

(ואפ״ל פי׳ שמע ישראל שיר אל כי בנשמות ישראל יש מבחינת שיר ומבחינת השירים עיין לקמן בביאור ע״פ צאינה וראינה ובזח״א ויחי) (דרמ״ה) ועמש״ל מענין ישורון ומ״ש בפ׳ בלק ע״פ ולא ראה עמל בישראל כו׳:

(On peut peut-être expliquer que Yisrael, dans « Écoute, Israël », signifie chir El, « chant de D.ieu », car les âmes d’Israël comprennent un aspect de chant et un aspect de chants ; voir plus loin l’explication de « Allez et voyez », et Zohar I, Vayé’hi (folio 245). Voir ce qui a été dit plus haut au sujet de Yechouroun, ainsi que dans la paracha Balak, sur « Il n’a pas vu d’iniquité en Israël », etc.)

Explication

L’Admour Hazaken suggère que Yisrael peut se lire chir El, « chant de D.ieu », car les âmes juives contiennent à la fois le chant supérieur et les chants inférieurs. Les Tikounei Zohar proposent la même lecture, et d’autres discours sont cités.

Le paragraphe 6 en bref

Le paragraphe explique « Cantique des cantiques » : les chants ascendants des mondes et des âmes (la chira féminine, la fiancée) font descendre le chant supérieur (le chir masculin, le fiancé), qui est le délice intérieur de la Torah, émanant de Son grand Nom.

Pour aller plus loin

La « course et le retour » (ratso vachov) provient de la vision d’Ézéchiel des ‘hayot ; « toucher et ne pas toucher » est le terme de l’Ari zal pour une lumière qui affecte un niveau sans s’y établir. La note Kehot renvoie à Etz ‘Haïm sur les lumières de la bouche d’Adam Kadmon. Le Tséma’h Tsédek (Or HaTorah) explique que le Cantique des cantiques est le chant supérieur, les signes de cantillation de la Torah par lesquels la Lumière infinie se revêt dans ’Hokhma, et dont les chants inférieurs reçoivent leur vitalité.

Maré mekomot

  1. 1
  2. 2
  3. 3
    ועיין בעץ חיים · ע׳ ש׳ אח״פ (רפ״ב ד״ה ודע). ושם ריש ש׳ עקודים. [כ].
  4. 4
    בביאור ענין מוצאיהם למסעיהם · לעיל פ׳ מטות.
  5. 5
    מוצאיהם למסעיהם · Numbers 33:2
  6. 6
    כל בעלי השיר יוצאים בשיר · Shabbat 51b:8–10
  7. 7
    ע״פ מזמור שיר חנוכת הבית · אולי הכוונה להנדפס לעיל בפ׳ ברכה צט, סע״ג. סידור שער חנוכה רעה, ד ואילך.
  8. 8
    מזמור שיר חנוכת הבית · Psalms 30:1
  9. 9
    וע״פ ושם אחיו יובל · ראה תו״א ז, ג. ובאוה״ת ע״פ זה.
  10. 10
    ושם אחיו יובל · Genesis 4:21
  11. 11
    השירה הזאת · Exodus 15:1
  12. 12
    ועיין מענין שה״ש ברבות · באוה״ת שה״ש ע׳ ה נעתק הלשון.
  13. 13
    ועיין מענין שיר השירים ברבות · Shir HaShirim Rabbah 1:10–11
  14. 14
    שמע ישראל שיר א-ל · ע׳ בהקדמת ת״ז (ג, סע״א). ושם ריש (ת״י, כה, א) אי׳ כמ״ש כאן הל׳, שמע ישראל שיר אל ועז״א הפי׳, ודו״ק. [כ].
  15. 15
    שמע ישראל שיר אל · Tikkunei Zohar 25a:5–7
  16. 16
    ועמש״ל מענין ישורון · ראה לעיל פ׳ נצבים מה, א.
  17. 17
    ולא ראה עמל בישראל · Numbers 23:21
  18. 18
    הוא בחי׳ מטי ולא מטי · באוה״ת בראשית כרך ה תתקו, ב מציין לכאן שזהו שיר של הקב״ה שמלמעלה למטה. ופי׳ שרי השירים היינו שיר העליון שהוא רננא דאורייתא זרקא מקף שופר וכו׳ שבהם ועל ידם נמשך להיות התלבשות אא״ס בחכמה ומבחי׳ שיר הנ״ל מקבלים השירים שמלמטה למעלה כו׳ ע״ש.
  19. 19
  20. 20

7אשר לשלמה כענין עושה שלום במרומיו מיכאל שר של מים וגבריאל שר של אש ב׳ הפכים כו׳

« Qui est à Chlomo » (asher liChlomo) : comme dans « Il fait régner la paix dans Ses hauteurs » : Mikhaël, prince de l’eau, et Gavriel, prince du feu, deux opposés, etc.

Explication

« Qui est à Chlomo » (liChlomo) se lit comme « de paix » (shalom). Le Midrach dit que D.ieu « fait régner la paix dans Ses hauteurs » entre Mikhaël, l’ange de l’eau, et Gavriel, l’ange du feu, deux opposés.

כך להיות התחברות והתכללות שני הפכים ממטה למעלה ומלמעלה למטה כי הוא יתברך קדוש ומובדל ואין ערוך כו׳ וכטפה מים אוקינוס כו׳.

De même, il doit y avoir réunion et inclusion mutuelle de deux opposés, du bas vers le haut et du haut vers le bas. Car Lui, béni soit-Il, est saint et séparé, sans commune mesure, etc., [mais seulement] comme une goutte par rapport à l’océan, etc.

Explication

De la même manière, le Cantique réunit deux opposés : les mondes qui s’élèvent d’en bas et la lumière de D.ieu qui descend d’en haut. Ils sont opposés, car D.ieu transcende absolument les mondes, qui sont comme une goutte comparée à l’océan.

Le paragraphe 7 en bref

Le paragraphe lit « de Chlomo » comme « de paix » : la réunion des opposés, comme le feu et l’eau dans les cieux, ici les mondes finis et D.ieu l’Infini.

Maré mekomot

  1. 1
    אשר לשלמה · קטע זה מובא באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רמט עם הגהות אחרות ע״ש.
  2. 2
    עושה שלום במרומיו · Job 25:2
  3. 3
    עושה שלום במרומיו מיכאל שר של מים · Bamidbar Rabbah 12:8

8והעולמות הם בחינת יש ונפרד וכדי להיות התלבשות אור א״ס בטפה זו שאין ערוך ממש וכו׳ מוכרח להיות המשכת עונג עליון שיתענג בהמשכת הטפה כו׳

Et les mondes sont au niveau de l’existence séparée (yéch). Pour que la Lumière infinie (Or Ein Sof) puisse se revêtir dans cette goutte, qui est absolument sans commune mesure, etc., il faut nécessairement que soit attiré un plaisir supérieur, qu’Il prenne plaisir à faire descendre la goutte, etc.

Explication

Les mondes se ressentent comme séparés de D.ieu et, à Ses yeux, ils sont comme une goutte auprès de l’océan. Pour que la lumière infinie de D.ieu pénètre une chose si minuscule, Il doit prendre plaisir à le faire.

ועונג זה הוא ענין השיר שמזה נעשה השלום התקשרות המשפיע במקבל כו׳ ויהיה אשר לשלמה

Ce plaisir est le chant, d’où procède la paix (shalom), le lien du donneur avec le récepteur, etc. Ainsi, il y aura « qui est à Chlomo (liChlomo) ».

Explication

Ce plaisir est le « chant » et il produit la « paix », le lien entre le donneur d’en haut et le récepteur d’en bas. C’est le sens de « qui est à Chlomo (liChlomo) » : de paix.

כי בתיבת לשלמה נכלל בחינת דכר ונוק׳ גם יחד כי שלמה בחול״ם מלך שהשלום שלו הוא המשכת טפת דכר.

Car le mot liChlomo inclut ensemble le masculin et le féminin : Chlomo, avec un ‘holam [signifie] « le Roi à qui appartient la paix », ce qui est l’écoulement de la goutte masculine.

Explication

Le nom Chlomo contient à la fois le masculin et le féminin. Lu avec sa voyelle, il évoque « le Roi à qui appartient la paix » (comme le Talmud interprète ce nom dans le Cantique des Cantiques) ; cela désigne la goutte masculine, le flux venant d’en haut.

וגם שלמה בה׳ מורה על לשון נקבה היא בחינת ההעלאה שמלמטה למעלה שבהתחברות שניהם נעשה יחוד עליון ונמשך שיר להשירים ועיין מענין שלמה בהרמ״ז (דקע״ו ע״ב)

Et Chlomo, avec un hé final, indique aussi la forme féminine : le niveau de l’élévation d’en bas vers le haut. Par leur réunion, une union supérieure se réalise et un chant est attiré vers les chants. Voir, au sujet de Chlomo, le Ramaz (folio 176b).

Explication

Écrit avec un hé final, marque du féminin, Chlomo évoque aussi l’élévation venant d’en bas. Ensemble, ils forment une union en haut, par laquelle le chant est attiré vers les chants ; le Ramaz, un kabbaliste, est cité à ce sujet.

