Likkutei Torah · Parshas V’Zos HaBerachah · Maamar 5
מזמור שיר חנוכת הבית כו׳ ולא שמחת אויבי לי
« Un psaume, un chant pour l’inauguration de la Maison…, et Tu n’as pas laissé mes ennemis se réjouir à mes dépens »
L’idée centrale
Les anges qui s’opposaient à la création de l’homme furent réduits au silence par l’inauguration du Beth Hamikdach, car l’âme humaine, bien qu’elle descende dans un corps matériel, dépasse les anges : elle n’a pas de corps propre, sa source est plus élevée et elle partage sa racine avec la Torah ; ainsi, seules les âmes peuvent s’annuler devant D.ieu comme une flamme qui se fond dans une torche, et devenir une demeure pour la Chekhina ici-bas.
Le maamar en bref
Le maamar interprète les « ennemis » du Psaume 30 comme les anges qui dirent « Qu’est-ce que l’homme ? » lors de la création, s’inclinèrent au Sinaï, se réjouirent au veau d’or, puis furent réduits au silence par le Michkan et le Beth Hamikdach. Pourquoi les âmes sont-elles plus élevées ? Les anges ont des corps faits d’air et de feu raffinés ; ils occupent l’espace et le temps, leur chant est audible et chanté à des moments déterminés, et ils peuvent apparaître à la vue. Les âmes n’ont pas de corps ; leur chant est une compréhension pure, ininterrompue et inaudible. Les anges ne s’opposaient qu’à la descente de l’âme dans un corps, mais cette descente est précisément le but : par elle, D.ieu a une demeure ici-bas. Le Beth Hamikdach révéla la Chekhina, qui suscita chez Israël une inclination intérieure, une annulation de soi comme une flamme devant une torche ; il en subsiste une lueur dans la synagogue au moment de la prière, et seules les âmes, non les anges, peuvent s’annuler ainsi. L’inauguration fit descendre des lumières supplémentaires, comme les douze offrandes des princes pour chacune des tribus. « Psaume » désigne le chant des anges à travers un réceptacle, « chant » celui des âmes sans réceptacle, et tous deux furent révélés lors de l’inauguration. Enfin, les trois sens de dilisani désignent les trois avantages de l’âme.
Plan
- L’accusation des angesLes « ennemis » du psaume sont les anges qui s’opposèrent à la création de l’homme et se réjouirent au veau d’or, avant d’être réduits au silence par le Michkan et le Beth Hamikdach ; l’homme est supérieur aux anges.¶1
- Anges et âmes : chant, vue, espace et tempsLes âmes chantent elles aussi, mais sans produire de son ; les anges ont des corps d’air et de feu, si bien que leur chant est audible, qu’ils peuvent être vus et qu’ils chantent à des moments déterminés, tandis que les âmes louent sans interruption.¶2–5
- La descente de l’âme et le SanctuaireLes anges s’opposaient à la descente de l’âme dans un corps, mais cette descente permet à D.ieu d’avoir une demeure ici-bas ; la Chekhina réside en Israël par l’intermédiaire du Sanctuaire matériel, et à présent par celui de la synagogue.¶6
- Deux formes d’inclinationL’inclination extérieure maîtrise le comportement ; l’inclination intérieure dissout le moi comme une flamme qui se fond dans une torche. Elle provint de la révélation au Beth Hamikdach, se perpétue faiblement dans la prière avec un minyan et n’est possible que pour les âmes.¶7–8
- L’inauguration et les offrandes des princesL’inauguration est un commencement marqué par un don supplémentaire, qui fait descendre des lumières additionnelles ; les offrandes identiques des princes sont répétées douze fois afin que chaque tribu fasse descendre sa propre torche, pour toutes les générations et à Hanouka.¶9–10
- Psaume et chantMizmor est une musique jouée au moyen d’un instrument, le chant des anges à travers un réceptacle ; shir est la voix, le chant des âmes sans réceptacle ; l’ordre des mots indique une élévation d’en bas ou une descente d’en haut.¶10–12
- Dilisani : les trois avantages de l’âmeÉlévation, pauvreté et puisage de l’eau : la source de l’âme est plus élevée, elle n’a pas de corps propre et elle est tirée de 'Hokhma conjointement avec la Torah ; elle est donc plus apte que les anges à recevoir la Chekhina et la Torah.¶13–15
Notions clés
- l’annulation de soi (bitoul)ביטול
- Mettre de côté son propre sentiment de soi devant D.ieu ; sa forme la plus élevée est celle de la flamme qui se fond dans une torche.
- la Chekhina (la Présence divine)שכינה
- La présence de D.ieu lorsqu’elle réside ouvertement dans les mondes inférieurs ; elle est Knesset Israël, la source des âmes d’Israël.
- l’inclination intérieure et extérieureהשתחוואה בבחינת פנימיות וחיצוניות
- L’inclination extérieure soumet le corps tandis que le moi demeure ; l’inclination intérieure ne laisse subsister aucune volonté hormis celle de D.ieu.
- mizmor et shirמזמור ושיר
- La musique instrumentale et le chant de la voix : le chant des anges revêtu d’un réceptacle et celui des âmes sans réceptacle.
- une demeure dans les mondes inférieursדירה בתחתונים
- Le but de la création, qui ne s’accomplit que lorsque l’âme descend dans un corps matériel.
- l’inauguration comme commencementחנוכה מלשון חינוך
- Un commencement marqué par un supplément au-delà de l’ordinaire, qui fait descendre des lumières célestes additionnelles.
L’accusation des anges ¶1
1מזמור שיר חנוכת1 הבית כו׳ ולא שמחת2 אויבי לי.3 הנה בשעת בריאת האדם קטרגו מלאכי השרת לפני הקב״ה ואמרו מה אנוש4 כי תזכרנו כמ״ש ברבות בראשית פרשה ח׳5 ואח״כ בשעת מתן תורה כשהקדימו
« Un psaume, un chant pour la dédicace de la Maison… », et « Tu n’as pas laissé mes ennemis se réjouir à mon sujet. » Or, au moment de la création de l’homme, les anges du service divin élevèrent une accusation devant le Saint béni soit-Il et dirent : « Qu’est-ce que l’homme, pour que Tu te souviennes de lui ? », comme il est écrit dans Midrash Rabbah, section 8. Ensuite, au moment du don de la Torah, lorsque
Le maamar s’ouvre sur le Psaume 30, que David composa pour la dédicace du Beis HaMikdash, et demande qui sont les « ennemis » dont D.ieu ne laissa pas la joie éclater. Le Midrash rapporte que, lorsque D.ieu créa l’homme, les anges s’y opposèrent en citant : « Qu’est-ce que l’homme, pour que Tu te souviennes de lui ? » Selon eux, cet être fragile ne méritait pas l’attention de D.ieu.
ישראל נעשה לנשמע הודו6 ואח״כ בשעת חטא העגל שמחו שנמצא כדבריהם שבעוד מ׳ יום אחר מ״ת שהיה פב״פ כו׳ הפך לבם כ״כ.
Israël firent précéder « nous ferons » à « nous entendrons », ils le reconnurent. Puis, au moment de la faute du Veau d’or, ils se réjouirent, estimant que les faits leur avaient donné raison : qu’en l’espace de quarante jours après le don de la Torah, qui s’était déroulé face à face, etc., le cœur d’Israël s’était à ce point détourné.
Au Sinaï, lorsqu’Israël dit « nous ferons » avant « nous entendrons », s’engageant avant de savoir ce qui lui serait demandé, les anges reconnurent qu’ils avaient eu tort. Mais quand, quarante jours seulement après que D.ieu leur eut parlé « face à face », Israël fabriqua le Veau d’or, les anges se réjouirent, estimant que leur objection initiale avait été confirmée.
אך בשעת מעשה המשכן ערבה שחחתם לפי שמלאכת המשכן מכפר על מעשה העגל שלכן היה זהב במשכן לכפר על הזהב שבעגל
Mais, au moment de la construction du Michkan, leur joie s’assombrit, car le travail du Michkan expie la fabrication du Veau ; c’est pourquoi il y avait de l’or dans le Michkan, afin d’expier l’or du Veau.
Le Michkan — le Sanctuaire portatif dans le désert — expia le Veau, l’or expiant l’or ; la joie des anges fut ainsi contrariée. Le mot imprimé שחחתם semble devoir se lire שמחתם, « leur joie », et l’expression fait écho aux paroles d’Isaïe : « toute joie s’est assombrie » (ערבה).
ולכן אמר דוד על בנין בהמ״ק7 מזמור שיר חנוכת הבית כו ולא שמחת אויבי לי הם המלאכים שקטרגו
C’est pourquoi David dit au sujet de la construction du Beis HaMikdash : « Un psaume, un chant pour la dédicace de la Maison…, et Tu n’as pas laissé mes ennemis se réjouir à mon sujet » : il s’agit des anges qui avaient élevé une accusation.
Les « ennemis » du psaume de David ne sont donc pas des adversaires humains, mais les anges accusateurs. La dédicace de la Maison les réduisit au silence, car elle montra que l’homme, malgré toutes ses défaillances, pouvait devenir une demeure pour D.ieu.
והיינו שבנין בהמ״ק הוא ענין אחד עם מעשה המשכן (וכה״ג הביא בספר ערכי הכינויים שחיבר בעה״מ סדר הדורות בערך אויב ועיין בגמרא בקדושין) (דף ע״ב) מאי את אויבים בשער8 כו׳ ועיין בבראשית רבה פנ״ד.
Cela signifie que la construction du Beis HaMikdash est une seule et même idée que la construction du Michkan. (On trouve une indication semblable dans le livre Arkei HaKinuyim, composé par l’auteur de Seder HaDoros, à l’entrée « ennemi » ; voir aussi la Guemara dans Kiddushin) (folio 72) : « Que signifie “avec des ennemis à la porte”… » ; voir également Bereishis Rabbah, section 54.
Bien que le psaume parle du Beis HaMikdash et que la déception des anges se soit produite à l’époque du Michkan, les deux relèvent d’un même thème ; le verset convient donc. La parenthèse apporte des exemples où le mot « ennemis » est également compris autrement que comme de simples adversaires. La Guemara, qui explique « des ennemis à la porte » comme désignant des érudits qui discutent de Torah et finissent amis, se trouve dans Kiddushin 30b ; le « folio 72 » imprimé est donc apparemment une erreur.
ולהבין ענין קטרוג הזה של המלאכים9 שאמרו מה אנוש כו׳ שאמרו המלאכים שהמה במדרגה עליונה יותר מן האדם. והתשובה היתה שהאדם הוא יותר נעלה.10111213
Pour comprendre cette accusation des anges, qui dirent : « Qu’est-ce que l’homme… », il faut savoir qu’ils affirmaient se trouver à un niveau supérieur à celui de l’homme. La réponse fut que l’homme est plus élevé.
La véritable question du maamar est posée ici : les anges prétendaient se situer à un niveau supérieur à celui de l’homme, mais D.ieu répondit que l’homme est plus élevé. Le reste du maamar explique en quoi l’âme humaine dépasse les anges, et pourquoi ceux-ci pouvaient néanmoins élever une objection.
Le début interprète « Tu n’as pas laissé mes ennemis se réjouir à mon sujet » comme une allusion aux anges qui s’opposèrent à la création de l’homme et se réjouirent de la faute du Veau, mais dont la joie prit fin lorsque furent construits le Michkan et le Beis HaMikdash. La question est alors posée : en quel sens l’homme est-il supérieur aux anges ?
Les notes de Kehot indiquent que ce maamar existe également sous la forme d’une transcription dans le Siddour avec les discours ‘hassidiques, et qu’il aurait été prononcé à l’occasion de l’inauguration de la maison d’étude de Liadi. Elles mettent en relation les trois controverses des anges rapportées par Midrash Tehillim — au sujet de l’homme, du Michkan et de la Torah — avec le récit de la Guemara concernant l’objection des anges au Sinaï.
Maré mekomot
- 1מזמור שיר חנוכת · הנחת כ״ק אדהאמ״צ בסידור ערה, ב. הנחה נוספת בסה״מ תקס״ו ע׳ ק. המאמר שבסידור נאמר ג״כ בשנת תקנ״ט — ראה סה״מ תש״ט ע׳ 91. באוה״ת פ׳ פנחס כרך ו ע׳ א׳תתקמז מציין למאמר זה ”ובתורת חנוכת בהמ״ד דלאדי ע״פ מזמור שיר חנוכת”. קטע מהמאמר ראה ד״ה כל שמעשיו מרובים תרל״ג ע׳ רסח.
- 2מזמור שיר חנוכת הבית . . ולא שמחת · Psalms 30:1
- 3ולא שמחת אויבי לי · Psalms 30:2
- 4קטרגו מלאכי השרת לפני הקב״ה ואמרו מה אנוש · Midrash Tehillim 8:2
- 5כמ״ש ברבות בראשית פרשה ח׳ · Bereshit Rabbah 8:5
- 6כשהקדימו ישראל נעשה לנשמע הודו · Shabbat 89a:7
- 7ולכן אמר דוד על בנין בהמ״ק · בסידור עם דא״ח ערה, ב: ”כשהכין דוד בנין בהמ״ק”. וראה באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתקלא.
- 8מאי את אויבים בשער · Psalms 127:5
- 9ולהבין ענין קטרוג הזה של המלאכים · קטע מכאן בסה״מ תרנ״ג ע׳ ריח. ובסה״מ תרנ״ד ע׳ רנג. וראה ד״ה בשעה שעלה משה — תשכ״א.
- 10שהאדם הוא יותר נעלה · בסה״מ שם נוסף: כמ״ש במד״ת שם.
- 11
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- 13
Anges et âmes : chant, vue, espace et temps ¶2–5
2ולביאור זה צריך להבין ענין מלאכים ונשמות כי הנה מצינו שהמלאכים אומרים שירה1234 ולא מצינו כן בנשמות ובאמת גם הנשמות אומרים שירה567 תמיד
Pour expliquer cela, il faut comprendre la nature des anges et des âmes. En effet, nous trouvons que les anges chantent, mais nous ne trouvons pas cela à propos des âmes. Pourtant, en vérité, les âmes aussi chantent constamment,
Pour répondre, il faut comprendre en quoi les anges diffèrent des âmes. Les Écritures décrivent souvent les anges en train de chanter, mais jamais les âmes ; l’Admour Hazaken affirme que les âmes chantent elles aussi, et constamment.
שהרי יש להם עליות וירידות תמיד מחיל אל חיל וכמ״ש והיה מדי חודש בחדשו89 כו׳ ואח״כ חוזרים לג״ע התחתון וחוזרים ומתעלים לג״ע העליון כו׳
car elles connaissent constamment des ascensions et des descentes, « de force en force », comme il est écrit : « Et il arrivera, de mois en mois… » ; ensuite, elles retournent au Gan Eden inférieur, puis remontent au Gan Eden supérieur, etc.
Dans l’au-delà, les âmes s’élèvent sans cesse « de force en force » : à chaque Roch ‘Hodech et Chabbat, comme le dit Isaïe, elles montent du Gan Eden inférieur au Gan Eden supérieur, puis reviennent. Chacune de ces ascensions est une forme de chant.
וידוע דכל הילוך ועלייה היינו ע״י שיר דוקא10 כענין כל בעלי השיר יוצאין בשיר11 ונמשכין בשיר כמבואר בלק״א הגדול.1213 אלא שלא מצינו מפורש כן במקרא.1415
Or, il est bien connu que tout déplacement et toute ascension s’effectuent précisément par le chant, selon l’idée exprimée par : « Tous ceux qui ont un chant sortent avec un chant et sont attirés par un chant », comme l’explique le grand Likkutei Amarim. Seulement, nous ne trouvons pas cela énoncé explicitement dans les Écritures.
La Michna enseigne que les animaux munis d’un shir — un anneau ou un collier — peuvent sortir avec lui le Chabbat et être conduits par lui. La ‘Hassidout comprend ici shir au sens de « chant » : tout déplacement et toute ascension sont portés par le chant. Le grand Likkutei Amarim, recueil d’enseignements des maîtres ‘hassidiques, l’explique ; il ne reste qu’à comprendre pourquoi les Écritures ne le disent jamais expressément.
Le paragraphe soutient que les âmes, comme les anges, chantent, puisque leurs ascensions constantes se font par le chant. Il pose ainsi la question de savoir pourquoi les Écritures ne mentionnent que le chant des anges.
Un discours ultérieur cité dans les notes de Kehot suggère que les « détenteurs d’un shir » de la Michna sont précisément les anges, dont l’ascension consiste à sortir des limites d’un corps, tandis que les âmes doivent s’élever en raison des limites de leur compréhension.
Maré mekomot
- 1כי הנה מצינו שהמלאכים אומרים שירה · קטע מובא באוה״ת בראשית כרך ג תקנו, א.
- 2שהמלאכים אומרים שירה · ע׳ חגיגה (יג, ב) ובתוד״ה מזיעתן, ובחולין (צא, ב). ובס׳ עמק המלך ש׳ קרית ארבע (פ״ה). ובש׳ שבע תיקונים (פי״א). ובחדא״ג חולין (שם ד״ה לא הגיע). וע״ע חגיגה (יב, ב) מלאכי השרת שאומרות שירה בלילה. ובחדא״ג (שם) העיר מע״ז (ג, ב) יושב ושומע שירה מפי חיות. וע״ל ס״פ קדושים (ל, ג) שירה של הנבראים ומלאכים, יעו״ש. ושם באמור רד״ה והניף [לו, א] ב׳ מיני מלאכים, יעו״ש. [כ]. ראה אוה״ת בראשית כרך ג תתקנז, א.
- 3שהמלאכים אומרים שירה · Chagigah 12b
- 4שהמלאכים אומרים שירה · Avodah Zarah 3b
- 5הנשמות אומרים שירה · וע׳ בשה״ק להרח״ו ח״ג ש״ב. ע׳ ת״ז (תכ״ב) סה, ב. דיוקנו של יעקב חקוקה בכסא הכבוד וכ״ה בלקח טוב ויצא (כח, יג). ובמ׳ אגדה (שם). ובב״ר (פע״ח [ג]). ובמדב״ר (רפ״ד). ואיכ״ר (ב, א [ב]). ובתנחומא [במדבר יט] במדבר עה״פ כל בכור זכר. ופדר״א (פל״ה). ובתרג׳ דה״א (כא, טו). וע׳ רש״י חולין (צא, ב). ד״ה בדיוקנו. שם בפי׳ רגמ״ה. וע׳ שבת (קנב, ב) נשמתן של צדיקים גנוזות תחת כסה״כ. וכ״ה אדר״נ (פי״ב). ובזח״ג (כט, ב) אי׳ כל הנשמות ”גזורות”. וכ״ה להלן (קכג, ב) ”גזורות”. ובפרדס לרמ״ק ז״ל ש׳ עשר ולא תשע (פ״ז) ושם אי׳ חצובות. ועיין חולין (שם) שאין מ״ה או׳ שירה למע׳ עד שיאמרו ישראל למטה. וראה ב״ב (עה, ב) עתידי׳ צדיקים שיאמרו לפניהם קדוש, וברש״י שם. [כ].
- 6הנשמות אומרים שירה · Chullin 91b:15
- 7הנשמות אומרים שירה · Shabbat 152b:13
- 8והי׳ מדי חודש בחדשו · ישעי׳ סוס״י סו.
- 9והיה מדי חודש בחדשו · Isaiah 66:23
- 10שו״ה שיר — דוקא · ע׳ תו״א ד״ה ושם אחיו יובל. ובד״ה שה״ש הא׳ פ״ג. [כ].
- 11כל בעלי השיר יוצאין בשיר · Shabbat 51b:8–10
- 12בלק״א הגדול · אפ״ל כוונתו הק׳ מ״ש לבסוף הס׳ בליקוטים חדשים. [כ].
- 13כמבואר בלק״א הגדול · בד״ה באתי לגני תש״ל סעיף ח (נדפס בסה״מ מלוקט ח״ו ע׳ צה) מביא זה, וראה שם בהערה 48 שכאן מבאר (לקמן) שגם עליית הנשמות היא ע״י שיר: ”ואולי יש לומר דזה שארז״ל ”בעלי השיר יוצאין בשיר” ד”בעלי השיר” הם המלאכים [—ראה שם הערה בשולי העמוד] (שנק׳ בשם בהמות וחיות). הוא — כי העלי׳ דמלאכים היא שהם יוצאים מההגבלה דהגוף שמגביל אותם, משא״כ נשמות [שאין להם גוף, כמבואר בלקו״ת ברכה שם] [— כאן]. זה שהם צריכין לעלי׳ הוא לפי שההשגה שלהם מצד עצמה היא בהגבלה. וכמארז״ל הנ״ל שאומר ”יוצאין בשיר” מדבר ביציאה מההגבלה דהגוף [כדוגמת יציאה כפשוטה, שהיא יציאה מהמקום שהי׳ שם (ולא שיוצא מעצמותו)], ועלי׳ זו ד”יוצאין בשיר” היא רק במלאכים (”בעלי השיר”). ולא בנשמות”. עכ״ל שם. מובא גם בד״ה שירו לה׳ שיר חדש — תשל״ה (הנחה בלתי מוגה).
- 14בסידור ערה, ד · ”על ענין המשנה כל בעלי השיר יוצאין בשיר”. וראה בהמ״מ לסה״מ תרל״ג ע׳ רסט.
- 15
3והטעם מפני ששירת המלאכים נשמעת באזני הנביא וכמ״ש ואשמע אחרי קול רעש גדול12 כו׳ בבחי׳ קול ממש וכמ״ש ואשמע את קול כנפיהם3 כקול מים רבים כו׳
La raison en est que le chant des anges est entendu par les oreilles du prophète, comme il est écrit : « J’entendis derrière moi le bruit d’un grand tumulte… » ; il se manifeste sous la forme d’un son véritable. De même, il est écrit : « J’entendis le bruit de leurs ailes, semblable au bruit de grandes eaux… » ;
La différence tient au fait que le chant des anges est audible : Ye’hezkel l’entendit comme un son réel, un « grand tumulte », et des ailes « semblables au bruit de grandes eaux ».
ומשמיעים ביראה יחד בקול כו׳ והאופנים ברעש גדול4 כו׳ והיינו לפי שיש להם גופים כמ״ש עושה מלאכיו רוחות.
et « ils proclament ensemble, d’une voix forte, avec crainte… », ainsi que « les Ofanim, dans un grand tumulte… ». Cela tient à ce qu’ils ont des corps, comme il est écrit : « Il fait de Ses anges des vents,
La bénédiction du matin précédant le Chema décrit les anges qui proclament « ensemble, d’une voix forte », et les Ofanim — une catégorie d’anges — « dans un grand tumulte ». Cela leur est possible parce qu’ils ont des corps, que le verset appelle « vents » et « feu ».
משרתיו אש לוהט5 דלא קאי על הנשמות שלהם שהנשמות הם בעלי שכל והשגות וכמו נשמת האדם שהיא המשכלת ומשגת ולא שייך לקרוא אותם בשם רוחות ואש לוהט
de Ses serviteurs un feu ardent. » Cela ne concerne pas leurs âmes, car les âmes sont douées d’intellect et de compréhension, comme l’âme de l’homme, qui raisonne et comprend ; il ne conviendrait pas de les appeler « vents » et « feu ardent ».