והגורם כל זה הוא מה שכתוב ישקני מנשיקות פיהו כי המשכת בחינת שמו הגדול בבחינת שיר וטעמים נקרא בחינת נשיקין גילוי אהבה פנימית כאהבת האב

La cause de tout cela est ce qui est écrit : « Qu’il me donne les baisers de sa bouche ». Car l’attraction de Son grand Nom au niveau du chant et des notes est appelée le niveau des baisers : la révélation de l’amour intérieur, comme l’amour d’un père

Explication

Ce qui rend cela possible, c’est « Qu’il me donne les baisers de sa bouche ». La descente du grand Nom de D.ieu sous forme de chant est appelée un baiser : la révélation de l’amour intérieur, comme l’amour d’un père pour son fils unique.

לבנו יחידו שמרוב האהבה הגדולה אשר תוכו רצוף אהבה כאש בוערה אינה יכולה לצאת מכח אל הפועל בגילוי כ״א בבחינת צמצום גדול שמתצמצמת בהבל הפה ורוח פיו

pour son fils unique. En raison de l’immense abondance de cet amour, dont l’intérieur est incrusté d’amour comme un feu ardent, il ne peut passer du potentiel à l’acte et se révéler que par une grande contraction, en se contractant dans le souffle de la bouche et le souffle de Sa bouche.

Explication

Cet amour est si intense, pareil à un feu ardent, qu’il ne peut se manifester ouvertement que par une grande contraction : dans le souffle d’un baiser. Il est trop puissant pour recevoir une expression plus complète.

ואף שזהו מעשה גשמיות אעפ״כ בזה דוקא מתגלה פנימית האהבה מה שאינה מתלבשת בשום כלי אחר לא באותיות הדבור כו׳ (ועיין מ״ש מזה בד״ה מי יתנך כאח לי כו׳ אשקך כו׳)

Bien que ce soit un acte physique, c’est néanmoins précisément par lui que se révèle l’intériorité de l’amour, qui ne se revêt dans aucun autre réceptacle, pas même dans les lettres de la parole, etc. (Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le maamar commençant par « Si seulement tu étais pour moi comme un frère… je t’embrasserais », etc.)

Explication

Un baiser est un acte physique, et pourtant il révèle précisément l’amour le plus intérieur, car cet amour ne peut tenir dans aucun autre réceptacle, pas même dans les mots. Un autre maamar, sur « je t’embrasserais », traite de ce sujet.

כך התשוקה הזאת והעונג עליון הזה להיות התגלות והתלבשות אור אין סוף בבחינת הטפה וההשפעה שבתורה היא בבחינת דילוג וקפיצה שלא בבחינת ההשתלשלות

De même, ce désir ardent et ce plaisir supérieur, que la Lumière infinie se révèle et se revête au niveau de la goutte, et dans le don de la Torah, procèdent par un saut et un bond, et non selon l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout),

Explication

De la même manière, le désir ardent et le plaisir de D.ieu de révéler Sa lumière infinie dans la minuscule « goutte » des mondes, et par l’intermédiaire de la Torah, ne se déploient pas étape par étape. Ils procèdent par un « bond » qui saute l’enchaînement graduel des mondes.

כי אם בבחינת צמצום גדול יושב ועוסק בתורה כו׳ משובח ומפואר עדי עד שמו הגדול.

mais par une grande contraction : « assis et s’occupant de la Torah », etc. ; « Son grand Nom est loué et glorifié à jamais ».

Explication

Cela se réalise par une grande contraction, D.ieu « assis » et s’occupant de la Torah. C’est le sens de « Son grand Nom est loué et glorifié à jamais ».

וזהו יומם יצוה ה׳ חסדו ובלילה שירה עמי. שיומם ע״י ישראל העוסקים בתורה ממשיך חסד עליון בכל יום בחינת השפעה מלמעלה למטה וכמארז״ל פרק לפני אידיהן (ד״ג ע״ב)

C’est le sens de « Le jour, D.ieu ordonne Sa bonté, et la nuit, Son chant est avec moi ». « Le jour » : par l’étude de la Torah à laquelle s’adonne Israël, une bonté supérieure est attirée chaque jour, le niveau du don d’en haut vers le bas ; comme l’ont dit nos Sages dans le chapitre Lifnei Eideihen (folio 3b) :

Explication

Le verset « Le jour, D.ieu ordonne Sa bonté, et la nuit, Son chant est avec moi » décrit les deux directions. Le jour, par l’étude de la Torah du peuple juif, la bonté de D.ieu s’écoule vers le bas ; le Talmud décrit la journée de D.ieu.

שלש שעות ראשונות הקב״ה יושב ועוסק בתורה שניות יושב ודן שלישית יושב וזן וכו׳ שהוא ענין התלבשות אור א״ס בהשפעה

« Durant les trois premières heures, le Saint béni soit-Il est assis et s’occupe de la Torah ; durant les deuxièmes, Il est assis et juge ; durant les troisièmes, Il est assis et nourrit », etc. ; c’est le revêtement de la Lumière infinie dans le don.

Explication

Le Talmud divise la journée de D.ieu en trois périodes : l’étude de la Torah, le jugement et la subsistance du monde. Chacune est la Lumière infinie revêtue dans une forme de don.

(פי׳ יושב ועוסק בתורה היינו המשכת מוחין חב״ד ובשניות יושב ודן היינו בחינת חג״ת ובשלש שעות שלישי׳ יושב וזן היינו בחינת נה״י כנודע שנצח והוד נקרא לחמו בלחמי. ועיין בזהר פ׳ פנחס)

(C’est-à-dire que « assis et s’occupant de la Torah » désigne l’attraction des mo’hin — ‘Hokhma, Bina et Daat ; « durant les deuxièmes, Il est assis et juge » désigne le niveau de ‘Hessed, Guevoura et Tiferet ; et « durant les troisièmes heures, Il est assis et nourrit » désigne le niveau de Netsa’h, Hod et Yessod, car il est connu que Netsa’h et Hod sont appelés « Mon pain, dans Mon pain ». Voir le Zohar, Parshas Pinchas

Explication

Les trois périodes correspondent aux trois triades des Séfirot : l’étude de la Torah relève de l’intellect (‘Hokhma, Bina, Daat) ; le jugement, des attributs émotionnels (‘Hessed, Guevoura, Tiferet) ; et la subsistance, de Netsa’h, Hod et Yessod. Netsa’h et Hod sont appelés « pain », comme dans « mangez de Mon pain ».

(דרי״ז ב׳) בענין ולחם לבב אנוש יסעד ההוא לחם דאזילו שחקים כו׳ שהם נו״ה ועמ״ש באגה״ק בד״ה

(folio 217b), au sujet de « et le pain soutient le cœur de l’homme » : « ce pain que les cieux (she’hakim) broient », etc., lesquels sont Netsa’h et Hod. Voir aussi ce qui est écrit dans Iggeres HaKodesh, dans le maamar commençant par

Explication

Le Zohar appelle « meules » célestes (she’hakim) broyant ce pain Netsa’h et Hod. Une lettre de l’Iggeres HaKodesh du Tanya est également citée.

להבין משל ומליצה אבל בלילה שירה עמי הוא שיר המלאכים ממטה למעלה שהוא אחר המשכות ישראל ביום יומם יצוה ה׳ חסדו כו׳

« Pour comprendre la parabole et l’allégorie. ») Mais « la nuit, Son chant est avec moi » désigne le chant des anges, qui s’élève d’en bas vers le haut et vient après l’attraction opérée par Israël durant le jour : « Le jour, D.ieu ordonne Sa bonté », etc.

Explication

« La nuit, Son chant est avec moi » désigne le chant des anges, qui s’élève d’en bas vers le haut. Il vient après, et grâce à, ce qu’Israël a attiré durant le jour.

ושירה כתיב שירו קרי הוא ענין יחוד זו״נ כנ״ל ולכן כתיב פיהו ולא פיו בתוספת ה׳ בחינת דכר ונוקבא:

Et le mot shirah est écrit, tandis que shiro se lit : cela désigne l’union de Zeir Anpin et de Noukva, comme indiqué plus haut. C’est pourquoi il est écrit pihu, « sa bouche », et non piv, avec un hé supplémentaire : le niveau du masculin et du féminin.

Explication

Le texte écrit du verset porte shirah (féminin), tandis qu’il se lit shiro (masculin), ce qui évoque l’union de Zeir Anpin et de Noukva, du masculin et du féminin. De même, « sa bouche » dans notre verset s’écrit pihu, avec un hé supplémentaire, ce qui évoque les deux.

Le paragraphe 8 en bref

Le paragraphe explique « de Chlomo » et « Qu’il me donne les baisers de sa bouche » : le plaisir de D.ieu dans les mondes fait régner la paix entre donneur et récepteur, et les atteint comme un baiser, un amour intérieur qui dépasse l’enchaînement ordinaire des mondes. « Le jour » et « la nuit » désignent les flux venant d’en haut et les chants s’élevant d’en bas, qui unissent le masculin et le féminin.