L’Admour Hazaken soutient que le verset ne peut désigner les âmes des anges, puisqu’une âme est un être pensant et doué de compréhension, et ne serait pas appelée « vent » ou « feu ». Ces mots doivent donc décrire une certaine forme de corps.
Il s’agit plutôt de leurs corps, comme l’écrit le Ramban : les anges ont un corps issu de l’élément simple de l’air et de l’élément simple du feu.
Le Ramban écrit que les anges ont des corps constitués des éléments spirituels simples de l’air et du feu, et non de matière physique. Cela correspond aux « vents » et au « feu ardent » du verset.
ולכן המלאכים תופסים מקום שיש מלאך גדול11 מלך ת״ק שנ ויש מלאך בשליש העולם כו׳ והיינו הגוף שלהם גדול כ״כ שהוא בחי׳ מקום.
C’est pourquoi les anges occupent un espace : il existe un grand ange dont la taille correspond à cinq cents années de marche, et un ange qui représente un tiers du monde, etc. Autrement dit, leur corps est si grand qu’il relève de la catégorie de l’espace.
Parce qu’ils ont des corps, les anges occupent un espace : la Guemara décrit un ange dont la taille correspond à cinq cents années de marche et un autre qui représente un tiers du monde. Leur corps, si raffiné soit-il, demeure une réalité mesurée et spatiale.
Le paragraphe explique pourquoi le chant des anges peut être entendu : ils ont des corps faits d’air et de feu raffinés, occupent donc un espace, et leur chant prend la forme d’un son.
Les notes de Kehot rassemblent différents avis sur les corps des anges : l’Iggeres HaKodesh affirme que même les anges d’Atsilout ont un « corps » ; le Siddour dit que chaque ange possède matière et forme, enracinées dans les réceptacles de Zeir Anpin et de Noukva d’Atsilout ; les notes indiquent que la négation des corps angéliques par le Rambam doit concerner les corps physiques, une question laissée ouverte dans Likkutei Sichos.
Maré mekomot
- 1ואשמע אחרי קול רעש גדול · Ezekiel 1:12
- 2
- 3ואשמע את קול כנפיהם · Ezekiel 1:24
- 4ומשמיעים ביראה . . ברעש גדול · ברכת יוצר.
- 5עושה מלאכיו רוחות משרתיו אש לוהט · Psalms 104:4
- 6וכמ״ש הרמב״ן · בסוף שער הגמול. מובא גם בתו״א ד, א. ראה תניא פרק מ. ראה לשון הרמב״ן באוה״ת בראשית כרך ג תקנו, סע״ב.
- 7המלאכים . . לפי שיש להם גופים . . וכמ״ש הרמב״ן · אפילו דאצילות (אגה״ק ס״ך). ראה ע״ח ש״נ פ״ח. וראה ג״כ פרדס שער כד פי״א. פט״ו. וכמש״כ הרמב״ן — (הובא בתו״א ד, ב. לקו״ת צח, א). ומש״כ הרמב״ם בהל׳ יסוה״ת פ״ב, ה״ג (הובא ברמב״ן סוף שער הגמול) ובמו״נ ח״א פמ״ט, עכצ״ל ששולל גוף גשמי. וראה מורה נבוכים ח״ב פ״ו. ובפרדס שער ו, פ״ו. ועדיין צ״ע. — לקו״ש ח״ט ע׳ 405. באוה״ת בראשית כרך ג תקנו, א ומציין לסידור שער הק״ש בד״ה להבין ההפרש בין ק״ש לשמו״ע ”כי כל מלאך יש לו חומר וצורה כמו נפש וגוף, וגם נתבאר ששרש התהוותן הוא מבחי׳ כלים דזו״נ דאצי׳ שנעשי׳ נשמה לע״ס דבי״ע” ע״ש.
- 8המלאכים יש להם גוף · Sefer Etz Chaim 50:9–10
- 9המלאכים יש להם גוף · Pardes Rimmonim 24:15–16
- 10המלאכים יש להם גוף · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 2:3
- 11שיש מלאך גדול מהלך ת״ק שנה ויש מלאך בשליש העולם · Chagigah 13a
4ולכן השירה שלהם מתלבשת בחי׳ קול עד שנשמעת לאזני הנביא.1 משא״כ שירת המלאכים אינן נשמעות לפי שאינן בבחי׳ התלבשות הגוף כלל.
C’est pourquoi leur chant s’enveloppe dans la forme d’un son, au point d’être entendu par les oreilles du prophète. En revanche, le chant des anges [apparemment : des âmes] n’est pas entendu, car ils ne sont aucunement revêtus d’un corps.
Parce que les anges ont des corps, leur chant prend la forme d’un son qu’un prophète peut entendre. La seconde phrase, telle qu’elle est imprimée, parle du « chant des anges », mais l’argument exige qu’elle dise apparemment « le chant des âmes », qui n’est pas entendu parce que les âmes n’ont pas de corps.
ולכן אין השירה מתלבשת בבחי׳ קול רק היא בבחי׳ שכל והשגה ולכן לא דיברו הנביאים ממנה.
C’est pourquoi leur chant ne s’enveloppe pas dans la forme d’un son : il se présente uniquement sous la forme de l’intellect et de la compréhension. Voilà pourquoi les prophètes n’en ont pas parlé.
Le chant des âmes est une pure compréhension et une perception de la divinité, et non un son. C’est pourquoi les prophètes, qui entendaient des sons venant d’en haut, ne le décrivent jamais.
Cela répond à la question du paragraphe 2 : les âmes chantent, mais leur chant est intellectuel et silencieux ; les Écritures ne rapportent donc que le chant audible des anges.
Un discours ultérieur cité dans la note ajoute que les anges sont enracinés dans le Nom Elokim, les réceptacles, qui sont mesurés et limités, tandis que les âmes sont enracinées dans le Nom Havaya, les lumières, qui échappent à toute mesure.
Maré mekomot
- 1ולכן השירה שלהם . . שנשמעת לאזני הנביא · בד״ה בשעה שעלה תשכ״א מוסיף תוספות ביאור: ”לפי שהמלאכים שרשם משם אלקים בחי׳ הכלים, הרי הכלים הם במדידה והגבלה, משא״כ הנשמות ששרשם משם הוי׳ בחי׳ האורות הרי האורות אינם במדידה והגבלה” ע״ש. ובסה״מ תרנ״ג ותרנ״ד שם.
5וכיוצא בזה מצינו לענין ראיה שהמלאכים נראים ונגלים לעיני בשר זכי הראות כמו באברהם ו ירא והנה שלשה12 כו׳ לפי שיש להם גופים ויכולים להתלבש עד שיתגלו ויתראו משא״כ הנשמות3
Nous trouvons une chose semblable à propos de la vision : les anges sont vus et se révèlent aux yeux de chair dont la vue est pure, comme ce fut le cas pour Avraham : « Il leva les yeux, et voici trois… » ; ils ont des corps et peuvent donc s’en revêtir jusqu’à se révéler et devenir visibles, contrairement aux âmes.
Il en va de même pour la vue : les anges peuvent apparaître à des personnes dont la vision est pure, comme les trois anges apparurent à Avraham sous forme d’hommes. Les âmes, elles, ne le peuvent pas, car elles n’ont pas de corps dont se revêtir.
וזהו ענין שאומרים בש״ע וקדושים בכל יום יהללוך סלה שמתחלה אומרים סדר קדושה4 של המלאכים איך שאומרים קדוש וברוך5 וימלוך67 ואח״כ אומרים עוד וקדושים בכל יום כו׳
C’est le sens des mots que nous prononçons dans la Chemoneh Esreh : « Et les saints Te loueront chaque jour, séla » : nous disons d’abord l’ordre de la Kedoucha des anges, avec leurs proclamations : « Saint », « Béni » et « Il régnera » ; puis nous ajoutons : « Et les saints, chaque jour… » ;
La Kedoucha de la Amida cite d’abord les louanges des anges : « Saint » (Yechayahou), « Béni » (Ye’hezkel) et « Il régnera » (Psaumes), puis ajoute : « Et les saints Te loueront chaque jour, séla. » L’Admour Hazaken comprend cette seconde formule comme désignant la louange des âmes.
על הנשמות ואומרים כסדר ממטה למעלה תחלה קדושת המלאכים שהם בבחי׳ מקום וזמן שמאחר שהם בבחי׳ מקום מהלך ת״ק שנ ושליש העולם כו׳ הרי הם ג״כ בבחי׳ זמן שהמקום והזמן שניהם הם נבראים בבחינה אחד.
au sujet des âmes. Nous les disons dans l’ordre, du bas vers le haut : d’abord la Kedoucha des anges, qui se situent dans l’espace et le temps ; puisqu’ils se situent dans l’espace, sur une distance de cinq cents années de marche ou d’un tiers du monde, etc., ils se situent également dans le temps, car l’espace et le temps sont tous deux créés selon une même modalité.
L’ordre va du niveau inférieur au niveau supérieur : d’abord les anges, puis les âmes. Les anges existent dans l’espace et, puisque l’espace et le temps sont créés ensemble comme une seule réalité, ils existent également dans le temps.
ולכן יש להם עת קבוע לומר שיר8 כידוע משא״כ הנשמות אין להם בחי׳ זמן ומקום אלא בכל יום תמיד יהללוך וגם סלה בלי הפסק:910
C’est pourquoi ils ont un moment fixé pour chanter, comme on le sait. Les âmes, en revanche, n’ont aucune dimension d’espace ni de temps : elles Te louent « chaque jour », constamment, et aussi « séla », c’est-à-dire sans interruption.
Les anges ne chantent donc qu’à des moments déterminés, comme l’enseigne la Guemara. Les âmes, qui dépassent l’espace et le temps, louent D.ieu « chaque jour » ; selon l’interprétation des Sages, « séla » signifie « sans fin », ce qui indique que leur louange ne s’interrompt jamais.
Le paragraphe étend la distinction à la vision et au temps : les anges, parce qu’ils ont des corps, peuvent être vus et chantent à des moments déterminés ; les âmes, qui n’ont pas de corps, sont invisibles et louent D.ieu sans cesse, comme le montre la Kedoucha elle-même.
Or HaTorah relève une difficulté : ailleurs, il est dit que les anges ne prononcent pas « Il régnera », car Mal'hout est enracinée dans Assiya, tandis que les anges relèvent de Béria et de Yetsira. Pourtant, ce maamar inclut « Il régnera » dans la Kedoucha des anges. Les notes rapportent également une explication ultérieure selon laquelle les anges proviennent de la dimension extérieure des réceptacles, tandis que les âmes proviennent de leur dimension intérieure, unie à l’essence de la lumière.
Maré mekomot
- 1וירא והנה שלשה · Genesis 18:2
- 2ו ירא והנה שלשה · Rashi on Genesis 18:2
- 3להתלבש עד שיתגלו ויתראו משא״כ הנשמות · בסה״מ שם יש כאן ביאור ארוך בענין שרש ההפרש בין נשמות למלאכים הוא מצד שרשן ומקורן ומסיים: ”דמלאכים שרשן מהאור וחיות דחיצונית הכלים שהוא רק בחי׳ הגילוי לבד, ולכן ה״ה באים בבחי׳ התלבשות. משא״כ הנשמות שהם מפנימיות הכלים שמיוחדים ממש עם עצמות האור כנ״ל ה״ה מופשטים מכל בחי׳ חומר וגוף” ע״ש.
- 4קדוש · Isaiah 6:3
- 5וברוך · Ezekiel 3:12
- 6סדר קדושה של המלאכים . . קדוש וברוך וימלוך · באוה״ת פ׳ פנחס כרך ו ע׳ א׳תתקמז כ׳: ”טעם שמלאכים אין אומרים ימלוך משום דמל׳ מקננא בעשי׳ והמלאכים הם בריאה ויצירה. ובתורת חנוכת בהמ״ד דלאדי ע״פ מזמור שיר חנוכת [— הכוונה לכאן] ראיתי כ׳ דמלאכים אומרים ימלוך” עכ״ל.