Pour aller plus loin

Or HaTorah rapporte l’expression « le masculin et le féminin ensemble » au Zohar (Acharei, 59b), à propos de « qu’il est bon et agréable que des frères demeurent ensemble ». La note de Kehot sur le chant nocturne des anges rapporte que le Maharsha souleva une difficulté à partir du Talmud dans Chullin, où un ange dit que l’aube est le moment où il chante.

Maré mekomot

  1. 1
    בטפה זו שאין ערוך ממש כו׳ · קטע מכאן מובא באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רנט ושם יש הגהה לכאן: ”(ור״ל טפת מ״ד)”.
  2. 2
    מוכרח להיות המשכת עונג עליון · באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רנט יש הגהה: ”(ע׳ בד״ה לסוסתי השני פ״ב דמ״ב ע״א גבי כך היתה התענוג העליון כו׳)”.
  3. 3
    דכר ונוק׳ גם יחד · באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רנט יש הגהה: ”(ע׳ זח״ג פ׳ אחרי דנ״ט ע״ב ס״פ מה טוב ומה נעים שבת אחים גם יחד)”.
  4. 4
    דכר ונוק׳ גם יחד · Zohar, Achrei Mot 9:58–67
  5. 5
    שלמה . . מלך שהשלום שלו · בארוכה באוה״ת שה״ש כרך א ע׳ ב וז״ל: ”והוא ספ״ד דשבועות דל״ה ע״ב ושם מסיים שיר למי שהשלום שלו, וכ״פ הרמב״ם פ״ו מהל׳ יסוה״ת הל׳ ט׳ וסיים והרי הוא כשאר הכינויין, וע״ש בכ״מ דר״ל שאינו כמו ז׳ שמות שאין נמחקין, ובנה״כ ביו״ד ססי׳ רע״ו הביא מהתוספות פ״ק דסוטה ד״י ע״א ד״ה אלא מעתה לא ימחה דס״ל דשלום עדיף מהכינויין חנון ורחום ואינו נמחק, אם כן לדבריהם ודאי כמו כן שלמה שבשה״ש אינו נמחק. וכ״פ האגודה ס״פ שבועת העדות סי׳ כ״ד וז״ל כל שלמה האמור בשיר השירים קדש ואין נמחקין חוץ מזה האלף לך שלמה עכ״ל” — ע״ש.
  6. 6
    שלמה בחול״ם מלך שהשלום שלו · Shevuot 35b:16–17
  7. 7
    שלמה בחול״ם מלך שהשלום שלו · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 6:9
  8. 8
    כי שלמה בחולם . . וגם שלמה בה׳ · באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רס מציין שגם בפסוק אוסרי לגפן עירה הה״א של עירה בחולם רומז ג״כ לבחי׳ היחוד.
  9. 9
    ישקני מנשיקות פיהו · Song of Songs 1:2
  10. 10
    בד״ה מי יתנך · תו״א פ, ד. וראה אוה״ת שה״ש כרך א ע׳ כד. ושם מוסיף ”ושם נתבאר שהוא המשכה מבחי׳ העקודים שלמעלה מבחי׳ התלבשות בכלים” ע״ש.
  11. 11
    מי יתנך כאח לי כו׳ אשקך · Song of Songs 8:1
  12. 12
    יומם יצוה ה׳ חסדו · Psalms 42:9
  13. 13
  14. 14
    שהוא ענין התלבשות אוא״ס בהשפעה · ראה ספר החקירה פ, ב בענין ישיבה.
  15. 15
    לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
  16. 16
    ולחם לבב אנוש יסעד · Psalms 104:15
  17. 17
    באגה״ק בד״ה להבין משל ומליצה · סי׳ טו. וראה בליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק שם.
  18. 18
    אבל בלילה שירה . . שיר המלאכים · Chullin 91b

Le second fiancé : la Torah et les mitsvot ici-bas ¶9–11

9ד והנה כל זה הוא בחינת חתן הא׳ חות דרגא המשכת אור א״ס להתלבש בתורה חכמה עילאה חכים ולא בחכמה ידיעא וכו׳.

4. Or, tout cela relève du niveau du premier fiancé, « descendre d’un degré » : l’attraction de la Lumière infinie (Or Ein Sof) pour qu’elle se revête dans la Torah, la ‘Hokhma supérieure, « sage, mais non d’une sagesse connaissable », etc.

Explication

La section 4 désigne tout ce qui a été décrit jusqu’ici comme le premier fiancé : la lumière infinie de D.ieu qui descend dans la Torah telle qu’elle existe dans la ‘Hokhma supérieure. Cette ‘Hokhma appartient encore à D.ieu Lui-même : Il est « sage, mais non d’une sagesse connaissable ».

ובחינת חתן הב׳ הוא כשכבר נמשך ונתלבש אור א״ס ב״ה בתורה שיהא נמשך גם למטה בבי״ע ויקם עדות ביעקב ותורה שם בישראל

Le niveau du second fiancé est celui où la Lumière infinie, béni soit-Il, ayant déjà été attirée et revêtue dans la Torah, descend aussi plus bas, dans [les mondes de] Béria, Yetsira et Assiya : « Il établit un témoignage en Yaakov et institua une Torah en Israël »

Explication

Le second fiancé marque une descente supplémentaire : la lumière déjà présente dans la Torah poursuit sa descente dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya. Le verset « Il institua une Torah en Israël » décrit la Torah placée en bas, parmi le peuple.

(וע׳ בלק״ת בתהלים סי׳ ע״ח על פסוק זה) להיות גילוי אור א״ס למטה כמו למעלה ויהא נמשך גם למטה עונג העליון בתורה ומצות דבי״ע.

(Voir aussi Likkutei Torah sur les Psaumes, section 78, à propos de ce verset), afin que la Lumière infinie se révèle en bas comme en haut, et que le plaisir supérieur soit également attiré vers le bas, dans la Torah et les mitsvot de Béria, Yetsira et Assiya.

Explication

Le but est que la lumière de D.ieu se révèle en bas comme en haut. Son plaisir réside alors même dans la Torah et les mitsvot telles qu’elles sont pratiquées dans les mondes inférieurs.

וזהו שארז״ל אלפים שנה קודם שנברא העולם קדמה התורה פי׳ אלפים היינו אאלפך חכמה אאלפך בינה שמתחלה המשכה ראשונה דתורה היא משמו הגדול בחכמה ובינה

C’est le sens de ce que nos Sages ont dit : « La Torah a précédé de deux mille ans la création du monde. » Cela signifie que « deux mille » (alpayim) évoque « Je t’enseignerai (a’alef’ha) la ‘Hokhma, Je t’enseignerai la Bina » ; car, au commencement, la première attraction de la Torah procède de Son grand Nom vers la ‘Hokhma et la Bina.

Explication

Le Midrach dit que la Torah existait « deux mille ans » avant le monde. L’Admour Hazaken interprète alpayim, « deux mille », à partir de deux formes de a’alef’ha, « Je t’enseignerai » : la sagesse et la compréhension, ‘Hokhma et Bina, première demeure de la Torah.

וזהו בחינת חתן חות א׳ ואח״כ בחינת חתן ב׳ הוא מה שנמשך התורה מב׳ אלפין הנ״ל בעולם הוא בחינת המדות דז״א

Cela constitue le niveau du premier fiancé, la première « descente » ; ensuite, le niveau du second fiancé est celui où la Torah est attirée des deux « milliers » mentionnés plus haut dans le monde, au niveau des attributs émotionnels (midot) de Zeir Anpin

Explication

Le premier fiancé introduit la Torah dans la ‘Hokhma et la Bina ; le second l’attire de là dans les attributs émotionnels (midot) de Zeir Anpin, le niveau en rapport avec le monde. C’est l’étape qui mène vers le monde.

(ועמ״ש בד״ה השמים כסאי ובביאור ע״פ ונקדשתי בתוך בני ישראל בפ׳ אמור ובד״ה והיה אור הלבנה כו׳ בפ׳ צו ובביאור ע״פ שוש אשיש גבי כחתן יכהן פאר) דהיינו מה שנמשך התורה למטה בבי״ע.

(Voir ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Les cieux sont Mon trône », dans l’explication de « Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël » dans Parshas Emor, dans le maamar commençant par « La lumière de la lune sera », etc., dans Parshas Tzav, et dans l’explication de « Je me réjouirai avec joie », au sujet de « comme un fiancé se pare de splendeur ») : il s’agit de la Torah attirée vers le bas, dans Béria, Yetsira et Assiya.

Explication

Plusieurs maamarim sont cités, notamment un sur le verset « comme un fiancé se pare de splendeur ». L’idée est que le second fiancé correspond à la descente de la Torah dans les mondes inférieurs.

וזהו אשר קדשנו במצותיו אשר הוא עונג העליון נמשך במצותיו ובתורה כי התורה אינה רק פירוש וביאור המצות.

C’est le sens de « qui nous a sanctifiés par Ses commandements » : le plaisir supérieur est attiré dans Ses commandements et dans la Torah, car la Torah n’est rien d’autre que l’interprétation et l’explication des commandements.