- 7וימלוך · Psalms 146:10
- 8יש להם עת קבוע לומר שירה · Chullin 91b:13–14
- 9סלה בלי הפסק · Eruvin 4a
- 10וגם סלה בלי הפסק · Eruvin 54a:12–13
La descente de l’âme et le Sanctuaire ¶6
6ב אך המלאכים שאמרו מה אנוש1 כו׳ עם היות שידעו שמעלת ומדרגת הנשמות היא מאד נעלה ממעלתם ומדרגתם כנ״ל עכ״ז הרי הנשמה כמות שהיא היא בלי התלבשות גוף כלל.
2. Mais les anges qui dirent : « Qu’est-ce que l’homme… » savaient que le rang et le niveau des âmes sont très largement supérieurs aux leurs, comme il a été dit plus haut. Néanmoins, l’âme, telle qu’elle est en elle-même, n’est aucunement revêtue d’un corps.
La deuxième section revient à l’accusation des anges. Ils savaient que l’âme est supérieure à eux, mais cela est vrai de l’âme en elle-même, avant qu’elle n’entre dans un corps.
אך על ירידתה להתלבש בגוף בעוה״ז אמרו מה אנוש כי מצד הגוף מוכן האדם לחטא וע״כ אמרו שתנתן להם התורה שיש להם ג״כ גוף ונפש והגוף רוחני.
Mais, au sujet de sa descente pour se revêtir d’un corps en ce monde, ils dirent : « Qu’est-ce que l’homme ? », car, à cause de son corps, l’homme est enclin à pécher. C’est pourquoi ils demandèrent que la Torah leur soit donnée, puisqu’ils ont eux aussi un corps et une âme, et que leur corps est spirituel.
Leur objection portait sur la descente de l’âme dans un corps physique, qui rend l’homme susceptible de pécher. Ils soutenaient que la Torah devait leur revenir : eux aussi ont un corps et une âme, mais leur corps est spirituel et ne les entraîne pas vers le bas.
ותשובת הקב״ה היה שנצרך להיות הנשמה שמפנימית העולמות שהיא מצד עצמה מופשטת מחומר גופני לגמרי ושתרד דוקא בגוף גשמי ממש שעי״ז יהיה דירה בתחתונים2345 משא״כ במלאכים.6
La réponse du Saint béni soit-Il fut que l’âme, issue de la dimension intérieure (pnimiyout) des mondes et, en elle-même, entièrement abstraite de toute matière corporelle, devait nécessairement descendre précisément dans un véritable corps physique, afin de créer ainsi une demeure dans les mondes inférieurs ; cela ne peut se produire avec les anges.
La réponse de D.ieu est la suivante : toute la finalité est que l’âme, issue du niveau le plus intérieur des mondes et elle-même libre de toute matière, descende dans un véritable corps physique. C’est ainsi seulement que D.ieu peut avoir une « demeure dans les mondes inférieurs », ce que les anges, avec leurs corps raffinés, ne peuvent réaliser.
(ועמ״ש מזה בד״ה וייצר7 ה׳ אלקים את האדם עפר8 כו׳ והבהמ״ק נעשה ג״כ מדברים גשמיים והיה בו גילוי9 מבחינה שלמעלה מהשתלשלות ועמ״ש בדבור השני שע״פ מזמור שיר חנוכת)
(Voir à ce sujet le discours commençant par « Et D.ieu, Elokim, forma l’homme, poussière… ». Le Beis HaMikdash aussi fut construit avec des éléments physiques, et une révélation d’un niveau supérieur à l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) s’y manifesta. Voir également ce qui est écrit dans le deuxième discours sur « Un psaume, un chant pour la dédicace ».)
La parenthèse renvoie à un discours de Torah Ohr sur la formation d’Adam à partir de la poussière. Elle ajoute que le Beis HaMikdash aussi fut construit avec des matériaux physiques, et qu’un niveau supérieur à tout l’enchaînement descendant des mondes s’y révéla ; elle renvoie également à un deuxième discours sur ce psaume.
והנה כאשר נבנה בהמ״ק אז נאמר ולא שמחת כו׳ כי הנה כתיב ועשו לי מקדש ושכנתי בתוכם10 בתוכו לא נאמר
Or, lorsque le Beis HaMikdash fut construit, il fut alors dit : « Et Tu n’as pas laissé [mes ennemis] se réjouir… » Car il est écrit : « Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai au milieu d’eux » ; il n’est pas dit « au milieu de celui-ci »,
C’est pourquoi la construction du Beis HaMikdash réduisit les anges au silence. D.ieu dit : « Je résiderai au milieu d’eux », et non « au milieu de celui-ci » : Il réside au sein du peuple, et non seulement dans l’édifice.
אלא בתוכם שהשראת השכינה היתה בתוך ישראל עצמם אלא שאעפ״כ היה צריך לבנות בית מעצים ואבנים כדי שעי״ז יהיה גילוי השכינה בישראל
mais « au milieu d’eux », car la résidence de la Chekhina se trouvait au sein d’Israël eux-mêmes. Malgré cela, il fallait construire une maison de bois et de pierres, afin que, par ce moyen, la Chekhina se révèle au sein d’Israël.
La Chekhina résidait en Israël eux-mêmes, mais une maison physique de bois et de pierre était néanmoins nécessaire pour que cette présence se révèle en eux. L’édifice était au service du peuple, et non l’inverse.
וכן עכשיו משחרב בהמ״ק נתפשטה הקדושה בכל בהכ״נ ובהמ״ד וכמ״ש ואהי להם למקדש מעט11 כו׳.
De même, à présent que le Beis HaMikdash a été détruit, la sainteté s’est répandue dans chaque synagogue et maison d’étude, comme il est écrit : « Je leur ai été un petit sanctuaire… »
Après la Destruction, cette sainteté se répandit dans chaque synagogue et maison d’étude, que le prophète appelle un « petit sanctuaire ». Cela prépare la section suivante, qui portera sur la résidence de la Chekhina.
Le paragraphe explique que l’objection des anges visait la descente de l’âme dans un corps, et que D.ieu répondit que cette descente est précisément la finalité : elle rend possible une demeure pour D.ieu ici-bas. Le Beis HaMikdash physique, puis la synagogue, expriment la même idée.
Un discours ultérieur cité dans les notes de Kehot précise que les limites des corps des anges ne suffisent pas : la demeure ici-bas requiert des limites qui rendent possible la présence d’un mauvais penchant. Les notes citent également un développement parallèle sur la manière dont la formation du corps humain différa de celle de toutes les autres créatures.
Maré mekomot
- 1אמרו מה אנוש · Psalms 8:5
- 2ושתרד דוקא בגוף גשמי ממש שעי״ז יהיה דירה בתחתונים · ”היינו שאינו מספיק המצרים והגבולים של גופות המלאכים כי אם צריך למצרים וגבולים כאלו ששיך בו יצה״ר” — ד״ה בשעה שעלה משה תשכ״א (הנחה).
- 3יהי׳ דירה בתחתונים · תנחומא נשא טז. וראה שם בחקתי ג, ב״ר ספ״ג. במדב״ר פי״ג, ו.
- 4שעי״ז יהיה דירה בתחתונים · Midrash Tanchuma, Nasso 16:1
- 5יהיה דירה בתחתונים · Bamidbar Rabbah 13:6
- 6משא״כ במלאכים · ”שהגוף שלהם הוא דק ורוחני יותר” — בסה״מ תרנ״ג ותרנ״ד שם.
- 7ועמ״ש בד״ה וייצר ה׳ · תו״א ג, ד. בסה״מ תרנ״ג וסה״מ תרנ״ד נעתק הלשון מתו״א בענין שנשתנה יצירת גוף האדם משאר כל הנבראים.
- 8וייצר ה׳ אלקים את האדם עפר · Genesis 2:7
- 9והיה בו גילוי מבחי׳ שלמעלה מהשתלשלות · בסה״מ תרנ״ג וסה״מ תרנ״ד יש כאן ביאור בענין ההפרש בין משכן לבנין שילה.
- 10ועשו לי מקדש ושכנתי בתוכם · Exodus 25:8
- 11ואהי להם למקדש מעט · Ezekiel 11:16
Deux formes d’inclination ¶7–8
7ולהבין זה צריך להבין ענין השראת השכינה מה היא והנה אנו אומרים ואין אנו יכולים לעלות ולראות ולהשתחוות לפניך.
Pour comprendre cela, il faut comprendre ce qu’est le repos de la Chekhina (Présence divine). Or, nous disons : « Nous ne pouvons monter, paraître et nous prosterner devant Toi. »
Pour expliquer comment le Beit Hamikdach fit résider la Chekhina en Israël, l’Admour Hazaken part d’une phrase de la prière de Moussaf des fêtes : depuis la Destruction, « nous ne pouvons monter, paraître et nous prosterner devant Toi ».
וצריך להבין מהו ולהשתחוות. ולמה אין אנו יכולים בשלמא לעלות ולראות א״א מפני היד כו׳
Il faut comprendre ce que signifie « et nous prosterner », et pourquoi nous ne le pouvons pas. Certes, monter et paraître est impossible à cause de « la main… » ;
Il est manifestement impossible aujourd’hui de monter à Jérusalem et de paraître dans le Temple, « à cause de la main » qui fut envoyée contre le Sanctuaire, comme la même prière le poursuit. Mais pourquoi serait-il impossible de se prosterner ?
אבל ההשתחואה אפשר להיות בכל מקום לפניו ית׳ כמו ואנחנו כורעים ומשתחוים כו׳. ולמה צריך לזה בהמ״ק דוקא.
mais il est possible de se prosterner en tout lieu devant Lui, béni soit-Il, comme dans « Nous nous inclinons et nous prosternons… ». Pourquoi donc le Beit Hamikdach est-il spécifiquement nécessaire à cet effet ?
On peut se prosterner devant D.ieu partout, comme nous le faisons chaque jour dans la prière d’Alénou : « Nous nous inclinons et nous prosternons. » Pourquoi la prière dit-elle donc que se prosterner nécessite le Beit Hamikdach ?
אך הנה יש שני בחינות בהשתחוואה כי הנה ענין ההשתחוואה הוא שמבטל ומכניע א״ע לפניו ית׳ כמו שמבטל א״ע לפני המלך ומקבל עליו לעבדו ולשמועו בקולו.
Or, il existe deux niveaux dans la prosternation. En effet, se prosterner consiste à s’annuler et à se soumettre devant Lui, béni soit-Il, comme on s’annule devant le roi et accepte de le servir et d’obéir à sa voix.
La réponse commence par définir la prosternation : s’effacer et se soumettre à D.ieu, comme un sujet se prosterne devant le roi et accepte de le servir et d’obéir à ses ordres. Il existe toutefois deux formes d’une telle soumission.
Le paragraphe demande pourquoi la prière dit que nous ne pouvons nous prosterner devant D.ieu sans le Beit Hamikdach, puis introduit la réponse : il existe deux niveaux de prosternation.
8והנה יש השתחוואה בבחי׳ חיצוניות שמכניע את הגוף שלא ימרוד אבל עיקר רצון ופנימית הנפש אינה מבוטלת שאעפ״כ הוא דבר בפ״ע ויש לו רצון אחר ומחשבה אחרת בפ״ע זולת ענין ההכנעה.
Il existe une prosternation au niveau de la dimension extérieure ('hitsoniyout), où l’on soumet le corps afin qu’il ne se rebelle pas ; mais la volonté essentielle et la dimension intérieure de l’âme ne sont pas annulées. En effet, malgré cela, on demeure un être distinct, avec une autre volonté et une autre pensée qui lui sont propres, indépendamment de cette soumission.