Explication

La bénédiction récitée sur une mitsva dit : « qui nous a sanctifiés par Ses commandements ». Cela signifie que le plaisir de D.ieu est attiré dans les mitsvot et dans la Torah, puisque la Torah est essentiellement l’explication des mitsvot.

והנה במצות נאמר אשר יעשה אותם האדם וחי בהם פירוש שהאדם עושה אותם להיות מצות וכמ״ש ועשיתם אותם אתם כתיב ואח״כ וחי בהם שמקבל מהם חיות שהן למעלה ממדרגת האדם.

Or, au sujet des mitsvot, il est dit : « que l’homme accomplira et par lesquelles il vivra ». Cela signifie que l’homme les fait devenir des mitsvot, comme il est écrit : « et vous les accomplirez (osam) » ; il est écrit atem, « vous ». Ensuite : « et par lesquelles il vivra » : il reçoit d’elles une force vitale, car elles sont au-dessus du niveau de l’homme.

Explication

Le verset « que l’homme accomplira et par lesquelles il vivra » comporte deux étapes. D’abord, l’homme « fait » les mitsvot, en lisant « les accomplir » (osam) comme « vous » (atem), comme s’il les créait ; ensuite, il « vit par elles », recevant d’elles la vie, car leur racine est plus élevée que lui.

דהנה כל המצות הם מדברים גשמיים אתרוג סוכה ציצית וקרבנות מן הבהמה מן הבקר וצאן ששרש

Car toutes les mitsvot portent sur des choses matérielles : le cédrat, la soukka, les tsitsit et les sacrifices provenant d’animaux, du gros et du petit bétail ; et la racine

Explication

Chaque mitsva implique un objet matériel : un cédrat, une soukka, des tsitsit ou des animaux offerts sur l’autel. L’Admour Hazaken explique maintenant pourquoi ces choses physiques ont en réalité une racine plus élevée que l’homme.

הבהמה היא מבחינת התהו לפני מלך מלך לבני ישראל כו׳ למעלה מבחי׳ אדם וכמארז״ל אפילו יתוש קדמך אלא שנפל למטה בשירה.

de l’animal provient du niveau de Tohou, « avant qu’un roi ne régnât sur les enfants d’Israël », etc., au-dessus du niveau d’Adam, comme l’ont dit nos Sages : « Même le moustique t’a précédé » ; mais il est tombé en bas lors du brisement [le texte imprimé porte « dans le chant »].

Explication

Dans la Kabbala, le monde de Tohou (« chaos ») exista avant le monde ordonné et se brisa ; la liste des rois d’Édom dans la Torah, « avant qu’un roi ne régnât sur Israël », y fait allusion. Les animaux ont leur racine dans Tohou, au-dessus d’Adam, comme le dit le Talmud : « même le moustique t’a précédé » ; mais ils tombèrent très bas lorsque Tohou se brisa.

Le paragraphe 9 en bref

Le paragraphe distingue deux fiancés : la Torah attirée dans la ‘Hokhma et la Bina, puis la Torah attirée plus bas, dans les mondes inférieurs et les mitsvot. Il commence ensuite à expliquer pourquoi les mitsvot matérielles peuvent donner la vie à l’homme : leurs matériaux ont leur racine dans Tohou, au-dessus de l’homme.

Pour aller plus loin

L’idée que l’animal a sa racine dans Tohou, au-dessus du niveau d’Adam (le Monde du Tikoun, le Nom Ma), est fondamentale dans l’enseignement de l’Arizal sur le brisement des réceptacles : les lumières de Tohou étaient plus grandes, et c’est pourquoi leurs fragments tombèrent au plus bas. Offrir un animal sur l’autel le ramène à cette source, ce qui explique qu’un homme puisse « vivre par » les mitsvot.

Maré mekomot

  1. 1
    והנה כל זה . . ויקם עדות ביעקב · קטע זה נעתק באוה״ת כרך ז פ׳ ויקהל ע׳ ב׳תתב.
  2. 2
    ויקם עדות ביעקב · Psalms 78:5
  3. 3
    אלפים שנה . . קדמה התורה · Midrash Tehillim 90:4
  4. 4
    אאלפך חכמה · Job 33:33
  5. 5
    בחי׳ חתן חות א׳ . . חתן ב׳ · ראה אוה״ת שמות ע׳ נח.
  6. 6
    אשר יעשה אותם האדם · Leviticus 18:5
  7. 7
    ועשיתם אותם אתם כתיב · Leviticus 26:3
  8. 8
    וחי בהם שמקבל מהם חיות · ראה גם בדרך חיים פע״ה.
  9. 9
    לפני מלך מלך לבני ישראל · Genesis 36:31
  10. 10
    אפי׳ יתוש קדמך · Sanhedrin 38a:13

10ומה שהיה יכול להתברר וליכלל בקדושה נתהוו מלאכים מיכאל וגבריאל כו׳ ומה שלא היה יכול להתברר נפל למטה מטה עד שבעולם העשיה נתהוו בהמות וחיות גשמיים וכל אשר נעשה תחת השמש

Ce qui pouvait être raffiné et inclus dans la sainteté devint des anges, Mikhaël et Gavriel, etc. ; ce qui ne pouvait être raffiné tomba toujours plus bas, jusqu’à devenir, dans le Monde d’Assiya (Action), le gros et le petit bétail physiques, ainsi que tout ce qui est fait sous le soleil.

Explication

Lorsque Tohou se brisa, les fragments qui pouvaient être raffinés devinrent des anges, comme Mikhaël et Gavriel. Ceux qui ne pouvaient être raffinés tombèrent jusqu’en bas et devinrent les animaux physiques et tout ce qui existe dans notre monde matériel.

ועל ידי האדם (שם מ״ה בחינת התיקון בחינת חכמה) שמעלה ומקריב קרבנו על גבי המזבח

Et par l’homme (le Nom Ma, le niveau du Tikoun, le niveau de la ‘Hokhma), qui élève et offre son sacrifice sur l’autel,

Explication

L’homme représente le Tikoun, le monde ordonné, et le Nom divin Ma qui lui est associé à la ‘Hokhma. Lorsqu’il offre un animal sur l’autel, il l’élève.

הנה זאת תורת הבהמה היא העולה למקורה ושרשה שבעולם התהו למעלה מבחינת אדם עד שהאדם הוא מקבל חיות מהם וחי בהם כו׳.

« Voici la loi de l’animal » : il s’élève vers sa source et sa racine dans le Monde de Tohou, au-dessus du niveau d’Adam, de sorte que l’homme reçoit d’eux une force vitale et « vit par elles », etc.

Explication

L’expression « voici la loi de l’animal » est lue comme décrivant l’élévation de l’animal vers sa racine dans Tohou, qui est plus élevée que l’homme. C’est pourquoi l’homme reçoit ensuite la vie des sacrifices et « vit par eux ».

ועד״ז הוא בכל המצות שציצית הוא מצמר גשמי ותפילין מקלף כו׳. הוא ג״כ עד״ז שלמטה הנה האדם הוא העושה אותם להיות מצוה שיומשך בהם המשכת אור א״ס.

Il en va de même pour toutes les mitsvot : les tsitsit sont en laine matérielle, les tefillin en parchemin, etc. Il en va aussi ainsi : en bas, c’est l’homme qui les fait devenir une mitsva, afin que la Lumière infinie soit attirée en elles.

Explication

Il en va de même pour toutes les mitsvot, comme les tsitsit en laine et les tefillin en parchemin. En bas, l’homme transforme l’objet en une mitsva qui porte la lumière de D.ieu.

אבל למעלה הנה מעלת המצות הגבה ומאד נעלה כי תרי״ג מצות דאורייתא ושבעה דרבנן תר״ך עמודים כמו העמוד שמחבר מעלה ומטה וז״ש אחור וקדם צרתני כו׳

Mais, en haut, la vertu des mitsvot est élevée et très sublime, car les 613 mitsvot de la Torah et les sept mitsvot des Sages constituent 620 piliers, comme un pilier qui relie le haut et le bas. C’est le sens de ce qui est écrit : « Derrière et devant, Tu m’as formé », etc.

Explication

En haut, cependant, les mitsvot occupent une place bien plus élevée. Les 613 mitsvot de la Torah et les sept mitsvot rabbiniques forment 620 « piliers » reliant le ciel et la terre, et « Derrière et devant, Tu m’as formé » évoque cette relation dans les deux sens.

והנה המשכת ב׳ חתנים הנ״ל להיות חות דרגא הוא ע״י ב׳ בחינות כלה משמח חתן עם הכלה

Or, l’attraction des deux fiancés mentionnés plus haut, afin qu’ils « descendent d’un degré », se fait par les deux niveaux de la fiancée : « qui réjouit le fiancé avec la fiancée ».

Explication

Les deux fiancés, les deux descentes de D.ieu, sont suscités par les deux fiancées. C’est le sens de « qui réjouit le fiancé avec la fiancée » : la réponse de la fiancée appelle le fiancé à descendre.