La prosternation extérieure soumet le corps et son comportement, mais la personne reste un moi distinct, avec ses propres désirs et pensées. Elle se soumet, mais reste présente en tant que telle.
משא״כ בחי׳ ההשתחוואה בבחי׳ פנימי׳ הוא בחי׳ בטל רצונך מפני1 רצונו שאין לו רצון וחפץ אחר כלל וכמו ברא כרעא כו׳ שהרגל היא בטלה ממש כו׳
En revanche, la prosternation au niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) relève de « Annule ta volonté devant Sa volonté » : on n’a absolument aucune autre volonté ni aucun autre désir, comme dans « un fils est la jambe… », car la jambe est véritablement annulée, etc.
La prosternation intérieure correspond à l’enseignement de la Michna : « Annule ta volonté devant Sa volonté » ; il ne reste absolument aucune volonté propre. L’expression talmudique « un fils est la jambe de son père » l’illustre : une jambe n’a pas de volonté propre et va simplement là où le corps la porte.
והוא השתחוואות הנפש והשתחוואה זו היו מקבלים ישראל ע״י ראיה שלש רגלים בשנה בבהמ״ק ששם היה גילוי שכינה פי׳ שכינה מה ששוכן בתחתונים בבחי׳ גילוי
C’est la prosternation de l’âme. Israël recevait cette prosternation en paraissant trois fois par an, lors des fêtes, dans le Beit Hamikdach, où la Chekhina se révélait. Le sens de « Chekhina » est ce qui réside dans les mondes inférieurs de manière révélée
Israël recevait cette prosternation intérieure lors des trois fêtes de pèlerinage, quand le peuple venait « paraître » dans le Temple où la Chekhina se révélait. Le mot Chekhina vient de chokhen, « résider » : il désigne la présence de D.ieu telle qu’elle réside ouvertement dans les mondes inférieurs.
(וקב״ה קדוש ומובדל כו׳) שעי״ז כל הנשמות מתבטלים כנר בפני האבוקה פי׳ כשדולקת אבוקה גדולה מאד
(tandis que le Saint béni soit-Il est saint et séparé, etc.) ; ainsi, toutes les âmes s’annulent comme une flamme de bougie devant une torche. C’est-à-dire que lorsqu’une très grande torche brûle,
Le Saint béni soit-Il, en Lui-même, est saint et séparé ; la Chekhina est Sa présence telle qu’elle se révèle ici-bas. Devant cette révélation, les âmes s’annulaient comme une flamme de bougie devant une torche.
אזי כל נר יחידי הדולק בסמוך לה הולך אורו ונכלל באור האבוקה והיו לאחדים ממש.
alors la lumière de chaque bougie qui brûle à proximité se fond et s’absorbe dans la lumière de la torche, et elles ne font véritablement qu’un.
L’image est celle d’une petite flamme près d’une grande torche : elle ne paraît plus comme une lumière distincte, mais se fond dans la lumière de la torche et ne fait qu’un avec elle. De même, en présence de la Chekhina révélée, l’âme se fondait dans sa source.
וזהו ולא יראו פני ריקם2 כדרך שבא לראות שהיה ראיה והתגלות פנימית וכתיב פני היינו בחי׳ ממכ״ע וסוכ״ע בחינת יחוד קוב״ה ושכי נתיה ועוד שכל אחד ואחד
C’est le sens de « Ils ne paraîtront pas devant Moi les mains vides » : selon la manière dont on venait voir, car il y avait une vision et une révélation intérieure. Et il est écrit « Ma face », c’est-à-dire le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), le niveau de l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina. De plus, chacun
Les Sages interprètent le verset « Ils ne paraîtront pas devant Moi » également comme signifiant « Ils ne Me verront pas » : de même qu’on venait voir, on était vu, dans une révélation intérieure allant dans les deux sens. « Ma face » désigne ici la lumière de D.ieu qui remplit tous les mondes et celle qui les entoure, réunies comme le Saint béni soit-Il et Sa Chekhina.
מישראל לפום שיעורא דיליה היה מקבל גילוי זה כשהיו עולין לרגל שכולן חייבין בראיה לכך נאמר פני הוי׳ לשון רבים שלכל אחד היה הגילוי לפי ערכו ועיקר הראיה היא ההשתחוואה שהיה משתחווה ויוצא
en Israël recevait cette révélation selon sa mesure lorsqu’il montait pour la fête, car tous sont tenus de paraître. C’est pourquoi il est dit « la face de Havaya » au pluriel : chacun recevait la révélation selon son niveau. Et l’essentiel de la mitsva de paraître est la prosternation : on se prosternait et l’on s’acquittait ainsi
« Faces » est au pluriel parce que chaque Juif recevait la révélation selon sa propre capacité. Le cœur de la mitsva de paraître était la prosternation, et, en principe, on pouvait s’acquitter de l’obligation par la seule prosternation.
(אלא דכתיב ולא יראו פני ריקם) ומשלש רגלים אלו היה מקבל בחי׳ השתחוואה להיות כל השנה בחי׳ ביטול זה כי מכל רגל ויו״ט היה נמשך הביטול עד הרגל הבא אחריו.
(sauf qu’il est écrit : « Ils ne paraîtront pas devant Moi les mains vides »). De ces trois fêtes, on recevait le caractère de la prosternation, de sorte que cet état d’annulation de soi se maintenait toute l’année ; en effet, l’annulation de chaque fête et de chaque Yom Tov se prolongeait jusqu’à la fête suivante.
Seule l’exigence du verset de ne pas se présenter « les mains vides » ajoute l’offrande. Le bitoul de chaque fête accompagnait la personne jusqu’à la suivante, de sorte que toute l’année était vécue dans cet état d’annulation de soi.
ומשחרב בהמ״ק הגם שאין אנו יכולים להשתחוות עכ״פ נתפשטה קדושת הארה זו אפס קצהו במקדש מעט בהכ״נ ובהמ״ד
Depuis la destruction du Beit Hamikdach, bien que nous ne puissions nous prosterner, la sainteté de cette illumination s’est néanmoins répandue, dans une mesure infime, dans le « petit sanctuaire », la synagogue et la maison d’étude ;
Depuis la Destruction, nous ne pouvons nous prosterner dans le Temple, mais un faible reflet de sa sainteté s’est transmis à la synagogue et à la maison d’étude, le « petit sanctuaire ». Voilà pourquoi la prière dit que nous ne pouvons nous prosterner : la prosternation intérieure dans sa plénitude appartenait au Beit Hamikdach.
והיינו בשעת התפלה שאז האדם מדבק א״ע לקונו ורוצה לבטל א״ע נגד המלך מלכו של עולם כל חד לפום
c’est-à-dire au moment de la prière, lorsque l’homme s’attache à son Créateur et souhaite s’annuler devant le Roi, Roi du monde, chacun selon
Ce reflet se ressent dans la prière, lorsque l’homme s’attache à son Créateur et souhaite s’effacer devant le Roi du monde, chacun selon sa capacité.
שיעורא דיליה יש בבחי׳ חיצוניות מצד ההכרח שמכריח א״ע כו׳ ואין תפלתו של אדם נשמעת אלא בבהכ״נ כו׳ שע״י התפשטות השראת השכינה אשר שם
sa mesure ; [pour certains,] cela relève de la dimension extérieure, par la contrainte à laquelle on se soumet, etc. La prière de l’homme n’est entendue que dans la synagogue, etc., grâce à la diffusion de la résidence de la Chekhina qui s’y trouve
Pour certains, il ne s’agit que d’une prosternation extérieure, qui consiste à se contraindre. L’enseignement talmudique selon lequel la prière n’est entendue que dans la synagogue s’explique par la présence de la Chekhina qui s’y répand.
(ולכן אכל בי עשרה שכינתא שריא ואומרים דבר שבקדושה כשיש עשרה3 שע״י קיבוץ עשרה שורה כנס״י דלעילא שהוא בחי׳ כניסות וקיבוץ הנשמות ומקורם) נעשה בחי׳ השתחואה וביטול כנר בפני האבוקה.
(c’est pourquoi « dans toute assemblée de dix, la Chekhina réside » et l’on dit les paroles de sainteté lorsqu’il y a dix hommes ; car le rassemblement de dix fait résider la Knesset Israël d’en haut, c’est-à-dire le rassemblement et la réunion des âmes et de leur source), il se produit une prosternation et une annulation de soi comme une flamme de bougie devant une torche.
L’enseignement talmudique selon lequel la Chekhina réside dans toute assemblée de dix, ainsi que la règle imposant dix hommes pour la Kedoucha et les prières semblables, reflètent le fait que leur réunion attire la Knesset Israël d’en haut, source rassemblée de toutes les âmes. (Le texte imprimé אכל semble devoir se lire כל.) Par cette présence, l’homme en vient à se prosterner et à s’annuler comme une flamme de bougie devant une torche.
והנה ביטול זה הוא בנשמות דוקא שהם מיוחדים ממש כנר באבוקה שנפרד מן הפתילה ונכלל שהרי השכינה היא כנס״י מקור נש״י בנים אתם לה׳ אלקיכם4 ברא כרעא דאבוה כו׳
Or, cette annulation de soi concerne précisément les âmes, qui sont véritablement unies comme une flamme dans une torche : elle se détache de la mèche et s’y fond. Car la Chekhina est la Knesset Israël, la source des âmes d’Israël : « Vous êtes des enfants de Havaya, votre D.ieu » ; « un fils est la jambe de son père… ».
Seules les âmes peuvent ainsi se fondre, comme une flamme qui quitte sa mèche et s’absorbe dans une torche, car la Chekhina est leur source même. Israël sont les « enfants » de D.ieu et, comme le fils qui est la jambe de son père, ils font partie de Lui.
משא״כ המלאכים הם בחי׳ נפרדים שהרי הם מתלבשים בבחי׳ כלים המגבילים וכ״ש כשיורדים למטה הרי היו הנפילים כו׳:5
En revanche, les anges sont des êtres distincts, puisqu’ils sont revêtus de réceptacles limitatifs ; à plus forte raison lorsqu’ils descendent ici-bas, car « les Nefilim furent… ».
Revêtus de réceptacles limitatifs, les anges demeurent des êtres distincts. Lorsqu’ils descendent dans ce monde, ils peuvent même tomber, comme le verset sur les Nefilim (« les déchus ») est interprété dans le Midrach et le Zohar.
Le paragraphe distingue la prosternation extérieure, qui soumet le comportement, de la prosternation intérieure, qui dissout le moi en D.ieu. Il montre que cette prosternation intérieure provenait de la Chekhina révélée dans le Beit Hamikdach, et qu’elle n’est plus présente dans la synagogue que sous la forme d’un faible reflet. Enfin, seules les âmes, et non les anges, peuvent s’annuler de cette manière.
La Chekhina, en tant que Knesset Israël, source des âmes, est Mal'hout d’Atsilout, d’où procèdent les âmes d’Israël. C’est pourquoi leur annulation en elle est un retour à leur propre racine, comme la flamme se fond dans la torche, tandis que les anges, issus des réceptacles, restent distincts.
Maré mekomot
- 1פני הוי׳ · Deuteronomy 16:16
- 2ולא יראו פני ריקם · Exodus 23:15
- 3ואומרים דבר שבקדושה כשיש עשרה · Shulchan Arukh, Orach Chayim 55:1
- 4בנים אתם לה׳ אלקיכם · Deuteronomy 14:1
- 5הרי היו הנפילים · Genesis 6:4
L’inauguration et les offrandes des princes ¶9–10
3. Or, afin que la Chekhina réside dans le Beit Hamikdach, « Havaya dit qu’Il résiderait… » ; David et Chlomo célébrèrent d’abord l’inauguration (chanouka) du Temple.