כי מבחינת כלה הא׳ בחינת מסירת נפש וכליון גורם אתעדל״ע המשכת אור א״ס שמו הגדול להתלבש בתורה חכמה עילאה והחכמה מאין כו׳.

Car le premier niveau de fiancée, celui du sacrifice de soi et de l’extinction, suscite un éveil d’en haut : l’attraction de la Lumière infinie, de Son grand Nom, afin qu’elle se revête dans la Torah, la ‘Hokhma supérieure, « et la sagesse vient de rien », etc.

Explication

La première fiancée, le sacrifice de soi qui consume le moi, attire le grand Nom de D.ieu dans la Torah en tant que ‘Hokhma supérieure. Le verset « la sagesse vient de rien (ayin) » relie la ‘Hokhma à l’annulation de soi : le premier fiancé.

ומבחי׳ הכלה הב׳ כלתה נפשי כו׳ בחינת יש מי שאוהב כו׳ כנ״ל נמשך המשכת חכמה עילאה להתלבש גם בתורה ומצות דבי״ע (ועמ״ש בד״ה לבבתני אחותי כלה)

Et du second niveau de fiancée, « mon âme languit », etc., le niveau de « celui qui aime », etc., comme indiqué plus haut, provient l’attraction de la ‘Hokhma supérieure afin qu’elle se revête aussi dans la Torah et les mitsvot de Béria, Yetsira et Assiya. (Voir ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Tu as ravi mon cœur, ma sœur, [ma] fiancée ».)

Explication

La seconde fiancée, le désir ardent d’une personne qui existe encore et qui aime, attire la ‘Hokhma plus bas, dans la Torah et les mitsvot des mondes inférieurs : c’est le second fiancé. Un autre maamar, sur « Tu as ravi mon cœur, ma sœur, fiancée », est cité.

ולכן אחר ואהבת בכל נפשך כתיב והיו הדברים האלה אשר אנכי כו׳ מי שאנכי מצוך כו׳ ודברת בם.

C’est pourquoi, après « Tu aimeras… de toute ton âme », il est écrit : « Et ces paroles que Je [Ano’hi vous ordonne] seront », etc. : Celui qui est Anokhi vous ordonne, etc. ; « et tu en parleras ».

Explication

C’est pourquoi le Chema poursuit, après « Tu aimeras… de toute ton âme », par « ces paroles que Je t’ordonne… et tu en parleras ». Anokhi, « Moi », est interprété comme désignant l’essence même de D.ieu : l’amour de la seconde fiancée fait entrer les propres paroles de D.ieu dans la parole de l’homme.

וכענין אני המשנה המדברת בפיך כו׳ וכמ״ש ואשים דברי בפיך דברי ממש. וזהו משכיל לאיתן כו׳

C’est comme dans l’expression : « Je suis la Michna qui parle dans ta bouche », etc., et comme il est écrit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » : Mes paroles mêmes. C’est le sens de « Maskil d’Eitan », etc.

Explication

Un enseignement kabbalistique fait dire à la Michna elle-même : « Je suis la Michna qui parle dans ta bouche », et Isaïe dit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » : les paroles mêmes de D.ieu. Le titre du Psaume, « Maskil d’Eitan », va maintenant être expliqué.

פי׳ איתן אתנים הם תנאים שבלימוד התורה ממשיך בחינת משכיל שהוא חכמה עילאה להיות נמשך למטה לעולם על ידי בחינת חסד

Cela signifie que Eitan, et etanim, « les forts », désignent les Tannaïm, qui, par l’étude de la Torah, attirent le niveau de maskil, c’est-à-dire la ‘Hokhma supérieure, afin qu’il descende dans le monde par le niveau de ‘Hessed (bonté).

Explication

Le Zohar lit Eitan comme etanim, « les forts », désignant les Tannaïm, les sages de la Michna. Par leur étude de la Torah, ils attirent le maskil, la ‘Hokhma supérieure, dans le monde par l’intermédiaire de ‘Hessed (bonté).

וזהו חסדי ה׳ עולם אשירה שנמשך לעולם בחינת שיר ותענוג רננא דאורייתא וזהו דירה בתחתונים.

C’est le sens de « Je chanterai à jamais les bontés de D.ieu » (olam) : le niveau du chant et du plaisir, le chant de la Torah, est attiré dans le monde (olam). C’est cela, une demeure dans les mondes inférieurs.

Explication

Le verset suivant, « Je chanterai à jamais les bontés de D.ieu » (olam), est interprété comme l’attraction dans le monde (olam) du chant et du plaisir de la Torah. Tel est le but ultime : établir une demeure pour D.ieu dans les mondes inférieurs.

Le paragraphe 10 en bref

Le paragraphe achève l’explication des mitsvot matérielles, dont les racines dans Tohou sont au-dessus de l’homme, puis montre comment les deux fiancées attirent les deux fiancés : le sacrifice de soi attire la Torah dans la ‘Hokhma, et l’amour ardent l’attire dans les mitsvot et l’étude de la Torah en bas, établissant ainsi une demeure pour D.ieu.

Pour aller plus loin

La note de Kehot rapporte que la parenthèse « le Nom Ma, le niveau du Tikoun, le niveau de la ‘Hokhma » figure dans le manuscrit du maamar de l’Admour Hazaken lui-même, et pas seulement dans la version annotée par le Tséma’h Tsédek. Le lien entre le sacrifice de soi et « la sagesse vient de rien (ayin) » reflète l’enseignement ‘Habad selon lequel la ‘Hokhma est le niveau du bitoul.

Maré mekomot

  1. 1
    (שם מ״ה . . בחכמה) · מוסגר זה נמצא גם בכת״י המאמר מאדה״ז בלי הגהות מהצ״צ.
  2. 2
    זאת תורת הבהמה · Leviticus 11:46
  3. 3
    תר״ך עמודים · ע״ל בחקותי (מז, ב). וש״נ. [כ].
  4. 4
    אחור וקדם צרתני · Psalms 139:5
  5. 5
    והחכמה מאין · Job 28:12
  6. 6
    ואהבת בכל נפשך · Deuteronomy 6:5
  7. 7
    והיו הדברים האלה · Deuteronomy 6:6
  8. 8
    אני המשנה המדברת בפיך · מגיד מישרים פ׳ ויקרא. ובכ״מ.
  9. 9
    ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
  10. 10
    משכיל לאיתן · Psalms 89:1
  11. 11
    איתנים הם תנאים · Zohar II, 110b
  12. 12
    חסדי ה׳ עולם אשירה · Psalms 89:2

11והנה כדי שיהיה התגלות בחינת חתן צריך להיות תחלה בחינת חופה ומקיף המשכת סוכ״ע ואח״כ נמשך ההתגלות בבחינת פנימית חתן.

Or, pour que le niveau du fiancé se révèle, il faut d’abord le niveau de la ‘houppa et de l’enveloppement (makif), l’attraction de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; ensuite, la révélation est attirée au niveau de la dimension intérieure du fiancé.

Explication

Avant que le fiancé se révèle lors d’un mariage, il y a la ‘houppa, le dais qui entoure le couple. De même, avant que la lumière de D.ieu pénètre à l’intérieur, il faut d’abord une lumière enveloppante, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev).

וזהו ובצל ידי כסיתיך הוא בחינת חופה ומצהלות חתנים הוא מחופתם מבחינת מקיף כו׳ (ועמ״ש מענין חופה בד״ה כי על כל כבוד חופה ובד״ה תורה צוה כו׳ וע״פ לסוסתי ברכבי פרעה ובד״ה עיני כל אליך ישברו):

C’est le sens de « Et à l’ombre de Ma main, Je t’ai abrité » : le niveau de la ‘houppa. Et « la joie des fiancés » vient « de leurs dais », du niveau de l’enveloppement, etc. (Voir ce qui est écrit au sujet de la ‘houppa dans le maamar commençant par « Car sur toute la gloire, il y aura un dais », dans celui commençant par « Moïse nous a ordonné la Torah », etc., à propos de « À ma jument parmi les chars de Pharaon », ainsi que dans le maamar commençant par « Les yeux de tous se tournent vers Toi ».)

Explication

« À l’ombre de Ma main, Je t’ai abrité » décrit ce dais, et la bénédiction nuptiale « la joie venant de leurs dais » indique que la joie du fiancé provient de la lumière enveloppante. Plusieurs maamarim sur la ‘houppa sont cités.

Le paragraphe 11 en bref

Ce bref paragraphe ajoute que la révélation du fiancé requiert d’abord une ‘houppa : une lumière enveloppante qui entoure avant que la révélation intérieure ne pénètre.

Maré mekomot

  1. 1
    ובצל ידי כסיתיך · Isaiah 51:16
  2. 2
    כי על כל כבוד חופה · Isaiah 4:5
  3. 3
    לסוסתי ברכבי פרעה · Song of Songs 1:9
  4. 4
    עיני כל אליך ישברו · Psalms 145:15

Meilleur que le vin ¶12–16

12כי טובים דודיך מיין. הנה ארז״ל עין לא ראתה זה יין המשומר בענביו מששת ימי בראשית.

« Car ton amour est meilleur que le vin. » Nos Sages ont dit : « Aucun œil n’a vu » : il s’agit du vin préservé dans ses grappes depuis les six jours de la Création.