La troisième section explique pourquoi une inauguration spéciale eut lieu en premier. Pour que D.ieu « réside » dans le Beit Hamikdach, comme le dit Chlomo lors de son inauguration, David et Chlomo organisèrent d’abord une chanoukat habayit, l’inauguration du Temple.
וענין חנוכה זו הוא מלשון חינוך3 כמו חנוך לנער ע״פ דרכו4 שכשמחנכין אותו ללימוד אין מחנכין אותו בלימוד בלבד שזהו דבר ההוה לו תמיד אלא שמחנכין אותו באיזה תוספת
Le terme inauguration vient de l’idée de hinoukh, éducation, comme dans « Éduque le jeune selon sa voie ». Lorsqu’on initie un enfant à l’étude, on ne l’éduque pas par la seule étude, qui sera ensuite son occupation constante ; on l’initie plutôt par un supplément,
Chanouka, l’inauguration, vient de la même racine que hinoukh, éducation ou initiation, comme dans le verset « Éduque le jeune selon sa voie ». Lorsqu’on initie un enfant à l’étude, on ne lui donne pas seulement l’étude, qui constituera désormais son occupation quotidienne.
כמו איזה התקרבות או איזה מתנה וכך הענין בחנוכת בהמ״ק ומשכן היה דבר נוסף על התמידים שני כבשים כהלכתם5 שבמשכן התנדבו הנשיאים פר בן בקר כו׳
par exemple un geste de rapprochement ou un cadeau. Il en va de même pour l’inauguration du Beit Hamikdach et du Michkan : quelque chose s’ajoutait aux sacrifices quotidiens, les « deux agneaux » prescrits. Dans le Michkan, les princes offrirent un jeune taureau…
On ajoute quelque chose, un geste de rapprochement ou un cadeau, pour marquer le commencement. De même, lors de l’inauguration du Michkan et du Beit Hamikdach, quelque chose s’ajouta au sacrifice quotidien régulier des deux agneaux : dans le Michkan, les princes apportèrent leurs propres offrandes particulières.
ולזבח השלמים6 כו׳ ובבהמ״ק ויזבח שלמה מאה ועשרים אלף צאן78 כו׳ והוא ענין תוספת אורות עליונים שירדו בגילוי השכינה שלא השכינה בלבד ירדה
et des sacrifices de paix… ; et, dans le Beit Hamikdach, « Chlomo sacrifia cent vingt mille moutons… ». Cela correspond à un supplément de lumières supérieures qui descendirent avec la révélation de la Chekhina : la Chekhina ne descendit pas seule,
Lors de l’inauguration du Beit Hamikdach, Chlomo offrit cent vingt mille moutons. Cette offrande supplémentaire représente les lumières supérieures supplémentaires qui descendirent avec la Chekhina au commencement.
mais accompagnée d’un supplément de lumières supérieures qui descendirent avec elle. Voir à ce sujet la fin du discours commençant par « Voici l’inauguration de l’autel », ainsi que le discours commençant par « Le vingt-cinq Kislev ».
L’inauguration fit descendre non seulement la Chekhina, qui devait y résider, mais aussi une révélation supplémentaire et supérieure. Le texte renvoie à un discours de Likkutei Torah sur Nasso et à un discours de Torah Ohr sur Hanouka.
Le paragraphe explique que l’inauguration (chanouka) du Sanctuaire fut une initiation (hinoukh). Comme le cadeau offert à un enfant au début de son apprentissage, les offrandes supplémentaires firent descendre des lumières supérieures en plus de la Chekhina qui devait y résider.
Le passage de Nasso cité dans les notes explique que l’encens offert lors de l’inauguration attira les lumières enveloppantes (makifim), permettant ensuite la succession régulière des sacrifices. C’est là le « supplément » de l’inauguration.
Maré mekomot
- 1ה׳ אמר לשכון · מ״א ח, יב.
- 2ה׳ אמר לשכון · I Kings 8:12
- 3וענין חנוכה זו הוא מלשון חינוך · ראה תו״א כט, ד. לעיל נשא כט, ב. שער אורה ד״ה בכ״ה בכסלו פל״ז. לקו״ש חכ״ה ע׳ 383 ואילך.
- 4חנוך לנער ע״פ דרכו · Proverbs 22:6
- 5שני כבשים כהלכתם · Numbers 28:3
- 6פר בן בקר כו׳ ולזבח השלמים · Numbers 7:15
- 7ויזבח שלמה מאה ועשרים אלף צאן · מ״א ח, סג.
- 8ויזבח שלמה מאה ועשרים אלף צאן · I Kings 8:63
- 9סד״ה זאת חנוכת המזבח · לעיל פ׳ נשא כט, סע״א.
- 10ובד״ה בכ״ה בכסלו · תו״א כט, ד.
- 11ואומרים דבר שבקדושה כשיש עשרה · שו״ע או״ח רס״י נה.
- 12בנים אתם לה׳ אלקיכם · Deuteronomy 14:1
- 13המלאכים . . כשיורדים למטה הרי היו הנפלים · Zohar I, 23a
Psaume et chant ¶10–12
Or, la section des princes indique explicitement dans la Torah l’offrande de chacun d’eux : « Voici l’offrande de Nahchon », « Voici l’offrande de Netanel », etc.
Le récit de l’inauguration du Michkan dans la Torah énumère séparément, jour après jour, l’offrande de chacun des douze princes des tribus, à commencer par Nahchon de Yehouda et Netanel d’Issakhar.
ובכולם כתיב מה היו קרבנותיו עם היות שכולם הקריבו בענין אחד והל״ל כן עשה נתנאל כו׳3 וכן עשה כו׳
Pour chacun, il est écrit en quoi consistait son offrande, bien qu’ils aient tous offert de la même manière. Il aurait suffi de dire : « Netanel fit de même… », « et untel fit de même… ».
Les douze offrandes étant identiques, la Torah aurait pu donner la liste complète pour le premier, puis dire : « Netanel fit de même. » Pourquoi répète-t-elle douze fois la même liste ?
ולמה צריך לכפול י״ב פעמים את הקרבנות שהיו שוים אלא הענין שנכתב לדורות שגלוי וידוע היה לפניו שעתיד בהמ״ק ליחרב
Pourquoi fallait-il répéter douze fois ces offrandes identiques ? C’est qu’elles furent consignées pour les générations, car Il savait et voyait à l’avance que le Beit Hamikdach serait un jour détruit,
La réponse est que ces versets furent écrits pour toutes les générations. D.ieu savait que le Beit Hamikdach serait détruit et que les offrandes cesseraient.
וצריך להיות ונשלמה פרים שפתינו4 וכמארז״ל כל העוסק בתורת עולה5 כו׳ וכמו שקורין בחנוכה ענין קרבנות הנשיאים67 לפי שבחנוכה היתה ג״כ חנוכת המזבח שהעובדי כוכבים פרצו
et qu’il faudrait « rendre pour taureaux [l’offrande de] nos lèvres », comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : « Quiconque s’occupe de l’étude de l’offrande holocauste… ». C’est aussi pourquoi, à Hanouka, nous lisons le récit des offrandes des princes : Hanouka fut également une inauguration de l’autel, car les idolâtres y avaient pratiqué
Alors, les paroles de nos lèvres tiendraient lieu de taureaux, comme le dit Hochéa, et les Sages enseignent qu’étudier les lois d’une offrande équivaut à l’apporter. C’est également pourquoi nous lisons à Hanouka le récit des offrandes des princes : Hanouka fut elle aussi une inauguration de l’autel.
י״ג פרצות וכשגברה מלכות בית חשמונאי ונצחום הוצרכו לחינוך לחזור הקדושה ליושנה שבשעת פרצות העובדי כוכבים נסתלקה וע״י קריאת התורה פרשת הנשיאים ממשיכים להיות השראת השכינה כנודע מענין קורא בתורה
treize brèches. Lorsque le royaume de la maison des Hachmonaïm prit le dessus et les vainquit, il fallut inaugurer l’autel pour rétablir la sainteté dans son état initial, car elle s’était retirée lors des brèches pratiquées par les idolâtres. Par la lecture de la section de la Torah consacrée aux princes, nous attirons la résidence de la Chekhina, comme on le sait au sujet de la lecture de la Torah.
Les Grecs avaient pratiqué treize brèches dans le treillis du Temple et la sainteté s’était retirée. Après leur victoire, les Hachmonaïm durent réinaugurer l’autel. La lecture de la section des princes attire la résidence de la Chekhina, car la lecture de la Torah attire ce qu’elle décrit.
ולכן נכפלו הקרבנות י״ב פעמים לכל הי״ב שבטים להמשיך הביטול כנר בפני האבוקה שיש י״ב אבוקות כנגד י״ב שבטים שכל שבט הוא ענין אבוקה בפ״ע
C’est pourquoi les offrandes furent répétées douze fois, pour les douze tribus, afin d’attirer l’annulation de soi comme une flamme de bougie devant une torche : il y a douze torches correspondant aux douze tribus, chaque tribu étant une torche à part entière.
Les douze répétitions correspondent chacune à une tribu : chaque tribu possède sa propre « torche », sa racine propre en haut, dans laquelle ses âmes doivent s’annuler comme des flammes de bougie. Chacune devait faire l’objet d’une attraction particulière.
(ועד״ז בקי״ס נקרע הים לי״ב גזרים89 בכדי שכל שבט ושבט במסילתו יכוון כל חד לפום שיעורא דיליה כמ״ש בבמ״א וע״ש ברבות פ׳ נשא10 אמרו בקרבנות הנשיאים על קרבן של כל נשיא ענין וכוונה בפני עצמה ע״ש באריכות גדול).
(De même, lors de la traversée de la mer, celle-ci se fendit en douze voies, afin que chaque tribu suive son propre chemin et puisse diriger son intention selon sa mesure, comme il est écrit ailleurs. Voir aussi Midrash Rabbah, Parshas Nasso : au sujet des offrandes des princes, ils expliquent que l’offrande de chaque prince avait une signification et une intention qui lui étaient propres ; voir là-bas avec de longs développements.)
De même, selon le Midrach, la mer s’ouvrit en douze chemins afin que chaque tribu puisse traverser à sa manière. Le Midrach sur Nasso attribue également une signification et une intention propres à l’offrande identique de chacun des princes.
והנה פי׳ מזמור שיר דהוא כפל לשון. אך הנה יש הפרש בין מזמור לשיר שהזמר והנגון שמזמר בכלי זמר בנבל וכנור11 כו׳ נקרא הניגון ההוא קול זמרה מצד שהוא הקול זמרה היוצא מן הכלי זמר.
Or, « Un psaume, un chant » semble être une répétition. Cependant, il existe une différence entre mizmor et chir : la musique et la mélodie jouées sur un instrument, une harpe, une lyre, etc., sont appelées « son de musique » (kol zimra), car c’est le son musical qui sort de l’instrument.
Le maamar revient maintenant à « Un psaume, un chant », qui semble exprimer deux fois la même idée. Mizmor vient de zemer, musique instrumentale : le son qui sort d’une harpe ou d’une lyre.
Le paragraphe explique pourquoi la Torah répète douze fois les offrandes identiques des princes : chaque tribu devait recevoir sa propre attraction de la Chekhina, pour toutes les générations et à Hanouka. Il commence ensuite à expliquer « psaume » et « chant » comme musique instrumentale et chant de la voix.
Maré mekomot
- 1זה קרבן נחשון · Numbers 7:17
- 2זה קרבן נתנאל · Numbers 7:23
- 3והל״ל כן עשה נתנאל כו׳ · ראה אוה״ת נשא ע׳ רנד ואילך. ובפ׳ במדבר ע׳ לג.
- 4ונשלמה פרים שפתינו · Hosea 14:3
- 5כל העוסק בתורת עולה · Menachot 110a:13–14
- 6וכמו שקורין בחנוכה ענין קרבנות הנשיאים · שו״ע או״ח רס״י תרפד.
- 7שקורין בחנוכה ענין קרבנות הנשיאים · Shulchan Arukh, Orach Chayim 684:1
- 8בקי״ס נקרע הים לי״ב גזרים · ראה תנחומא בשלח י. וש״נ.
- 9בקי״ס נקרע הים לי״ב גזרים · Midrash Tanchuma, Beshalach 10:1
- 10וע״ש ברבות פ׳ נשא · Bamidbar Rabbah 13
- 11שמזמר בכלי זמר בנבל וכנור · ראה גם סידור שער חנוכה רעז, ג. וראה גם באוה״ת בראשית כרך ה תתקו, א. ובכ״מ.
11ושיר הוא בפה הקול היוצא מהפה שאינו מלובש בכלי. וזהו מזמור שיר פי׳ מזמור1 הוא שירת המלאכים העומדים ברומו של עולם שהם מחיצוניות העולמות
Chir est le chant de la bouche : la voix qui en sort, sans être revêtue d’un instrument. C’est le sens de « Un psaume, un chant » : mizmor désigne le chant des anges qui se tiennent dans les hauteurs du monde, issus de la dimension extérieure ('hitsoniyout) des mondes,
Chir est le chant de la voix, qui n’est pas revêtue d’un instrument. Ainsi, mizmor, la musique instrumentale, représente le chant des anges, qui appartiennent à la dimension extérieure des mondes.
שהם בבחי׳ חומר וצורה אור וכלי שהשיר שלהן שמזמרים ומשבחים ומפארים את שם כבוד מלכותו ית׳ בתודה וקול זמרה2 נקרא בחי׳ מזמור מצד שהוא הזמר המלובש בהכלי
car ils relèvent de la matière et de la forme, de la lumière et du réceptacle. Leur chant, par lequel ils chantent, louent et glorifient le Nom de la gloire de Sa royauté, béni soit-Il, « avec des actions de grâce et un son musical », est appelé mizmor, car il s’agit d’une musique revêtue dans un réceptacle,
Les anges sont constitués de « matière et forme », lumière et réceptacle : leur chant ressemble à une musique qui résonne par l’intermédiaire d’un instrument, portée par un réceptacle. L’expression « avec des actions de grâce et un son musical » vient de Yechayahou.
שהם בבחי׳ חומר וצורה ולכך לא ימצא בהם ב חי׳ הביטול האמיתי להכלל במקורו כנר בפני האבוקה שהכלי שלהם מעכב ולזאת גם הביטול שלהם נרגש בקול ורעש גדול הכל
car ils relèvent de la matière et de la forme. C’est pourquoi on ne trouve pas chez eux le véritable bitoul consistant à se fondre dans leur source comme une flamme de bougie devant une torche, puisque leur réceptacle les retient. Aussi leur annulation de soi se manifeste-t-elle également par un son et un grand vacarme, tout cela
Leur réceptacle les retenant, les anges ne peuvent atteindre le bitoul complet de la flamme de bougie absorbée dans la torche. C’est pourquoi leur annulation de soi se manifeste par un son et un « grand vacarme » : le réceptacle la rend audible.
מסיבת הכלי ובשיר הוא בחי׳ השיר של הנשמות שבג״ע שיוצאין בשיר ונמשכין בשיר בביטול האמיתי כביטול הנר בפני אבוקה מצד שאינם מלובשים בחומר וכלי כנ״ל ולכך נק׳ השיר שלהם בחי׳ שיר מצד שאינו מלובש בכלי
à cause du réceptacle. Chir, en revanche, est le chant des âmes dans le Gan Eden : elles s’élèvent dans le chant et sont portées par le chant, dans un véritable bitoul, comme la flamme de bougie devant une torche, puisqu’elles ne sont pas revêtues de matière ni de réceptacle, comme indiqué plus haut. Leur chant est donc appelé chir, car il n’est pas revêtu dans un réceptacle,
Chir, le chant de la seule voix, est celui des âmes dans le Gan Eden, qui s’élèvent par le chant dans une annulation de soi complète, car elles n’ont pas de réceptacle. (Le texte imprimé ובשיר semble devoir se lire ושיר, « et chir ».)
כי אין להם חומריות וכלים כנ״ל (ועמ״ש ע״פ שיר השירים3 וע״פ ובלילה שירה עמי4 בד״ה ויהי מקץ. ועיין בזח״א ויצא)
car elles n’ont ni matérialité ni réceptacles, comme indiqué plus haut. (Voir aussi ce qui est écrit sur « Le Cantique des cantiques » et sur « Et la nuit, Son chant est avec moi », dans le discours commençant par « Et il advint à la fin ». Voir également Zohar, partie 1, Vayeitzei.)
Les âmes n’ont ni matérialité ni réceptacles. La parenthèse renvoie aux discours de Torah Ohr sur le Cantique des cantiques et sur « la nuit, Son chant est avec moi », ainsi qu’au Zohar sur Vayeitzei.
(148b), au sujet de la différence entre le chant des Léviim et le niveau de « et Tes fidèles chanteront dans la joie », concernant les Kohanim, qui est un niveau supérieur.
Le Zohar y oppose le chant des Léviim au chant joyeux des Kohanim, « Tes fidèles chanteront dans la joie », qui est un niveau supérieur.
ועד״ז יובן מעלת בחי׳ שיר על בחי׳ מזמור. גם בפרדס בעה״כ ערך שיר פי׳ כי שיר הוא בחכמה
On comprendra ainsi la supériorité du niveau de chir sur celui de mizmor. De même, dans le Pardes, dans le Shaar Arkei HaKinuyim, à l’entrée chir, il est expliqué que chir se situe dans 'Hokhma (sagesse).
De même, chir est supérieur à mizmor. Le Pardes de Rabbi Moché Cordovero, dans son dictionnaire de termes kabbalistiques, indique que chir se situe dans 'Hokhma, le niveau de la sagesse.
אך הנה במקדש היה גילוי שכינה מקור הנשמות והמלאכים כמ״ש מלכותך מלכות כל עולמים וגו׳.9
Or, dans le Sanctuaire, la Chekhina se révélait, elle qui est la source des âmes et des anges, comme il est écrit : « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes… ».
Dans le Beit Hamikdach se révélait la Chekhina, la royauté de D.ieu, qui est la source des âmes comme des anges : « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes. »
לכך נאמר בחנוכת הבית מזמור שיר שהיה מתגלה שם שניהם בחינת המזמור של המלאכים והשיר של הנשמות מצד שמקור כולם הוא גילוי שכינה ב״ה שנתגלה במקדש כנ״ל
C’est pourquoi, lors de l’inauguration du Temple, il est dit « Un psaume, un chant » : les deux s’y révélaient, le mizmor des anges et le chir des âmes, puisque leur source commune est la révélation de la Chekhina, béni soit-Il, qui se révéla dans le Sanctuaire, comme indiqué plus haut.
Le psaume de l’inauguration dit donc à la fois « psaume » et « chant » : à la source des anges comme des âmes, les deux formes de chant se révélèrent ensemble.
וכן היה למטה במקדש בשיר של הלוים שנתחלקו לב׳ חלקים מהם היו המשוררים בפה ומהם המזמרים בכלי וכדאיתא פלוגתא בגמרא אם עיקר שירה בפה8 או כלי כו׳ יעו״ש.
Il en était de même ici-bas dans le Sanctuaire, avec le chant des Léviim, qui étaient répartis en deux groupes : certains chantaient de la voix, d’autres jouaient des instruments. La Guemara rapporte une controverse sur la question de savoir si l’essentiel du chant se fait avec la voix ou avec les instruments, etc. ; voir là-bas.
Cela se reflétait dans le service des Léviim : certains chantaient de la voix, d’autres jouaient des instruments. La Guemara rapporte une controverse sur la question de savoir si l’essentiel du chant du Temple est vocal ou instrumental.
Le paragraphe identifie mizmor, la musique produite par un instrument, aux anges, dont le chant passe par un réceptacle et dont l’annulation de soi est limitée et audible ; chir, le chant de la voix, correspond aux âmes, dont l’annulation de soi est complète. Le Beit Hamikdach révélait la source des uns et des autres, d’où la formule « un psaume, un chant ».
Le passage du Zohar cité également dans Likkutei Torah, Vaetchanan, situe le niveau des Kohanim au-dessus du chant des Léviim ; selon la même mesure, chir est supérieur à mizmor. Le fait que le Pardes place chir dans 'Hokhma correspond à la racine des âmes dans la dimension intérieure, au-dessus des réceptacles.
Maré mekomot
- 1וזהו מזמור שיר פי׳ מזמור · ראה ספר השיחות תשמ״ט ח״א ע׳ 394.
- 2בתודה וקול זמרה · Isaiah 51:3
- 3שיר השירים · Song of Songs 1:1
- 4ובלילה שירה עמי · Psalms 42:9
- 5בזח״א ויצא (קמ״ח ב׳) · מובא גם לעיל פ׳ ואתחנן ח, ב.
- 6ועיין בזח״א ויצא) (קמ״ח ב׳) · Zohar, Vayetzei 7:43–8:47
- 7וחסידיך ירננו · Psalms 132:9
- 8אם עיקר שירה בפה או בכלי · Arakhin 11a:2–3
- 9מלכותך מל׳ כל עולמים · Psalms 145:13
12ומ״ש לפעמי׳ להיפוך שיר מזמור לבני קרח1 כו׳ היינו בהיות המזמור הוא בחיצוניות המלובש בכלי והשיר בפנימית שבלתי כלי
Quant aux passages où l’ordre est parfois inversé, « Un chant, un psaume des fils de Korah… », c’est parce que mizmor relève de la dimension extérieure, revêtue dans un réceptacle, tandis que chir relève de la dimension intérieure, dépourvue de réceptacle ;
Certains psaumes inversent l’ordre : « Un chant, un psaume. » Mizmor étant extérieur et revêtu dans un réceptacle, tandis que chir est intérieur et sans réceptacle, l’ordre indique la manière dont ils se rejoignent.
ולכך כשמצטרכים להתחבר יחד הוא בב׳ פנים או שהעליון יורד למטה או התחתון מתעלה למעלה ולכך כשנאמר מזמור שיר הוא בחי׳ ההעלאה של המזמור ליכלל בהשיר ולהתחבר בו.
lorsqu’ils doivent s’unir, cela peut se faire de deux manières : soit le niveau supérieur descend en bas, soit le niveau inférieur s’élève en haut. Ainsi, lorsque l’on dit « Un psaume, un chant », c’est le mizmor qui s’élève pour se fondre dans le chir et s’unir à lui.
Le supérieur et l’inférieur peuvent s’unir de deux façons : le supérieur descend, ou l’inférieur s’élève. « Un psaume, un chant » désigne l’inférieur, le mizmor des anges, qui s’élève pour se fondre dans le chir supérieur.
ושיר מזמור הוא כשהעליון השיר יורד למטה להתחבר אליו (ובזח״ג ר״פ אחרי) (דנ״ח ע״ב) מאי שיר מזמור2 כו׳ שיר דאיהו כפול כו׳.
« Un chant, un psaume » désigne en revanche le chir supérieur qui descend pour s’unir à lui. (Dans Zohar, partie 3, au début de Parshas Acharei) (folio 58b) : « Que signifie “un chant, un psaume”… ? Un chant qui est double… »
« Un chant, un psaume » désigne le chir supérieur qui descend vers le mizmor. Au début d’Acharei, le Zohar s’interroge sur « un chant, un psaume » et le qualifie de « chant double ».