Explication

Le maamar se tourne maintenant vers la suite du verset : « ton amour est meilleur que le vin ». Les Sages disent que la récompense qu’aucun œil n’a vue est le vin préservé dans ses grappes depuis la Création.

וכתב תירושי המשמח אלקים כו׳ מכאן שאין אומרים שירה אלא על היין כו׳. והענין כי היין בענבים מבלע בליעי ויוצא מן ההעלם לגילוי.

Et il est écrit : « Mon vin qui réjouit Elokim », etc. : « Nous apprenons de là qu’on ne chante que sur le vin », etc. L’explication est que le vin, dans les grappes, y est entièrement contenu, puis sort de la dissimulation pour se révéler.

Explication

Le Talmud déduit de « Mon vin qui réjouit Elokim » que le chant des Lévites dans le Temple ne s’accompagne que de vin. Le vin est caché dans le raisin, puis en sort et se révèle : il représente le pouvoir de faire apparaître ce qui était caché.

Le paragraphe 12 en bref

Le paragraphe introduit le vin comme image de ce qui est caché et vient au jour, préparant l’explication de la raison pour laquelle l’amour de D.ieu est « meilleur que le vin ».

Pour aller plus loin

Le Tséma’h Tsédek reproduit ce passage dans Or HaTorah et explique que « qui réjouit Elokim » se rapporte à Elokim comme Nom de la dissimulation : lorsque ce qui était caché se révèle, la joie est précisément celle d’Elokim.

Maré mekomot

  1. 1
    כי טובים דודיך מיין · Song of Songs 1:2
  2. 2
    עין לא ראתה זה יין המשומר בענביו משי״ב · Isaiah 64:3
  3. 3
    תירושי המשמח אלקים · Judges 9:13
  4. 4
    שאין אומרים שירה · ברכות (לה, א). וע׳ רד״ה ביום השמע״צ הא׳. [כ]. באוה״ת בראשית כרך ה תתקב מציין לעוד כמה מקומות. מכאן עד תי׳ מן ההעלם לגילוי נעתק באוה״ת פ׳ קרח ע׳ תרצה ומבאר ”וזהו המשמח אלקים כי אלקים הוא בחי׳ ההסתר וההעלם” ע״ש שמבאר בארוכה ב׳ פי׳ בשם אלקים.
  5. 5
    שאין אומרים שירה אלא על היין · Berakhot 35a:3
  6. 6
    היין בענבים מבלע בליעי · Pesachim 33b:5

13ולכן נכנס יין יצא סוד כו׳ ויין ישמח כו׳ להוציא מן ההעלם לגילוי וכל דבר שהיה בהעלם והסתר ביותר

C’est pourquoi « quand le vin entre, le secret sort », etc., et « le vin réjouit », etc. : faire passer du caché au dévoilé. Et tout ce qui était davantage caché et dissimulé,

Explication

Le Talmud dit : « Quand le vin entre, le secret sort » : le vin fait paraître au grand jour ce qui était caché. L’Alter Rebbe ajoute un principe : plus une chose était profondément cachée, plus sa révélation ultérieure sera intense.

הנה הגילוי שאח״כ ביתר שאת ואין לך דבר בגילוי שלא היה בהעלם תחלה וכמו הולד שהיה טמון בבטן האם וכו׳

sa révélation ultérieure est d’autant plus intense ; et rien ne se révèle qui n’ait d’abord été caché, comme l’enfant qui était dissimulé dans le ventre de sa mère, etc.

Explication

Rien ne se révèle qui n’ait d’abord été caché. Ainsi, l’enfant est d’abord caché dans le ventre de sa mère.

וכן הזריעה צ״ל הגרעין טמון ומכוסה ונרקב בעפר וכל מה שטמון ומתרקב בארץ יותר. גדילה התבואה אח״כ בתוספת וריבוי הברכה ביותר.

Il en va de même pour les semailles : la graine doit être enfouie et recouverte, puis se décomposer dans la terre ; et plus elle est enfouie et se décompose dans le sol, plus la récolte grandit ensuite, avec un accroissement et une abondance de bénédiction.

Explication

Une graine doit être enfouie dans la terre et s’y décomposer avant de germer. Plus elle est cachée et se décompose, plus la récolte est abondante.

וכן כל הגליות הם בחי׳ העלם אותותינו לא ראינו כו׳ ולפי שהיה צ״ל גילוי פנים בפנים במתן תורה לקבל התורה נגלית היה די

De même, tous les exils sont le niveau du caché : « Nous n’avons pas vu nos signes », etc. Et comme devait avoir lieu une révélation « face à face » lors du Don de la Torah, afin de recevoir la Torah dévoilée, il suffisait

Explication

L’exil aussi est une dissimulation, lorsque « nous n’avons pas vu nos signes ». Avant le Sinaï, où D.ieu se révéla « face à face » pour donner la Torah dévoilée, une période de dissimulation plus courte suffisait.

בהעלם וגלות רד״ו שנה תחלה וכעת אריכות הגלות הוא לפי שלע״ל יתגלה פנימי׳ וטעמי התורה (ועמ״ש בפ׳ וארא סד״ה וידבר אלקים אל משה)

d’une dissimulation et d’un exil de 210 ans auparavant. Et si l’exil actuel est si long, c’est parce qu’aux temps futurs seront révélées la dimension intérieure et les ta’amim de la Torah. (Voir ce qui est écrit dans la paracha Vaéra, à la fin du discours commençant par « Et Elokim parla à Moché ».)

Explication

L’exil d’Égypte dura 210 ans, ce qui suffit à la révélation de la Torah dévoilée. L’exil actuel est bien plus long, car la révélation à venir sera bien plus grande : celle de la dimension intérieure de la Torah et de ses ta’amim.

וכמ״ש זורע צדקות מצמיח ישועות שעל ידי הצדקה להחיות רוח שפלים בכסף וזהב גשמיים מצמיח ישועות לשון וישע ה׳ כו׳

Comme il est écrit : « Il sème des actes de charité, Il fait germer des délivrances » : par la charité, en ravivant l’esprit des humbles au moyen d’argent et d’or matériels, Il fait germer des délivrances ; le terme [est lié à] « et D.ieu se tourna (vayicha) », etc. :

Explication

La prière du matin appelle D.ieu « Celui qui sème des actes de charité et fait germer des délivrances ». La charité donnée sous forme d’argent matériel est « semée » comme une graine, et yeshuot, « délivrances », est rapproché de vayicha, « et D.ieu se tourna vers », un terme évoquant l’attention et la lumière divines.

גילוי ש״ע נהורין וזהו ענין יין המשמח אלקים כי אלקים הוא בחינת ההסתר והעלם כמ״ש

la révélation des 370 lumières (sha’a). Tel est le sens de « le vin qui réjouit Elokim », car Elokim est le niveau du caché et de la dissimulation, comme il est écrit :

Explication

Yeshuot est rapproché de yesh sha, « il y a 370 », les 370 lumières de la Kabbale qui seront révélées. Cela explique « le vin qui réjouit Elokim » : Elokim est le Nom associé à la dissimulation.

כי שמש ומגן ה׳ אלקים שבחינת שם אלקים הוא בחינת מגן ונרתק להעלים ולהסתיר להיות נראה ליש ודבר וכשיוצא מהעלם לגילוי אז תהיה השמחה גדולה לאלקים דוקא.

« Car Havaya Elokim est un soleil et un bouclier » : le Nom Elokim est le niveau d’un bouclier et d’un fourreau, qui cachent et dissimulent, de sorte que [le monde] semble être une réalité existant par elle-même. Et lorsqu’il sort du caché pour se révéler, alors la joie est grande pour Elokim précisément.

Explication

« Havaya Elokim est un soleil et un bouclier » : Elokim est comme un bouclier ou un fourreau qui tamise le soleil (Havaya), de sorte que le monde peut sembler exister par lui-même. Lorsque cette dissimulation devient révélation, la joie est précisément celle d’Elokim, Celui qui a dissimulé.

Le paragraphe 13 en bref

Le paragraphe développe l’image du vin : tout ce qui est caché se révèle avec plus de force, comme l’enfant sortant du ventre maternel, la récolte issue d’une graine enfouie et la grande révélation future qui suivra le long exil. C’est pourquoi le vin « réjouit Elokim », le Nom associé à la dissimulation.

Pour aller plus loin

La note de Kehot indique que d’autres transcriptions de ce maamar (Hanachos HaRap et Or HaTorah) lisent « 375 lumières » au lieu de 370. Elle cite aussi Hanachos HaRap : une mitsva, appelée en général « charité », descend dans des éléments matériels tels que la soucca et le loulav, qui sont des « plantes » ; l’homme en fait une mitsva, et de cette semence pousse une abondante croissance.

Maré mekomot

  1. 1
    נכנס יין יצא סוד · Eruvin 65a:19–20
  2. 2
    נכנס יין יצא סוד · Sanhedrin 38a:3–4
  3. 3
    ויין ישמח · Psalms 104:15
  4. 4
    אותותינו לא ראינו · Psalms 74:9
  5. 5
    גלות רד״ו שנה · Bamidbar Rabbah 13:20
  6. 6
    זורע צדקות מצמיח ישועות · ברכות ק״ש.
  7. 7
    שעל ידי הצדקה . . מצמיח ישועות · בס׳ הנחות הר״פ ע׳ קמד מבאר יותר וז״ל: ”ע״י המצות שירדה ונתלבשה בהסתר דברים גשמיים דוקא סוכה ולולב בחי׳ צומח ע״י האדם אשר יעשה אותם להיות מצוה ונולד מזה צמיחה רבה מצמיח ישועות ע״י שנזרע צדקות מקודם כי סתם מצוה נק׳ בשם צדקה כמבואר במ״א ע״י שנזרע המצוה בגשמיות ממש כי נצמח ישועות”. וכ״ה באוה״ת שה״ש כרך א ע׳ כ.
  8. 8
    וישע ה׳ · Genesis 4:4
  9. 9
    ש״ע נהורין · בהנחת הר״פ שם ובאוה״ת שם: שע״ה נהורין. וראה ג״כ לקמן מ, ג שמביא ענין הנ״ל וכ׳: ש״ע נהורין. וראה אוה״ת פ׳ שמות ע׳ צה.
  10. 10
    וזהו ענין יין המשמח . . סוד ה׳ ליראיו · מובא באוה״ת פ׳ קרח ע׳ תרצה.
  11. 11
    כי שמש ומגן ה״א · Psalms 84:12

14וזהו נכנס יין יצא סוד כו׳ סוד הוי׳ ליראיו כו׳ ויין המשומר בענביו הוא בחינת העלם והסתר גדול מששת ימי בראשית שהגילוי שיהיה לעתיד לבא יהיה בבחינת א״ס עין לא ראתה כו׳.

Tel est le sens de « quand le vin entre, le secret (sod) sort », etc. : « Le secret de Havaya est pour ceux qui Le craignent », etc. Et le vin gardé dans ses raisins depuis les six jours de la Création est le niveau d’une grande dissimulation et d’un profond secret ; car la révélation qui aura lieu aux temps futurs sera au niveau de l’Infini : « nul œil ne l’a vu », etc.

Explication

Le « secret » que le vin fait sortir est « le secret de Havaya », la divinité cachée. Le vin conservé dans ses raisins depuis la Création relève de la dissimulation la plus profonde et contient donc la plus grande révélation : la révélation infinie des temps futurs, que « nul œil n’a vue ».

Le paragraphe 14 en bref

Le paragraphe relie le vin caché aux temps futurs : plus la dissimulation est longue et profonde, plus la révélation qui en émergera sera infinie.

Pour aller plus loin

Le Tséma'h Tsédek (Or HaTorah) explique « le secret de Havaya » en disant que le Saint béni soit-Il est à la fois caché et révélé, et cite à ce sujet le Zohar, dans A'harei.

Maré mekomot

  1. 1
    וזהו נכנס יין יצא סוד כו׳ סוד ה׳ · מובא באוה״ת בראשית כרך ב דף תתקב, ב ושם מפרש שסוד ה׳ ”היינו כי קוב״ה סתים וגלי׳ כמ״ש בזח״ג פ׳ אחרי דע״ג ע״א”.
  2. 2
    עין לא ראתה · Isaiah 64:3
  3. 3
    סוד הוי׳ ליראיו · Psalms 25:14

15ועיין מענין יין המשומר בענביו משי״ב בד״ה ענין ברכת הזימון בסופו. אך הנה כל זה הוא בבחינת השתלשלות העלם וגילוי בחי׳ יין כו׳.

Voir aussi, au sujet du vin conservé dans ses raisins depuis les six jours de la Création, le discours commençant par « Le sujet de la bénédiction du zimoun », à la fin. Mais tout cela relève du niveau de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), du caché et du dévoilé, du niveau du vin, etc.

Explication

Un autre discours sur le vin conservé est cité. Mais le vin, malgré la profondeur de sa dissimulation et la grandeur de sa révélation, appartient encore à l’enchaînement ordonné des mondes, où le caché et le dévoilé sont deux étapes.

אבל דודיך שהוא למעלה מן ההשתלשלות למעלה גם מבחינת ההעלם למעלה מבחינת סובב וממלא כי אין ערוך כו׳ קדוש ומובדל וקמיה כחשכה כאורה.

Mais « ton amour » (dode'ha) est au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, au-dessus même du niveau du caché, au-dessus du niveau de la lumière qui entoure [tous les mondes] (sovev) et de [la lumière qui] remplit [tous les mondes] (memalé) ; car il n’y a aucune comparaison, etc. Il est saint et séparé, et « pour Lui, les ténèbres sont comme la lumière ».

Explication

« Ton amour » (dode'ha) est plus élevé encore : au-dessus de l’enchaînement des mondes et de la dissimulation elle-même, au-dessus de la lumière qui entoure les mondes comme de celle qui les habite. Pour D.ieu, « les ténèbres sont comme la lumière » : le caché et le dévoilé ne font aucune différence.

פי׳ כי כשנמשך ההעלם לידי גילוי הרי זהו נחשב למטה כמו שיוצאים מאפילה לאורה שמתחלה כשהיה האור בבחינת העלם החושך יכסה

C’est-à-dire que lorsque le caché est amené au dévoilement, cela est considéré ici-bas comme une sortie des ténèbres vers la lumière ; car, au début, lorsque la lumière était au niveau du caché, « les ténèbres couvrent »,

Explication

De notre point de vue, la révélation qui suit la dissimulation ressemble à un passage des ténèbres à la lumière. Au début, « les ténèbres couvrent » la lumière.

ועל ידי הגילוי הנה ראו אור גדול ותהיה השמחה גדולה לאלקים אבל קמיה עצמותו ית׳

et, par le dévoilement, « ils ont vu une grande lumière » ; il y a alors une grande joie pour Elokim. Mais devant Lui, devant Son essence, qu’Il soit béni,

Explication

Alors, « ils ont vu une grande lumière », et il y a une grande joie pour Elokim, le Nom associé à la dissimulation. Mais cette joie appartient à notre perspective, non à l’essence de D.ieu.

הנה אור וגילוי זה שוה עם החשך שמתחלה דכל נהוראן מתחשכאן קמיה וכתר עליון אע״ג דאיהו אור צח אור מצוחצח אוכמא איהו כו׳.

cette lumière et cette révélation sont égales aux ténèbres qui les précédaient ; car « toutes les lumières s’assombrissent devant Lui », et le Kéter supérieur, « bien qu’il soit une lumière claire, une lumière parfaitement limpide, est noir », etc.

Explication

Devant Son essence, cette lumière elle-même n’est pas plus éclatante que les ténèbres qui la précédaient. Comme le dit le Tikkouné Zohar, même Kéter, la lumière la plus élevée et la plus pure, est « noir » devant Lui.

Le paragraphe 15 en bref

Le paragraphe situe « ton amour » au-dessus du « vin » : le vin est la révélation de ce qui était caché dans l’enchaînement des mondes, tandis que l’amour de D.ieu révèle Son essence, pour laquelle la lumière et les ténèbres, le caché et le dévoilé, sont identiques.

Pour aller plus loin

La citation du Tikkouné Zohar (Tikkoun 70), selon laquelle Kéter, bien qu’étant une lumière claire et parfaitement limpide, est « noir » relativement à la Cause des causes, constitue une preuve classique dans 'Hassidout 'Habad que même la révélation la plus élevée n’est rien comparée à l’essence.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה ענין ברכת הזימון · סידור שער בהמ״ז.
  2. 2
    וקמיה כחשכה כאורה · Psalms 139:12
  3. 3
    החושך יכסה · Isaiah 60:2
  4. 4
    ראו אור גדול · Isaiah 9:1
  5. 5
    וכתר עליון אע״ג דאיהו אור צח · ת״ז ת״ע קרוב לסופו דף קלה, ב.
  6. 6
    וכתר עליון אע״ג דאיהו אור צח אור מצוחצח אוכמא איהו · Tikkunei Zohar 135b:1

16וזהו כי טובים דודיך התגלות בחינת מהותו ועצמותו הנמשך ע״י תורה ומצות בחינת שיר השירים כו׳ התגלות שמו הגדול כו׳

Tel est le sens de « car ton amour est meilleur » : la révélation du niveau de Son être et de Son essence, qui est attirée par la Torah et les mitsvot, le niveau du « Cantique des cantiques », etc., la révélation de Son grand Nom, etc. :

Explication

« Car ton amour est meilleur » désigne la révélation de l’essence même de D.ieu, attirée par la Torah et les mitsvot. C’est le « Cantique des cantiques », Son grand Nom évoqué précédemment.