וכן מזמור שיר ליום השבת.3 ופי׳ במק״מ שם בשם הרח״ו דפי׳ שיר דאיהו כפול היינו יחוד זו״נ וע״ש ס״פ (דע״ט ב׳)
Il en va de même pour « Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat ». Le Mikdash Melekh explique là-bas, au nom de Rabbi ‘Haïm Vital, que « un chant qui est double » signifie l’union de Zeir Anpin et Noukva. Voir également là-bas, à la fin de la paracha (folio 79b),
Le Mikdash Melekh, commentaire du Zohar, cite Rabbi ‘Haïm Vital : le « chant double » désigne l’union de Zeir Anpin et Noukva, les aspects divins masculin et féminin. Le Zohar traite également du psaume du Chabbat, qui commence par « Un psaume, un chant ».
מענין מזמור שיר ליום השבת ובמק״מ שם דהמזמור שיר הוא כמ״ש במשנה סוף תמיד ליום שכולו שבת כו׳
au sujet de « Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat » ; le Mikdash Melekh y explique que « un psaume, un chant » correspond à ce que dit la Michna à la fin de Tamid : « pour le jour qui sera entièrement Chabbat… »,
Le Mikdash Melekh relie le psaume du Chabbat aux derniers mots de la Michna dans Tamid, selon laquelle il s’agit d’un chant pour l’avenir, « le jour qui sera entièrement Chabbat ».
ואליו מזמרים בחי׳ מזמור שיר והבן ועד״ז הוא ענין מזמור שיר דחנוכת הבית כו׳ גם מזמור הוא לשון זמר והתחלקות כמ״ש וכרמך לא תזמור4
et vers Lui ils font retentir le niveau de « un psaume, un chant » ; comprenez bien. Il en va de même pour « Un psaume, un chant » de l’inauguration du Temple, etc. Mizmor signifie également élagage (zemer) et division, comme il est écrit : « Tu ne tailleras pas ta vigne »,
Vers ce Chabbat supérieur, l’inférieur s’élève ; il s’agit donc de « Un psaume, un chant », comme lors de l’inauguration du Temple. Autre sens : zemer signifie également élaguer, comme dans « Tu ne tailleras pas ta vigne ».
שהוא לשון פירוד והתחלקות של הניגון שנחתך לחלקים קטנים בתוך הכלי זמר משא״כ השיר וכמ״כ הוא למעלה.5
ce qui désigne la séparation et la division de la mélodie, découpée en petites parties par l’instrument ; il n’en va pas ainsi pour chir. Il en est de même en haut.
L’élagage découpe en morceaux, tout comme un instrument divise la mélodie en notes distinctes ; le chir de la voix, lui, s’écoule sans division. La même différence existe en haut entre les anges et les âmes.
Le paragraphe explique que l’ordre « Un psaume, un chant » désigne le mizmor des anges qui s’élève pour rejoindre le chir des âmes, tandis que « Un chant, un psaume » désigne la descente du niveau supérieur. Il s’appuie sur le Zohar et ses commentateurs, puis ajoute que mizmor signifie aussi division, contrairement au chir qui est indivis.
Le « chant double » du Zohar et l’interprétation de Rabbi ‘Haïm Vital comme union de Zeir Anpin et Noukva correspondent à l’idée du maamar : le mizmor et le chir sont deux niveaux qui doivent s’unir, soit par une élévation d’en bas, soit par une descente d’en haut.
Maré mekomot
- 1שיר מזמור לבני קרח · Psalms 88:1
- 2ובזח״ג ר״פ אחרי) (דנ״ח ע״ב) מאי שיר מזמור · Zohar, Achrei Mot 5:39–6:48
- 3מזמור שיר ליום השבת · Psalms 92:1
- 4וכרמך לא תזמור · Leviticus 25:4
- 5
Dilisani : les trois avantages de l’âme ¶13–15
13ופי׳ כי דליתני1 שהטעם לכל זה הוא יתרון ומעלות הנשמות על המלאכים ויתרון הזה הוא נרמז במלת דליתני שיש בו ג׳ פירושים.2 הא׳ מלשון התרוממות והתנשאות בבחי׳ למעלה מעלה. והב׳ מלשון דלות ועניות.
Et le sens de « car Tu m’as élevé (dilisani) » est le suivant : la raison de tout cela est la supériorité des âmes sur les anges. Cette supériorité est suggérée par le mot dilisani, qui comporte trois significations. La première exprime l’exaltation et l’élévation, à un niveau très élevé. La deuxième relève de la pauvreté et du dénuement (dalout).
Le psaume 30 s’ouvre sur ces mots : « Je T’exalterai, D.ieu, car Tu m’as élevé (dilisani). » L’Admour Hazaken comprend que dilisani fait allusion à la raison pour laquelle les âmes surpassent les anges, et lui attribue trois sens : élever, être pauvre (dal, pauvre) et, comme l’indique le paragraphe suivant, puiser de l’eau.
Le paragraphe revient au mot dilisani du psaume et introduit ses trois sens, qui désignent trois façons dont l’âme surpasse les anges.
Maré mekomot
- 1כי דליתני · Psalms 30:2
- 2דליתני שיש בו ג׳ פירושים · מובא באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ שכא.
La troisième vient de l’expression « il puisa, il puisa (dalah dalah) », qui désigne le puisage [de l’eau]. Ces trois sens sont tous exacts ; ils correspondent aux trois avantages que l’âme possède sur les anges.
Le troisième sens vient du récit des filles de Yitro au sujet de Moché : « il puisa, il puisa (dalah dalah) de l’eau pour nous ». Ces trois interprétations sont toutes exactes, et chacune désigne un avantage de l’âme sur les anges.
הא׳ מלשון התרוממות והתנשאו ת כי הנשמה היא רמה ונשאה במקורה למעלה שהיא מבחינת פנימית משא״כ המלאכים כו׳ ולזאת השתחוואת הנשמה וביטולה במקורה הוא ביתר שאת כנר בפני האבוקה ממש.
La première exprime l’exaltation et l’élévation : l’âme est élevée et exaltée dans sa source supérieure, car elle relève de la dimension intérieure, contrairement aux anges, etc. C’est pourquoi la prosternation de l’âme et son annulation dans sa source sont d’une intensité supérieure : véritablement comme une bougie devant une torche.
Premièrement, l’exaltation : la source de l’âme est la dimension intérieure, supérieure à celle des anges. Sa prosternation et son annulation dans sa source sont donc complètes, comme une bougie qui se fond véritablement dans une torche.
Le paragraphe donne le troisième sens de dilisani, le puisage de l’eau, puis explique le premier avantage : la source de l’âme est plus élevée, et son annulation est donc plus complète.
Maré mekomot
- 1דלה דלה · Exodus 2:19
15והב׳ מלשון דלות ועניות דהיינו שהנשמה היא ערומה בלי לבוש שאין לה התלבשות גוף וכלי המגביל כלל משא״כ המלאכים שיש להם גופים שהן רוחות ואש לוהט.
La deuxième relève de la pauvreté et du dénuement : l’âme est nue, sans vêtement, car elle ne revêt aucun corps ni aucun réceptacle qui la limite ; il n’en est pas ainsi des anges, qui ont des corps — des vents et un feu flamboyant.
Le deuxième avantage découle du mot dal, « pauvre » : l’âme est « nue », dépourvue de corps ou de réceptacle qui lui soit propre et la limite. Les anges, en revanche, ont des corps, les « vents » et le « feu flamboyant » du verset évoqué au début.
והג׳ מלשון שאיבה שהנשמות נשאבו ממקור חוצבם מבחינת חכמה ותמלא כדה1 כד מן ים החכמה כ״ד ספרי דאורייתא
La troisième relève du puisage : les âmes ont été puisées à la source dont elles furent taillées, au niveau de 'Hokhma (sagesse) : « et elle remplit sa cruche (kadah) » ; une cruche (kad) puisée dans la mer de 'Hokhma, les vingt-quatre (kad) livres de la Torah.
Le troisième avantage, associé à dalah, « puiser de l’eau », est que les âmes ont été puisées à leur source dans 'Hokhma, la « mer de la sagesse ». La mention de Rivka, « elle remplit sa cruche (kad) », est comprise comme une cruche puisée dans cette mer ; la valeur numérique de kad est vingt-quatre, le nombre des livres des Écritures.
והיינו שיסודתה בהררי קדש2 היא חכמה עילאה מקור התורה שהתורה נשאבה משם כד מן הים וכמ״ש
Cela signifie que « ses fondements sont dans les montagnes saintes » : il s’agit de la 'Hokhma supérieure, source de la Torah, car la Torah en a été puisée, comme une cruche dans la mer ; et comme il est écrit :
Le fondement de l’âme se trouve « dans les montagnes saintes » : la 'Hokhma supérieure, d’où la Torah a également été puisée. La Torah et les âmes proviennent de la même source.
ותורה שם בישראל3 וכתיב וזאת לפנים בישראל4 ואין זאת אלא תורה5 שהיא מושרשת בנש״י במקורם ובפנימיותם ולזאת ראויים הם להשראת השכינה ולקבלת התורה יותר מהמלאכים:
« et Il établit une Torah en Israël ». Il est aussi écrit : « Et ceci se faisait autrefois en Israël », et « ceci » n’est rien d’autre que la Torah, laquelle est enracinée dans les âmes d’Israël, dans leur source et leur dimension intérieure (pnimiyout). C’est pourquoi elles sont plus aptes que les anges à recevoir la Chekhina (Présence divine) et la Torah.
Les versets, ainsi que l’interprétation des Sages qui comprend « ceci » comme désignant la Torah, montrent que la Torah est enracinée dans le cœur le plus intérieur des âmes d’Israël. C’est pourquoi les âmes, et non les anges, sont aptes à accueillir la Chekhina et à recevoir la Torah : telle est la réponse à l’accusation des anges par laquelle le maamar a commencé.
Le paragraphe final présente le deuxième et le troisième avantage de l’âme : elle est libre de tout corps qui lui soit propre et, comme la Torah, elle est issue de la 'Hokhma supérieure. Il conclut que les âmes sont plus aptes que les anges à accueillir la Chekhina et la Torah.
Les trois sens de dilisani résument le maamar : la source de l’âme est supérieure à celle des anges (exaltation) ; elle n’a pas de corps qui lui soit propre, et son annulation est donc complète (pauvreté) ; enfin, elle partage avec la Torah sa racine en 'Hokhma (puisage de l’eau).
Maré mekomot
- 1ותמלא כדה · Genesis 24:16
- 2שיסודתה בהררי קדש · Psalms 87:1
- 3ותורה שם בישראל · Psalms 78:5
- 4וזאת לפנים בישראל · Ruth 4:7
- 5ואין זאת אלא תורה · Avodah Zarah 2b:6–7
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Dans la prière, et tout particulièrement à la synagogue et en présence d’un minyan, une personne peut atteindre une lueur de l’inclination intérieure du Beth Hamikdach : il ne s’agit pas seulement de maîtriser son comportement, mais de mettre entièrement de côté sa propre volonté devant le Roi, chacun selon sa mesure, comme une flamme qui se fond dans une torche.
Questions à discuter
- Si les anges savaient que l’âme leur était supérieure, à quoi s’opposaient-ils exactement chez l’homme, et comment la réponse de D.ieu transforme-t-elle leur objection en la raison même de la création de l’homme ?
- Pourquoi le fait d’avoir un corps, même spirituel, rend-il le chant des anges audible et assujetti au temps, tandis que le chant des âmes est silencieux et ininterrompu ?
- Quelle est la différence entre l’inclination extérieure et l’inclination intérieure, et à quoi chacune correspond-elle dans votre propre prière ?
- Pourquoi les offrandes identiques des princes furent-elles consignées douze fois, et qu’est-ce que cela nous apprend sur le chemin propre à chaque tribu et à chaque personne ?
- Comment les trois sens de dilisani expliquent-ils ensemble pourquoi les âmes, et non les anges, reçurent la Torah et la Chekhina ?