הנה טובים מיין כו׳ [ועמ״ש בד״ה מצה זו כו׳ ובד״ה ושאבתם מים בששון בענין ערבים עלי דברי סופרים יותר מיינה של תורה ועמ״ש בד״ה אשי רה לה׳

il est « meilleur que le vin », etc. [Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Cette matsa », etc., et dans le discours commençant par « Vous puiserez de l’eau avec joie », au sujet de « Les paroles des Sages me sont plus chères que le vin de la Torah » ; et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je chanterai pour D.ieu,

Explication

Cet amour est « meilleur que le vin » : il dépasse même la plus grande révélation au sein des mondes. Suivent des références à d’autres discours, dont un enseignement selon lequel les paroles des Sages sont plus chères à D.ieu que « le vin de la Torah ».

כי גאה גאה בפירוש אדון הנפלאות ובפי׳ כי גאה גאה כו׳ ומ״ש בד״ה עד דלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי בפירוש וענין משל הקדמוני.

car Il est élevé au-dessus de ce qui est élevé », au sujet de l’explication de « Maître des merveilles » et de celle de « car Il est élevé au-dessus de ce qui est élevé », etc. ; ainsi que ce qui est écrit dans le discours commençant par « Jusqu’à ce qu’on ne distingue plus entre “maudit soit Haman” et “béni soit Mordekhaï” », au sujet de l’explication et du sens de « la parabole de l’Ancien » (hakadmoni) :

Explication

D’autres discours sont cités : l’un sur le Cantique de la mer et « car Il est élevé au-dessus de ce qui est élevé », l’autre sur la maxime de Pourim relative à l’ivresse qui empêche de distinguer entre « maudit soit Haman » et « béni soit Mordekhaï ». Le dernier explique « la parabole de l’Ancien ».

קדמונו של עולם כו׳ ועיין עוד מענין כי טובים דודיך ברבות בשיר השירים ובפרשת נשא פי,ד בענין ביום השביעי נשיא

« l’Ancien du monde », etc. Voir aussi, au sujet de « car ton amour est meilleur », le Midrach Rabbah sur le Cantique des cantiques et la paracha Nasso, chapitre 14, à propos de « Le septième jour, le prince »

Explication

« L’Ancien » s’entend comme « l’Ancien du monde », D.ieu Lui-même. Des sources midrachiques sur « ton amour est meilleur » sont également citées.

(זח״ב י״ב ב׳ צ״ד ב׳ צ״ה א׳ ק״נ א׳. ומענין ישקני ברבות בשיר השירים ובפרשה כי תשא פמ״א. זח״א מ״ד ב׳ ע׳ א׳. קל״ז א׳. ח״ב קכ״ד ב׳ ק״כ ב׳ קמ״ז ב׳ רנ״ו ב׳ ח״ג רפ״ז א׳)]:

(Zohar II, 12b, 94b, 95a, 150a). Et au sujet de « Qu’il me donne des baisers », voir le Midrach Rabbah sur le Cantique des cantiques et la paracha Ki Tissa, chapitre 41 ; Zohar I, 44b, 70a, 137a ; II, 124b, 120b, 147b, 256b ; III, 287a.]

Explication

Une liste de passages du Zohar et du Midrach sur « ton amour » et « Qu’il me donne des baisers » clôt le maamar.

Le paragraphe 16 en bref

Le maamar s’achève en expliquant « car ton amour est meilleur que le vin » : l’amour révélé par la Torah et les mitsvot atteint l’essence de D.ieu, au-dessus de toute révélation issue de la dissimulation. Le texte donne ensuite des références pour approfondir.

Pour aller plus loin

Les notes de Kehot citent Or HaTorah : le Zohar, dans Terouma, interprète « Qu’il me donne des baisers » comme désignant le caché, et le Mikdash Melekh l’explique comme un baiser d’Arikh Anpin par l’intermédiaire de Zeir Anpin ; un autre passage du Zohar comprend « Qu’il me donne des baisers » comme une référence à la résurrection des morts.

Maré mekomot

  1. 1
    כי טובים דודיך · Song of Songs 1:2
  2. 2
    ושאבתם מים בששון · Isaiah 12:3
  3. 3
    ערבים עלי דברי סופרים יותר מיינה של תורה · Avodah Zarah 35a:6
  4. 4
    כי גאה גאה · Exodus 15:1
  5. 5
    בד״ה עד דלא ידע · תו״א צח, ב ”כי פי׳ הקדמוני היינו קדמונו של עולם שהוא אוא״ס ב״ה עצמו” ע״ש.
  6. 6
    עד דלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי · Megillah 7b:7–8
  7. 7
    ועיין עוד מענין כי טובים דודיך ברבות בשיר השירים · Shir HaShirim Rabbah 1:9
  8. 8
    ביום השביעי נשיא · Numbers 7:48
  9. 9
    קל״ז א׳ · ”נדרש ענין ישקני על תח״ה” — אוה״ת שה״ש כרך ג תתיא.
  10. 10
    קמ״ז ב׳ · מובא באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתי: ”ובענין ישקני בזהר תרומה קמ״ו סע״ב ישקני ההוא דסתים כו׳ ובמק״מ ישקני אריך באמצעות זעיר כו׳”.

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Dans le Chema, l’homme traverse les deux formes d’épouse : au mot « Un », en méditant sur le fait que tout, devant D.ieu, est comme néant et en renonçant à tout désir personnel ; puis, par « Béni soit le nom », il revient en tant que moi qui aime D.ieu et aspire à Lui, et introduit cet amour dans l’étude de la Torah (« tu en parleras ») et dans les mitsvot physiques, notamment la tsedaka donnée avec de l’argent réel. C’est ainsi que la lumière de D.ieu est attirée vers le bas, d’abord dans la Torah, puis dans le monde, afin de Lui faire une demeure ici-bas.

Questions à discuter

  1. Pourquoi l’amour de « de toute ton âme » a-t-il besoin d’être précédé par « Béni soit le nom de Son royaume », et que nous apprend cela sur la place du moi propre de l’homme dans le service de D.ieu ?
  2. Quelle est la différence entre l’essence de D.ieu et « Son grand Nom », et pourquoi le maamar insiste-t-il sur le fait que les mondes ne procèdent pas de D.ieu selon un rapport de cause à effet ?
  3. Comment les chants des mondes qui s’élèvent (shirah) font-ils descendre le chant d’en haut (shir) ? Qu’est-ce qui, dans la vie d’une personne, pourrait être un « chant d’en bas » ?
  4. Pourquoi le baiser, acte physique, est-il une meilleure image que la parole pour exprimer l’amour intérieur que D.ieu révèle par la Torah ?
  5. Si la profondeur du voilement mesure la grandeur de la révélation, comment le maamar comprend-il la durée du présent exil ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Shir HaShirimשיר השירים

  1. 1שיר השירים אשר לשלמה ישקנו מנשיקות…The Song of Songs, which is Solomon’s
  2. 2שיר השירים אשר לשלמהThe Song of Songs, which is Solomon’s
  3. 3לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For Fragrance, Your Oils Are Good
  4. 4לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For the fragrance of your goodly oils
  5. 5שחורה אני ונאוה בנות ירושלים וגו׳“I am black and comely, O daughters of Jerusalem”
  6. 6שחורה אני ונאוה בנות ירושלים כאהלי…“I Am Black, yet Comely, O Daughters of Jerusalem”
  7. 7ביאור ענין שחורה אני ונאוהAn Explanation of “I Am Black, yet Comely”
  8. 8ביאור הדברים ע״פ שחורה אני ונאוה
  9. 9לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי
  10. 10לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי
  11. 11נאוו לחייך בתורים צוארך בחרוזים
  12. 12הנך יפה רעיתי יפה עיניך יונים…
  13. 13קול דודי הנה זה בא מדלג…
  14. 14ולהבין ענין מדלג על ההרים מקפץ…
  15. 15יונתי בחגוי הסלע בסתר המדרגה
  16. 16ביאור ע״פ יונתי בחגוי הסלע וגו׳
  17. 17עוד ביאור הדברים ע״פ יונתי בחגוי…
  18. 18צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…
  19. 19להבין ענין הטעם למה שהאתדל״ע הבאה…
  20. 20צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…
  21. 21ביאור הדברים
  22. 22לבבתני אחותי כלה
  23. 23ביאור על פסוק לבבתני
  24. 24באתי לגני אחותי כלה אריתי מורי…
  25. 25ביאור ע״פ באתי לגני
  26. 26אני ישנה ולבי ער קול דודי…
  27. 27להבין ביאור הדברים ע״פ אני ישנה…
  28. 28הסבי עיניך וגו׳
  29. 29שניך כעדר הרחלים שעלו מן הרחצה…
  30. 30ששים המה מלכות ושמונים פילגשים ועלמות…
  31. 31לבאר הדברים ע״פ ששים המה מלכות…
  32. 32ששים המה מלכות ושמונים פילגשים כו׳
  33. 33הנה ענין מדלג על ההרים הוא…
  34. 34מה יפו פעמיך בנעלים כו׳
  35. 35מי יתנך כאח לי יונק שדי…
  36. 36שימני כחותם על לבך כו׳
  37. 37ביאור על זה
  38. 38כי על כל כבוד חופה
  39. 39ביאור הדברים ע״פ כי על כל…
  40. 40תנו רבנן כיצד מרקדין לפני הכלה…
  41. 41כי כאשר השמים החדשים כו׳